Histoires de la Chine ancienne : Xiaoshu et le Taoïste immortel

 
廖雪芳

Les Chinois pensaient autrefois que l'homme et la nature étaient étroitement connectés et que les phénomènes célestes anormaux correspondaient aux changements dans le monde, se manifestant en tant que chance ou catastrophe pour les êtres humains ; que le sort de chacun était prédestiné, et qu'une main invisible présidait à la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort.


L'histoire suivante est tirée de Ding Ming Lu, ou Les Annales de la Destinée.


Yuan Xiaoshu naquit dans le Comté de Chen. Il perdit son père encore jeune et était connu pour la dévotion qu'il avait pour sa mère. Un jour celle-ci tomba malade et resta inconsciente pendant plusieurs jours. Dans un rêve, Xiaoshu rencontra un vieil homme qui lui dit qu'il pouvait soigner sa mère. Xiaohu lui demanda son nom et où il vivait mais le vieil homme ne voulait pas lui répondre. Il demanda à Xiaoshu de le rencontrer à proximité de l'autel de pierre et qu'il avait un remède.


Quand Xiaoshu se réveilla il commença à chercher l'autel de pierre. Il trouva un temple taoïste abandonné à plusieurs kilomètres de chez lui dans lequel il y avait un vieil autel en pierre. Sur l'autel se tenait un vieil homme, comme celui de son rêve. Contenant à peine sa joie, xiaoshu amena respectueusement le vieil homme chez lui. Ce dernier sortit de sa poche une pilule appelée Jiuling Dan, qu'il demanda à la mère de Xiaoshu d'avaler avec de l'eau fraîche. Le lendemain la mère de Xiaoshu était rétablie et Xiaoshu était plein de gratitude pour le vieil homme. Il voulut le remercier en lui offrant de l'argent et des présents, mais tout ce qu'il offrit fut refusé.


Dès lors, le vieil homme rendit visite à Xiaoshu une fois par mois. Personne ne savait où il vivait. Xiaoshu pensait que le vieil homme pouvait lire le futur et brûlait de l'interroger, mais il s'en abstint par respect . Un jour le vieil homme déclara à Xiaoshu " je vais partir très loin, nous ne nous reverrons plus dorénavant ". Puis il sortit un livre de sa robe qu'il donna à Xiaoshu.


"Votre durée de vie et toutes les réalisations que vous accomplirez sont contenues là dedans" expliqua le vieil homme. Toutes choses sont prédestinées. Si vous recherchez anxieusement le succès, vos efforts seront assurément vains. Gardez précieusement ce livre. À chaque fois que vous avez un rendez-vous important dans votre vie, vous pouvez l'ouvrir et en lire une page. Si vous ne suivez pas mes instructions, vous aurez des problèmes." Xiaoshu s'agenouilla pour accepter le livre, puis le vieil homme s'en alla.


Plus tard, Xiaoshu attrapa une grave maladie, et était étendu sur son lit, agonisant. Ses parents lui demandèrent ce qu'ils devraient faire après sa mort. Xiaoshu répondit : " J'ai un livre que je n'ai pas encore lu qui m'a été donné par un immortel. Pourquoi vous inquiétez vous de telles choses ?" Dix jours plus tard il était rétabli.


Xiaoshu fut nommé officier dans la ville de Zhucheng dans la région de Mizhou ( dans la province de Shandong). Après avoir été transféré cinq fois, Xiaoshu fut promu membre d'une commission dans le pays de Linjin à Puzhou. Chaque fois que Xiaoshu avait un nouveau rendez-vous il lisait une page du livre. La période et le jour correspondaient exactement à ceux que le vieil homme avait écrit dans le livre.


Quand le terme du service de Xiaoshu expira, Il alla vivre dans un pavillon à la campagne. Un jour Xiaoshu se leva et au moment de se coiffer quelque chose tomba sur le miroir devant lui. Cela ressemblait à un serpent mais avait quatre pattes. Xiaoshu fut si effrayé qu'il tomba à la renverse. Il perdit la capacité de parler et mourut quelques jours plus tard.


Un mois plus tard la femme de Xiaoshu trouva le livre en rangeant ses affaires. La moitié semblait n'avoir jamais été ouverte. Elle pensa : " Même les immortels commettent parfois des erreurs, le livre n'est pas terminé et il est déjà parti." Elle ouvrit le livre. La deuxième partie ne contenait que des pages blanches sauf une. Sur cette page là était dessiné un serpent se tortillant sur un miroir.

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