A propos de l'histoire chinoise

La Chine en tant que pays possède la plus longue histoire enregistrée dans le monde. Liu Zhiji, un historien officiel de la Dynastie Tang a dit: "Le but de l'histoire est de consigner les accomplissements, de souligner les erreurs et de promouvoir la bonté et réprimer la méchanceté. Aussi les accomplissements et les erreurs d'une dynastie peuvent devenir la gloire et la honte qui seront transmis pendant des milliers d'années." (Shi Tong, Un regard sur l'Histoire) D'après ces lignes, il est donc impératif que les historiens enregistrent honnêtement l'histoire.

Il y avait des historiens officiels même du temps de l'Empereur Jaune (Huangdi). Ju Song et Cang Jie étaient deux des historiens officiels de l'Empereur Jaune. Ils étaient chargés de créer les caractères chinois. On dit qu'en observant les aspects des objets naturels et en imitant les sons et les formes, Cang Jie créa les pictogrammes et les caractères pictophonétiques. En comprenant la signification que certains objets naturels peuvent transmettre, il créa les idéogrammes.

"Histoire signifie consigner les choses de façon impartiale et honnête." (Shuo Wen Jie Zi, Expliquer simplement et analyser la composition des caractères). Ces mots décrivent clairement les exigences pour les historiens de la Chine ancienne. En outre, il existait une règle concernant l'enregistrement de l'histoire, c'était qu'un empereur n'était pas autorisé à lire les transcriptions officielles historiques de la dynastie en cours.

Après que Wei Zheng, un fonctionnaire de la Dynastie Tang qui était reconnu pour ses critiques de l'empereur, soit décédé, l'Empereur Li Shimin a dit: "Les gens utilisaient le bronze pour fabriquer des miroirs qui puissent aider les gens à bien mettre en ordre leurs vêtements. Avec l'histoire comme miroir, on peut voir l'élévation et le déclin, la prospérité et la fin des dynasties. Avec des individus comme miroirs, on peut établir ce que quelqu'un a fait correctement ou incorrectement. Avec le départ de Wei Zheng, j'ai perdu un miroir parfait." De ces paroles, nous comprenons que Li Shimin utilisait l'histoire et les mots des autres pour estimer quelles erreurs il avait faites. Au cours de la deuxième année de la Période Zhen Guan (qui représente la période où Li Shimin a gouverné la Chine durant la Dynastie Tang), Li Shimin assigna deux chroniqueurs impériaux (Qi Ju Lang) afin de consigner les paroles et les actes de l'empereur. Durant les dix années de la Période Zhen Guan, Chu Suiliang a été nommé chroniqueur en charge des transcriptions des paroles et du comportement de l'empereur.

Le livre de Shi Guan Za Lu (un livre d'histoire) a consigné une histoire à propos de Li Shimin et de Chu Suiliang (dont le père était Chu Liang, un des dix-huit érudits du Centre de Littérature de l'Empereur Li Shimin). Un jour, l'empereur voulut lire le Journal de l' Activité et du Repos (Qi Ju Zhu) le concernant, afin d'apprendre quelles erreurs il avait faites et les corriger. Il demanda: "Est-ce que l'empereur peut lire les choses que vous avez consigné?"

Chu Suiliang répondit: "Qi Ju Lang est pareil à l'historien officiel de l'empereur par le passé. Ils consignent tout, bien ou mal. Je n'ai jamais entendu qu'un empereur ait voulu lire ces choses."

L'empereur demanda alors: "Si j'ai fait de mauvaises choses, les avez-vous réellement noté?" Chu répondit: "C'est la responsabilité qui m'incombe. Je noterai chacune de vos paroles et chacun de vos actes."

Liu Ji, qui était Men Shi Lang (un fonctionnaire chargé de prendre soin de l'empereur et transmettant les ordres et les instructions de l'empereur), dit: "Même si vous aviez ordonner à Chu Zhuliang de ne pas le consigner, les gens dans le pays le feront."

L'Empereur demanda à Fang Xueling (un autre fonctionnaire et érudit célèbre): "Pourquoi un empereur ne peut-il pas lire l'histoire de sa Dynastie?

Fang répondit "Les enregistrements historiques comprennent tout ce qui est bon ou mauvais. Si les historiens s'inquiètent que ce qu'ils transcrivent puisse offenser l'empereur, ils pourraient alors vouloir modifier le récit historique. Aussi existe-t-il une telle règle de ne pas permettre à l'empereur de lire les enregistrements historiques de l'actuelle dynastie."

Li Shimin répondit: "Mais mon désir de lire les enregistrements est différent de celui des autres empereurs du passé. Si l'enregistrement est à propos de mes réalisations, je ne veux pas le mentionner. Mes erreurs bien sûr, doivent être consignées, mais je souhaite seulement que vous puissiez me dire mes erreurs afin que je puisse prêter attention à mes mots et actes et ne pas répéter ces erreurs."

L'histoire chinoise est si complète, en partie grâce aux si nombreux historiens qui ont osé consigner l'histoire de façon impartiale, même quand ils étaient punis et perdaient la vie pour cela. Grâce à cette règle, à savoir que les empereurs ne pouvaient pas lire l'histoire de leurs dynasties respectives, les historiens pouvaient transcrire l'histoire véritable. C'est grâce à cette règle que nous pouvons aujourd'hui voir les véritables annales de l'histoire, connaître la vertu des anciens, et voir le changement et l' élévation et la chute des différentes dynasties.


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