Portrait cosmique d’une famille perturbée

Le quartet de Robert [1]. Credit photographique : ESO

Le quartet de Robert est une famille de quatre différentes galaxies, situées à une distance d’environ 160 millions d’années lumières, près du centre de la constellation méridionnale du Phoenix. Ses membres sont NGC 87, NGC 88, NGC 89 et NGC 92, découverts par John Herschel dans les années 1830. NGC 87 (en haut à droite) est une galaxie irrégulière similaire aux satellites de notre Voie lactée, les Nuages magellaniques ; NGC 88 (au centre) est une galaxie spirale avec une enveloppe externe diffuse, très probablement composée de gaz. NGC 89 (au milieu en bas) est une autre galaxie spirale avec deux grands bras spirales. Le membre le plus grand du système, NGC 92 (à gauche), est une galaxie spirale avec une apparence inhabituelle. Un de ses bras, d’environ 100 000 années lumières de long, a été déformé par les interactions et contient une grande quantité de poussière.

Le quartet est un des plus beaux exemples des groupes compact de galaxies.
Parce que de tels groupes contiennent quatre à huit galaxies dans une très petite région, ils sont d’excellents laboratoires pour l’étude des interactions de la galaxie et de leurs effets, en particulier sur la formation des étoiles. En utilisant une autre série de données VLT également obtenues avec FORS2, les astronomes [2] ont été capables d’étudier les propriétés des régions de formation active d’étoiles ("HII regions"[3]) dans les membres sœurs du Quartet de Robert. Ils ont découvert plus de 200 telles régions dans NGC 92, avec une taille entre 500 et 1.500 années lumières. Pour NGC 87, ils ont détecté 56 régions HII, tandis que les deux autres galaxies semblent en avoir beaucoup moins. Pour NGC 88, cependant, ils ont découvert deux traits à l’apparence de plumes, tandis que NGC 89 présente un anneau d’ activité stellaire accrue. Le système montre donc clairement une activité de formation d’étoiles accrue, très probablement en résultat de l’interaction entre ses membres. Les sœurs appartiennent clairement à une famille perturbée.

Le quartet a un total de magnitude visuelle de presque 13, i.e. il est d’environ 600 fois plus faible que le plus faible objet qu’on peut voir à l’œil nu. Le membre le plus éclatant du groupe a une magnitude d’environ 14. Sur le ciel, les quatre galaxies sont toutes à l’intérieur d’un cercle de radius de 1.6 arcmin, correspondant à environ 75.000 années-lumières.

Information technique : La Photo 34a/05 ESO PR est basée sur des images obtenues avec l’instrument multi-code FORS sur le Très Large Télescope d’ESO le 30 octobre 1999, durant la phase de commandement de l’instrument. Les observations ont été faites en quatre filtres différents B (exposition de 8 min), V (4 min), R (3 min) et I (4 min). Les données ont été extraites de ESO Science Archive et traitées par Henri Boffin (ESO). L’image couleur a été finalement produite par Kristina Boneva et Haennes Heyer (ESO). Le Nord est en haut et l’Est est à gauche. Le champ de vision est d’environ 6x6 arcmin. La photo 34b/05 d’ESO PR est basée sur les données obtenues avec l’instrument FORS2 sur Melipal(UT4) pour E. Pompei et A. Iovino en septembre 2001. Les données ont été extraites de ESO Science Archive et traitées par Henri Boffin (ESO). Elles se basent sur 6 images obtenues à travers le filtre H-alpha pour un temps total d’exposition de 72 minutes. Le champ de vision est d’environ 3x3 arcmin.

Notes

[1] le groupe de galaxies était connu comme Groupe Compact depuis 1977 par j.A. Rose, sous la désignation Rose 34. Le Quartet de Robert est aussi connu sous le nom moins poétique de AM 0018-485 du Catalogue of Southern Peculiar Galaxies and Associations, compilé en 1987 par les astronomes Halton "Chip" Arp and Barry Madore. Mais alors qui est Robert ? Comme l’a découvert l’astronome amateur australien Mike Kerr, Arp et Madore ont nommé le Quartet Robert après que Robert Freedman ait généré nombre des positions actualisées dans le catalogue. Les astronomes avaient c’est clair un bon sens de l’humour le catalogue contenant aussi un système de galaxie nommé Wendy (ESO 147-8 ; pour Wendy Freedman) et un autre appelé la Galaxie conjuguale (ESO 384653) !

[2 Les astronomes sont S. Temporin (Université d’Innsbruck, Autriche), S. Ciroi et P. Rafanelli (Université de Padou, Italie), A. Iovino (Observatoire astronomique INAF-Brera, Italie), E. Pompei (ESO), et M. Radovich (Observatoire astronomique INAF-Capodimonte, Italie).

[3] La radiation de jeunes étoiles chaudes incrustées dans un nuage interstellaire est capable de chauffer le gaz environnant, résultant en l’apparition d’une émission nébuleuse qui brille surtout dans la lumière des atomes d’hydrogène (H) ionisés. On se réfère par conséquent souvent à de telles nébuleuses comme à des « régions HII « . La nébuleuse bien connue d’Orion est une exemple remarquable de ce type de nébuleuse.

de : http://www.eso.org/outreach/press-rel/pr-2005/phot-34-05.html

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