La famille soupçonne des abus psychiatriques et le prélèvement d’organes suite à la mort en détention d’un homme de 45 ans dans la province du Shandong

Le 2 juillet 2019, M. He Lifang, habitant la ville de Qingdao, dans la province du Shandong, est mort en détention, deux mois après sa dernière arrestation pour avoir refusé de renoncer à sa croyance dans le Falun Gong.


Le Falun Gong, aussi appelé Falun Dafa, est une méthode de méditation basée sur le principe Vérité-Bonté-Tolérance. Depuis que le Parti communiste chinois a commencé à réprimer cette pratique en juillet 1999, un grand nombre de pratiquants ont été détenus, torturés ou ont eu leurs prélevés en raison de leur croyance.


La famille de M. He a remarqué qu'il y avait une incision recousue sur sa poitrine et une incision ouverte dans son dos. La police a d'abord prétendu qu’elles étaient le résultat d'une autopsie avant de changer leur version de l’histoire et déclaré attendre l’arrivée d’un médecin légiste qui ne s'est jamais présenté.


Ses proches soupçonnent que ses organes ont pu être prélevés alors qu'il était encore vivant ou peu de temps après sa mort, véritable raison des incisions. Ils soupçonnent également des abus psychiatriques, car il avait perdu la parole et était inconscient dans les 17 jours ayant suivi sa détention.


M. He Lifang, un pratiquant de Falun Gong de la ville de Jimo, province du Shandong, est décédé le 2 juillet 2019.


Sa mort prématurée met fin à des années de calvaire

Le décès de M. He a marqué la fin de ses années de souffrance pour sa croyance. L'homme de 45 ans a été arrêté et torturé à plusieurs reprises – il a été une fois battu par 17 détenus lors de sa détention. Sa carte d'identité a été annulée et il a été contraint de s'éloigner de chez lui pendant 17 ans pour éviter une nouvelle arrestation.


Le 5 mai 2019, la police a trompé M. He à leur rendre visite au nom de l’émission d’une carte d'identité. Il a été arrêté à son arrivée et soumis par la suite à un gavage et peut-être à des sévices psychiatriques. Le 30 juin, son état de santé s'était détérioré et il a été transporté d'urgence à l'hôpital.


Entre le 30 juin et le 3 juillet, plus de 200 policiers ont été dépêchés pour empêcher les pratiquants de Falun Gong locaux et les membres de sa famille de s'approcher de l'hôpital.


M. He est décédé le 2 juillet, mais sa famille n'a été informée que le lendemain. Ils ont été contraints d'accepter son incinération le jour même. Plus de 30 fonctionnaires et quatre fourgonnettes de police étaient présents pour surveiller le processus de crémation


Contraint de rester loin de chez lui pendant 17 ans

M. He habitait dans la communauté de Beian, district de Jimo, ville de Qingdao. En raison de sa pratique du Falun Gong, il a été harcelé et détenu par la police de Beian à plusieurs reprises. Ses afferts en ont également souffert ; lui et sa famille ont fait l'objet de discrimination et été la cible de moqueries en raison de sa croyance.


" En 1999, lorsque la persécution a commencé, mon entreprise était florissante. Mais à cause de la propagande diffamatoire, beaucoup de mes clients ont été trompés et m'ont traité comme un ennemi. Un voisin, qui était amical d'habitude, nous a insultés moi et ma famille. Parfois, même les enfants nous insultaient parce qu'eux aussi étaient influencés par la propagande calomnieuse ", a écrit M. He dans sa plainte déposée contre Jiang Zemin, ancien dirigeant du Parti communiste chinois (PCC), qui a lancé la persécution du Falun Gong.


Une fois, en 2001, il a été battu par 17 détenus au centre de détention de Jimo et est tombé dans le coma. Selon le diagnostic, son cerveau avait été privé de sang et d'oxygène. Les médecins ont également constaté que ses organes souffraient de multiples défaillances et ont dit que le secourir n’en valait pas la peine.


Après sa libération, c'est grâce à sa pratique du Falun Gong que M. He a réussi à survivre. Il s'est enfui de chez lui lorsqu'il a appris que la police avait l'intention de l'arrêter à nouveau. Il a passé les 17 années suivantes à se déplacer d'un endroit à l'autre.


Des fonctionnaires de la Commission des affaires politiques et juridiques de Jimo (PLAC), du Bureau 610 de Jimo et du poste de police de Beian ont annulé son enregistrement de résidence (hukou) et suspendu sa carte d'identité, il n'était donc pas en mesure d'obtenir un emploi à plein temps décent, sans fournir cette pièce d'identité absolument nécessaire en Chine.


Sa vie est en danger 17 jours après sa dernière arrestation

Parce que M. He a décrit en détail les souffrances qu'il a endurées à cause de sa pratique du Falun Gong, le Bureau 610 le considérait comme une cible maîtresse à persécuter.


Ayant été absent de la maison pendant si longtemps, ses parents vieillissants lui manquaient vraiment. Il est retourné chez lui au début de l'année 2019, pour être arrêté par un agent de police de la circulation qui a exigé de voir sa carte d'identité. N'ayant pas de carte d'identité sur lui, il a été condamné à une amende de 2000 yuans. Pour M. He, l'amende était énorme, car il avait erré et n'avait pu trouver un emploi décent n'ayant pas de pièce d'identité. Il a décidé de demander une nouvelle pièce d'identité.


Il a contacté le poste de police de Beian et un policier lui a dit de venir chercher sa carte d'identité.


Le 5 mai 2019, M. He s'est présenté au poste de police de Beian où il a été arrêté et envoyé au centre de détention de Pudong. Le 14 mai, un mandat d'arrêt était délivré et le 23 mai, son dossier était transmis au tribunal de Jimo. Alors qu'il entamait une grève de la faim en signe de protestation, les gardiens du centre de détention l'ont gavé et battu, le laissant couvert de blessures sur tout le corps. Il est devenu incontinent et sa vie était en danger.


Tribunal populaire du district de Jimo

L'avocat de M. He n'a été autorisé à lui rendre visite que le 22 mai 2019. L'avocat a remarqué que M. He était incapable de marcher et qu'il était porté sur une civière. Il portait un masque facial, tout son corps était enveloppé dans une épaisse courtepointe. Lorsque l'avocat lui a parlé, M. He ne lui a pas répondu.


Il faisait chaud en mai et lorsque sa famille et son avocat lui ont rendu visite, ils ont soupçonné que la lourde courtepointe et le masque facial devaient couvrir les blessures dues à la torture et que sa perte de parole et son inconscience pouvaient être le résultat de maltraitance psychiatrique.


Centre de détention de Pudong, district de Jimo, ville de Qingdao


La demande de remise en liberté est refusée

Le 5 juin, l'avocat est retourné au centre de détention, mais on lui a refusé de rencontrer son client pendant toute la matinée. Comme il a refusé de partir, il a finalement été autorisé à voir M. He dans l'après-midi.
M. He a de nouveau été transporté sur une civière. Il ne réagissait toujours pas.


Les parents octogénaires de M. He se sont rendus au Bureau d'appel de Jimo et au poste de police de Beian pour demander sa libération. Ils n'ont même pas eu le droit de pénétrer à l'intérieur, et encore moins de voir quelqu'un en charge du dossier de leur fils.


Le 13 juin, le couple de personnes âgées et leur fille se sont rendus au Département de police de Jimo et au Bureau 610 de Jimo pour demander la libération de M. He. Ils sont parvenus à entrer, mais on leur a demandé d'attendre dans une salle de réunion.


Département de police de Jimo


Comme personne dans le service de police n'était venu leur parler, le trio s'est rendu au poste de police de Beian dans l'après-midi. La sœur de M. He pleurait et demandait de l'aide, disant que son frère pouvait mourir à tout moment. La police a menacé de la mettre en détention et ils ont cédé quand ses parents ont commencé à pleurer aussi. Les trois membres de la famille ont ensuite été chassés du bâtiment.


Poste de police de Beian


L'avocat a écrit à Li Xia, procureur du parquet de Jimo, lui suggérant de libérer M. He sous caution étant donné sa mauvaise santé. Li Xia a refusé, en faisant référence à la grève de la faim de M. He.


Parquet de Jimo


Le 24 juin, lorsque l'avocat s'est présenté au centre de détention pour demander une troisième rencontre avec son client, un gardien a tout d'abord accepté. En allant confirmer auprès du directeur adjoint du nom de Li, le gardien a refusé la demande, invoquant l'incapacité de M. He à parler.

Sans réactions, mais forcé de subir un procès

Le 25 juin, une audience a eu lieu au centre de détention de Pudong, même si M. He était inapte à supporter son procès. Plusieurs huissiers l'ont porté jusqu'à la salle d'audience et l'ont poussé sur une chaise, tandis que l'un d'eux continuait d'essuyer le liquide qui lui coulait du nez.


Pendant tout le procès, M. He était engourdi et n'avait aucune réaction. Sa mère âgée a demandé un traitement médical pour son fils, mais elle a été ignorée.


Les éléments de preuve énumérés par le procureur incluaient la suspension de banderoles à propos du Falun Gong en 2001, la plainte déposée contre Jiang Zemin et le fait qu'il restait loin de chez lui. L'avocat a réfuté ces éléments les uns après les autres et a interrogé les témoins. Il a réitéré la liberté de croyance autorisée par la Constitution chinoise et a demandé la libération inconditionnelle de M. He.


Selon des personnes sur place, le juge Gao Fei a continué de recevoir des instructions de deux hauts fonctionnaires qui regardaient le procès en direct sur une vidéo depuis une autre salle. Pendant tout ce temps, un policier en civil filmait la famille de M. He, tandis que des dizaines de policiers étaient postés à l'intérieur et à l'extérieur du centre de détention.


Trois jours plus tard, sa famille a téléphoné à Gao Fei, craignant que M. He ne soit drogué et a demandé sa libération sous caution en raison de son état de santé. Gao Fei leur a simplement demandé d'attendre le résultat du procès.


La famille a le cœur brisé de voir que M. He continue de souffrir à l'hôpital

Le 30 juin, M. He a été envoyé du centre de détention de Pudong, dans le district de Jimo, au troisième hôpital de Chengyang. Plus de 20 fourgonnettes de police ont été dépêchées et des membres du personnel du Comité de quartier de Bei'an sont également venus pour le surveiller. Cependant, ce n'est que le lendemain matin qu'un policier du nom de Sun du centre de détention a informé la famille de M. He.


Situé à plus de 30 kilomètres du centre de détention, le troisième hôpital de Chengyang est un hôpital municipal de qualité médiocre, qui aurait vendu de la drogue frelatée et infecté des patients atteints d'hépatite B pendant une hémodialyse. Les membres de sa famille ne comprenaient pas pourquoi des dizaines de fourgonnettes de police l'escortaient jusqu'à cet endroit tout en évitant d'autres hôpitaux plus proches et plus réputés.


Troisième hôpital de Chengyang


Leurs inquiétudes se sont aggravées lors de leur visite à l'hôpital. Allongé dans son lit avec des tubes et des fils sur tout le corps, M. He ne réagissait pas. Un médecin a dit que les poumons de M. He avaient été endommagés pendant le gavage dans le centre de détention.


Sa sœur et son beau-frère ont été témoins que, lorsqu'un médecin insérait un tube dans la bouche de M. He, à chaque insertion, la douleur provoquait un tremblement dans tout son corps. C'était si grave que c'était presque comme s'il recevait un choc électrique.


En voyant la scène, la sœur de M. He a tellement pleuré qu'elle en a perdu la voix. Un policier est venu pour les empêcher de s'approcher. Lorsque le beau-frère de M. He a offert de le ramener chez lui pour qu'il se rétablisse, les policiers du poste de police de Beian ont dit non.


Plus de 200 policiers dépêchés et les membres de la famille expulsés

Le soir du 1er juillet, un gardien du centre de détention de Pudong a dit aux parents de M. He de rentrer chez eux et de déposer une caution pour leur fils. Le couple de personnes âgées a accepté, mais ils sont rapidement retournés à l'hôpital après avoir réalisé que leur fils sans défense était en danger. La police ne leur a pas permis de s'approcher.


Les téléphones portables de ses parents ont été fouillés pour voir s'ils avaient fait des enregistrements audio ou vidéo. Ils ont ensuite été chassés de l'hôpital.


Ce soir-là (1er juillet), le Bureau 610 de Jimo a fait appel à d'autres services de police. Les membres de sa famille et les pratiquants qui étaient au courant étaient surveillés de près. Un policier a menacé : "Quiconque s'en mêlera sera arrêté. " La police a porté une attention particulière au beau-frère de M. He et un policier le suivait partout où il allait. Des membres du personnel des Comités de village du Parti ont été chargés de surveiller les autres membres de la famille de M. He.


Le matin du 2 juillet, les gardiens du centre de détention de Pudong sont partis et les policiers du poste de police de Beian ont pris le relais. À leur arrivée, la police a expulsé tous les membres de la famille qui s'étaient rassemblés à l'extérieur de l'hôpital. Plus tard dans la journée, il n'y avait même plus un seul membre de la famille à proximité, alors que les policiers étaient de garde dans tout l'hôpital.


Entre le 30 juin et le 3 juillet, il a été estimé qu'environ 200 policiers et plus de 20 fourgonnettes ont été dépêchés sur les lieux, en provenance du Département de police du district de Jimo et des postes de police subalternes, ces policiers ont apporté de nombreuses menottes et étaient prêts à procéder à des arrestations à tout moment. Un agent du nom de Yao du Comité de quartier de Beian a spécifiquement averti les pratiquants de Falun Gong de rester à l'écart de cette affaire.


Incisions ouvertes sur le devant et le dos du corps

Sa famille pense qu'il est décédé entre l'après-midi et le soir du 2 juillet, bien qu'elle n'ait été avisée que le 3 juillet à 10 h. Elle n'a pas été autorisée à voir le corps de M. He à l'hôpital.


Cet après-midi-là, sa famille s'est rendue à la morgue de Beian pour voir son corps, mais le directeur du poste de police de Beian a refusé. Après leurs demandes insistantes répétées, on leur a dit d'attendre au Centre d'appel de Beian. Plus tard, le secrétaire du PCC du village a également fait une telle demande. Deux heures plus tard, la famille a été autorisée à voir le corps.


On décelait sur le corps de M. He des incisions ouvertes sur le devant et le dos, celle de la poitrine était déjà recousue. Le visage de M. He semblait souffrir, la bouche grande ouverte. Il y avait du sang dans son nez et sa bouche, et du sang coulait aussi entre ses dents. Tout son corps était couvert de blessures, surtout ses jambes et ses bras, qui étaient devenus violacés et noirs avec des trous d'aiguille. De plus, il avait des ampoules au cou.


Lorsque la famille a demandé pourquoi il y avait des incisions chirurgicales sur le corps de M. He, un policier a répondu qu'elles résultaient d'une autopsie. Il a ensuite dit qu'une autopsie devait être pratiquée par un médecin légiste de la ville de Qingdao. Mais aucun médecin ne s'est présenté.


Le 3 juillet, la police de Beian a organisé l'incinération et surveillé l'ensemble du processus : plus de 30 fonctionnaires et davantage de policiers armés et en civil gardaient l'intérieur et l'extérieur de la morgue. Même après la crémation, quatre fourgonnettes de police patrouillaient dans le village.


Le 4 juillet, le jour où les cendres ont été enterrées, des policiers du poste de police de Beian ont attendu sur le site avec des menottes et menacé d'arrêter les pratiquants de Falun Gong qui avaient assisté à la cérémonie d'enterrement.


La famille de M. He voulait tenir le centre de détention responsable de sa mort, mais les responsables du centre de détention se sont soustraits à leur responsabilité en disant qu'ils avaient injecté des nutriments à M. He après qu'il avait entamé une grève de la faim. Les habitants du village de M. He ont rejeté cette affirmation. Un habitant a dit : " Il est difficile d'imaginer qu'un homme aussi énergique et en bonne santé puisse nous quitter ainsi après moins de deux mois de détention."


Principaux responsables :

Wang Shirong, directeur du Bureau 610 de Jimo
Gao Fei, juge du tribunal de Jimo : +86-532-85559880, +86-18562885256, +86-15192667561
Li Xia, procureur du parquet de Jimo
Liu Jiansheng, directeur du poste de police de Beian
Li Wenyong, directeur de la Division de la sécurité intérieure du Département de police de Jimo : +86-532-66583280, +86-13964276811
Niu Ruizhi, Comission des affaires politiques et juridiques de la sécurité du Parti de Jimo (PLAC) : +86-532-88552219, +86-532-88552373, +86-532-88551529
Li, directeur adjoint du centre de détention de Pudong : +86-532-66578916

Voir également :

Autrefois battu par 17 détenus et de nouveau arrêté - L'épreuve d'un homme du Shandong et de sa famille en raison de leur croyance

Après des décennies de persécution, un homme du Shandong meurt deux mois après sa dernière arrestation pour sa foi


Version anglaise :
http://en.minghui.org/html/articles/2019/12/6/180985.html

Version chinoise :
http://www.minghui.org/mh/articles/2019/12/3/396578.html

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