Politiken (journal danois): dans les griffes de la Chine

Dimanche 29 septembre
Par Mikkel Dalu

Le pratiquant de Falun Gong Zhao Ming est allée dans la tanière communiste se plaindre de la façon dont le Falun Gong était traité en Chine. Il en est sorti deux ans plus tard après la torture chinoise quotidienne et les tentatives de lavage de cerveau dans les camps de travail.
Il y a un bâtiment qu’on laisse vide dans le camp de travail de Tuanhe, de sorte que personne aux alentours ne puisse entendre ce qui s’y passe. Zhao Ming sait parfaitement ce qui va arriver en entrant dans la pièce. Six officiers de police se tiennent en face de lui, chacun avec un bâton de 50 cm, qui donne une sérieuse décharge électrique. Sur le sol de ciment gris est posé une planche sur laquelle on attache la tête, les mains, les pieds et les hanches. C’est la nuit et Zhao Ming est tenu éveillé depuis deux jours par les coups, les coups de pieds et l’eau froide.
La pièce est pleine des craquements sonores des bâtons électriques, quand le voltage des pôles électriques jaillit sur la tête, le cou, les épaules, l’estomac et les jambes de Zhao Ming. Mais aucun son ne vient de Zhao Ming qui a décidé d’affronter les longues heures de malfaisance avec autant de calme que possible.
« Un des officiers était très « habile ». Il pouvait contrôler deux bâtons électriques sur ma poitrine, donc tout explosait presque et sentait électrocuté. Ma bouche est devenue sèche, ma respiration très rapide et une jambe avait des spasmes. J’ai pensé que si je pouvais mourir, ce serait beaucoup mieux. « Plus facile que de faire cette expérience là » dit Zhao Ming.

C’était il y a sept mois. Maintenant ce chinois de 31ans est à Copenhague racontant ses 22 mois de long séjour dans les camps de travail chinois. La torture a allumé une étincelle qui jette la lumière sur les violations des droits de l’homme à laquelle sont exposés les pratiquants de Falun Gong en Chine. La rencontre entre les pays européens et asiatiques de ces dernières semaines était un lieu évident.
Actuellement Zhao Ming ne veut que mener sa vie en bonne personne, et il a entrepris le combat contre le système chinois, parce que le Falun Gong est le plus important dans sa vie.
”Le Falun Gong est pour moi la vérité de ma vie. Nous nous efforçons d’être de bonnes personnes – Le Falun Gong n’a pas de message politique. Nous vivons selon les principes de Vérité, de compassion et de tolérance » dit-il.

Remettre son passeport
Zhao Ming est né et a été élevé dans la ville de Changchun, à 850 kilomètres au nord ouest de Beijing. Il a fait de bonnes études et à l’âge de 22 ans était diplômé d’une des meilleures universités de Chine avec une maîtrise en science informatique. Après quoi, il a passé cinq ans dans une entreprise de logiciels avant de partir pour l’Irlande en mars 1999 poursuivre ses études dans une université Irlandaise.
C’était pendant les vacances de Noël en 1999 qu’il est entré dans la tanière du communisme et a rempli un dossier de doléance contre les autorités. Il est entré dans un des « bureaux d’appel » officiels à Beijing, où les chinois peuvent se plaindre à l’état de la manière dont ils sont traités. Zhao Ming y est venu se plaindre de l’interdiction du Falun Gong en mai 1999, [la date est en fait juillet 1999] et que depuis les autorités ont persécuté les pratiquants du mouvement de méditation.
Il a volontairement remis son passeport et sa carte d’identité afin d’obtenir les formulaires de plainte.
Après quelques heures on l’a envoyé pour être interrogé, où pour la première fois il a eu un avant-goût de ce qui l’attendait les deux prochaines années. Il a été battu sur la tête et projeté dans la pièce par les officiers de police, qui étaient très excités en me frappant. «J’ai sans cesse essayé d’expliquer que je n’avais rien fait d’illégal, et que c’était eux qui commettaient un crime en me battant, mais sans résultat bien sûr », dit Zhao Ming.
Après l’interrogatoire on l’a mis dans un train retournant chez lui. Là d’autres interrogatoires ont suivi avant qu’il ne soir relâché sans son passeport. Maintenant il ne pouvait plus retourner en Irlande et a fini par aller à Beijing, où il distribuait des tracts à propos du Falun Gong dans les rues.

Sans jamais aucun jugement
Ce qu’il a continué à faire, jusqu’à la nuit du 3 mai 2000, où il était assis avec quatre autres pratiquants de Falun Gong dans la salle d’un collège. Soudain, huit policiers se sont précipités dans la pièce et ont mis chaque pratiquant dans une voiture de police différente. Au poste on lui a dit qu’il était arrêté pour avoir « perturbé l’ordre social ».

Un nombre du brutales interrogations a suivi, et après un mois, lorsque Zhao Ming grève de la faim de 18 jours, on lui a dit qu’il allait être envoyé dans un camp de travail. Il n’y avait aucun procès ni condamnation. Selon Zhao Ming envoyer des gens dans les camps de travail en Chine est une décision administrative.
Il a fini dans le camp de travail de Tuanhe, qui est notoire pour ses programmes de lavage de cerveaux. Le camp qui contient environ 1000 prisonniers est situé dans une des banlieues de Beijing. Zhao Ming a été forcé d’y participer aux « enseignements » des pratiquants de Falun Gong. Ils doivent regarder des vidéos anti-Falun Gong et lire à haute voix des livres anti-Falun Gong, qui seront discutés avec les gardes. Souvent jusqu’à 3 ou 4 heures du matin, ce qui signifie que Zhao Ming n’avait que quelques heures à dormir chaque nuit pendant de longues périodes de temps.
Le lavage de cerveaux était suivi par épisodes au cours desquels, Zhao Ming, à la requête des gardes, était roué de coups par les détenus. Une fois il a été frappé par dix d’entre eux et n’a pas pu marcher pendant cinq jours. On l’a aussi forcé à rester debout ou accroupi pendant de nombreuses heures. Ceci, ajouté à la torture électrique, a provoqué des atteintes persistantes. Ses jambes sont engourdies des hanches jus qu’en bas et il ne sent pas s’il porte ou non chaussures et chaussettes.

Prisonnier mental

En Irlande, il y a une attention croissante à ce cas, et Zhao Ming a été relâché en mars cette année grâce à la pression internationale, dont parmi d’autres, le Premier Ministre Irlandais. Peu après son retour en Irlande, bien qu’il soit physiquement libre, il est encore mentalement prisonnier. Pendant la torture électrique dans le bâtiment de Tuanhe en mars 2002, Zhao Ming a craqué et a signé des papiers dénonçant le Falun Gong.

”Je le regrette maintenant, mais ma pensée n’était pas claire et je sentais que je ne survivrais pas longtemps à la torture. C’est une violation mentale pour me faire signer. En fait c’est pire que la violence physique, parce que je vis maintenant avec la conscience que j’ai signé quelque chose sans en avoir l’intention. Mon âme ne sera pas entière avant que ces papiers ne disparaissent », dit Zhao Ming, qui espère que les Danois comprendront le Falun Gong.

”En occident certaines personnes pensent que nous sommes maltraités en Chine parce que nous avons fait quelque chose de mal. Cela ne semble pas rationnel que j’ai été soumis à la torture pour rien. Mais le système chinois n’est pas rationnel”.


Published : Sunday, 6 October 2002


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