Survivre à la tempête, Première partie - Chapitre 2

Chapitre 1 : http://fr.clearharmony.net/articles/200410/16338.html
Chapitre 2 . Travailler extrêmement dur pour bâtir une carrière

a) Echec d’un premier amour

Lorsque j’avais dix-huit ans, une marieuse m’a présenté un jeune homme qui vivait dans le même village que moi et qui était un de mes camarade à l’école élémentaire. Son père était un entrepreneur immobilier prospère. Lui-même était bien connu dans notre région pour être un talentueux encadreur et avait plusieurs élèves étudiant avec lui. Leur famille était riche et la première famille de notre région à avoir acheté une télévision. Beaucoup de gens dans notre village sont allés chez lui regarder la TV. Nous nous sommes fréquentés pendant six mois. Un jour il m’a dit soudainement qu’il ne voulait plus m’épouser. Je ne savais pas pourquoi. J’avais le cœur brisé. Plus tard, j’ai découvert qu’il avait entendu parler de mon problème de jambe et craignait que je ne puisse pas avoir d’enfants. C’était toujours cette bon sang de jambe ! Elle faisait voler en éclats mon espoir d’un mariage heureux ! Avant peu, il commençait à fréquenter une de mes camarades étudiantes et ils passaient souvent devant ma maison. Ne pouvant supporter la douleur de les voir ensemble, je décidai de partir de chez moi et de recommencer ma vie à Chengdu, la capitale de la Province de Sichuan. Je me disais à moi-même, « Voyons qui de nous deux aura le mieux réussi d’ici quelques années, lui ou moi ! »


b) Partir à Chengdu les poches vides

Mon père ne voulait pas que je quitte la maison. Il ne me donna donc que 5 yuan, juste de quoi payer l’aller-retour à Chengdu. Ma mère vit ma détermination et me donna 10 yuan de plus sans le dire à mon père. Avec les 15 yuan, j’arrivai chez un parent à Xichadizi, un faubourg de Chengdu, le 20 février 1985.

Peu après que je sois arrivée là-bas, l’Usine de vêtements du Comté de Yingkoumen commença à embaucher. Plusieurs centaines de personnes s’inscrivirent pour 60 postes. Ma sœur était couturière et elle m’avait appris à coudre lorsque j’étais encore enfant. J’ai été la première à être embauchée, et j’ai été placée avec des employés qui avaient plusieurs années d’expérience en couture. Je me levais le matin à 5h chaque jour et devais faire une longue marche jusqu’à mon travail. A l’heure du repas, alors que les autres prenaient un peu de repos je mangeais en vitesse deux brioches à la vapeur et retournai travailler. Le soir quand les autres se détendaient en regardant la télévision, je travaillais tard dans la nuit à coudre des boutons sur les vêtements. L’été, il faisait trop chaud pour porter des chaussures, je mettais un morceau de carton sur la pédale de ma machine à coudre et posais mes pieds nus sur le carton. Chaque soir mes pieds étaient terriblement enflés. J’arrivais à faire suffisamment d’heures supplémentaires pour me faire 60 yuan par mois, deux fois mon salaire normal. Je vivais très frugalement et économisais 40 yuan chaque mois pour ma caisse de santé. Une amie d’enfance travaillait dans la même usine et je partageais dix centimes de légumes en conserve pour le petit déjeuner et cinquante centimes de légumes pour le repas de midi. Le soir, nous entendions souvent le vendeur de pastèque crier, « dix centimes le morceau de melon, dix centimes le morceau de melon ! » Nous en avions vraiment envie mais nous n’en avons pas acheté une seule fois. Après deux mois d’une telle vie, j’ai développé un fort désir de viande et j’ai finalement acheté la viande la moins chère que je pouvais trouver. C’était de la tête de porc, et il n’y avait presque que du gras. Afin d’économiser de l’argent, mon amie et moi n’avons pas loué d’appartement. Nous versions une petite somme à quelqu’un qui nous laissait passer la nuit dans son bureau. Le bureau était très étroit et il n’y avait pas suffisamment de place pour nous étendre par-terre. Nous devions donc dormir sur un bureau. Chaque nuit, nous enlevions tout ce qui était sur le bureau, et le repoussions un peu loin du mur. Nous dormions toutes les deux sur le bureau mais comme il n’était pas assez long nous placions des chaises pour y poser nos pieds. Le matin, nous remettions tout en place pour que les gens puissent utiliser leur bureau.

Pendant que je travaillais à l’usine, j’allai à l’hôpital hongguang, rue Shihui à Chengdu pour faire soigner ma jambe. Un docteur là-bas me dit que c’était une veine variqueuse et que la chirurgie était nécessaire. Ma mère vint en ville pour prendre soin de moi après l’opération. Elle m’apporta 50 œufs, ce qui était un traitement rare, vraiment rare. Je payai même la caution pour un lit d’hôpital. Mais juste avant le jour prévu pour l’opération, un autre médecin m’examina et dit qu’après tout la chirurgie n’était pas nécessaire. Il me dit que bien que ce ne fût pas esthétique, la veine noire courant le long de ma jambe ne causait aucun tort à ma santé. Je le crus et annulai l’opération.

Je pris une série de jobs après avoir quitté l’usine de vêtements. Je travaillai d’abord comme femme de ménage à l’Hôpital de l’Armée de l’Air de Waidong, à Chengdu. Après quoi, je tins un stand dans un marché aux puces près du Pont Jiuyan suivi par un autre stand rue Liulichang, en vendant des accessoires automobiles et des cigarettes. Après avoir gagné de l’argent, je suivis les cours de l’Ecole de Conduite de Poids Lourds provinciale de Wainan Taipingyuan en septembre 1987. En mars 1988, je passais le diplôme de l’école. Puis je louai un vieux camion du Collège de Musique de Sichuan pour 200 yuan par mois et commençai à gagner de l’argent comme transporteur routier.

Fin 1988, j’avais gagné suffisamment d’argent pour acheter un camion d’occasion et commençai à travailler à mon compte. Au début je transportais du sable du district de Jinmahe, de l’agglomération de Wenjiang à différents endroits dans la province. Puis je transportai du charbon du Comté de Rongjing et du Comté de Weiyuan. Par la suite je transportai des chutes de métaux et du ciment.

c) Risquer ma vie juste pour survivre

Je suis très triste quand je me rappelle les dangers que j’ai traversés lorsque je transportais du charbon du Comté de Weiyuan.

Parce que j’avais souffert de tant de problèmes de santé, je voulais faire autant d’argent que possible pendant que j’étais jeune. Le charbon que je transportais venait de plusieurs petites mines privées. Les mines de charbon n’avaient pas de balances pour peser le charbon et les propriétaires de la mine ne pouvaient qu’évaluer grossièrement le poids du charbon d’après la grosseur du tas. Lorsqu’un acheteur allait acheter cinq tonnes de charbon, il en avait en fait souvent pour près de sept tonnes. Comme l’acheteur faisait une bonne affaire, ils étaient prêts à payer davantage pour le transport. La région de Weiyuan est une région de montagnes. La route était rudimentaire et étroite. Elle n’avait qu’une voie pour les deux directions. Elle était trop étroite pour qu’un piéton ou une bicyclette puisse croiser une voiture. Il y avait une histoire d’un chauffeur accomplit qui fit une terrible expérience en prenant cette route pour la première fois. La route traversait des montagnes et longeait une rivière. Il avait peur que la route ne puisse porter le poids de son camion et il essayait de conduire aussi loin que possible de la rivière. Après avoir roulé sur des pierres, le réservoir d’huile se perça et les pierres endommagèrent le corps du camion. Il eut si peur. Il arriva à destination mais n’osa jamais plus retourner. Je n’avais que 23 ans. Je venais juste d’avoir mon permis et n’avais pas d’expérience. Mais je commençai à faire des voyages réguliers sur cette route risquant ma vie plus d’une fois pour gagner un peu d’argent.

Une fois je descendais des montagnes après une lourde pluie avec plusieurs tonnes de charbon. C’était impossible de contrôler la vitesse du camion seulement avec mon frein à main et le frein à pied. Je changeais de vitesse et utilisais le mouvement de recul de la machine pour contrôler la vitesse. La route était glissante et les virages sévères. Je conduisais aussi prudemment que possible. Malheureusement, les roues de devant dérapèrent de la route dans un champ de petits poids et le camion resta suspendu au- bord d’une falaise. L’acheteur du charbon était avec moi dans le camion. Il avait fait beaucoup de route mais ne savait pas conduire. La seule façon de nous en tirer était de soulever l’arrière du camion. Mais c’était très dangereux à faire. Le camion était surchargé et la route était en pente et glissante. Si ce n’était pas fait avec précision, le camion basculait et nous mourrions. Nous avons fini par placer des gros rochers devant les quatre pneus pour ralentir un petit peu le mouvement du camion. Je grimpais sur mon siège, appuyai sur le champignon et lâchais très prudemment l’embrayage. Je sentais mon cœur bondir dans ma poitrine et je luttais pour la vie. J’ai du être protégée ce jour là. J’ai pu ramener l’arrière du camion du premier coup.

Une autre fois, la route était inondée après une forte pluie. Alors que nous étions presque arrivés à la mine de charbon, l’acheteur et moi, j’ai tout à coup vu que l’inondation avait fait disparaître une partie de la route. Il était impossible de faire demi-tour car la route était trop étroite et j’aurais du faire marche arrière longtemps avant de trouver suffisamment de place pour faire faire demi-tour au camion. J’ai garé le camion sur le bas côté de la route. Nous avons essayé de trouver quoi faire d’autre, mais finalement nous avons réalisé que nous n’avions pas d’autre choix que d’essayer de conduire sur la route inondée. L’acheteur m’a dit, « mme Zhong, ce n’est pas grave si je meurs, j’ai déjà la quarantaine et mon fils est élevé. J’ai fait dans ma vie l’expérience de tant de choses. Mais vous êtes encore jeune, et vous n’êtes même pas encore mariée. Ce serait une honte de mourir si jeune. » J’ai répondu, « pas de problème, ça va pour moi, ça me sortira de la misère. Je n’aurais plus à souffrir ni à trouver de l’argent pour soigner ma jambe. » La réalité était assez lugubre – la route ne pouvait pas supporter un si grand poids et l ‘inondation pouvait emporter le camion si je ne contrôlais pas bien la vitesse. Mais il y n’y avait pas d’autre issue. J’ai appuyé sur le champignon autant que je pouvais et nous avons finalement réussi à conduire sur la route inondée.

Une fois, alors qu’un acheteur était allé acheter du charbon dans le Comté de Weiyuan, il me demanda de porter une charge de matériaux de construction depuis l’Institut des Minorités Ethniques du Sud Ouest. Je savais qu’ils y avait pas mal de routes dangereuses près de l’endroit où il voulait aller. Je lui donc demandé avant si la route qu’il voulait prendre était bien pavée et pourrait supporter le poids d’un camion. Il a répondu oui mais il s’est avéré que ce qu’il avait dit n’était pas vrai. Lorsque je suis arrivé à proximité de la ville de Ziyang, la route devant nous est devenue de plus en plus étroite. C’était une route très rudimentaire qui montait et descendait le long des montagnes et certainement pas faite pour les camions. La nuit tombait et le temps a soudain changé. Des éclairs accompagnés de coups de tonnerre ont commencé à gronder, et le vent s’est mis à souffler en rafales et une pluie torrentielle a suivi. Je ne pouvais plus rien voir malgré les essuie-glaces marchant à fond. De plus, les matériaux de construction que je portais étaient chargés trop haut et il y avait trop de poids en haut du camion et pas assez en bas. Tout à coup, le camion a commencé à se retourner. Je n’ai pas osé continuer à avancer et ai du garer le camion sur le bas côté de la route. Il pleuvait à torrent et l’eau a commencé à s’infiltrer dans le camion. Regardant le propriétaire du charbon et son petit-fils qui dormaient paisiblement à l’arrière du camion, je n’ai pas pu retenir mes larmes. A ce moment, j’ai haï ma jambe malade. Lorsque la lumière du jour est finalement apparue, les villageois ont vu que le camion s’était presque complètement retourné et ne pouvaient en croire leurs yeux. Ils ont dit entre eux, « Qui ose conduire un camion par ici ? Si le camion s’était retourné, vous n’auriez pas eu d’autre choix que de le démonter et le vendre en pièces détachées. Qui oserait remorquer un camion jusqu’en ville ? » j’ai fini par placer des cales sur la route pour accroître la friction et utilisé la force centrifuge pour redresser le camion. Même après avoir plusieurs fois risqué ma vie, j’ai continué à faire des voyages à la mine. Je pensais que je n’avais pas d’autre moyen de gagner suffisamment d’argent pour traiter ma jambe. J’ai quitté la ville du Chengdu à 3h du matin. Il était minuit quand j’ai eu fini de charger le charbon à la mine du Comté de Weiyuan. J’allais alors ramener le camion à Chengdu et décharger le charbon. Au moment où j’ai fini de décharger le charbon, il était presque temps de retourner de nouveau à la mine. Il arrivait que toute une semaine passe sans que je puisse même dormir. Lorsque j’avais sommeil, je m’arrêtais et faisais un somme dans la cabine. Souvent, juste quand je m’endormais derrière les roues, un camionneur derrière moi me réveillait avec son klaxon car la route était trop étroite pour qu’il puisse me doubler. J’étais si fatiguée que j’aurais pu dormir n’importe où à tout moment. Je prenais trop sur moi et je sentais que je pouvais m’effondrer à tout moment. Bien que le travail fut dangereux, le salaire était excellent et les camionneurs devaient souvent attendre en file pour ramasser le charbon. Certains ne voulaient pas faire la queue et essayaient de passer devant. Ils ont fini par amener des serpents avec eux et les lâchaient lorsque je ne les laissais pas passer devant. Lorsque les serpents ont commencé à ramper dans ma direction, j’était si effrayée que je me mis à courir et n’eut pas d’autre choix que de les regarder charger devant moi. Je ravalai mes larmes et épanchai ma misère en écrivant dans mon journal « je suis comme un pneu, en train de s’user, tournant et tournant, sans savoir quand la fin arrivera. Lorsqu’il est piqué par un clou, c’est alors qu’il est malade. Lorsqu’il explose, alors c’est moi qui quitte le monde. » Je continuais à me demander pourquoi un être humain est si misérable et pourquoi nous sommes venus au monde. J’allai voir une diseuse de bonne aventure qui me dit, « Une personne noble viendra et t’aidera. » Alors j’ai attendu ardemment l’arrivée de cette personne noble.

d) Un mariage raté

Après que mon premier petit ami ait rompu avec moi à cause de mon problème de jambe, j’ai cessé d’être difficile sur le choix d’un mari. J’épouserais n’importe qui tant qu’il serait prêt à ignorer mon problème de jambe. Je voulais prouver aux gens que j’étais capable d’avoir des enfants. Je me suis mariée à la hâte avec un ouvrier et ai donné naissance à un fils. Pour différentes raisons, j’ai été séparée de mon mari alors que mon fils n’avait que trois ans. Dans l’esprit de mon fils, il n’avait jamais eu de père.

e) La motivation ne vient que sous la pression

Peu après que je sois tombée enceinte, j’ai commencé à transporter du ciment pour Xiao Yongcai, le propriétaire d’une usine de ciment dans le comté de Chongqing. Après avoir travaillé avec lui un moment, il m’a trouvée digne de confiance et m’a demandée de travailler exclusivement pour lui. Son membre de famille, M. Hu, était aussi routier et travaillait pour lui. Je me levais toujours tôt le matin et rentrais tard dans la nuit. Parce que je supportais de faire de longues heures, j’étais toujours capable de faire un voyage de plus que M. Hu. M. Xiao commença à appeler M. Hu ‘ Le Roi Hu Paresseux’ et plaisantait en disant que M. Hu n’était pas aussi capable qu’une femme enceinte. M. Hu jaloux dit un jour « la motivation ne vient que sous la pression. » Il avait tout à fait raison. Je sentais vraiment une énorme pression et voulais faire autant d’argent que possible tant que je pouvais encore bouger. Il y a un dicton chinois qui dit, « après avoir longtemps souffert d’une maladie, personne ne restera avec un fils plein d’égard. » Que m’arriverait-il lorsque je ne pourrais plus bouger et qu’il n’y aurait personne pour prendre soin de moi ?

Moins de trois mois après avoir accouché, je retournai travailler. Je transportais du ciment pour M. Xiao le jour, et des briques pour Li Huacheng de l’Usine de Ciment de Guixi la nuit. Comme j’allaitais encore, je n’avais d’autre choix que de prendre avec moi mon nourrisson sur tous les voyages que je faisais. Il restait souvent éveillé tard avec moi. Quelque fois je ne pouvais pas le ramener à la maison de toute la nuit.

Comme j’avais travaillé longtemps pour M. Xiao et qu’il était satisfait de mon travail, à la fin de 1991 il m’aida à trouver un job consistant à transporter du ciment de la Section de Matériaux du Département de la Construction Routière de la ville de Chengdu. A l’époque la ville de Chengdu construisait sa boucle d’autoroute n°2. On me donna un permis spécial. Avec ce permis, je pouvais transporter autant de ciment que je voulais. J’étais aussi autorisée à surcharger mon camion et à conduire sur des routes sur lesquels il n’était normalement pas permis de conduire. Le projet de construction de route nécessitait beaucoup de ciment et je ne pouvais pas satisfaire à la demande seulement avec mon propre camion. J’eu donc eu recours au Département de Transport N°5 de la ville pour m’aider. A la fin de chaque mois, j’envoyais la facture au Département de Construction de la Ville et payai l’usine de ciment et le Département des Transports n° 5. Je tenais méticuleusement ma comptabilité et n’ai jamais fait une seule erreur. J’ai fini par devenir un important sous-entrepreneur pour le Département de Construction de Routes de la Ville.

f) La chirurgie échoue

À mesure que les années passaient, mon affaire florissait. Mais l’état de ma jambe droite empirait. Le vaisseau sanguin protubérant devenait de la grosseur d’un pouce et je pouvais voir le long du vaisseau plusieurs grosses excroissances. Je devais reposer ma jambe sur une chaise en jouant au mahjong ou en regardant la télé, je sentais souvent une douleur aiguë dans ma jambe après avoir conduit longtemps.

Quand je n’ai plus pu supporter la douleur, je suis allée à l’Hôpital Général de l’Armée en janvier 1995, plusieurs jours avant le Nouvel An Chinois. Ils ont diagnostiqué des veines variqueuses, et m’ont dit qu’il fallait opérer immédiatement. L’opération eut lieu à la période du Nouvel An Chinois. Dr Chen Chongdian était le chirurgien qui m’opéra. L’opération commença à 9h du matin, on n’anesthésia que le bas de mon corps j’étais donc pleinement consciente et pouvais entendre le bruit des instruments chirurgicaux posés sur le plateau et de ma chair qu’on découpait. Tout le monde se taisait et j’avais l’impression d’assister à mes funérailles. Le chirurgien sectionna le vaisseau de l’extérieur puis de l’intérieur. Il fixa le vaisseau sanguin avec une pince, coupa la chair autour du vaisseau de l’extérieur et retira le vaisseau. Je ressentis la douleur sans oser bouger. Le docteur me montra le vaisseau qu’il avait retiré. Il était long et aussi épais qu’un cou de poulet. Les docteurs dans la salle d’opération semblèrent perplexes et dirent au Dr Chen d’ouvrir un autre vaisseau sanguin. J’entendis bientôt le Dr Chen dire, « Qu’est-ce qui se passe, ce n’est pas du tout une veine variqueuse. » Un autre docteur dit, « Non, on dirait un anévrisme de l’artère crânienne. » Puis la salle retomba dans un silence de mort. Je savais qu’ils avaient fait un mauvais diagnostic et que l’opération était une erreur. Mais à ce point, que pouvais-je dire ou faire ? J’essayai juste de faire de mon mieux pour oublier tout ça et aller de l’avant. Je passai une semaine de repos à l’hôpital et rentrai chez moi après que les docteurs aient enlevé les points de suture.

Après une période de temps, l’incision de l’opération guérit, mais ma jambe restait méchamment enflée à l’endroit où le vaisseau sanguin avait été retiré. Je retournai voir le Dr Chen Chingdian et il me dit, « Après discussion, l’hôpital a décidé d’opérer en utilisant la dernière technologie expérimentée par des chirurgiens aux Etats-Unis. Nous regrettons ce qui est arrivé avant et vous opérerons une seconde fois gratuitement. Essayons. » C’était pour moi une décision difficile à prendre. L’opération était risquée et je pouvais demeurer paralysée si elle échouait. Bien que ma jambe fût enflée et douloureuse, l’anévrisme était maîtrisé. J’étais encore très jeune, et je pouvais encore me déplacer. Donc je décidai de ne pas tenter la seconde opération.

g) Le désir de cultiver

En août 1996, je pris ma mère et mon fils avec moi pour monter sur la Montagne Qingcheng. Nous prîmes le chemin de derrière. Il était difficile à grimper, nous devions nous accrocher aux branches des arbres et aux rochers pour monter. Les talons de mes chaussures cassèrent et ma jambe droite était enflée et douloureuse. Mais je continuai parce que je ne voulais pas décevoir ma mère et mon fils. Nous fîmes des haltes fréquentes le long du chemin. Arrivés à moitié chemin, un groupe d’une vingtaine de vieilles dames nous dépassa rapidement et grimpaient encore plus vite. Je fus étonnée de les voir aussi en forme bien qu’elles semblaient avoir la soixantaine, elles ne paraissaient pas du tout fatiguées. Je les entendais chanter « Bouddha Amitabha » de temps en temps. Je pensais pour moi-même, « comment ces vieilles dames peuvent-t-elles grimper si vite ? Peut-être y a t il vraiment des divinités qui les attendent là-haut ? Elles avancent si vite et sans effort ! » Ma mère, mon fils et moi grimpâmes finalement jusqu’au sommet, le soleil s’était couché et nous visitâmes le Temple Baiyun. J’assistai à la cérémonie bouddhiste avec ces vieilles dames, fis un don au temple et suppliai le bouddha de guérir ma maladie et de bénir toute ma famille. Nous passâmes la nuit dans la montagne. Le matin suivant, en quittant le temple Baiyun, je vis une nonne à la porte attendre que des gens tirent les pailles pour leur dire la bonne fortune. Elle semblait avoir la trentaine. Je montais vers elle et lui demandai curieusement, « Vous êtes si jeune. Pourquoi avez vous voulu être nonne ? » Elle me parla de son mariage douloureux et dit qu’elle en avait assez de la vie mondaine et était allé au temple pour cultiver. J’étais intéressée par le mot « cultiver ». Elle sembla lire dans mon esprit et dit, « Vous devriez aussi venir cultiver. » Je dis, « j’ai une mère et un fils dont je dois m’occuper. Je ne pas lâcher toutes les choses ordinaires. Puis-je quand-même cultiver ? » Elle répondit, « Oui. Vous pouvez cultiver chez vous. Contentez vous de lire les soutras chez vous. » Je jetai un coup d’œil sur les épais livres des sutras et demandai, « dois-je venir au Temple Baiyun si je décide de cultiver ? » Elle dit, « Oui. » En regardant le ciel en haut de la montagne, je pensais, « oublie ça. La montagne est trop élevée et trop dure à grimper. Je n’irais pas cultiver là. Je trouverai un endroit près de chez moi et commencerai à cultiver. »

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