Opinion - Jusqu’à ce que les digues cèdent

À Tianjin, jusqu’à la fin de la semaine dernière, les habitants croyaient que la grande zone industrielle Rui Hai ne servait qu’au stockage de biens « standard » destinés à l’export – vêtements, composants informatiques, objets divers, et quelques milliers de véhicules Renault. Les employés de ces gigantesques locaux, tout comme les pompiers de la ville, ne suspectaient pas non plus la présence dissimulée de produits chimiques explosifs et toxiques. Lorsque les soldats du feu ont été appelés pour éteindre ce qui devait être un incendie mineur, ne sachant pas qu’ils faisaient face à un risque chimique, ils ont donc tenté de l’éteindre avec de l’eau plutôt que de l’étouffer au sable. C’est très probablement cette eau qui a fait que les stocks de carbure de calcium se sont transformés en acétylène, ce dernier emportant avec lui dans le ciel chinois, par son explosion, une centaine de vies humaines et plus de 700 tonnes de cyanure de sodium.


Immédiatement après, car l’incendie n’était pas la seule chose qu’il fallut rapidement étouffer, l’accès en ligne aux registres commerciaux de Tianjin a été bloqué – d’après la rumeur, leur consultation aurait montré des liens d’intérêt entre fonctionnaires communistes et l’entreprise responsable du site de stockage. Les articles de presse révélant la présence massive de cyanure de sodium ont également été censurés : Officiellement, l’air à Tianjin est aujourd’hui parfaitement sain, et aucune contamination de l’eau n’est à craindre. En ville, les chinois habitués à la communication gouvernementale ont donc choisi de porter un masque.

L’incident de Tianjin illustre de manière flagrante un état de fait en Chine : la population est maintenue, par principe, dans l’ignorance la plus complète de tout ce qui se passe autour d’elle, y compris dans son voisinage le plus proche. Un exemple plus dramatique encore le démontre : une organisation non-gouvernementale a levé la semaine dernière le voile sur ce qui pourrait être le pire outil de génocide de tous les temps : le trafic d’organes humains en Chine. Révélé une première fois en 2006 par des médecins chinois, son ampleur n’était supputée que sur la base du chiffre officiel des transplantations réalisées chaque année. Les enquêteurs du site Upholdjustice.org ont pu montrer que celui-ci ne rend compte que de 10% à peine du nombre réel de transplantations ; après avoir interviewé les responsables de plus d’1 millier d’hôpitaux chinois, ils arrivent à la conclusion que, entre 2000 à 2014, 2 millions de personnes ont vu leurs organes prélevés de force pour alimenter un trafic piloté par des cadres de l’armée chinoise.


Pour se rendre compte de l’ampleur du massacre, il faut imaginer Paris intégralement vidée de ses habitants. En Chine, une seule source possible pour un si grand nombre d’organes : les pratiquants du mouvement bouddhiste Falun Gong, violemment réprimés par le régime chinois, et dont plusieurs millions de membres ont été arrêtés sur les ordres de l’ancien président chinois Jiang Zemin. Le fait que ce secret, un des mieux gardés par le régime chinois, puisse être levé, est un grand signe de son affaiblissement ; quelle que soit sa volonté de toujours paraître « grande puissance », il ne tient que par la peur qu’il instille à sa population et sa capacité à protéger ses mensonges. L’on voit, à travers les deux exemples de l’explosion de Tianjin et des prélèvements d’organes, que les vérités non-autorisées peuvent maintenant être dévoilées. Lorsque les digues auront complètement cédé, une grande vague emportera le régime communiste chinois et ceux qui l’ont soutenu.

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