Leçons de la Chine ancienne : Là où il y a une volonté, il y a un chemin

Secteur de Badaling de la Grande Muraille, Brijing, Chine. (*Shutterstock)

Dur. Féroce. Sans scrupules. Tels sont les mots que l'on peut utiliser pour décrire le célèbre fonctionnaire chinois Zhou Chu dans ses jeunes années.


Zhou vécut durant la Dynastie des Jin (1115 - 1234) à Yixing dans la province du Jiangsu. Faute d’éducation parentale appropriée dans sa jeunesse, Zhou développa un tempérament agressif. Il était dur et hors contrôle, et était largement connu pour être la "terreur du village."


Grossier comme il était alors, Zhou ne tarda pas à réaliser que les gens l'évitaient comme la peste. Déterminé à réhabiliter ses manières, Zhou décida qu'il n'y avait pas de meilleur moyen de revenir dans les bonnes grâces de ses compatriotes que de les aider à résoudre leurs problèmes. Il avait, après tout, remarqué que la plupart des villageois semblaient déprimés et que leurs visages étaient marqués par les soucis.


"Maintenant que la paix règne dans le pays, que les conditions météorologiques sont favorables, les récoltes abondantes, et que tout répond à nos souhaits; alors pourquoi tout le monde est-il toujours aussi morose?" interrogea Zhou. Les aînés lui répondirent: "Comment peut-on être joyeux quand il reste encore trois terreurs qu’il faut encore résoudre ?" Zhou s'enquit: "Quelles sont ces trois terreurs?" Les anciens dirent: "Il y a un tigre blanc dans les montagnes du Sud qui agresse des gens au hasard. Le dragon des crues dans la rivière sous le pont Long, qui blesse souvent les gens et le bétail, est une autre terreur. Quant à la troisième ..."


Silence. Après un moment d'hésitation, les aînés s'aventurèrent: "Nous avons bien peur que ce soit vous." Atterré, Zhou réfléchit longuement en lui-même à la déclaration des aînés. Enfin, il annonça: "Je me débarrasserais des trois terreurs!"


Des armes aiguisées à la main, Zhou partit seul dans les montagnes pour chasser le tigre blanc féroce. Il lutta âprement et tua la bête. Il se rendit ensuite à la rivière, et après une lutte acharnée avec le dragon des crues pendant trois jours et trois nuits, Zhou réussit à le décapiter.


Au village, les villageois remarquèrent que Zhou avait disparu depuis trois jours, et pensèrent qu'il avait probablement été tué dans ses efforts. Tout heureux que les trois terreurs fussent pensaient-ils vaincues, les villageois en extase bondirent de joie, se félicitèrent les uns les autres, tout en savourant l'instant. À ce moment précis, Zhou revint. Témoin de la jubilation et des festivités qui se déroulaient, Zhou comprit finalement qu'on le détestait profondément et réellement, et il se sentit profondément honteux et attristé par cet état de fait.

Le chemin de la rédemption

Toujours déterminé à faire amende honorable pour son passé, Zhou décida de renaître en tant que savant et gentilhomme, et commença à chercher des professeurs éminents. Il découvrit rapidement que les petits-fils du grand général Lu Xun à Wu - Lu Ji et Lu Yun – étaient des érudits, et il partit leur rendre une visite spéciale afin de demander s'ils pouvaient l'instruire.


Cependant, Zhou ne réussit à trouver que Lu Yun, et souleva immédiatement la question la plus pressante à son esprit. "Je veux vraiment faire amende honorable et tout recommencer à zéro, mais en raison de mon âge avancé, je ne sais pas s'il est encore temps", déclara Zhou. "Les anciens tiennent en haute estime les gens qui sont prêts à changer," répondit Lu Yun en l'encourageant. "Votre avenir, monsieur, est tout à fait clair. Par ailleurs, on devrait être davantage préoccupé par sa résolution que par sa réputation."


C'est alors que Zhou comprit une vérité profonde: "Là où il y a une volonté, il y a un chemin." Zhou travailla dur et assidûment pour améliorer ses manières, et prêta grande attention à se cultiver et affiner son caractère moral. En l’espace d’une seule année, sa réputation changea si radicalement pour le meilleur que tous les fonctionnaires du gouvernement local le recommandèrent afin qu'il tienne un bureau.


Au cours des 30 années qui suivirent, Zhou occupa différents postes, et servit en tant que fonctionnaire diligent et accompli. Au cours de ses mandats, il accomplit son devoir faisant preuve de compétence et de responsabilité.


En tant que fonctionnaire, Zhou eut beaucoup de réalisations remarquables. Comme préfet de Xinping, il établit une très bonne relation avec les tribus minoritaires de la région. A Guanghan, il s'avéra être un juge incorruptible et très efficace, résolvant de nombreux litiges vieux de plusieurs décennies. Lors de son mandat en tant qu'agent administratif impérial, il exerça le droit avec impartialité, sans se soumettre aux grosses légumes, et sa droiture fit de lui l'ennemi de divers groupes mafieux.


Plus tard, lorsqu'une tribu minoritaire dirigée par Chi Won Nien se rebella, certains fonctionnaires de la cour impériale, qui voulaient du mal à Zhou, le recommandèrent pour la croisade. Ceux qui connaissaient les intentions sinistres des courtisans royaux conseillèrent à Zhou de refuser l'ordre.


Zhou demeura impassible. "Quelle meilleure façon pour moi de montrer que je suis fidèle et dévoué? J'ai déjà fait mes adieux à mes proches pour servir la cour impériale, aussi le temps est-il venu pour moi aujourd’hui de me consacrer au pays!" En définitive, Zhou sacrifia effectivement sa vie pour son pays; en tombant dans le piège des scélérats, il périt sur le champ de bataille.


Zhou se montra suffisamment courageux pour opérer des changements fondamentaux dans son caractère et passer d'une terreur malveillante à un officier loyal et digne d’éloges. L'histoire de Zhou Chu nous rappelle qu'une personne peut commettre des erreurs, mais tant que l'on est prêt et déterminé à amender nos mauvaises manières, notre destin changera pour le mieux.

Version anglaise :
Lessons for Leaders from Ancient China: Where There’s a Will, There’s a Way

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