"Assassiner les pratiquants de Falun Gong pour le profit"- Discours de David Kilgour le 19 mai 2010 au Parlement européen

Parlement européen, Strasbourg, Hon. David Kilgour J.D. 19 Mai 2010
 

Le discours qui suit a été prononcé le 19 mai 2010 au Parlement européen, où M.David Kilgour, ancien député et Secrétaire d'Etat canadien, a présenté son rapport 'Prélèvements Meurtriers', co-écrit avec David Matas, avocat canadien des droits de l'homme internationaux, résultat de leur enquête sur les allégations de prélèvement d'organes à grande échelle sur des pratiquants de Falun Gong. Ce même jour le Parlement européen a voté à une large majorité une résolution encadrant le don d'organes en Europe et la coopération entres les états membres.

FRANCE, Strasbourg. De gauche à droite : M. David Kilgour et les députés européens M. Edward McMillan Scott, M. Peter Liese, Mme Anna Rosbach, M. Miroslav Mikolasik et Mme Satu Hassi, au Parlement Européen le 19 mai 2010 lors de la conférence sur le rapport Kilgour-Matas concernant les prélèvements d’organes meurtriers sur les pratiquants de Falun en Chine. (NTDTV)


Assassiner les pratiquants de Falun Gong pour le profit
Parlement Européen
Strasbourg
Honorable David Kilgour J.D
19 mai 2010


L’été dernier, alors que des millions de démocrates iraniens allaient en ligne raconter des histoires de répression brutale, certains observateurs ont découvert en Falun Gong un champion dans la campagne pour la liberté de l’information en ligne. Les pratiquants américains de Falun Gong ont passé prés d’une décennie à développer le logiciel anti-censure le plus efficace et largement utilisé au monde, un résultat majeur dans l’amélioration du flux de l’information entrant et sortant de sociétés fermées.

Falun Gong (ou Falun Dafa) est une ancienne discipline qui encourage de bons standards éthiques pour cultiver le corps et l’esprit. Il contient l’essence même des systèmes de ‘cultivation’ traditionnels, comme le Taoïsme et le Bouddhisme, combiné avec une série d’exercices doux. Ses principes essentiels sont ‘’authenticité-compassion-tolérance’’ et les pratiquants cherchent à vivre en accord avec eux. Aujourd’hui, il bénéficie à des millions de personnes issues de divers environnements, dans approximativement 114 pays.

 

70-100 millions de pratiquants

 

La pratique de Falun Gong en Chine, où elle a été rendue publique en 1992 s’est développée en sept ans au point que le nombre de pratiquants dépasse même celui des membres du Parti communiste—70-100 millions d’après les propres estimations du gouvernement. Il s’est rapidement diffusé dans toute la Chine après le massacre de la Place Tienanmen, la chute de l’Union soviétique et la chute du marxisme en Asie centrale et dans les pays d’Europe centrale.

A Pékin, le Parti a paniqué en voyant des chinois par dizaines de millions publiquement engagés dans une forme d’exercices reposant sur un système implicite de croyances différentes du communisme. Falun Gong n’est pas une organisation. Les exercices peuvent être pratiqués n’importe où, n’importe quand, aussi peu ou aussi souvent que chaque pratiquant le souhaite. Ils peuvent être effectués seul ou en groupes, à l’intérieur ou à l’extérieur. La nature amorphe de la discipline signifie qu’elle est impossible à contrôler.

Le dénigrement et la répression précoces contre la pratique par des éléments du Parti, poussant à interdire la pratique, ont mené à des pétitions et des protestations de la part des pratiquants, générées grâce à une coordination via téléphones portables et Internet. Cette mobilisation efficace a encore plus contrarié les dirigeants du Parti à Pékin. Pour eux, victimiser Falun Gong est devenu un crime dont il était plus aisé de se tirer qu’avec les autres groupes spirituels plus connus. Les victimes de Falun Gong sont souvent des personnes sans relations occidentales ou ne parlant pas les langues occidentales. Une décennie d’incitation à la haine contre eux dans les médias du parti a eu un impact tragique.


Jiang Zemin

 
Le problème pour le président Jiang Zemin en 1999 n’était pas seulement que Falun Gong était authentiquement chinois et en plein essor dans tout le pays parmi des citoyens de tous âges, issus de toutes les régions et de tous les corps de métier, y compris parmi les membres du Parti ; c’était aussi que le marxisme, en tant qu’idéologie occidentale importée en Chine, est manifestement étranger. Les communistes ont vu une philosophie populaire de base chinoise leur couper sous les pieds l’herbe éparse sur laquelle ils se tenaient encore. Tolérer Falun Gong n’aurait pas signifié l’effondrement du régime, mais aurait probablement mené à la disparition de toute présence idéologique que le Parti maintenait encore dans les esprits du peuple chinois.

De plus, il y avait les standards éthiques de Falun Gong qui rendaient quelques dirigeants du Parti manifestement mal-à-l’aise. Des millions de personnes promouvant et vivant selon la vérité et la compassion ne correspondait pas à la vision du monde de Jiang. Dans un mémorandum diffusé en avril 1999 aux membres permanents du Bureau politique du comité central du Parti communiste chinois, il a écrit : « Le marxisme et le communisme que nous avons, le matérialisme, l’athéisme dans lesquels nous croyons ne peuvent-ils pas réellement vaincre cet ensemble de trucs diffusés par Falun Gong ? »
 

‘Marxisme contre Falun Gong’

 
Craignant la croissance de Falun Gong, le Parti l’a réprimé comme un rival, avec une brutalité sauvage depuis 1999. Torture, viols, tabassages à mort, détentions dans des camps de travaux forcés, lavages de cerveau- sont devenus le lot quotidien de beaucoup de pratiquants de Falun Gong dans toute la Chine pendant plus d’une décennie.
 
Aujourd’hui, les pratiquants de Falun Gong comptent pour deux tiers des victimes de torture et la moitié des personnes en détention dans les camps de rééducation par le travail dans toute la Chine. Les assassinats et les disparitions de Falun Gong documentés annuellement, excèdent de loin le total de n’importe quel groupe de victimes du Parti. Selon les recherches que David Matas et moi avons faites, présentées dans notre livre Bloody Harvest, les pratiquants ont été assassinés par milliers depuis 2001, afin que leurs organes puissent alimenter le traffic aussi bien pour des chinois que pour des étrangers.
 
La principale conclusion du livre est « qu’il continue à y avoir aujourd’hui des prélèvements d’organes sur des pratiquants de Falun Gong non consentants. Nous avons conclu que le gouvernement chinois et ses agences dans de nombreuses parties du pays, en particulier, les hôpitaux mais aussi les centres de détention et les ‘tribunaux du peuple’ depuis 1999, ont mis à mort un nombre inconnu de prisonniers de conscience de Falun Gong. Leurs organes vitaux, dont des reins, des foies, des cornées et des cœurs, ont été saisis sans consentement pour être vendus à prix forts, quelquefois à des étrangers, qui normalement font face à de longues périodes d’attente pour les donations volontaires de tels organes, dans leurs pays d’origine.’ »
 
D’après les nombreux éléments de preuves que nous avons examinés, nous n’avons pas tiré notre conclusion à partir d’une seule, mais plutôt à partir de leur effet cumulé. Chacune est vérifiable en soi et la plupart sont incontestables. Par combinaison, elles forment un tableau global accablant de culpabilité dans un pays important qui manque d’un semblant même de primauté du droit ou de respect de la dignité humaine. Notre rapport révisé est disponible en 18 langues à www.david-kilgour.com.www.david-kilgour.com.
 
Le langage extrême utilisé par le régime de Pékin dans ses medias contre Falun Gong est simplement bizarre. Il a imposé une censure absolue sur l’information indépendante au sujet de la discipline. La cyber police chinoise bloque toute mention de Falun Gong – autre que leur propre propagande diabolisante- sur les sites Internet, les blogs, les e-mails et les moteurs de recherche.
 

Récents développements

 
Les efforts de nombreuses personnes en Chine et dans le monde, y compris notre rapport indépendant pour faire cesser ce nouveau crime contre l’humanité, ont-ils fait une différence? Notre livre pointe divers développements au sein et au-delà de la Chine, s’étant produits depuis notre premier rapport 2006, dont :
 
• Depuis juin 2007, les patients chinois se sont vus accorder en priorité l’accès aux greffes d’organes, prenant la préséance sur les étrangers.
• Des sites Internet en Chine, qui auparavant faisaient la publicité des prix et des courts temps d’attente pour les greffes ont disparu. Matas et moi avons archivé les sites, mais ils ne sont plus visibles à partir de leur source.
• Le gouvernement chinois accepte maintenant que cette traçabilité des organes venant de prisonniers soit incorrecte. Le ministre adjoint de la santé, Huang Jiefu, à l’époque de l’annonce d’un projet pilote de donneur d’organes en août 2009, a déclaré que les prisonniers exécutés « ne sont assurément plus une source appropriée pour les greffes d’organes. »
• Taiwan a interdit la visite des médecins chinois intermédiaires pour les greffes d’organes.
• Les principaux hôpitaux de greffes du Queensland, Australie ont interdit la formation des chirurgiens chinois.
• Israël a passé une loi interdisant la vente et le courtage des organes et a cessé les financements grâce au système d’assurance de santé des greffes pour leurs ressortissants en Chine.
• Le sénateur belge Patrik Vankrunkelsven et le membre du parlement canadien, Borys Wrzesnewskyj ont présenté chacun auprès de leur parlement respectif, une législation extraterritoriale interdisant le tourisme de greffe. La législation proposée pénalise tout patient de greffe qui reçoit un organe sans le consentement du donneur, dans le cas où le patient était informé ou aurait du être informé de l’absence de consentement.
• L’association médicale mondiale a conclu un accord avec l’association médicale chinoise, selon laquelle les organes de prisonniers et autres personnes en détention ne doivent pas être utilisés pour des greffes sauf si les récipiendaires font partie de la famille proche.
• La Société de greffes s’est opposée à la fois aux greffes d’organes sur des prisonniers et aux présentations d’études impliquant les données de patients ou des échantillons issus de récipiendaires d’organes ou des tissus provenant de prisonniers.


Une situation pire pour Falun Gong

 
Malheureusement, ces développements remarquables n’ont pas mené à la fin des assassinats pour le profit. Au contraire, pour les pratiquants de Falun Gong, les choses ont empiré. Depuis que nous avons commencé notre travail, le nombre de prisonniers condamnés à mort, puis exécutés dans toute la Chine a décru plutôt significativement, mais le nombre de greffes, après un léger déclin, est revenu à son ancien niveau. Puisque la seule autre source substantielle d’organes pour les greffes en Chine en plus des pratiquants de Falun Gong, sont les prisonniers condamnés à mort, une diminution de la source de cette population signifie une augmentation de la source issue des pratiquants de Falun Gong. L’étendue du pillage d’organes de pratiquants de Falun Gong a empiré depuis le début de notre travail, mais le mouvement substantiel dans la politique et la pratique, à l’intérieur et à l’extérieur de Chine, nous encourage à un certain degré. Le souhait de changement est là. Nous devons tous continuer à exercer des pressions pour des changements jusqu’à ce que ce trafic inhumain cesse.

Quelles sont les conséquences des camps de travaux forcés en Chine sur les emplois manufacturiers dans les pays Européens et ailleurs ? Le réseau de camps d’aujourd’hui existe depuis les années 1950, lorsque Mao les a étroitement modelés sur ceux créés dans la Russie de Staline et le Troisième Reich d’Hitler. Aujourd’hui, même en Chine, il suffit d’une signature de la police pour envoyer quelqu’un dans un camp de travail, pour une période allant jusqu’à quatre ans. Aucune audition et aucun appel dans ce schéma totalitaire familier.
 
Dans notre enquête sur les allégations selon lesquelles des pratiquants de Falun Gong sont assassinés pour leurs organes en Chine, David Matas et moi avons visité prés d’une dizaine de pays pour interroger les pratiquants envoyés dans des camps de travaux forcés, mais qui plus tard, ont réussi à quitter ces camps et le pays lui-même.
 
Ils nous ont dit avoir travaillé dans des conditions épouvantables jusqu’à seize heures par jour, sans salaire, avec une nourriture insuffisante, dormant ensemble à même le sol dans des conditions d’exiguïté, et ont mentionné la torture. Leur travail impliquait de fabriquer des produits d’exportation, allant de vêtements aux baguettes et aux décorations de Noël, sans aucun doute en tant que sous-traitants anonymes pour des exportateurs sans éthique et de façon totalement contraire aux lois de l'Organisation mondiale du commerce
 
Une estimation du nombre de ces camps dans toute la Chine en 2005 était de 340, avec une capacité de prés de 300 000 travailleurs. D’autres estimations du nombre de détenus sont beaucoup plus élevées. En 2007, un rapport du gouvernement américain a estimé qu’au moins la moitié des détenus dans les camps étaient des Falun Gong.

C’est la combinaison d’une gouvernance totalitaire et du‘tout est permis’ du libéralisme économique qui permet qu’un telle production pour l’exportation inhumaine puisse continuer.

 

Conclusion

 
Tout ce que le Parlement Européen légifère, s’agissant d’assurer que toutes les greffes d’organes soient vraiment volontaires par le biais d'un consentement informé, est le plus important. En ce qui concerne les organes objets de trafic en Chine ou dans toute autre juridiction, David Matas et moi vous encourageons à considérer certaines ou la totalité des vingt recommandations de notre livre Bloody Harvest, y compris :

• Presser l’état-parti en Chine de:

o cesser la répression, l’emprisonnement et les mauvais traitements des pratiquants de Falun Gong;
o cesser le prélèvement d’organes sur tous les prisonniers;
o retirer son armée du commerce des greffes d’organes;
o établir et réguler un système d’organes légitime
o (Chaque donneur de greffes d’organes devrait consentir à la donation par écrit. Ces consentements devraient être disponibles pour inspection par les fonctionnaires des droits de l’homme.)
o ouvrir tous les centres de détention, y compris les camps de travaux forcés, pour investigation internationale; et
o libérer Gao Zhisheng, avocat des droits de l’homme qui est devenu ‘la conscience de la Chine’, et lui permettre d’être réuni avec sa famille.


• Mettre en œuvre les mesures suivantes et les faire respecter jusqu’à ce que l’état-parti en Chine cesse les pillages d’organes sur des prisonniers :
o Les professionnels médicaux de l’Union Européenne devraient activement décourager leurs patients de se rendre en Chine pour des greffes d’organes;
o Les pays de l’U.E ne devraient pas émettre de visas aux médecins chinois cherchant des formations dans les greffes d’organes ou de tissus corporels;
o Les médecins de l’U.E ne devraient pas voyager en Chine pour dispenser des formations dans les greffes chirurgicales;
o Les contributions soumises aux revues médicales de l’U.E au sujet des expériences chinoises devraient être rejetées ;
o Les compagnies pharmaceutiques de l’U.E devraient être interdites d’exporter vers la Chine tout médicament utilisé uniquement dans les greffes d’organes ;
o Le parlement Européen devrait adopter des lois extra territoriales, pénalisant la participation aux greffes d’organes sans consentement; et
o Tous les gouvernements Européens devraient interdire l’entrée à toute personne connue pour avoir participé au trafic d’organes sans consentement connu ;


Pour finir, je vous encourage à développer un plan d’action efficace pour le Parlement Européen qui aidera à mettre fin à ces terribles abus.
 
Merci.

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