Magazine Amnesty: la Chine manque à ses engagements envers ses travailleurs

Juillet/Août 2002 question 114
Compte-rendu des nouvelles

Tandis que la Chine s’engage dans l’économie de marché, les droits des travailleurs sont sapés et partout des agitations syndicales sont réprimées. Les réformes économiques ont causé des fermetures d’entreprises étatisées et un accroissement conséquent du chômage. Selon les statistiques officielles, plus de cinq millions de travailleurs ont été licenciés d’exploitations étatisées en 2001. On promet souvent aux chômeurs des primes de licenciement qu’ils ne voient pas apparaître.

Les travailleurs font communément face à des conditions d’extrême pauvreté dont des lieux de travail insalubres et peu ventilés et des heures supplémentaires non payées souvent obligatoires. On peut interdire aux employés des usines de se marier ou d’avoir des enfants. Les ouvriers sont souvent exposés à des produits chimiques dangereux sans la protection requise. Lorsqu’il y a des accidents, les frais médicaux sont souvent déduits de la paie. Il a été rapporté que dans le sud de la Chine, une moyenne de 13 ouvriers par jour perdent un doigt ou un bras et qu’un ouvrier meurt tous les quatre jours et demie.
On a rapporté chaque jour de mars et d’avril 2002 des protestations syndicales, des grèves, des manifestations et des occupations d’usines par les ouvriers en colère. Les travailleurs manifestent contre les bas salaires, le travail dans des conditions illégales, les licenciements, les termes des licenciements, la corruption des administrations et le retard des allocations sociales.

Les syndicats indépendants n’étant pas autorisés en Chine, de telles protestations sont généralement illégales et ont souvent été dispersées par la police manu militari. De nombreuses protestations ouvrières pacifiques concernant la paie et les allocations se sont transformées en échauffourées entre ouvriers et police armée, avec des blessés et des arrestations. Les ouvriers et les activistes ont été harcelés ou emprisonnés pour avoir pris part à de telles protestations ou les avoir rendues publiques. Les droits à la liberté d’expression et d’association sont de façon routinière refusés à ceux que les fonctionnaires considèrent comme une menace ;

Des travailleurs des gisements pétrolifères de Dajing, les plus gros gisements étatisés de chine, ont organisé des démonstrations massives depuis le 1er mars pour protester contre les prestations sociales et les primes de licenciement insuffisantes et les coûts croissants des pensions. Près de 50 000 ouvriers se sont joints aux protestations et on a signalé des blessés dans l’échauffourée de la police militaire avec les manifestants. Les demandes des ouvriers incluaient la mise en place d’un syndicat indépendant. On rapporte que Le Comité du Syndicat des Travailleurs Licenciés a été établi durant les protestations et opère clandestinement.

Dans la ville de Liaoyang, d’immenses manifestations contre les licenciements, l’insuffisance des indemnités et la corruption de l’administration ont eu lieu. Quelques 5000 travailleurs licenciés de plusieurs usines étatisés se sont rassemblés devant les bureaux gouvernementaux le 11 mars. Les ouvriers ont accusé leurs directions de s’associer avec les fonctionnaires du gouvernement pour obtenir les actifs des entreprises démantelées, sans compensations pour les travailleurs, dont certains n’avaient pas été payés depuis 18 mois.


Les protestations on connu une escalade le 18 mars lorsque 30 000 ouvriers d’environ 2 usines de Liaoyang se sont rassemblés devant les bureaux du gouvernement municipal, demandant la libération de Yao Fuxin, un leader ouvrier de l’usine d’alliages de fer arrêté la veille par la police. Le 20 mars, on a rapporté qu’un important contingent de police armée avait été déployé pour réprimer les protestataires et trois autres leaders ouvriers Xiao Yunliang, Pang Qingxiang et Wang Zhaoming ont été arrêtés. Les quatre leaders ouvriers ont été accusés de « rassemblement illégal et de démonstrations » et plusieurs centaines de travailleurs ont manifesté presque chaque jour pour demander leur libération.

Le 28 février 2001, le gouvernement Chinois a ratifié le Traité International des Droits Economiques, Sociaux et Culturels. Toutefois, le gouvernement y a ajouté une réserve sur ses obligations sous l’article 8 du traité, qui garantit les droits syndicaux. […]

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