La largesse d’esprit et la modestie

L’empereur Gangwu de la dynastie des Han était très respecté par ses ministres et par son peuple pour sa largesse d'esprit, sa modestie, son attitude respectueuse et son abord facile. Contrairement aux dirigeants despotiques, il n’était jamais arrêté dans ses opinions, ni vaniteux, ni arrogant, ni ne se comportait en " petit chef ". Même les gens qui avaient des griefs envers lui, lui prêtaient allégeance après avoir appris à le connaître.


Le bras droit de Liu Xiu, Ma Yuan avait d'abord été un des premiers disciples de Wei Xiao, un général en chef de la région de Xizhou. À ce moment-là, Wei Xiao à l’ouest, Liu Xiu à l’est et Gongsun Shu au sud-ouest étaient des rivaux surveillant chacun de leurs mouvements mutuels. Wei Xiao avait appris que Gongsun Shu avait l’intention de se proclamer Roi de l’État de Shu, il envoya donc Ma Yuan voir les deux hommes avant de décider de ce qu’il allait faire.


Ma Yuan et Gongsun Shu étaient du même village et avaient grandi côte à côte. Mais le présomptueux et méprisant Gongsu Shu attendait d’être sûr qu’il serait au centre de la cérémonie de bienvenue et que ses gardes soient tous en alerte avant d’accepter de rencontrer Ma.


D’un autre côté, lorsque Ma Yuan vint rendre visite à Liu Xiu, ce dernier n’était pas assis sur son trône entouré de ses sbires. Au lieu de cela, il était tout seul dans le hall Xunde du palais Luoyang pour attendre Ma. Il sourit à la vue de Ma et vint le saluer "J’admire votre courage de faire la navette entre deux empereurs. Cela montre votre richesse intérieure ainsi que votre expérience. C’est vraiment un grand honneur de vous rencontrer aujourd’hui. "


Impressionné par la modestie et l’humilité de Liu, Ma déclara : “Dans le monde d’aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les empereurs qui choisissent des ministres vertueux, mais ce sont également les ministres qui choisissent des empereurs vertueux." Ma demanda également à Liu si celui-ci ne craignait pas que Ma soit un assassin. Ce à quoi Liu répondit qu’il le considérait comme un messager, et qu’un messager devait être traité avec courtoisie.


À son retour, Ma yuan dit à Wei Xiao que Gongsun Shu était aussi vaniteux qu' une grenouille au bord d'un puits. Lorsqu’il fit des commentaires au sujet de Liu Xiu, Ma le loua comme un vrai chef. Il dit "L’empereur Guangwu et moi nous sommes rencontrés des dizaines de fois et nous avons toujours parlé comme des amis proches. Son grand talent et son courage m’ont frappé. J’ai été impressionné par sa franchise, sa droiture, sa largesse d'esprit et son humilité."


Le rapport de Ma dissipa les doutes dans l’esprit de Wei Xiao il envoya donc son fils Wei Xun à la capitale de Luoyang pour montrer sa bonne volonté à l’empereur Guangwu. Peu de temps après, Ma Yuan, lui aussi, arriva avec toute sa famille et devint un général compétent sous l’empereur Guangwu.


Un jour Liu Xiu rentra de la chasse tard le soir et souhaita entrer par la porte Nord-est de la ville. Mais l’officier chargé de garder la porte Zhi Yun refusa de l'ouvrir. Liu demanda à ses assistants d’allumer des torches et d’annoncer le retour de l’Empereur. Zhi Yun continua de refuser d’ouvrir la porte en disant " Les feux sont aveuglants à cette distance, et je ne peux pas être sûr de qui sont vraiment ces gens " Liu dut donc abandonner son idée et rentrer par la porte Est. Le lendemain, Zhi Yun soumit un rapport pointant que les actions de Liu, qui se complaisait à chasser de jour comme de nuit – donnaient le mauvais exemple et mettaient l’État en danger. Et Liu, plutôt que de punir Zhi, le récompensa de 100 rouleaux d’étoffes.


Zhou Dang, un homme connu dans la préfecture de Taiyuan pour son talent ne souhaitait pourtant pas devenir fonctionnaire. Portant des vêtements ordinaires et la tête enveloppée dans de l'écorce d’arbre, il vint demander une audience auprès de Liu Xin. Le protocole voulait que l’on annonce son nom avant de parler, mais il ne suivit pas ce protocole et déclara directement à Liu qu’il ne voulait pas devenir son fonctionnaire. Certains ministres estimèrent que Zhou Dang cherchait à gagner sa réputation en méprisant gloire et richesse et en ayant une attitude provocante vis-à-vis de l’empereur ce qui devait être puni comme un manque de respect. Mais Liu ne l’entendait pas ainsi et dit à ses ministres : "Depuis des temps reculés, il y a toujours eu des gens talentueux qui n'ont pas voulu devenir fonctionnaires de leur sages empereurs et nobles seigneurs. Bo Yi et Shu Qi, qui ne voulaient pas travailler pour le roi Zhouwen en sont des exemples typiques. Zhou Dangde Taiyuan refuse un poste de fonctionnaire impérial et c’est sa volonté. Qu’on lui donne 40 rouleaux de soie.


Liu Xiu se décrivait souvent lui-même comme n’ayant que peu de mérite et demandait à ceux qui lui soumettaient des documents de ne pas l’appeler “auguste sagesse”. Depuis la nuit des temps, différentes préfectures et cantons rapportaient des évènements locaux “propices et dignes d’éloge“ à la cour impériale et les ministres suggérèrent d’enregistrer ceux-ci pour les générations futures. Mais Liu Xiu désapprouva .


Des ministres et des généraux conseillèrent à Liu Xiu de faire une grande cérémonie de vénération au ciel et à la terre. Le modeste Liu publia un édit impérial disant “Les trente ans de mon règne ont été marqués par la tristesse et les plaintes de mon peuple, et il n’y a eu ni mérite, ni accomplissement dont on puisse parler. Quelles qualifications aurais-je pour tenir une telle cérémonie ? Avant mon règne, Qi Henggong voulait tenir une telle cérémonie et il a été critiqué par Guan Zhong. Personne ne doit le mentionner à nouveau dans le futur, ou bien il sera puni sans merci. ” Depuis, aucun ministre n’a plus jamais soulevé le sujet.

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