Les 14 nouveaux amendements du projet de loi de bioéthique et le prélèvement forcé d'organes en Chine

 
Interview de M. Philippe Gosselin (capture d'écran NTD)

Ces 14 amendements concernent la traçabilité des transplantations d’organes pour les patients français allant se faire opérer à l’étranger – notamment dans des pays tels que la Chine où la marchandisation du corps humain est devenue endémique.


Les statistiques officielles de l’Agence de Biomédecine dénombrent près de 400 personnes " disparaissant " chaque année des listes d’attente pour des organes en France. Des patients n’ayant pas été transplantés et qui ne sont pas décédés. Qu’est-il advenu de tels patients ?


Monsieur Philippe Gosselin, député de la Manche et vice-président de la commission des Lois de l’Assemblée nationale a répondu le 11 septembre aux questions de NTD sur le sujet :


" Nous avons un principe éthique très important en France qui est l’indisponibilité du corps humain. La dignité de la personne, cela fait obstacle à ce qu’il puisse y avoir des dons payants, qu’il puisse y avoir des prélèvements de force, qu’il puisse y avoir une mise à disposition de son propre corps.


Je crois qu’il est important qu’il y ait une traçabilité, un contrôle des organes qui le cas échéant viendraient de l’extérieur pour garantir des greffes qui soient éthiques."


NTD: Est-ce-que vous avez entendu parler des prélèvements d’organes forcés en Chine notamment sur les pratiquants de Falun Gong?


" Oui, tout à fait, j’en ai évidemment entendu parler et d’autres collègues en ont largement entendu parler. D’ailleurs, ces violations des droits de l’homme ont étés mises en avant à plusieurs reprises à l’Assemblée nationale ou par des questions au gouvernement pendant les débats parlementaires – notamment ceux sur le don d’organes, sur les principes éthiques qui fondent le don d’organe en France et sur l’indisponibilité du corps humain.


"Tout le monde sait et il y a des plaintes de déposées, qu’il y a plusieurs centaines, on parle même de plusieurs milliers de greffes qui sont faites de façon autoritaire en Chine, notamment avec des prélèvements totalement indus sur des prisonniers qui ont été exécutés – c’est totalement condamnable.


Les exécutions et les détentions me semblent dans un certain nombre de cas très abusives et en réalité hors la loi. Ajouté à cela, il semblerait que certaines exécutions soient fondées sur la volonté de récupérer indûment des organes [pour le tourisme de transplantation, ndr.]


"Avec la traçabilité des organes et si les contrôles sont efficaces, alors peut être pourrions-nous en Chine comme dans d’autres pays améliorer les droits de l’homme. Je l’espère en tout cas. Dans ce domaine, ce sont des petites mesures qui s’ajoutent à des plus grandes et qui font un tout qu’on espère cohérent et efficace.


J’espère que le ministère des Affaires étrangères continuera à porter cette question qui est une question évidement importante."

Propos recueillis par NTD

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