Wang Anshi, réformateur controversé du gouvernement et un des huit grands maîtres de la prose des Tang et des Song

Wang Anshi (1021-1086) fût un réformateur du gouvernement, un philosophe et un lettré de la dynastie Song. Sa réforme gouvernementale, sans précédent, mettant en œuvre d’ambitieuses "Nouvelles politiques" ou "Nouvelles lois" fît de lui un personnage controversé de l’histoire de la Chine et jusqu’à aujourd’hui.


Sa participation active au mouvement de réforme littéraire, avec sa prose et ses poèmes remarquables, lui valut d’être considéré comme un des " Huit Grands Maîtres des dynasties Tang et Song" , en dépit de sa réforme politique idéaliste qui lui attira l’hostilité de ses pairs en littérature.


Wang fût reçu quatrième à l’examen du Service civil impérial à l’âge de 21 ans, puis il passa près de vingt ans à servir en tant que fonctionnaire local dans les régions du Sud, avant de devenir un chancelier du gouvernement central à la capitale. Cette période compte probablement comme le meilleur moment de la dynastie Song. Après plusieurs décennies de temps de paix, l’économie bénéficiait d’une forte croissance doublée d’une grande prospérité. L’économie passa alors du style traditionnel d’autosuffisance, plus facile à contrôler par le gouvernement, à une économie plus libre impliquant des entreprises privées qui participèrent très tôt à l’introduction et à la circulation officielle du papier monnaie.


Wang avait repéré les problèmes sous-jacents à la croissance économique rapide, mais toutefois moins contrôlée. Les riches accroissaient leurs biens et leurs terres en accordant des prêts aux pauvres à un taux d’intérêt élevé tout en payant peu d’impôts. La fonction publique était composée de membres des familles riches et royales. Pendant ce temps dans le Nord, les frictions d’une agressivité croissante avec les royaumes Xixia Tangut et Khitan Liao rappelaient régulièrement à Wang les faiblesses de la puissance militaire de la dynastie Song.


Wang rédigea une proposition de réforme du gouvernement, mais les véritables changements ne débutèrent pas avant l’accès au trône en 1067 d’un jeune prince de 20 ans suivi dans la foulée par la nomination de Wang en tant que Premier ministre.


Wang lança un vaste programme de réformes appelées "Nouvelles lois" en matière de système fiscal, militaire et dans la fonction publique, les trois piliers d’une dynastie. Il essaya de rendre le gouvernement beaucoup plus entreprenant dans son rôle au niveau du commerce par la création de fonds, offrant des prêts à faible taux d’intérêt aux paysans, via l’établissement d’une entreprise gouvernementale de contrôle des prix des marchandises et le pompage de la monnaie pour stimuler l’économie. Pour soulager le fardeau fiscal des pauvres et parvenir à une circulation de la richesse parmi le peuple, il établit une nouvelle loi d’arpentage de la terre afin que les propriétaires fonciers appartenant à l’élite officielle paient davantage d’impôts. Sa nouvelle politique militaire consistait à redistribuer les tâches locales de la défense et du maintien de l’ordre aux milices paysannes des villages locaux, en réduisant leurs impôts pour constituer une armée de mercenaires hautement professionnelle et efficace sans augmenter leur nombre.


Le but de la réforme de Wang était de répartir la richesse sur tout le peuple et de renforcer le financement et le contrôle du gouvernement central. Cependant, ses "Nouvelles lois" portaient atteinte aux intérêts des élites et des classes dirigeantes, elles furent considérées comme une refonte radicale de l’ensemble du système gouvernemental tenu par les conservateurs et les bureaucrates qui jugèrent qu’elles n’apportaient aucune amélioration rapide et significative.


Afin d’appliquer plus efficacement et activement ses nouvelles lois, Wang modifia également le contenu de l’examen de Service civil impérial existant. Des classiques et de la poésie confucéenne les sujets passèrent à des domaines plus pratiques tels que la discussion de la politique. Il rassembla au sein du Conseil des États des gens dont il pensait partager la même vision et plaça ses partisans à des postes gouvernementaux clés pour un appui plus véhément à ses conceptions politiques. Beaucoup de fonctionnaires capables furent sélectionnés, mais le besoin urgent de réformistes contribua à rendre le processus de sélection moins approfondi. La création d’unités d’affaires publiques, en concurrence avec d’autres entreprises privées, provoqua également des débats houleux au sein du gouvernement.


Avec le soutien de l’empereur, Wang passa outre les nombreux obstacles pour imposer ces mesures politiques, engendrant par là même de plus en plus de mécontentements parmi les conservateurs. En 1075, une famine désastreuse dans le Nord amena toute une population paysanne à quitter leurs maisons, alors que les autorités locales continuaient à les contraindre à rembourser les prêts. Les conservateurs en profitèrent pour contraindre Wang à démissionner. Il fût rappelé à la cour l’année suivante, mais se trouvait alors dans une position beaucoup plus vulnérable.


Étant donné le sort de sa réforme qui fût prohibée, Wang prit sa retraite en 1076 après la mort de son fils. Il consacra le reste de sa vie à l’étude de l’étymologie et composa de nombreux poèmes remarquables et accomplis.


Ses politiques inédites furent entièrement supprimées après la mort de l’empereur, et Wang décéda peu après.

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