Dongzhi : Les traditions chinoises du solstice d'hiver

Le solstice d'hiver occupe une place importante dans le panthéon des festivités traditionnelles chinoises. Connu en Mandarin sous le nom de Dongzhi, le jour le plus court de l'année est considéré comme un tournant à partir duquel les jours deviennent de plus en plus clairs. L'obscurité du Yin le cède peu à peu à la lumière, achevant une phase dans l'infini cycle du temps.


Les anciens chinois divisaient l'année en 24 termes solaires, habituellement de 15 jours chacun, qui marquaient le changement de climat et les transitions saisonnières. Leurs fonctions sont reflétées dans le calendrier impérial et dans la répartition des différentes festivités et rituels, y compris ceux accompagnant Dongzhi.


Tombant le 21 décembre cette année, Dongzhi a eu une place importante dans la tradition chinoise pendant des milliers d'années. Des dynasties Shang et Zhou à la Dynastie Qin (221 Av. J.C.– 206 de n-è), le solstice d'hiver a été considéré comme le début de la nouvelle année.


Dans la Dynastie Han (206 Av. J.C. –A.D. 206 de n-è), Dongzhi était un congé impérial marqué par le ralentissement de la plupart des services publics et militaires, la fermeture des frontières, et l'interruption du commerce. Pour les gens travailleurs et infatigables de toutes classes, c'était un jour rare de repos bien mérité.


Commençant avec les dynasties Tang et Song, Dongzhi est devenu un jour de vénération ancestrale, et l'empereur tenait un grand rituel cérémoniel pour montrer son respect au Ciel. Le Temple du Ciel à Beijing fût construit il y a quelques 600 ans pour cette fonction. Dans le “Qing Jia Lu,” un document de l'époque de la Dynastie Qing, Dongzhi et les rituels effectués ce jour là équivalaient en importance aux célébrations du Nouvel An.


La vénération du Ciel est une caractéristique essentielle de la croyance chinoise traditionnelle, laquelle insiste sur l'importance de suivre la voie du ciel et de se soumettre aux lois naturelles. Tandis que l'extrême de l'hiver entrait dans une nouvelle période, c'était un temps de réflexion et de pause pour l'empire tout entier.


L'acte du rituel, historiquement préconisé par Confucius, jouait un rôle central dans l'esprit des anciens dirigeants chinois et de leurs sujets. L'ancien monarque, et son peuple, dans une attitude d'humilité, devant la grâce infinie et la puissance du monde céleste, remerciaient le ciel et reconnaissaient la place de l'humanité dans le monde naturel.


Dongzhi est typiquement célébré en mangeant des aliments tels des boulettes et des wontons, qui aident le corps à garder sa chaleur. L’importante étendue géographique signifie que les traditions spécifiques varient d'une région à l'autre - dans le froid du nord , on insiste sur la consommation de viandes et de boissons considérés comme "chaudes" dans la médecine chinoise traditionnelle, tandis que les habitudes dans le sud se focalisent sur les boulettes de tangyuan , un plat sucré et gluant.

Les Neufs de l'Hiver

Bien que Dongzhi soit le jour le plus sombre de l'année, qu'il marque l'extrême de l'hiver, il n'est pas le plus froid. Comme le formule un dicton populaire "Il n'y a de véritable froid qu'après Dongzhi ". Car bien que les jours rallongent, il faudra plusieurs semaines pour que l'accroissement du rayonnement solaire soit ressenti dans l'Hémisphère nord.


Un hiver post-Dongzhi de neuf fois neuf soit 81 jours est en conséquence reconnu dans les traditions populaires chinoises, où chaque période de neuf jours représente un étape différente de la saison.


Cette période de 81 jours prend la forme d'une chanson, les "Neufs de l'Hiver"

Le premier et le second Neufs sont si froids
que nous n'osons pas tendre la main dehors.
Durant les Neufs trois et quatre
L'eau gèle, nous allons sur la glace
Lors des cinq et sixièmes Neufs on apercevra
des saules verts sur la lointaine berge du fleuve,
Les rivières dégèlent durant le septième Neuf
Dans le huitième nous accueillons les oies sauvages,
L'hiver voit sa fin lors du dernier Neuf,
Quand les bourgeons et les fleurs sourient au printemps..


Pour marquer le passage des neufs, une peinture de prunier avec 81 fleurs sans couleurs est accrochée et chaque jour une nouvelle fleur est peinte en rouge. Au moment où le printemps arrive, la peinture est achevée et s'accorde parfaitement aux vraies fleurs s'épanouissant dehors.


Un autre passe-temps associé à Dongzhi est la calligraphie. L'érudit compose des couplets pour illustrer le passage de l'hiver, utilisant souvent l'image d'un saule penché, lequel semble pleurer en résistant au froid dans l’attente du printemps.


Texte français : Clearharmony
Version anglaise :Dongzhi: Chinese Traditions of the Winter Solstice

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