France - JIR - Journal de l'Ile de la Réunion- Tianjin ses avenues, son port, ses camps de travaux forcés

La ville vient d’être chargée par le gouvernement chinois de coopérer avec la Réunion
 
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La nouvelle a été annoncée solennellement par le député maire du Tampon samedi dernier et par Paul Vergès quelques jours plus tôt. Suite à sa visite en Chine avec une délégation gouvernementale, dans le cadre de l’accord de partenariat global signé en 1997,Tianjin va multiplier les échanges économiques et culturels avec notre île. Sur le sol de cette commune, les « dissidents » seraient quotidiennement torturés parfois jusqu’à la mort dans deux camps…Banqiao et shuangkou. Témoignages


Le gouvernement chinois ne s’est certainement pas vanté de ce qui semble être, hélas, une triste réalité devant le député maire du Tampon André thien-ah-koon, en visite en Chine du 22 au 30 juillet dernier avec une délégation du gouvernement français : la ville de Tianjin , considérée comme l’un des plus importants ports de la République Populaire posséderait deux camps de travaux forcés sur son territoire. Sa municipalité vient d’être désignée pour développer une coopération économique et culturelle avec l’île de la Réunion dans le cadre du partenariat conclu entre la France et le Chine en 1997. Hier matin, Josette Chang kuw , conseillère municipale du Tampon- chargé de faire l’interface avec les acteurs locaux – a annoncé que l’un des membres de le municipalité de Tianjin viendra bientôt sur l’île pour représenter la République Populaire.
Tianjin…ce nom ne dit pas grand chose à la majorité des réunionnais, sauf peut être aux populations issues d’une immigration récente. Paul Vergès (PCR), le président du conseil régional et André Thien-Ah-Koon (UMP) ont surtout décrit ces derniers jours, un port important, peuplé de 10 millions de personnes, économiquement très prometteur pour la Réunion. Pas un mot en revanche sur Shuangkou, un camp de travaux forcés pour les hommes et sur Banqiao, son équivalent pour les femmes. Et pour cause. Le gouvernement chinois continue à faire peser sur ce type de structure un silence absolu.


Battus à mort ou électrocutés

Pourtant malgré cette chappe de plomb, certains survivants témoignent clandestinement au péril de leur vie, via internet. Les pratiquants du Falun Gong surtout. Actuellement persécutés dans tout le pays, ils occuperaient 30 % des camps. « Le Falun Gong est un ensemble d’exercices traditionnels chinois, qui est connu en France depuis 1995, année ou il a été présenté par l’ambassade de Chine », explique l’un des pratiquants à Paris, Alexis Genin. Jiang Zemin a ensuite décidé de réprimer le Falun Gong (également appelé Dafa) par tous les moyens. Apparemment, cet état de fait perdure malgré son retrait récent du gouvernement, « il a placé ces proches aux postes centraux ».

Les pratiquants connaissent donc le sort de tout les dissidents, « après avoir été arrêté sans procès, ils peuvent être conduit dans un camp ou ils sont enfermés pendant un maximum de trois ans. Certains vont dans un autre type de camp, pour une période indéterminée » précise M. Genin. Dans chaque structure, environs 1000 personnes tentent de survivre.

Un rescapé se souvient d’une scène terrible dont il a été le témoin Shuangkou en 2002. Sur ordre d’un instructeur de police, un dénommé Cheng Baoling a eu la bouche, les pieds et les mains scotchés. « Les prisonniers Wu Guoliang et Li Wenhong continuaient à frapper Cheng Baoling ; Ensuite il a été emmené au dépôt du football. Aussitôt entrer dans le dépôt, Wu Guoliang a dit de manière impitoyable « lancer le jusqu’à sa fin ! ». Alors les prisonniers criminels Zhen Xuebin , Wu Guoliang et Li Wenhong ont soulevé Cheng Baoling et l’ont lancé brutalement sur le sol. Wu Guoliang a aussi sauté sur lui de tout son poids tout en criant « battez le à mort ! ». Pendant ce tabassage, le chef de groupe Wang Biao gardait la porte » se souvient-il. Cheng baoding a ensuite été amené dans sa chambre, il a « fermé ces yeux pour ne jamais les rouvrir. Les 24 pratiquants de Dafa et les 50 prisonniers criminels ont été témoins de cette tragédie ». Officiellement, Cheng Baoding est décédé des suites d’une crise cardiaque. Les témoins ont peu à peu été transférés dans d’autres camps. Un autre rescapé de Shuangkou, qui travaillait dans l’usine de « préparation alimentaire » livre des données précise sur l’organisation des camps.

Décédé pour refus de repentir

« Le 26 février 2003 », commence-t-il « pour établir une discipline de travail », les autorités ont ordonné « de punir sévèrement les pratiquants qui refusent de faire le travail d’esclave. Avec les autres pratiquants détenus au camp de travail de Shuangkou, j’ai été forcé de signer et d’accepter cet ordre. Ce camp de travail a 5 divisions. Dans ma division, il y avait 12 personnes qui ont refusé de signé la déclaration malgré diverses menaces et harcèlements. Ce camps a formé une équipe spéciale comprenant 6 policiers pour nous torturer et nous battre (…) lorsqu’ils ont vu que les bâtons électrique de 50 volts n’avait aucun effet sur nous, ils ont acheté des bâtons de 150 volts pour nous électrocuter ». Ce témoin a ensuite été emmener à l’écart , puis frapper avec cet objet , « ma peau et ma chair étaient brûlées comme par le charbon. » Cette pratique s’est ensuite généralisée. « Le mode d’emploi des bâtons électriques avertis de ne pas appliquer sur la tête. Mais la police du camp ignorait complètement les avertissements et électrocutaient sur nos têtes, tempes, figures, front et autour des yeux. De plus, quelque fois ils attachaient le pratiquant a un lit et inséraient le bâton électrique dans a bouche pendant longtemps ». Selon lui, les policiers étaient rémunérés lorsqu’un pratiquant abandonnait sa croyance. Dans le camp de femmes de Banqiao à Tianjin, les traitements sont similaires. Une femme de 50 ans, Zhao Dewen, y aurait été torturer à mort le 03 juin dernier pour avoir refuser de signer la « déclaration de repentir ». Le Falun Gong, grâce à la répartition internationale de ces pratiquants, est parvenu a rassembler quelques récits de ce type.
Un pratiquant résident en métropole Olivier Hayoun, considérait hier soir que cet accord entre la France et la chine est « positif, si c’est pour faire évoluer les droits de l’homme ». Une organisation non gouvernementale, Human Rights Watch, suit ces événements, mais ne semble pas disposé de données récentes sur la région de Beijing, ou se trouve les camps de Tianjin.

La Réunion compte quelques pratiquants, ils auront certainement des questions à poser aux futurs représentants de la République Populaire de Chine.

Sebastien Laporte

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