Amnesty International - Chine : des avocats défenseurs des droits humains risquent d'être privés de leur droit d'exercer pour des motifs «absurdes»

22 avril 2010

Amnesty International a qualifié d'« absurde » l'audience visant à radier du barreau deux avocats chinois défenseurs des droits humains qui ont défendu des pratiquants du Fa Lun Gong.


Les avocats Liu Wei et Tang Jitian ont notamment été accusés devant le Bureau des affaires judiciaires de Pékin d'avoir agi illégalement en présentant des arguments et en contestant des avis devant le tribunal de Luzhou en avril 2009.


« Il est absurde que des avocats puissent être sanctionnés pour avoir présenté devant un tribunal une plaidoirie et des éléments de preuve en faveur de leur client, a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International. Le ministère chinois de la Justice doit faire clairement savoir qu'il protègera les avocats contre les manœuvres d'intimidation à caractère politique, et qu'il défendra leurs droit et devoir de défendre leurs clients de manière appropriée, conformément à la législation chinoise et aux normes internationales relatives aux questions juridiques. »


Jeudi, le Bureau des affaires judiciaires de Pékin a clos l'audience sans avoir pris de décision concernant la radiation des deux avocats, ni officiellement annoncé qu'ils avaient « violé la loi », ce qui est considéré comme une petite victoire dans le cadre de cette affaire.


Liu Wei, l'un des deux avocats qui risquent d'être privés de leur droit d'exercer, a indiqué à Amnesty International : « Nous allons peut-être devoir attendre un mois avant de connaître le résultat de cette procédure. Mais après ce débat juridique il se pourrait qu'ils réalisent que ceux qui ont violé la loi c'est eux, et pas nous.


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Quelque 500 personnes venues soutenir les avocats se sont rassemblées devant le lieu où se tenait l'audience, et 200 policiers environ ont été envoyés sur place. Une vingtaine de manifestants ont été arrêtés. La plupart d'entre eux ont été relâchés avant la fin de la journée.


Les autorités ont recouru à l'intimidation pour empêcher les deux avocats qui devaient défendre Liu Wei et Tang Jitian d'assister à l'audience ; d'éminents avocats soutenant les deux accusés ont été placés sous surveillance ou soumis à une mesure de « détention douce » afin qu'ils ne puissent pas, eux non plus, y assister.


Lire le communiqué en entier : http://www.amnesty.org/fr/news-and-updates/chinese-human-rights-defenders-subjected-absurd-disbarment-hearing-2010-04-22

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