Une lettre au WPA (World Psychiatric Association) décrit le lien entre la propagande contre le Falun Gong et les abus psychiatriques en Chine

Chers collègues,

Nous aimerions partager quelques-unes de nos considérations avant la réunion internationale de Yokohama, au Japon, concernant un sujet de la plus extrême urgence:

Le lien entre la propagande contre le Falun Gong et les abus psychiatriques en Chine.

"Accuser la victime" représente peut-être l'une des formes les plus destructrices rencontrée dans notre pratique. Elle est certainement la plus injuste. En tant que psychiatres nous pouvons comprendre les tentations d'un tel comportement, même lorsque nous aidons les autres dans la recherche de moyens efficaces pour surmonter les difficultés de leur vie. Pour les oppresseurs, accuser les victimes comporte des avantages évidents. Cela leur permet d’écarter leur responsabilité en donnant même la possibilité de justifier l'abus. Ainsi, nous avons tous entendu la phrase "c'était pour leur bien". A moins que les véritables justifications ne soient démasquées, cette stratégie d’accuser la victime peut aider à perpétuer les abus, obtenant l'aide ou l'approbation tacite de ceux qui ne sont pas directement impliqués.

Dès le 20 juillet 1999, Jiang Zemin, Président de la République Populaire de Chine commença une campagne massive de persécution, s’efforçant d'éradiquer la pratique pacifique du Falun Gong. D'une façon surprenante, mais peut-être prévisible, ceux qui travaillent pour Jiang ont placé l'essentiel de leur propagande sous l'affirmation que le gouvernement "agit pour le bien des pratiquants de Falun Gong". Ces pratiquants sont soi-disant psychotiques, dotés de tendances meurtrières et suicidaires, et la campagne du gouvernement est ainsi déclarée nécessaire pour la santé publique.

De manière à ce que nos collègues du WPA comprennent mieux les véritables motivations des abus psychiatriques observés en Chine, nous examinerons dans ces lignes quelques cas éclairant la base des affirmations du gouvernement pour tout ce qui se rapporte au Falun Gong et à la santé publique.

L'examen de ces cas démontre que la campagne de propagande du gouvernement considère la participation des psychiatres de Chine comme un élément indispensable. A la racine de cette connection on trouve la logique de l'état totalitaire. Cete logique a détourné la psychiatrie en Chine de ses buts humanitaires pour introduire dans ses rangs la pratique de la torture. Comprendre la racine de ces abus psychiatriques en Chine nous aide à mieux comprendre l'urgence d'une réfome.

"Le suicide par le feu" comme campagne haineuse - l'élément pivot qui conduisit à l'escalade de la persécution

Le cas le plus notoire avancé par le gouvernement chinois pour prouver la maladie mentale des pratiquants de Falun Gong est la soi-disant "immolation par le feu", dans laquelle cinq ou sept individus identifiés comme pratiquants par le gouvernement se sont immolés par le feu sur la place Tiananmen. Cet événement eut lieu le jour du 23 janvier 2001. A l'intérieur de l'environnement médiatique hermétiquement clos de la Chine elle-même, le film de l'incident qui a été repassé plusieurs fois par jour à la télévision pendant des mois, a eu un impact indéniable sur l'opinion publique, l’incitant à accepter les déclarations du gouvernement parlant du caractère pernicieux du Falun Gong.

En dehors de la Chine, où les journalistes peuvent regarder les faits d'une manière indépendante, la version du gouvernement concernant l'incident fut presque immédiatement mise en doute. Les journalistes de CNN qui étaient présents à ce moment-là commencèrent à soulever les premières questions. Le gouvernement prétend que le reportage de l'immolation vient de CNN. Pourtant les employés CNN insistèrent sur le fait que la police avait confisqué leur film immédiatement après le début de l'incident. Leur version est corroborée par le film lui-même, dont certaines images ont été prises d’un angle se trouvant au-dessus de la place, conditions qui n’étaient pas à la disposition d’une équipe occidentale. Le reste du film comporte des gros plans, mais les grands angles filmés depuis le haut ne montrent pas l’équipe CNN en train de prendre ces gros plans, alors qu’ils montrent quelqu’un travaillant avec la police pour réaliser ce film. D’ailleurs le gouvernement a presque immédiatement expulsé l’équipe CNN hors de Chine.

L’équipe de tournage CNN a également révélé n’avoir vu que cinq silhouettes impliquées dans l’incident, alors que le gouvernement avance le chiffre de sept, dont une enfant, Liu Siying.

Phillip Pan, écrivant le 6 février dans le Washington Post, révélait que les voisins de Liu Chunling, la femme qui mourut dans l’incident, et mère de Liu Siying, ne l’avaient jamais vue ou entendue en train de pratiquer le Falun Gong. Tout ce qu’ils savaient c’est qu’elle travaillait comme serveuse de coktails et battait sa mère et sa fille, des comportement très peu courants chez les pratiquants de Falun Gong
Le 14 février un rapport dans la «National Review» présentait sa conclusion dans le titre révélateur: «Beijing brûle ­ D’autres mensonges de la RPC». Un article du New York Times du 7 février révélait que des chinois devenaient de plus en plus sceptiques sur les rapports du gouvernement.

En fait, un examen attentif de la vidéo du gouvernement fait ressortir une liste de détails qui suggèrent que l’incident avait été programmé. La plupart d’entre nous refusent d’envisager cette conclusion, car les implications en seraient terribles. Pourtant l’analyse de la vidéo remettant en question le rapport du gouvernement a largement circulé en Chine parmi les pratiquants de Falun Gong eux-même, et la réaction la plus répandue parmi le peuple chinois consiste à dire que le gouvernement a répandu des mensonges sur l’immolation, et que si il leur a menti à ce sujet, il a également dû mentir sur le Falun Gong. Vous pouvez vous-même voir la vidéo à cette adresse : http://www.faluninfo.net/devstories/tiananmen/immolation.asp

Le cas de «l’immolation par le feu», le plus spectaculaire avancé par le gouvernement, pourra démontrer que les pratiquants de Falun Gong sont sujets à des comportements suicidaires ou anormaux. Fait significatif: dans ce cas et dans d’autres avancés par le gouvernement, il n’y a jamais eu d’enquête autorisée provenant d’un organisme indépendant, et aucun de ceux qui ont participé à ces drames n’ont été des pratiquants de Falun Gong.

Une autre procédé utilisé dans cette campagne de haine est l’utilisation de malades mentaux qui auraient commis des meurtres ou des suicides.

Afin de discréditer le Falun Gong, le gouvernement s’empare régulièrement de certains cas de suicide, d’homicide et de comportement psychotique, en les attribuant au Falun Gong.

Le suicide de Li Youlin est un exemple typique. Voici comment un témoin a décrit la façon de procéder de la police :

Li Youlin essayait d’arrondir ses fins de mois en réparant les bicyclettes dans la rue, mais le Département de la Direction Municipale lui confisqua ses outils et sa camionnette parce qu’il n’avait pas de permis. Un voisin déclara qu’il commençait à abuser de l’alcool. Un matin, quelqu’un le retrouva pendu à un arbre dans la montagne, et appela immédiatement le numéro d’urgence de la police. A l’arrivée de la police, quelques voisins se tenaient là, assistant à la scène. La femme de Li raconta à tout le monde la vérité à propos du suicide de son mari. Les policiers descendirent le corps et l’emmenèrent à la maison familiale. Dans l’après-midi, la police revint chercher le corps et le ramena où on l’avait trouvé. Ils placèrent également une photo de M. Li Hongzhi [le fondateur du Falun Gong] et une bouteille d’alcool sur les lieux du drame. Après cela, ils le pendirent à nouveau et prirent des photos et des enregistrements vidéo. Plus tard, sa femme changea de version et affirma que la mort de son mari était liée au Falun Gong.

L’affaire d’homicide de Fu Yibin fut également utilisée dans la campagne de diffamation. En novembre 2001, Fu Yibin tua sa femme et son père, et blessa grièvement sa mère, lors d’une crise psychotique. D’après sa famille, avant cet épisode sanglant, Fu Yibin avait eu un passé de psychotique de 18 ans, connaissant parfois de violentes crises.

Contrairement aux affirmations du gouvernement, il n’y a jamais eu la moindre preuve qu’il fut un pratiquant de Falun Gong. Aucun examen psychiatrique légal ne fut requis, et aucune investigation indépendante ne fut autorisée.

La mort de Li Youlin et les attaques meurtrières de Fu Yibin ont vraiment eu lieu. Mais dans d’autres cas, le gouvernement fabrique simplement lui-même des incidents pour accuser ensuite le Falun Gong.
Prenons le cas de Zhi-wen Zhang. Le 28 novembre 1999, le «Journal du Travailleur de Xi-an» fit paraître un «communiqué spécial» parlant du drame de Zhi-wen Zhang, une femme qui avait tué sa fille par le feu, avant de se donner la mort, tout cela à cause du Falun Gong. L’agence «Voice of America» parla d’une enquête indépendante menée par le Centre de Hong Kong pour les droits de l’homme et de la démocratie (malgré l’interdiction du gouvernement de mener de telles enquêtes). Cette enquête découvrit que «les gens, les lieux, et l’histoire avaient été entièrement fabriqués... Il n’avait jamais existé une dame du nom de Zhi-wen Zhang»

Le Qigong mène à des désordres mentaux: une autre excuse pour recouvrir les abus psychiatriques.

La psychose du Qigong liée à des désordres mentaux est une aberration qui fut introduite officiellement en 1989 dans la classification des désordres mentaux (CCMD-II) et a été utilisée pour piéger le Falun Gong. Des pratiquants ont été admis contre leur gré dans des institutions psychiatriques sous prétexte de troubles mentaux liés au qigong, alors que le véritable motif était de persécuter les gens qui pratiquent le Falun Gong.

Mme Qi Bingshu, artiste-peintre connue de 60 ans, fut admise contre son gré à l’hôpital psychiatrique de Daliushu, dans la ville de Dabeiyao pour avoir intercédé en faveur du Falun Gong. Elle y fut détenue pendant plus d’une année, subissant des injections intraveineuses et cataloguée comme souffrant des «troubles mentaux du Qigong». Avant cela elle était mentalement saine et paraissait n’avoir que quarante ans, mais après la torture elle commença à perdre ses cheveux et fut affectée d’un tremblement continu. Elle ne pouvait plus continuer à peindre.

Le Falun Gong est également accusé pour des conditions psychiatriques pré-existantes

Il y a eu quelques cas d’individus souffrant de troubles mentaux avant de commencer la pratique du Falun Gong, et les auteurs de la propagande se sont emparés de leur maladie persistante pour affirmer les effets destructeurs du Falun Gong lui-même. Robin Munro, dans le journal de l’académie américaine de la psychiatrie et de la loi (juin 2002) rapporte le cas d’un jeune ouvrier, pratiquant de Falun Gong souffrant d’une maladie mentale. Il souffrait de cette maladie depuis 1992. En 1997, sa famille qui avait entendu dire que le Falun Gong pouvait soigner des maladies, l’incita à commencer la pratique. Dans de tels cas, le gouvernement accable encore plus les victimes en les soumettant aux interviews radio et télévision, ou étalant leur histoire dans les journaux.

Mais il est clair que tous ces cas impliquant des antécédents ne prouvent en rien les affirmations du gouvernement établissant un parallèle entre maladie mentale et Falun Gong. Accuser le Falun Gong pour de telles conditions pré-existantes est doublement injuste puisque les textes du Falun Gong interdisent d’une manière explicite la pratique à ceux qui souffrent d’une maladie mentale. De plus la non-violence des pratiquants de Falun Gong ne peut être mise en doute car elle fait partie intégrante de ses principes: les enseignements du Falun Gong interdisent toute forme de violence, et d’autant plus l’acte de tuer, que cela soit un homicide ou un suicide.

Les faits tels que nous les connaissons contrastent fortement avec les affirmations du gouvernement chinois. Avant la persécution du Falun Gong, il n’y eut aucune nouvelle en Chine évoquant des maladies mentales apportées par le Falun Gong, ceci en dépit du fait que les pratiquants s’étaient multipliés jusqu’à atteindre entre 70 et 100 millions en 1999.

Des enquêtes à grande échelle suivaient les cas de dizaines de milliers de pratiquants, sous le contrôle de médecins qualifiés, et soulignaient l’amélioration générale apportée par le Falun Gong: moins de stress, avec un plus grand sentiment de bien-être. Le Falun Gong est actuellement pratiqué dans 55 pays en dehors de la Chine. Il n’a jamais été signalé aucun des problèmes de santé mentale que le gouvernement chinois attribue au Falun Gong. Si les expériences de tous les pays en dehors de la Chine contredisent la propagande du gouvernement chinois, comment ne pas arriver à la conclusion que cette propagande n’est qu’un tissu de mensonges?

La rétention d’information empêche le public chinois et les médias occidentaux d’apprendre la vérité.
Le comportement du gouvernement lors des cas de maladies mentales soi-disant amenées par le Falun Gong ne fait que confirmer leur propagande mensongère. Le gouvernement prodigue des menaces ou des pots-de-vin à la famille. Il s’empresse de faire incinérer les corps sans examen médical officiel. Il détient ceux qui connaissent ce qui se cache derrière un incident. Des enquêtes menées par des organisations internationales comme Amnesty International sont entravées. Des journalistes étrangers qui essaient de parler de certains cas (ou qui ne font parfois qu’un reportage sur le Falun Gong) sont détenus, harcelés, voient leur permis expirer, et peuvent même être déportés. Si la vérité parvient à se faire un chemin au-dehors, le gouvernement fait tout ce qu’il peut pour que le peuple chinois n’en entende jamais parler. Il n’autorise que des versions censurées des médias occidentaux sur son territoire, et surveille également internet.

Le gouvernement a fait d’autres déclarations de propagande contre le Falun Gong, mais sans beaucoup de succès. Le classant "anti-société" et "anti-gouvernement" et a attaqué à de nombreuses reprises le fondateur du Falun Gong, Li Hongzhi. Le peuple chinois a subi plus de 50 ans de campagnes idéologiques des communistes. Ceux qui sont d’âge mûr se souviennent des excès de la révolution culturelle, et les jeunes se souviennent du massacre du mouvement pour la démocratie sur la place Tian Anmen Square. Cette partie de la population est bien entendu cynique sur les campagnes du gouvernement, et peut reconnaître facilement les accusations de «anti-société» et «anti-gouvernement», et les attaques dirigées contre une personnalité font partie des vieilles tactiques des idéologues du Parti.

L’affirmation que le Falun Gong peut détruire ceux qui le pratiquent, pourtant, reflète mieux l’humeur de la Chine actuelle. Dans une société où chacun essaie de devenir riche aussi vite que possible, et où les intérêts personnels deviennent une nouvelle éthique, l’accusation du Falun Gong comme nuisible à l’individu retient l’attention. La campagne de propagande ayant obtenu le plus de succès fut certainement la réaction publique spontanée devant les scènes filmées de la petite Liu Siying à l’hôpital, prétendument brûlée dans les gestes d’immolation de la place Tian Anmen.

Même si les tactiques du gouvernement sont très grossières, on ne peut nier qu’elles aient eu un impact certain sur le peuple chinois. La population des psychiatres a joué un rôle indéniable dans ces efforts. Si les psychiatres de Chine gardaient le silence sur les affirmations du gouvernement, ce silence serait des plus éloquents pour les chinois. Dans une société où tout acte comporte une signification politique, s’abstenir de prendre part à une campagne anti-Falun Gong serait immédiatement comprise comme une protestation contre cette campagne. Au lieu de cela, les psychiatres chinois ont accordé de la crédibilité à cette campagne. Ils ont approuvé les diagnostics de maladie mentale, et sont eux-mêmes devenus les agents de la campagne de terreur de l’état. En enfermant des pratiquants dans leurs hôpitaux, les psychiatres de Chine disent que le Falun Gong provoque des maladies mentales. En les torturant par des drogues psychotropes et des ECT (parmi d’autres méthodes), les psychiatres chinois finissent par produire des «patients» qui auront certainement besoin de soins psychiatriques. Pour ceux qui ignorent la vérité, ces abus psychiatriques semblent alimenter les accusations les plus redoutables contre le Falun Gong. Pour ceux qui connaissent la vérité, ces abus psychiatriques, pouvant littéralement détruire la conscience supérieure des opposants, constitue l’arme la plus terrifiante au milieu d’un formidable arsenal de terreur.

Toute violation des critères du WPA figurant dans la Déclaration de Madrid ne devrait pas être tolérée.
A l’exception des compagnies étrangères actives en Chine, il n’existe aucune association indépendante sur le teritoire chinois. Tout organisme est contrôlé par le Parti Communiste. Ceux qui dirigent l’association psychiatrique chinoise dépendent de la bonne volonté des chefs de Parti. La même chose est vraie pour la direction des autres associations médicales, dans les cliniques, etc. Dès que le Parti adopte une ligne de conduite, chacun doit s’efforcer de la suivre avec enthousiasme. Les opinions divergentes ne sont pas tolérées.

Dans ce contexte social, la profession de psychiatre n’a aucune réelle existence indépendante en Chine. Elle doit, comme toutes les parties de la société, adhérer et servir les objectifs politiques du Parti Communiste, et en raison des effets particuliers de certains traitements psychiatriques, notre profession est malheureusement propice à servir les buts d’un état totalitaire. Un psychiatre en tant qu’individu n’a aucune chance de se tenir hors du contrôle du Parti, et celui qui ne peut satisfaire les demandes du Parti encourt des sanctions qui s’échelonnent de la simple perte d’une promotion à une exécution sommaire. Les abus de la psychiatrie en Chine ne sont pas une chimère, et ils ne sont pas dûs à un manque de compréhension ou d’éducation. Ces abus représentent l’objectif explicite de la politique du gouvernement. Toute réaction aux abus qui ne s’appuyerait pas sur cette connaissance de base serait vouée à l’erreur, et pourrait même devenir préjudiciable.

Bien que nous puissions comprendre l’énorme pression que le gouvernement chinois fait subir à ses psychiatres, cela n’excuse pas les abus dans lesquels ils s’impliquent. En même temps, cet abus de la psychiatrie en Chine charge le WPA (World Psychiatric Association) d’une gravité certaine, qui menace l’intégrité de toute la profession dans ce nouveau siècle. Le WPA a affronté un dilemne semblable dans le passé: les abus des psychiatres dans l’Union Soviétique des dissidents politiques. Les actions entreprises par le WPA à cette époque ont aidé à stopper ces abus, à empêcher la profession de devenir l’instrument d’un état policier, et à préserver la réputation de la psychiatrie elle-même.

La tâche du WPA est aujourd’hui beaucoup plus difficile: les abus psychiatriques en Chine sont les pires que l’histoire ait connu. Les cas typiques d’abus sont plus graves que ceux enregistrés en Union Soviétique, résultant souvent en dommages permanents et irréversibles, et leur étendue est bien plus large. L’Union Soviétique utilisait l’abus psychiatrique comme une arme dirigée contre une poignée de dissidents. Le gouvernement de Jiang Zemin l’utilise comme une arme dirigée contre des dizaines de millions de ses citoyens. Cette situation demande une réaction rapide de notre part. Au moment où j’écris cette lettre, il y a eu plus de mille pratiquants de Falun Gong internés de force dans des hôpitaux psychiatriques; au moins six d’entre eux en sont morts, et de nombreux autres sont devenus mentalement et physiquement infirmes. (http://www.faluninfo.net/hrreports/PsychAbuse.pdf.)

Quatre-vingt dix hôpitaux sont connus pour avoir pris part à la persécution. Plus de cent mille pratiquants ont été emprisonnés et plus de quatre-cent trente personnes sont mortes sous les tortures de la police. (http://www.faluninfo.net/devstories/deathcases/index.asp.)

En tant qu’êtres humains, nous avons le devoir d’aider ceux qui souffrent. En tant que médecins, nous faisons de ce devoir une vocation. Comme psychiatres nous avons le devoir de préserver et de renforcer la capacité de réagir aux souffrances humaines. Comme scientifiques, nous avons le devoir de défendre la vérité et l’utilisation responsable des découvertes dont le seul but légitime est de soulager les souffrances. De quelque manière que les membres du WPA choisissent de de se positionner face à la persécution des pratiquants de Falun Gong, nous devons réagir. Notre compassion, notre estime de nous-mêmes, nos devoirs professionnels, et notre responsabilité pour le futur nous demandent d’agir.

Avec le temps, nous pouvons reproduire ensemble sur le territoire chinois les bons effets que le WPA eut en Union Soviétique. Si nous ne réagissons pas, la culpabilité de notre silence sera connu de tous, et deviendra une source de honte aussi longtemps que notre organisation existera.
Commençons par demander une enquête indépendante immédiate sur les abus psychiatriques de Chine.

Sincèrement,
(Les noms sont évités pour éviter le harcèlement de l’ambassade)

* Qu’est-ce que le Falun Gong? Le Falun Gong, également connu sous le nom de Falun Dafa, est issu d’anciennes pratiques du corps et de l’esprit. Par une combinaison de l’étude des livres Falun Dafa, des exercices, de la méditation et des principes de Vérité-Bienveillance-Tolérance, les pratiquants s’efforcent de devenir meilleurs.

Le Falun Gong plonge ses racines dans la culture traditionnelle chinoise. Il fut enseigné en secret pendant des milliers d’années avant d’être enseigné en public en 1992 Par M. Li Hongzhi. Des millions de gens de par le monde ont choisi d’intégrer la pratique du Falun Dafa à leur vie quotidienne.

En 1998, une enquête médicale concernant 30’000 pratiquants fut menée en Chine. Dans 60% des cas elle démontrait une complète guérison des maladies. De nombreuses personnes ont également abandonné l’abus d’alcool et de drogues en commençant la pratique.

Le Falun Gong n’a pas toujours été la cible du gouvernement chinois. En 1993, à la Foire de la Santé d’Orient à Beijing, le Falun Gong fut déclaré «vedette des écoles de Qigong» et M. Li Hongzhi reçut un prix pour avoir «repousé les limites de la science» et celui de «Maître de Qigong le plus acclamé». M. Li Hongzhi reçut également : «le Certificat d’honneur décerné par le Ministère de la Sécurité Publique de Chine», en décembre 1993.

Le Ministère de la Sécurité Publique de Chine publia un rapport dans son journal en septembre 1993 et une lettre de remerciements fut publiée par le même ministère en août 1993. Avant la persécution, de nombreux journaux et magazines citaient les nombreuses améliorations de la santé à mettre sur le compte de la pratique du Falun Gong, et le louait pour les grosses sommes d’argent que ses pratiquants économisaient au gouvernement grâce à leur bonne santé.

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