Des pratiquants sont cruellement torturés par la police dans la province de Jilin

Vers 22 h le 4 mars 2002, douze policiers des Services de police de la ville et du quartier ainsi que le poste de police local à Lianhua m'ont arrêté ainsi qu'un autre pratiquant. Ils ont fait irruption dans ma maison sans mandat de perquisition, nous ont mis les menottes, nous ont photographiés, et confisqué environ 3 000 Yuan (monnaie chinoise, le salaire en moyenne d'une laboureur chinois en région urbaine est approximativement 500 Yuan), de la documentation de Dafa et des équipements d'impression pour une valeur totale de 10 000 Yuan.

Les policiers nous ont escortés au poste de police et forcés à faire une confession verbale. Nous avons refusé. Ils ont ensuite attaché mon compagnon pratiquant sur un « banc du tigre »(un petit banc en métal d'une hauteur de 20 cm. Les genoux des pratiquants sont solidement attachés au « banc de tigre ». Ils doivent s'asseoir droit avec les yeux fixés droit devant eux. Leurs mains sont attachés derrière leurs dos ou placées parfois sur leurs genoux. Ils n'ont pas le droit de tourner la tête, de fermer les yeux, de parler à quiconque, de lever leurs mains, ou d'attirer l'attention des gardiens. Beaucoup de détenus doivent surveiller les prisonniers. S'ils tournent la tête, les gardiens les obligent à tenir leurs têtes dans cette position indéfiniment. S'ils lèvent leurs mains pour attirer l'attention des gardes, ces derniers les obligent à garder leurs mains en l’air indéfiniment. Parfois des objets durs sont insérés sous les parties inférieures des jambes ou des chevilles des pratiquants afin de rendre ce supplice plus dur), et m'ont amené dans un autre bureau. Les policiers Li Jiabo, Chen Hai et quelqu'un du Service politique et de sécurité ont commencé à me battre. Ils ont mis les menottes derrière mon dos et m'ont suspendu d'une couchette. Je pouvais à peine toucher le sol avec mes orteils. Après un certain temps, ils ont soulevé mes jambes et m'ont balancé dans l'air, ce qui était extrêmement pénible, mais je ne cédais pas à leurs requêtes. Ils m'ont traîné dans une autre salle, attaché une corde à mes menottes et m'ont suspendu par derrière pendant plus de 20 minutes. J'ai été par la suite gardé dans un bureau sous surveillance.

Le deuxième jour, nous avons été amenés à la 2e Brigade de police du quartier de Changyu dans une voiture de police. L'autre pratiquant était encore menotté au banc de tigre, et j'ai été enfermé dans une autre salle. Le chef de la police m'a donné un coup sur le côté droit du visage, et m'a battu sur la tête très fort avec une bouteille en plastique remplie d'eau. La fenêtre s’est brisé quand ma tête a cogné contre elle. Le chef adjoint m'a suspendu avec mes mains ligotées derrière le dos. J'ai perdu connaissance et suis demeuré inconscient pendant 20 minutes environ. Ils m'ont réveillé en jetant de l'eau froide sur moi. Plus tard, ils m'ont amené dans une salle et m'ont forcé à m'asseoir contre le mur. Puis, ils ont mis une chaise sur mes jambes étendues. Le chef adjoint et un autre policier se sont à tour de rôle assis sur cette chaise tout en frappant mes genoux et mes chevilles avec un bâton en bois aux contours irréguliers, et ont marché sur mes jambes. Le chef adjoint s'est même appuyé contre le mur pour mieux lever ses pieds et marcher sur mes épaules. Dans la soirée, j'ai vu de dos le pratiquant A (celui qui a été arrêté avec moi) qui boitait le long du corridor et était escorté avec deux policiers. Ce soir-là, j'ai été attaché à un banc du tigre.

Le lendemain matin, nous avons été ramenés au poste de police local. J'ai vu que l’œil gauche du pratiquant A était rempli de sang et était enflé. Il y avait aussi du sang sur ses dents, et il lui était difficile de marcher. Il m'a dit que durant tout l'après-midi, la police l'avait battu. Ils lui ont donné des coups de poing au visage, et ont frappé sa tête, ses doigts, orteils, genoux et chevilles avec un plat en bois. Du, le chef de la section politique et de la sécurité de la Branche de sécurité publique de Changyu, a serré très fort ses menottes jusqu'à ce qu'elles entaillent profondément sa chair et entraînent le saignement de ses poignets. Ils ont aussi enveloppé sa tête avec un sac en plastique pour l'étouffer et ont essayé de le forcer à faire une confession. Ils l'ont déshabillé tout nu, jeté de l'eau froide sur lui, puis l'ont refroidi pendant plus d'une heure avec un ventilateur électrique.

Dans l'après-midi, nous avons été amenés à un autre bureau de la Sécurité publique de Changyu. Certains des policiers me connaissaient, et ils ont vérifié mon dossier personnel gardé dans ce bureau. Lors de l'interrogatoire, ils m'ont demandé de signer un document mais j'ai refusé. Pratiquant A et moi ont été ensuite emprisonnés au 3e Centre de détention de Jilin. Nous avons fait une grève de la faim en guise de protestation de notre traitement illégal.
Du moment où nous avons été arrêtés, les gardiens au Centre de détention nous ont gardés à l'hôpital 222 (appartenant à l'armée) et à l'hôpital psychiatrique de la ville. Nous avons été nourris de force et on nous a injecté certains produits. Le dixième soir, nous avons été emmenés à la 2e clinique de l'hôpital de la ville où nous avons été enchaînés ensemble. Ils ont mis nos deux lits un à côté de l'autre, et enchaîné nos mains aux barreaux à côté des lits du matin au soir. Nous avons été nourris de force avec de la nourriture et l'eau. Un policier nommé Dong nous a fréquemment battus.
Le 18 mars, après 14 jours d'incarcération, nous avons été transférés au Centre de détention de Yunmahe dans la ville de Jiutai pour subir une condamnation de trois ans de travaux forcés. Le Chef du Centre a refusé de nous admettre après avoir évalué notre condition, alors la police nous a ramenés à l'hôpital de Changyu. Les policiers nous ont installés dans la salle numéro 9, enchaînés au lit et nourris de force. Le policier Dong nous a blâmés pour ses problèmes, alors il nous a giflés au visage, marché sur nos têtes, visages et poitrines. Il nous a donné des coups de pied, et giflé nos visages avec une serviette mouillée. Ma bouché était gonflée de sang. Nous avons crié de douleur, et il a bourré nos bouches de serviettes. Il a brisé une de mes dents et une autre bougeait. Nos cris de douleur on attiré l'attention des médecins, infirmières et les familles des autres patients, mais le policier Dong n'a pas osé dire qu'il nous torturait.

Le pratiquant A a souffert plus que moi à l'hôpital. Puisque nous étions déjà physiquement faibles, nous avons vu que la torture était extrêmement dure. Nous avions le vertige et des douleurs dans la poitrine constamment ainsi que des maux de tête. Rien qu'en toussant, nous éprouvions de fortes douleurs.
Nous avons été gardés à l'hôpital de Changyu pendant six semaines. La première semaine, ils ont vainement essayé de nous nourrir de force, puis ils ont cessé. La deuxième semaine, un parent est venu me rendre visite. Ils ont dit que la police et les agents locaux étaient déjà partis en direction de ma maison. Le Bureau 610 du quarter de Changyu  un bureau créé spécifiquement par le gouvernement chinois pour persécuter le Falun Gong qui a un pouvoir absolu sur chaque niveau d'administration du parti, ainsi que sur les sections politiques et judiciaires les a obligés de signer un document dégageant l'hôpital de toute responsabilité si je mourrais. Les agents ont dit que s'ils refusaient de signer, ils auraient à payer pour toutes les dépenses de l'hôpital. N'ayant aucun autre choix, ils ont signé le papier. Ils ont alors eu l'autorisation de me visiter. Pendant les quatre semaines qui ont suivi, nous mangions occasionnellement, mais avons plus tard continué la grève de la faim pour protester contre le fait d'avoir été battus. Durant les derniers jours d'incarcération, nous étions tellement faibles que nous étions à peine conscients.

Un après-midi, dans la sixième semaine, nous avons été secrètement envoyés dans une salle vide au Centre senior de la Municipalité de Huapichang. À l'intérieur, les fenêtres étaient couvertes de tissu brun et de l'extérieur elles étaient barricadées de planches.

Au troisième jour, le Chef de section Du a dit : « Vous pouvez manger si vous voulez manger, mais vous devez faire une confession avant, sinon pas de nourriture. » Le quatrième jour, nous avons été transférés dans une petite salle de un mètre carré sur trois. Les fenêtres étaient clouées et la porte verrouillée. Il n'y avait pas de lumière du tout. Nous étions enchaînés et avions des menottes. Quelques jours plus tard, Du est revenu et a demandé si nous allions faire une confession. Nous avons dit « non « et il est parti.
Le treizième jour, Du est arrivé avec deux chefs de deux postes de police de la localité. Il a tenu une pelle dans sa main, et nous a frappés avec cela tout en nous disant : « Vous voulez manger ? » J'ai dit : « Bien sûr que nous voulons manger. » Il a répondu : « à condition que vous fassiez une confession et disiez votre nom (au pratiquant A). » Nous avons dit non. Alors Du a dit aux deux chefs des deux postes de police : « À partir de maintenant, personne ne les nourrit, c'est votre responsabilité. Donnez-moi la clé. »
Puis Du a demandé aux deux chefs de quitter la salle. Il a fermé la porte et a dit doucement : « Vous deux écoutez moi. Personne ne le saura si vous mourez ici. Cela n'a rien à voir avec moi si vous deux mourez. Vous serez simplement enlevés de là » Après un certain temps, il est revenu pour nous demander si nous allions faire la confession. J'ai dit que c'était impossible pour nous de le faire. Il a dit ok et puis il est parti.

Le lendemain dans la soirée, nous avons réussi à nous échapper grâce à nos pensées droites et notre volonté de fer. Maintenant nous pouvons révéler au monde les crimes commis par ces policiers et agents dégénérés.
L’ expérience que j’ai vécue n’est que la partie émergée de l'iceberg. Il est fort possible que plus d'un millier de pratiquants de Dafa aient été torturés à mort durant la campagne de persécution contre le Falun Gong en Chine. La perversité a utilisé n'importe quel moyen pour cacher sa brutalité.

http://www.clearwisdom.net/emh/articles/2002/6/8/22896.html

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