Lâcher prise de l' égo et former un seul corps avec les autres pratiquants

Partagé à la Conférence du Falun Dafa de Washington DC 2005
 

I. La Jalousie, la suffisance et la tolérance

Lorsque la Cour Suprême a refusé le certiorari sur notre procès contre Jiang j’ai su dans mon cœur qu’il aurait pu en être autrement. Je pense que j'ai toujours su que perdre ou gagner, bien que n’étant pas le but, m'aurait tout au moins signalé que je m'étais ou ne m'étais pas traitée constamment comme une pratiquante, regardant à l'intérieur et abandonnant les attachements au lieu de regarder à l'extérieur et d'essayer de changer les autres.

Mais après les quelques semaines qui ont suivi la décision, j'étais incapable de regarder en moi, effrayé par la douleur que cela pouvait provoquer. Je ne voulais simplement pas reconnaître que j'étais moi-même responsable de la perte envers Dafa et envers les disciples en Chine.

Avant que je me sente prête à relever le défi, un pratiquant m'a envoyé un mail, me disant (gentiment et avec compassion) qu'il pensait que j'étais attachée à des notions d'égalité, que j'étais trop attachée à ne blesser personne (et par conséquent blesser Dafa) et tandis que je m'inquiétais de ne pas blesser les autres je me croyais en un sens supérieure à beaucoup d'autres. Il a cité le paragraphe sur la jalousie dans Zhuan Falun afin de soutenir toutes ses observations, et je dois admettre que j'étais en colère en lisant son mail.

J'ai tenté de ne pas tenir compte de ses remarques, mais c'était dur car je pouvais ressentir sa bonté et sa douce bienveillance. Je savais qu'il voulait m'aider dans ma ‘cultivation’.

J’ai décidé de commencer à jeter un regard à l'intérieur, non pas un regard profond mais un rapide coup d'oeil. Ce faisant, j'ai du admettre que j'avais passé le plus clair de mon temps à lutter contre les divinités et la loi de l'univers en essayant de rendre tous les gens égaux et identiques. Tous mes emplois, même mon travail initial sur les actions légales de Dafa, ont été en partie motivés par cette notion. Quand j'enseignais au collège, je prêtais plus d'attention aux étudiants soi-disant moins doués, passant plus de temps avec eux, et en conséquence, j'ai publié moins d'articles que je n'aurais dû. En tant que diplômé de la faculté de droit, j'ai refusé des offres faites par des cabinets d'avocats et ai choisi à la place de défendre les enfants pauvres, négligés et maltraités du district de Columbia.

Je pensais être le porte-parole des moins fortunés. Un pratiquant m'a dit un jour que la cultivation c'est comme si quelqu'un vous ôtait une partie de votre corps. Abandonner cette notion semblait être une opération majeure.

Ce qui était encore plus difficile est qu'aussitôt que j'ai commencé à reconnaître cet attachement, et enclenché le processus de lâcher prise, j'ai remarqué un attachement encore pire – la jalousie. Je me demandais comment cela pouvait être. Je ne suis pas jalouse. Je ne me souviens pas d’avoir jamais été jalouse. Je repensais à tous les instants où j'avais été heureuse pour les autres quand ils réussissaient là où j'avais échoué. Après tout, c'est ce qu’est la profession d’enseignant – aider les autres à se dépasser eux-mêmes. Mais peu importe comment j'essayais d'éviter, de déformer ou de changer les faits, je ne pouvais pas prétendre que l'attachement n'était pas réel.

J'ai réalisé que mon désir de vouloir abandonner la ‘cultivation’ se produisait souvent lorsque je lisais des choses sur la grande sagesse de la culture chinoise ou sur les façons dont la langue chinoise ressemblait au langage des divinités ou bien quand les pratiquants chinois revenaient d'une réunion avec le Maître au sujet d'un projet que je coordonnais. Je me demandais, Pourquoi ne nous parle-t-il pas ? Pourquoi parle-t-il à ceux qui ont grandi dans la culture du Parti communiste et ont encore à le reconnaître ou pleinement le prendre en compte. Je mettais en question Dafa dans ces moments-là car j'étais gênée, male à l'aise et un peu jalouse. Mais lorsque j'ai partagé ouvertement cet attachement avec les autres lors de notre étude de la Loi du lundi soir, j'ai commencé à me sentir plus légère et j'ai découvert la joie de la ‘cultivation’ qui se produit toujours après que nous ayons commencé à lâcher prise

J'ai commencé à me détendre. J'avais percé à jour et dépassé un attachement fondamental ou deux et maintenant je prendrais quelques jours sans ‘cultivation’. Du moins je le pensais.

Mais justement le jour suivant, un pratiquant de Washington a pris la parole à notre étude de la Loi hebdomadaire à DC et nous a raconté cette réunion spéciale à laquelle il avait participé au Fahui de Chicago. Il a admis avoir été content d'apprendre qu'il pouvait y participer et pas les autres. Après tout comment sinon pouvait il se sentir spécial ? En l’écoutant, je me demandais, "Est-ce que je pense également que je suis spéciale ?" Peut-être que je pense aussi que je suis spéciale ? Le jour suivant, en pensant à ce qu'il avait dit, j'ai réalisé que j'aimais les compliments et ce alors que j'avais rejeté de nombreuses formes de supériorité dans ma vie, parfois je considérais ma capacité à rejeter –que j’avais été invitée ou mise à part- comme un signe d'autosuffisance.

J'ai appelé mon perspicace ami disciple et lui ai dit qu'il avait raison, mais j'ai aussi partagé mon inquiétude – à savoir que je n'avais aucune idée de la façon de changer. Puis j'ai pensé à demander l'aide de Maître. Et, ce n’est pas par hasard, j'ai réalisé que ceux que je chéris le plus au monde, ceux que je regarde comme mes supérieurs (en un sens), sont humbles et ne sont pas attachés à la suffisance. J'ai commencé à réaliser que ce qui me rendait spéciale n'était pas d'être x ou y, mais d'être capable d'abandonner le fait de vouloir être spéciale. Je n'en suis pas encore là, mais je suis mon chemin.

Le troisième attachement, la tolérance, n'est pas nouveau. J'ai eu affaire de nombreuses fois à ses perspectives douloureuses durant mes cinq dernières années de ‘cultivation’. Je suis tolérante et bienveillante quand la vie me sourit. Mais quand les choses deviennent vraiment rudes, quand les autres ont le plus besoin que je sois tolérante, c'est là que c'est le plus difficile. Je juge les gens en fonction de leur sens du style. Je finis les phrases des autres lorsque je m'impatiente. Je suis spécialement intolérante vis-à-vis des attachements des autres pratiquants.

II. La poursuite judiciaire contre Jiang

En jetant un coup d'oeil à la poursuite judiciaire contre Jiang, j'essaie de discerner comment ces attachements ont affecté ma capacité à travailler avec les autres dans le procès contre Jiang – afin de me permettre de mieux cultiver et d'aider les autres qui partagent peut-être certains de ces attachements.

1- L'illusion de la supériorité nécessite également de forts sentiments d'infériorité. Le principe d'inter-engendrement et d'inter-inhibition l'exige, de même que notre constitution humaine. J'avais besoin de me sentir très talentueuse afin de traiter une affaire si difficile. Si des avocats à l'extérieur ou bien des pratiquants me disaient que je ne pouvais pas m'occuper de cette affaire, j'étais dévastée par le doute qui lui-même était généré par un désir d'être spéciale. J'avais besoin de croire en ma capacité de bien traiter les choses quel que soit ce qui ce présentait à moi. Je parle de cela calmement à présent, mais ceci a provoqué plus de détresse, de larmes et de douleur que tout autre chose. J'ai eu des moments de paralysie totale. Maître a essayé de m'aider à dépasser cela. Toutes les fois que j'abandonnais le besoin d'avoir le contrôle et demandais de l'aide à Maître, l'aide ne se faisait pas attendre.

Par exemple, après que deux grands avocats de l'extérieur aient rédigé un dossier d'appel sur Jiang qui était médiocre et qu'ensuite je n'ai trouvé personne pour le faire, j'ai réalisé que je devais le rédiger moi-même. Je n'étais pas tranquille. Après beaucoup de recherches juridiques et une date limite se rapprochant, au cours de notre étude de la Loi à Washington, et alors que nous regardions tous ensemble les conférences de Dalian, j'ai dit à Maître – comment puis-je assembler toutes ces idées dans ma tête. Immédiatement, j'ai obtenu trois points essentiels, lesquels sont devenus les en-têtes des trois parties du dossier.

De quelle leçon encore plus forte ai-je besoin pour abandonner cet attachement? Pourquoi cela prend-il autant de temps? Je me pose toujours cette question.

2. J'avais des ressentiments envers les chinois à cause de leur proximité avec le Maître et/ou leur accès à la langue et à la culture la plus proche de Dafa, la plus proche des divinités et la plus proche de l'endroit que nous savons être nos vrais foyers. Ceci m'a rendu difficile le fait de travailler avec une partie considérable du seul corps. Lorsque les pratiquants chinois trébuchaient à cause de leurs attachements, au lieu de tendre la main avec compassion, je me retirais furieuse. Shifu* m'a demandé de vous en apprendre plus sur le processus juridique, mais au lieu de cela, je me plaignais de votre ignorance. Je ne faisais pas que me plaindre, mais je hurlais aussi. J'ai projeté de déménager à Chicago aussitôt que j'aurais le temps de trouver un travail puisque la plupart de ceux qui s'opposaient franchement au dit processus semblaient résider à Washington. Je blâmais Washington pour mes propres insuffisances et le projet de former un seul corps que nous aurions pu avoir – à cause de moi – n'était que conflictuel, chaotique et rempli de failles et donc ouvert à beaucoup d'interférences des forces anciennes.

3. Relié à cela, il y a une incapacité à maintenir un esprit bienveillant et un coeur bon. Je semble pouvoir tolérer mes insuffisances. Mais quand les autres font des choses qui ne me plaisent pas, je perds patience. Ce qui m'agace le plus c'est quand les autres sont arrogants. Cela offense mes notions d'égalité. Mais c'est bien plus que cela. Cela opère comme un miroir me rappelant mon propre attachement à l'autosuffisance. Cela défie mon propre besoin de me sentir spécial.

La première fois que j'ai lu Zhuan Falun j'étais dans un état de joie et d'exaltation. J'avais recherché la sagesse partout. J'avais même espéré étant enfant écrire un livre afin de persuader les autres d'être bons. Mais il semblait que plus j'étudiais, moins j'en savais. Lorsque je lisais Zhuan Falun, je savais instantanément combien j'étais chanceuse et ce que j'avais découvert. Mais je pensais également, et oui, c'est difficile à croire, que j'aurais une cultivation facile parce que, contrairement à la plupart, j'avais très peu de karma et peu d'attachements, sinon aucun.

Il est préférable de savoir que de ne pas savoir. Mais il est également difficile de voir les démons que j'attribuais aux autres et réaliser que ces démons – tous ces démons – font aussi partie de moi.

Le côté positif c'est que je suis plus tolérante qu'avant. Je suis plus calme et j'ai plus la volonté de regarder en moi. Je ne souhaite plus déménager à Chicago. Je sais maintenant que je suis à ma place à Washington.

III. Un seul corps

Comme le procès contre Jiang était le projet d'un seul corps, j'ai pensé que je terminerais avec quelques idées au sujet de comment devenir un seul corps. Je commencerais avec une image que j'ai vue durant la Conférence de San Francisco, alors que Maître parlait.

Je nous ai vus tous ensemble dans un autre endroit, participant au travail de la rectification par la Loi. Certains d'entre nous distribuaient des prospectus. D'autres parlaient en public. D'autres téléphonaient en Chine, etc. Mais tout en travaillant, nous nous déplacions aussi tels des danseurs sur la scène. Ce qui importait n'était pas ce que nous faisions mais comment nous nous déplacions. Lorsque l'un d'entre nous était affecté, se demandant s'il faisait un bon travail ou bien pensant qu'il faisait un bon travail, ou bien observant qu'un autre ne faisait pas très bien (non pas avec compassion mais avec intolérance), nous trébuchions et la danse devenait chaotique manquant de grâce et de splendeur. Ce qui importait n'était pas ce que nous faisions mais la façon dont nous nous harmonisions les uns avec les autres.

Pour moi, ce que cela veut dire est très clair. Il est important que nous nous respections entre pratiquants parce que nous essayons tous de dépasser notre humanité et malgré tout nous utilisons aussi notre humanité et la sagesse de la Loi pour sauver les autres, et non pas parce que nous déposons des plaintes, faisons des films ou distribuons des prospectus. Et bien sûr, comme nous le savons, il est important de continuer à bien faire les trois choses.

Je n'y suis pas encore moi-même, mais j'ai le sentiment que nous avançons tous diligemment dans cette direction.

Merci Maître.

Version chinoise disponible sur :
http://www.minghui.org/mh/articles/2005/7/26/107018.html

Vous pouvez imprimer et faire circuler tous les articles publiés sur Clearharmony et leur contenu, mais veuillez ne pas omettre d'en citer la source.

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