Comment le régime chinois a armé une société toute entière afin d'éradiquer le Falun Gong

La dissimulation par Pékin de l'épidémie de coronavirus, ses tactiques musclées à Hong Kong et ce que certains appellent un génocide des Ouïghours ont forcé de nombreuses personnes à prendre conscience des réalités effrayantes du parti communiste chinois.


Mais depuis le 20 juillet 1999, date à laquelle le régime chinois a interdit le Falun Gong et cherché à " éradiquer"la populaire pratique spirituelle, les pratiquants de Falun Gong ont affronté chaque jour une telle réalité.


Au cours des 21 dernières années, les pratiquants ont été diabolisés, torturés et leurs organes ont même été extraits de force.


Aujourd'hui, nous recevons Crystal Chen, une pratiquante de Falun Gong et survivante de la persécution, et Levi Browde, directeur exécutif du Centre d'Information du Falun Dafa . Leurs histoires et leurs points de vue offrent une fenêtre sur la menace que le régime au pouvoir en Chine représente non seulement pour les Hongkongais et le peuple chinois, mais aussi pour le reste du monde.


Jan Jekielek: Crystal, parlez-moi de votre vie avant le 20 juillet 1999.


Crystal Chen: Avant 1999, j’avais une bonne vie. Je travaillais comme assistante de l'exécutif dans la plus grande société d'import-export de textile de Guangzhou, et j’avais commencé à apprendre le Falun Dafa avec ma mère en 1997. Bien qu'à cette époque, ma mère ait subi une grave attaque, était paralysée et souffrait aussi d'un cancer du sein, après seulement quelques mois de pratique du Falun Gong, elle s'est miraculeusement rétablie. Nous avons donc pratiqué le Falun Dafa et étudié le Fa [Dharma ou enseignements], et à cette époque, le Falun Gong était très populaire dans la ville. En plus de tous les sites de méditation dans le parc, il y avait aussi des gens sur mon lieu de travail qui pratiquaient le Falun Gong. Même pendant la pause déjeuner, nous avions une séance de méditation de Falun Gong sur le lieu de travail.


Jan Jekielek: Dans votre ville à l'époque, comment les gens pratiquaient-ils ?


Mme Chen: Chaque matin, ils se rendaient au parc, et même le soir après le dîner, nous avions aussi une séance d'enseignement gratuit du Falun Gong dans presque tous les parcs. A cette époque, la vie était donc très belle. Imaginez seulement les gens suivant les principes d'Authenticité, Bonté et Tolérance, pratiquant de paisibles exercices dans le parc et les enseignant à d'autres personnes. Et certaines personnes nous ont même dit qu'elles [marchaient] juste dans la rue, et que tout à coup elles ont entendu une jolie musique, qui les a amenés sur le site de pratique,"Oh, c'est ça le Falun Gong".


M. Browde: Le Falun Gong est une pratique spirituelle basée sur le bouddhisme et centrée sur la Vérité, la Bonté et la Tolérance. Le Falun Gong a été introduit pour la première fois en 1992, et en 1999, 100 millions de personnes le pratiquaient. C'est beaucoup de monde, même dans un pays aussi peuplé que la Chine, soit une personne sur treize. Et il était pratiqué dans toutes les provinces, par des gens de tous horizons, des hauts fonctionnaires, des femmes au foyer, des agriculteurs, etc.


M. Jekielek: Ainsi votre mère a donc découvert cette pratique. En pratiquant cette méthode, elle a constaté des effets curatifs étonnants. C'est comme ça que vous vous y êtes intéressée ?


Mme Chen: Ma mère était une soprano, une chanteuse. Tout à coup, sa vie est passée d'une star de la scène à rien du tout. Elle ne pouvait même plus bouger son corps, donc c'est très triste. Mais je me souviens, alors qu'elle se trouvait à l'hôpital de cancérologie, un jour, elle a décidé de sortir faire du qigong. À l'époque, je ne connaissais rien au qigong, parce que je suis née et j'ai grandi dans la Chine communiste. On m'a lavé le cerveau en me disant que toutes les pratiques ou religions de qigong sont superstitieuses, que [les enseignements spirituels] ne sont pas bons, alors j’avais des doutes.


Mais ma mère était très, très déterminée, et elle a expliqué que… quelqu'un venait de lui envoyer un livre appelé "Zhuan Falun", qui est le principal livre du Falun Gong ; et elle a trouvé que c'était très bien, et a décidé de sortir faire un essai. Et elle m'a dit : " Tu ne sais pas à quel point j'étais malheureuse à l'hôpital, sachant que ma maladie pourrait ne pas être guérie." J'étais donc très sceptique, mais j'aime ma mère. J'ai décidé d’aller avec elle et de l'escorter, de l'accompagner, pour voir si ce Falun Gong fonctionnerait pour elle. C'était effectivement très bien. Après seulement quelques mois de pratique, ma mère s'est donc rétablie miraculeusement. Et j'ai commencé à penser : " Qu'est-ce donc ? C'est tellement nouveau pour moi ", et je me suis mise aussi à lire le livre.


M. Jekielek: Passons donc maintenant au 20 juillet 1999. Vous pratiquiez donc depuis quelques années. Que faisiez-vous à cette époque ?


Mme Chen: Je me souviens que le 19 juillet 1999, j'ai appris que plusieurs pratiquants locaux de Falun Gong étaient harcelés par le gouvernement et arrêtés. J'ai donc décidé de me joindre à un groupe de pratiquants de Falun Gong pour demander leur libération à la ville et au bureau provincial des pétitions. Mais on nous a dit que la question du Falun Gong devait être traitée par le gouvernement central. C'est ce qu'on nous a dit, alors nous avons décidé d'aller à Pékin, le gouvernement central, pour faire appel, et par chance, nous avons obtenu le billet de train pour le lendemain. J'ai donc pris le train le 20 juillet, puis il nous a fallu deux jours pour arriver à Pékin, le 22 juillet.


Nous n'avons pas entendu parler de l'interdiction totale du Falun Gong, parce que nous étions en route. Le temps que nous allions faire appel au bureau central des pétitions, c'était le 23 juillet. Nous ne savions pas exactement où se trouvait le bureau des pétitions, mais nous savions qu'il se trouvait dans le quartier de la place Tienanmen. Donc, quand nous sommes passés par la place Tienanmen, nous avons vu un groupe de pratiquants de Falun Gong méditer sur la place, et nous avons voulu nous joindre à ce groupe de pratiquants.


Et soudain, tous les policiers en civil et les camionnettes se sont précipités sur ce groupe, moi y compris, et j'ai été arrêtée et envoyée au stade de Fengtai, dans la banlieue de Pékin. C'était une scène dramatique. Je n'ai jamais rien vécu de tel. Des dizaines de milliers de pratiquants de Falun Gong de tout le pays ont été envoyés dans ce stade sportif en bus, et la police armée nous a simplement forcés à nous aligner, et nous n'étions pas autorisés à faire le moindre bruit pendant que le haut-parleur du stade sportif répétait en boucle la nouvelle de l'interdiction totale du Falun Gong. J'avais l'impression d'être dans un film macabre.


M. Jekielek: C'est une histoire incroyable. D'après ce que je sais, je ne suis pas sûr que cela compte exactement - comme une arrestation, mais je sais que vous avez réellement été arrêtée six fois les années suivantes.


Mme Chen: C'était la première fois, ma première expérience, être arrêtée juste pour avoir essayé de faire appel pour arrêter la persécution du Falun Gong et avoir exprimé combien le Falun Gong était bénéfique pour moi et ma mère.


M. Jekielek: Je me souviens qu'en 2000,… Jiang Zemin, le dictateur à l'époque, avait déclaré: « Nous allons éradiquer ce groupe. » Ce mot « éradiquer » qu'est-ce que cela signifiait en réalité ? Ce n'était pas forcément comme « nous allions tuer tous ces gens », n’est-ce pas. Mais qu'est-ce que cela signifiait, comment cette éradication s'est-elle déroulée et a t-elle encore lieu aujourd'hui?


M. Browde : C'est une très bonne question, qui va au cœur du sujet. Qu'y a-t-il derrière cette campagne ? De quoi s'agit-il vraiment ? Un universitaire a appelé cela un « génocide froid ». Ce que cela signifie vraiment, c'est : nous allons prendre ces cent millions de personnes, et au lieu de leur faire subir ce que les Juifs ont subi lors de la Seconde Guerre mondiale, de les mettre simplement dans des chambres à gaz et les tuer physiquement, nous allons transformer leurs cœurs et leurs esprits, généralement par le biais de tortures violentes et de techniques de lavage de cerveau de grande puissance.


Le but est de changer réellement ce que cette personne pense, de changer réellement qui ils sont, de quelqu’un qui s'efforce de s'aligner sur Vérité, Bonté et Tolérance en quelqu’un d’entièrement soumis à l'État.


Je pense que l'une des histoires les plus convaincantes à ce sujet, des histoires individuelles, a en fait été publiée dans un article du Washington Post. Ils ont fait ce reportage en 2001 [ou] 2002, je crois, où ils ont trouvé quelqu'un qui était passé par ce processus. Ce pratiquant de Falun Gong a donc été placé en détention. Non seulement il a été torturé et a subi ces horribles techniques psychologiques, mais une fois qu'ils l'ont brisé, ce n'était pas suffisant. Il devait maintenant aller à des séances d'étude et commencer à montrer qu'il prenait l'idéologie communiste à cœur. Ce n'était pas suffisant. Il devait maintenant se tenir debout devant une caméra, et ils le filmaient alors qu'il professait son allégeance au parti et combien le parti était grand.


Il est sorti de ce processus, et l'une des choses qui m'a frappé à la fin est qu'il a dit : "Ce que j'ai appris, c'est que nous" - les êtres humains, dont il parle - "sommes les pires animaux sur terre". Et son cas était, je pense, un exemple très frappant de ce que Jiang Zemin entendait par "éradiquer". Il va transformer complètement qui ils sont en partisans obéissants de l'État communiste ou mourir dans le processus.


Mme Chen J'ai été condamné à un camp de travail forcé sans procès, et j'ai été envoyé dans un centre de détention, un centre de lavage de cerveau, toutes sortes de structures que le régime communiste chinois [utilise pour] persécuter les pratiquants de Dafa. Et j'ai également subi différents types de torture, pas seulement physique, mais aussi mentale, bien sûr.


Je me souviens que ma première expérience de torture physique a eu lieu dans un centre de détention de ma ville, Guangzhou, le centre de détention de Tianhe. J'ai été forcée de subir une torture au sel de haute densité, ce qui semble très bizarre, non ? Mais cette torture, c'est en fait que j'ai été forcée d’avaler cette eau salée à haute densité.


Cinq détenus masculins grands et massifs m'ont plaquée au sol. Ils ont coupé une bouteille d'eau en deux comme un entonnoir, et m'ont couvert les yeux avec une serviette très sale utilisée pour essuyer le sol. Et puis ils ont pris un sac d'une livre de sel avec juste un peu d'eau dedans et ont poussé l’ouverture de la bouteille essayant de forcer ma bouche à s’ouvrir. Et puis j'ai senti... le sel... partout dans mon nez, mes yeux, et j'ai ressenti une douleur très, très forte. C'est très douloureux. Et en même temps, ils ont utilisé un bâton pour me gratter les pieds afin que je puisse haleter et que tout ce sel aille dans ma gorge, mon estomac. C'est donc vraiment, vraiment douloureux. Alors je ne pouvais respirer, je me suis battue pour résister à cette douleur, mais en même temps, je sentais que j'allais mourir.


M. Jekielek: Donc, ils vous gavent essentiellement d'eau salée, vraiment de très haute ...


Mme Chen: Du sel de haute densité. Le résultat : c'était très douloureux. Après cette torture, je n'ai pas pu manger. Je ne pouvais ni manger ni excréter, et j'ai vomi du sang et du sel durant les jours suivants, donc c'est très dangereux. Cela pourrait tuer des gens. C'est pourquoi lorsque nous avons enduré cela, nous avons protesté auprès des gardiens de prison disant que s'ils continuent à faire cela, [ils] vont tuer des gens. Ils se sont arrêtés.


C'est juste parce que je me souviens qu'au moment où je pensais que j'allais mourir, j'ai prié pour une aide divine afin de pouvoir endurer. Mais en même temps, je… me suis dit que je n'abandonnerai jamais. Je n'abandonnerai jamais, mais je prie pour une aide divine afin que je puisse endurer. Presque aussitôt, à ce moment, le gardien chef leur a ordonné de s'arrêter. C'est étonnant. Et aussi au même moment, l'un des grands gaillards qui me tenaient est tombé. De ce fait, ils se sont arrêtés.


M. Jekielek: Pourquoi est-il si important pour vous de continuer à pratiquer?


Mme Chen: Comme je l'ai mentionné,… avant de pratiquer Dafa, j'étais complètement athée. Je ne croyais pas qu'il existait un être supérieur, et je ne savais même pas qu'il existait un moyen permettant à un être humain de s'éveiller à travers une discipline spirituelle. Mais depuis que je pratique Falun Gong, j'ai l'impression d'avoir trouvé ce que je veux. Parce que même si avant la pratique, je menais une vie plutôt agréable - bien éduquée, bonne famille, carrière prometteuse dans une grande entreprise - je me suis toujours posée des questions: d'où suis-je venue? Qu'est ce que je fais dans ma vie? Est-ce là toute ma vie? Juste être éduquée, se marier, avoir une bonne famille et un bon travail - c'est tout? Et qu’advient-il de moi si je meurs? C'est une question profondément ancrée dans mon cœur, mais le Falun Gong m'a définitivement donné la réponse et c'est ce que je cherchais dans ma vie.


M. Jekielek: Les gens associent généralement au Falun Gong la question des prélèvements d'organes. Cette année le Tribunal chinois a effectué toutes sortes de tentatives pour examiner cette question, rassembler des preuves, etc. à nouveau durant plus d'une décennie. Les gens entendent donc parler du problème du prélèvement d'organes. Pouvez-vous me parler brièvement du lien avec le Falun Gong?


M. Browde: Bien sûr. Le prélèvement d'organes. Nous en avons pris conscience, c'est apparu sur notre radar, [au] milieu des années 2000. Et pour que tout le monde le sache, la pratique du prélèvement forcé d'organes consiste essentiellement à prendre des prisonniers d'opinion, à les tuer, à extraire leurs organes et à les utiliser dans une opération de transplantation, et cela alimentait un commerce d'un milliard de dollars en Chine.


Donc c 'est apparu pour la première fois sur notre radar lorsqu'un médecin et une ancienne femme de médecin sont venus nous voir et nous ont dit : "Regardez, c'est en train de se produire. Et très vite, nous avons commencé à nous pencher sur la question et nous avons trouvé des preuves très inquiétantes. En particulier, il y a des appels téléphoniques que des enquêteurs sous couverture ont passés où ils ont appelé ces différents hôpitaux et nous avons enregistré des médecins admettant que oui, vous pouvez obtenir des organes en quelques jours ou en une semaine, et oui, ils viennent des gens du Falun Gong.


Et après cela, un certain nombre de journalistes et certains avocats des droits de l'homme se sont intéressés à cette histoire, ont commencé à mener davantage d'enquêtes, et se sont rendus compte qu'en Chine, dans ces divers hôpitaux, vous pouviez obtenir des organes en quelques jours ou semaines là où dans la plupart des pays, les délais se comptent en mois ou en années; parce que si vous y réfléchissez, vous devez attendre que quelqu'un qui vient de mourir et qui se trouve être compatible avec vous ait un organe. Mais en Chine, on parlait de jours et de semaines d'attente. Cela ne peut se produire que s'il existe un groupe de personnes déjà testées et ils sont capables de tuer pour faire une transplantation d'organe.


Il s'agit donc manifestement d'une horrible violation des droits de l'homme. Nous avons également remarqué une corrélation. Auparavant, le nombre de greffes était très faible en Chine, et cela a décollé juste au moment où des centaines, des milliers de pratiquants de Falun Gong ont été amenés et détenus dans des camps de travaux forcés et autres centres de détention. La corrélation était directe.


Mme Chen: Je me souviens qu'alors que j'étais dans un camp de travaux forcés, j'ai été systématiquement torturée, mais en même temps, seuls les pratiquants de Falun Gong dans les camps de travail ou les centres de détention subissaient des tests et des examens physiques. À ce moment-là, cela n'avait aucun sens pour moi parce que cela ne pouvait être motivé par l'inquiétude pour la santé des pratiquants de Falun Gong, puisque nous sommes systématiquement torturés. Et j'ai personnellement été testée plusieurs fois, dont deux tests sanguins.


Plus tard, lorsque j'ai été libérée et que j'ai entendu parler des prélèvements d'organes, [j'ai compris pourquoi]. C'est horrible. Je ne pouvais même pas imaginer que cela arriverait, mais cela répond à la question de savoir pourquoi nous avons été testés et examinés dans les camps de travail et les centres de détention. Ils ciblaient des pratiquants de Falun Gong innocents et en bonne santé.


M. Jekielek: C'est incroyable. Je pense que David Matas, l'un des premiers enquêteurs, qui était en fait vous diriez un chasseur de Nazi- traquant les derniers criminels de guerre nazis au Canada - a appelé cela [" une nouvelle forme de mal qui n'a jamais encore été vue sur cette planète. ”]… En fait, j'ai un peu participé aux premiers reportages à ce sujet, à l’époque -. Alors cela arrive encore ?


M. Browde: ils ont fait beaucoup de bruit à propos d'une double transplantation pulmonaire. Et ce qui est très curieux, c'est que cela a montré les mêmes signaux d'alarme que ceux que nous avons eus avec le prélèvement forcé d'organes depuis le début. Où ont-ils pu obtenir ces poumons si rapidement et les amener à Wuhan ? Tout cela est très clair, tant d'après les preuves que d'après le tribunal, c'est quelque chose qui se passe encore aujourd'hui.


M. Jekielek: C'est un cas intéressant, car de toute évidence, il s'agissait d'une sorte d’offensive de propagande du régime: "Cette transplantation pulmonaire, regardez ce que nous pouvons faire ", ce genre de chose. Et cette propagande, bien sûr, s'inscrit largement dans toute cette histoire du Falun Gong. Avant de m'y rendre, une des choses dont je me souviens est… que la raison pour laquelle les gens appellent et demandent si c'est du Falun Gong,… c'est parce que les [pratiquants] de Falun Gong étaient connus pour être en bonne santé, et je pense que c'est une sorte d'aspect véritablement pervers et tordu de l'histoire des prélèvements d'organes.


M. Browde: C'est une triste ironie. Un des aspects tragiques de la situation est que Falun Gong a apporté d'énormes bienfaits de santé au peuple chinois, puis le PCC s'est emparé de cet aspect et a déclaré: " Nous allons prendre ces gens, parce qu'ils sont en très bonne santé. Nous allons en faire le principal groupe de victimes, la principale source d'organes, les garder en détention et les tuer chaque fois que nous voulons effectuer une opération de transplantation d'organes."


M. Jekielek: Avec un groupe marginalisé, il est assez facile d'utiliser les gens dans une dictature de cette manière, et je pense que c'est peut-être même David Matas qui a identifié ce problème. Pouvez-vous nous en dire un peu plus à ce sujet ?


M. Browde: Je pense que c'est un excellent point, parce que cela a touché deux choses, je pense. Premièrement, comment le Falun Gong est-il devenu un groupe marginalisé ? Parce que, encore une fois, si vous retournez dans les années 1990, le Falun Gong était partout. Il est présent dans tous les parcs. ... Encore une fois, ... c'était un truc chinois. Après des décennies de régime communiste, le Falun Gong est arrivé, cette sorte de Chine du cœur. C'est un peu comme une tarte aux pommes, une église le dimanche, et du base-ball, le tout en un, l'analogie avec l'Amérique. C'était très chinois, et les gens en étaient fiers.


Alors comment prendre une population énorme en Chine qui fait partie du courant dominant et la marginaliser ? C'était la première question, et cela a été pendant plusieurs années une campagne de propagande ciblée et très horrible pour amener les gens à ne plus admirer le Falun Gong mais à le mépriser. Et une fois que les gens pensent de cette façon, [avec] cette sorte de distance naturelle, il devient maintenant beaucoup plus facile pour une institution comme l'institution médicale de prendre le relais et de faire des choses horribles à ces gens.


Très honnêtement, c'est un schéma que nous avons pu constater dans l'activité génocidaire tout au long de l'histoire humaine. C’est un élément vital, visant à marginaliser et déshumaniser. Une fois que cela peut être réalisé, la base et les diverses institutions peuvent être libérées pour faire des choses horribles et c'est vraiment ce que nous avons vu dans le cas des prélèvements d'organes.


M. Jekielek: Comment se fait-il que cette propagande fonctionne? Je viens de regarder ce film, " Ne Posez Aucune Question ", on peut vous y voir et je ne m'y attendais pas. C'est une chose apparue récemment. J'ai tendance à regarder des films en lien avec les questions des droits de l'homme en Chine, et cela parle de l'auto-immolation qui est, je pense, un élément central de la propagande dans cette situation. Pouvez-vous en parler?


M. Browde: Absolument. Cela a été le tournant car en 1999, le chef du Parti communiste de l'époque, Jiang Zemin, était celui qui voulait réellement persécuter le Falun Gong. Personne d'autre, y compris les autres membres du Politburo, la plus haute instance gouvernementale du pays.


Il a réellement ciblé Falun Gong, il voulait le faire, pour trois raisons. D'abord, parce qu’il était si populaire; 100 millions de personnes, c'est beaucoup de gens qui échappent au contrôle direct du PCC.


Deuxièmement, c'était l'idéologie. Le Parti communiste est une sorte d'organisation athée, littéralement, et soudain arrive un groupe confessionnel très enraciné dans la culture traditionnelle chinoise. Pour Jiang Zemin, il y avait donc là une menace idéologique.


Mais je pense que la véritable raison, la raison dominante, et peut-être la partie la plus tragique de tout cela, était que Jiang Zemin était le premier dirigeant du Parti communiste chinois qui n'avait pas réellement participé à la révolution et n'avait aucune crédibilité. Même parmi ses pairs, il était prêt à tout pour bâtir son héritage. Et juste à ce moment, Falun Gong arrive, prend le pays d'assaut, tout le monde déclare combien c'est génial et lui vole, pour l'essentiel, la vedette. C'est donc lui qui a dit: « Nous devons l'éradiquer. Nous devons éliminer Falun Gong. » A l'été 1999, il y a eu un peu de lutte pour le pouvoir, mais il l'a emporté.


Une fois que cela a débuté, la persécution a été lancée. Cependant, comme nous l'avons dit,… encore une fois, Falun Gong… pour les Chinois, ce n'est pas étranger. Ils connaissent cela. Ils connaissent les gens. Il y a des gens [qui pratiquent] dans leur famille. Alors, comment amener les gens à se retourner? Au départ, de nombreuses provinces et régions, ne participaient pas à cette persécution, en particulier dans les provinces éloignées, et Jiang Zemin a dû faire une tournée dans le pays, en particulier dans la partie sud du pays, pour susciter un soutien et menacer les gens et les contraindre à faire cette persécution. Et cela a eu un certain effet.


Mais ce n'est qu'avec l'auto-immolation que les choses ont vraiment changé. En janvier 2001, cinq personnes se seraient immolées par le feu, place Tiananmen. La police, pour une raison étrange, était là pour le filmer. Ils prenaient des photos, ils ont tout filmé, et cela a été utilisé dans une attaque éclair de propagande pour montrer au peuple chinois à quel point le Falun Gong était "maléfique". "Regardez, les gens se brûlent. N'est-ce pas terrible ?"


Les images étaient si horribles, le récit tellement tordu, cela a vraiment renversé la vapeur en Chine. Les gens se disaient au début: "Oh, Falun Gong est génial. … C'est le meilleur de notre culture chinoise ", puis " Oh, c'est mauvais. " Même s'ils n'étaient pas convaincus par la propagande qui fonctionnait 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 - c'était partout - ils étaient au moins tellement effrayés par cette question. Ils ne voulaient tout simplement pas s'en occuper. L'auto-immolation a donc été le point tournant qui a permis à la base de prendre au sérieux la persécution du Falun Gong dans tout le pays.


M. Jekielek: Dans le film, ils interviewent l'un des correspondants de CNN qui… se trouvait en fait sur les lieux. Et… il y a toutes sortes de ces bizarres incohérences. Les médias disent que CNN a en quelque sorte fourni les images. CNN a répondu : " Non, il n'y a aucun moyen. Nous avons dû le cacher; faire comme si ça n'existait pas. Quoi qu'il en soit, l'histoire continue et il y a beaucoup de preuves que cela a été fabriqué, même si la vérité ne sera probablement jamais connue, car tout était contrôlé par le régime. Philip Pan du Washington Post, s'est rendu dans la ville natale de deux des prétendus auto-immolateurs et a constaté que personne n'avait jamais vu ces deux personnes pratiquer. Et il y avait toutes sortes d'anomalies dans ce qu'ils disaient sur la place, dans la façon dont ils étaient assis - rien de tout cela ne ressemblait au Falun Gong.


La police se comportait de manière très étrange, attendant qu'ils disent des choses pour les filmer et les utiliser à des fins de propagande, avant de les couvrir ou de s'en occuper, ce qui est complètement différent de la manière dont ils traitent les gens du Falun Gong sur la place Tiananmen. Si vous voyez des images, à la minute où quelqu'un arrive sur la place et dit quelque chose de positif sur le Falun Gong, ils se précipitent, ils les attaquent, les mettent à terre et les font monter dans le fourgon, en essayant de s'assurer qu'ils ne disent rien - c'est exactement le contraire.


Plusieurs organisations se sont penchées sur la question et ont déclaré qu'il s'agissait clairement d'une mise en scène, et bon nombre de ces anomalies le montrent très clairement. Tous les types de techniques cinématographiques qu'ils utilisent, mais aussi le fait que ces rapports soient sortis si rapidement, en quelques heures. Dans certains cas, je pense que certains des rapports ont été publiés avant que les victimes, les soi-disant victimes, ne soient même conduites à l'hôpital. Certaines choses ont été très rapides et c'était une campagne éclair de propagande. Littéralement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, cela a fonctionné pendant un certain temps. On comprend donc bien qu'il s'agissait d'une mise en scène, mais le mal était quand même fait, car à l'intérieur de la Chine, il n'y a qu'un seul média, et c'est le média d'État, et cela a eu un effet.


M. Jekielek: Dites-moi brièvement, qu'est-il arrivé à votre mère et à votre famille ?


Mme Chen: J'ai perdu ma mère à cause de la persécution du Falun Gong. J'ai été envoyée dans le même centre de détention et dans le même camp de travail qu'elle, mais nous avons été séparées et n'avons jamais eu la chance de nous voir durant presque trois ans. Mais plus tard,… certains des compagnons de pratique qui ont passé du temps avec ma mère dans la prison ou dans le camp de travail m'ont expliqué que ma mère avait aussi subi une persécution brutale.


Une des [techniques] de persécution subie par ma mère était les décharges électriques. Ils l'ont électrocutée durant près de deux heures, sans interruption, et ils ont aussi choqué toutes les parties très sensibles de son corps, comme les aisselles et l'intérieur de ses cuisses, ainsi que l'oreille, le cou. Ma mère était couverte de toutes ces ecchymoses et brûlures noires. Vous pouvez imaginer: deux heures de chocs électriques avec des matraques, et ils pouvaient même sentir l'odeur de sa peau brûlée.


Ma mère a été torturée dans le centre de détention, dans le camp de travail, et plus tard, a été envoyée dans un centre de lavage de cerveau. C'est un établissement spécialisé dans la persécution des pratiquants de Falun Gong sans procès, sans aucune protection légale. C'est une prison noire. Puis après toutes ces années de persécution, ma mère est décédée en août 2006 après sa libération de… détention.


La persécution du Falun Gong, pour moi, n'est pas seulement la persécution du groupe du Falun Gong lui-même. C'est la persécution de l'humanité et de la spiritualité dans son ensemble. Les gens pensent… " Oh, les pratiquants de Falun Gong sont persécutés ", mais ils ne savent pas qu'en même temps, nos familles et nos collègues ont tous été menacés. Par exemple, mon ex-mari a été forcé par le Bureau 610 [la force de police au-dessus de la loi, établie pour éliminer le Falun Gong] de divorcer alors que j'étais en prison.


Et ils ont forcé mon père à dire…, « Eh bien, si tu ne suis pas ce que le Parti communiste t'a demandé de faire, dénoncer le Falun Gong, nous couperons notre relation biologique. » Cela semble ridicule, non? Mais c'est ce que le régime communiste a forcé des innocents à faire, pour faire pression sur votre famille, pour créer toute cette peur, parce que les gens ne veulent pas perdre leurs avantages existants, leurs besoins de confort, leurs moyens de subsistance, leur travail, leur liberté, même leur vie. Les communistes créent juste la peur pour tous ceux qui sont liés.


Par exemple, ils forceront les détenus à nous torturer, et s'ils font ce qu'ils leur ont dit, ils seront libérés rapidement, plus tôt. C'est un avantage. Si les policiers nous torturent, et nous obligent également à nous transformer et à dénoncer le Falun Gong, ils sont promus. Ils obtiennent une prime supplémentaire pour cela. C'est tout ce qui compte.


M. Jekielek: Parlons de quelque chose de très récent dans les nouvelles en ce moment et qui, franchement, rendent nombre d'entre nous vraiment inquiets, beaucoup de mes bons amis sont très inquiets, il s'agit de cette nouvelle loi sur la sécurité nationale de Hong Kong. Quelles sont les implications pour le Falun Gong?


M. Browde: L'implication est en fait pire qu’en Chine continentale en termes de ce qui pourrait arriverà un pratiquant de Falun Gong de Hong Kong ou à quiconque -enfreint cette loi , et, pour moi, c'est ce qui est tellement choquant à ce sujet. Je vais vous donner un exemple très spécifique: en Chine continentale, ce que vous avez tendance à voir, c'est quand ils condamnent un pratiquant de Falun Gong à la prison, cela peut prendre 3 ans, 5 ans, ça va jusqu'à… 18 ans. Avec la loi de Hong Kong, minimum 10 ans; cela pourrait être une condamnation à perpétuité. C'est donc un exemple de la façon dont... ils se sont en fait surpassés, ce qui pourrait avoir des conséquences encore plus graves pour les habitants de Hong Kong.


Il y a aussi cet aspect draconien de cette loi où, pour des raisons vaguement énoncées, les autorités de Pékin pourraient décider: « Nous allons prendre celui qui vient d'être arrêté à Hong Kong, l'emmener en Chine continentale, et mener son procès là-bas », où, de toute évidence, ils ont un contrôle total sur tout le système juridique, les poursuites, les juges, etc. Cela a donc rendu Hong Kong aussi mauvais, sinon pire, que la Chine continentale.


Une autre chose qui est particulièrement troublante dans cette loi est que certains de ses aspects ont permis à des agents chinois de venir et d'opérer dans les bureaux de Hong Kong. Ainsi, le bureau 610, qui est en quelque sorte la Gestapo chinoise pour la persécution du Falun Gong - c'est sa seule mission - dispose maintenant du cadre légal pour venir et opérer à Hong Kong, et donc [c'est] très préoccupant pour quiconque pratique ou parle ou défend d'une manière ou d'une autre le Falun Gong à Hong Kong.


M. Jekielek: C'est en fait fascinant pour nos téléspectateurs: juste le concept qu’il existe une organisation similaire à la Gestapo que vous avez décrite uniquement dédiée à la destruction de Falun Gong. Cela fonctionne depuis combien de temps?


M. Browde: 21 ans.


M. Jekielek: Parlez -moi donc de cette organisation. Quel genre de pouvoirs a-t-elle? Que fait-elle réellement?


M. Browde: Certainement. L'organisation est appelée le Bureau 610, et elle a été créée en juin 1999, c'est-à-dire avant qu'ils n'annoncent la persécution, donc ils la préparaient déjà. C'est une agence extralégale qui relève directement du Politburo, ce qui signifie qu'elle a juridiction sur tout le pays, sur toute agence gouvernementale, sur tout groupe de police. Et leur seule mission - ils ont été créés uniquement pour mettre en œuvre la campagne de persécution de Jiang Zemin contre le Falun Gong, ce qui explique en quelque sorte le nom de Gestapo de la Chine.


C'est tout ce qu'ils font, quand ils veulent s'en prendre au Falun Gong, ils peuvent passer outre les décisions au niveau provincial, municipal, local, et ils opèrent depuis 21 ans. Maintenant, comme le PCC l'a fait fréquemment à d'autres égards, il y a quelques années, il y a eu une annonce : " Oh, nous allons dissoudre le bureau 610. Nous n'allons plus avoir cela." Mais après cela, même tout récemment cette année, nous avons des documents provenant de Chine et d'autres preuves qui indiquent qu'en effet, cette agence est toujours opérationnelle et qu'elle continue à remplir sa fonction principale de persécution du Falun Gong. C'est donc cela, la Gestapo chinoise.


M. Jekielek: Donc, fondamentalement, ces individus peuvent entrer et réquisitionner toutes les ressources de sécurité.


M. Browde: C'est exact. Et encore une fois, ils relèvent du Politburo, ils sont donc réellement une entité du Parti communiste au-dessus du gouvernement.


M. Jekielek: Donc, Levi, nous avons pris conscience, je suppose, en tant que monde libre, surtout ces dernières années, de l'influence et du pouvoir que le Parti communiste chinois exerce sur les institutions américaines, internationales, de toutes sortes. … Le FARA rapporte que 19 millions de dollars ont été dépensés par le Parti communiste chinois, uniquement pour les encarts du China Daily dans les principaux médias américains. Comment le Parti communiste chinois influence-t-il les médias? Cela a-t-il influencé les reportages ou le manque de reportages sur le Falun Gong?


M. Browde: Je pense que vous devez en conclure que oui, et je l'affirme pour plusieurs raisons. Tout d'abord, si vous regardez simplement à travers les industries [le PCC est présent], je veux dire, regardez ce qui s'est passé avec la NBA, non? Normalement, vous avez des joueurs et des entraîneurs très politiquement éloquents, c'est génial, davantage de pouvoir pour eux. Mais arrive une personne qui dit quelque chose à propos de Hong Kong, et tout à coup le PCC fait irruption. Et tout le monde se tait. Personne ne veut répondre aux questions. Et quand ils le font, ils n'ont de toute évidence, pas fait leurs devoirs.


Vous voyez cela à Hollywood. Vous le voyez certainement au sein du gouvernement. Inévitablement, vous allez le voir dans les médias. Nos entreprises médiatiques sont des entreprises; ce sont des entreprises à but lucratif. Beaucoup d'entre eux ont d'énormes intérêts commerciaux en Chine. Cela mis à part, nous avons eu plusieurs journalistes très francs avec nous qui nous disent qu'ils ne peuvent aller que jusqu'à un certain point lorsqu'ils exposent le PCC, parce qu'ils pourraient être expulsés de Chine ou perdre ces intérêts commerciaux. C'est donc invariablement ainsi que la couverture médiatique du Falun Gong est influencée par le PCC, tout comme le PCC influence tous ces autres secteurs.


Donc, si l'on remonte à 1999, vous avez 100 millions de personnes dans tout le pays, de tous les milieux, comment allez-vous persécuter ces personnes ? Comment allez-vous persécuter ces gens ? Vous devez armer toutes les institutions de la société pour y parvenir ? Et qu'est-ce que cela signifie ?


Eh bien, l'une des caractéristiques les plus marquantes de cette situation que nous avons constatée au fil des ans est que les personnes qui persécutent le Falun Gong, qui vont dans ce sens, montent en grade.


Ceux qui ne le font pas sont rétrogradés ou parfois renvoyés. Je veux dire, littéralement, si vous êtes un leader dans une entreprise, si vous êtes celui qui va dire : "Ok, j'ai identifié trois personnes de Falun Gong dans mon unité de travail, faites-les partir dans un camp de travail", vous allez monter en grade à cause de cela. Nous avons vu cela dans tous les secteurs d'activité en Chine. Alors, qu'est-ce que cela fait pour la culture de l'entreprise pour la société en général ? Cela criminalise essentiellement toutes ces institutions.


Geoffrey Nice, en fait, qui était le procureur principal du tribunal chinois auquel vous avez fait référence, a dit la même chose dans le jugement final. Il a enquêté sur le prélèvement forcé d'organes et est arrivé à la conclusion qu'avec le PCC, nous avons affaire à un État criminel. Et c'est vraiment vrai, et la mise en œuvre de la persécution du Falun Gong est en grande partie responsable de cette situation.


Maintenant, la communauté internationale doit affronter cette situation, parce que ces institutions qui ont été armées, qui ont été imprégnées des mécanismes de persécution -avoir des dirigeants qui feraint cela, avoir des politiques de propagande autour de leurs actions- touchent maintenant notre gouvernement, nos entreprises, nos médias. Et nous en voyons les effets. Si vous regardez la NBA, si vous regardez certaines des choses que le régime chinois fait en appelant nos membres du Congrès et en leur demandant de persécuter Falun Gong, ou faire ceci ou faire cela. Le type d'influence que nous constatons dans chaque secteur où nous interagissons avec le PCC a ce caractère et comporte ce risque pour nous.


M. Jekielek: Donc, Levi, cela me rappelle un autre cas. En fait, très, très récemment, au milieu de 2020, une femme très riche a été condamnée à huit ans, si je comprends bien, uniquement pour avoir pratiqué le Falun Gong.


M. Browde: Oui. Ce qui est intéressant dans son cas, c'est qu'elle est citoyenne canadienne. Alors regardons ce qui lui est arrivé il y a quelques années. Elle est la vice-présidente d'une entreprise biochimique de plusieurs milliards de dollars en Chine. Il y a plusieurs années, elle était en Chine. On l'a sortie de son appartement et elle a été arrêtée simplement parce qu'elle pratiquait le Falun Gong.


Et depuis des années, le gouvernement canadien exprime sa préoccupation. La communauté, évidemment la communauté des droits humains, a protesté contre sa détention. Et elle a vécu des choses horribles. En raison de la situation tendue, son mari a été forcé de divorcer. 11 avocats ont tenté de s'occuper de… son cas et n'ont pas été autorisés à le faire. Elle a été en quelque sorte persécutée en prison pendant des années. Et puis à la fin du mois de juin de cette année, soudainement, le PCC annonce: " Oh, nous l'emprisonnons depuis huit ans. " Encore une fois, simplement parce qu'elle est pratiquante de Falun Gong, et malgré toutes les protestations du gouvernement canadien et de la communauté internationale.


M. Jekielek: Levi, en considérant cette affaire, cette femme est en prison depuis un certain nombre d'années. Maintenant, elle est soudain condamnée à huit autres années après des années de persécution. Le gouvernement canadien est impuissant à aider son propre citoyen dans cette situation. Cela me fait penser à ceci, appelons-le, un manque de transparence sur ce qui se passe en Chine, et cela a en fait été mis en évidence récemment par la situation des coronavirus,… l'influence chinoise sur l'OMS, toutes ces choses. Cela me rappelle quelque chose sur lequel David Matas a écrit assez récemment, à savoir que si nous, en tant que monde libre, je suppose, avions exigé plus de transparence de la Chine, dans le domaine des transplantations d'organes et d'autres sujets , peut-être que cela ne serait jamais arrivé ... toute cette pandémie de coronavirus.


M. Browde: Je pense que c'est un excellent point. Et c'est un rappel tragique de l'importance de garder un œil sur les violations flagrantes des droits de l'homme. Dans le cas présent, je pense que ce qu'il voulait dire, c'est que si nous avions pris cela au sérieux, nous aurions fait en sorte que non seulement ils arrêtent le prélèvement d'organes, mais que nous puissions le voir, n'est-ce pas ? Nous aurions eu suffisamment de transparence en Chine, nous aurions pu le voir, et si cette transparence avait été en place, la pandémie ne se serait jamais produite.


A-t-il raison ? Je pense que ce qui est intéressant ici, c'est Taïwan, parce que Taïwan est un exemple. Je pense qu'il a raison. Regardons donc Taïwan. Le 31 décembre dernier, leurs médecins ont suivi les discussions des médecins de Wuhan, et ils ont tout de suite su que nous avions un virus mortel sur les bras, et qu'il était transmissible à l'homme. Et c'est là que réside la partie transparence.


Ils ont également été ... l'une des plus grandes victimes du SRAS en dehors de la Chine. Ils ont été très, très durement touchés. Ils étaient donc conscients que quoi que dise le PCC sur ce virus, il ne faut pas l'écouter. Avec cette transparence et la conscience de ne pas écouter les points de discussion du PCC, ils se sont mis au travail. Dès le 31 décembre, plus d'un mois avant que le reste du monde ne le fasse, ils surveillaient déjà le trafic en provenance de Wuhan et du reste de la Chine.


Ils n'ont jamais eu à confiner tout ce temps. Ils n'ont eu que sept morts. Aux États-Unis, nous en dénombrons 130 000? Le Brésil en compte 60 000. Sept! Vous pouvez affirmer avec certitude que Taiwan n'a jamais connu la pandémie. Oui, ils prennent des mesures de précaution. Ils portent des masques faciaux, mais ils n'ont jamais eu à prendre aucune des mesures de confinement que nous avons prises. Et ils n'ont eu que sept morts. Ils ont fait cela parce qu'ils avaient une transparence sur ce qui se passait exactement avec la Chine, et ils avaient assez de conscience pour savoir qu'il ne fallait pas croire le PCC ou quiconque parlant pour eux, et qu’ils devaient agir dans leur propre intérêt, selon leur propre personnel médical. Je pense que Taiwan prouve que David Matas a raison.


M. Jekielek: Donc, Levi, les derniers mots avant de terminer ?


M. Browde: Eh bien, [il y a] deux ou trois choses que j'aimerais ajouter. La première est de laisser les gens savoir que cela continue. Encore une fois, jour après jour, nous avons des cas provenant de Chine et nous avons connaissance [d'arrestations]. Par exemple, à la fin du mois de juin, un groupe de 36 personnes ont fait l'objet d'une rafle dans la région de Pékin, parce que ce sont des pratiquants de Falun Gong. Parmi elles, se trouvait une femme de 68 ans. Quelques heures plus tard, elle meurt en garde à vue.


Le 19 avril, je me souviens de ce cas [impliquant] une femme qui n'était pas pratiquante de Falun Gong. Son mari était un pratiquant, mais elle le défendait. La police est venue la chercher; elle a été maltraitée en détention; et elle est morte. C'est donc une situation qui continue et continue, même à ce jour. Et cela demeure tragique même après 21 ans.


L'autre chose que je dirais, c'est qu'il est important de rester informé sur ce genre de choses. Notre organisation, le Centre d'Information de Falun Dafa peut être trouvé en ligne sur Faluninfo.net. Il y a une mine d'informations sur non seulement ce qui se passe en Chine, mais sur ce que les gens font ici aux Etats-Unis et dans d'autres pays. Notre Congrès prend des mesures. Il y a une autre résolution du côté du Sénat qui condamne la persécution, en particulier les prélèvements forcés d'organes. Ces choses comptent; elles font une différence. Donc, si vous voulez aider, allez sur le site Web, découvrez ce qui se passe [et] appelez votre membre du Congrès ou votre sénateur, dans ce cas, et faites-leur savoir que cela compte pour vous.


M. Jekielek: Alors Crystal, que diriez-vous à tous les Hongkongais qui espèrent préserver la liberté à Hong Kong?


Mme Chen: Je dirai: n'abandonnez pas. Sur la base de mon expérience personnelle, beaucoup de gens en ce moment… prêtent un œil à la situation à Hong Kong. C'est un peu comme une fenêtre montrant la nature perverse du PCC. Et c'est pourquoi les gens pensent qu'il n'y a aucun espoir que les gens se battent, parce qu'ils ont tout l'appareil: militaire, police, même les armes. Ils ont tout. Nous ne sommes que des citoyens innocents sans armes. La seule chose que les Hongkongais ont, c'est un parapluie pour lutter. Mais je dirai qu'il y a de l'espoir.


Certaines personnes disent en ce moment que les pratiquants de Falun Gong sont le seul groupe à avoir survécu à la persécution du PCC sur la plus longue période, plus de 20 ans. Par exemple, le massacre de Tiananmen et toutes ces campagnes politiques, même les 10 ans de Révolution culturelle, n'ont pas duré aussi longtemps. Mais les pratiquants de Falun Gong sont si persistants. Et puis ils ont survécu pendant plus de 20 ans, même si la persécution existe toujours et continue en ce moment même. Cela ne s'arrête jamais.


Je pense que c'est parce que Falun Gong, en fait, est la vraie spiritualité. Ce n'est pas un mouvement. Pour moi, c'est la spiritualité. Comme je l'ai dit, j'ai enduré toute cette persécution et cette torture physique. Je ne pense pas que ce soit à cause de ma force. Je suis simplement une dame ordinaire de petite taille. Mais quand j'étais en danger de vie ou de mort, je cherchais l'aide divine. Je ne pense pas qu'un être humain puisse vaincre la force du mal. Je ne peux que demander l'aide des êtres divins pour me donner la force d'endurer et de traverser. C'est mon expérience.


M. Jekielek: Crystal Chen, cela a été un tel plaisir de vous accueillir.


Mme Chen: Merci de m'avoir invitée, Jan


Cet entretien a été édité pour plus de clarté et de concision.


Jan Jekielek est rédacteur en chef pour The Epoch Times et producteur pour NTD. La carrière de Jan a concerné les travaux internationaux en matière de droits de l’homme et les médias. En 2009, il a rejoint The Epoch Times à plein temps et a occupé divers postes, notamment celui de rédacteur en chef du site Web.

Version anglaise disponible à:
https://www.theepochtimes.com/how-the-chinese-regime-weaponized-an-entire-society-to-eradicate-falun-gong_3432710.

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