"La pratique barbare et inhumaine" de prélèvement forcé d'organes en Chine doit cesser, disent des députés

LONDRES – Un groupe de parlementaires britanniques exhorte le gouvernement britannique à tenir la Chine responsable d’un crime présumé que certains pourraient trouver trop troublant pour le croire : la pratique de prélèvement forcé d’organes sur les prisonniers d’opinion.


La députée du Parti national écossais Patricia Gibson a comparé la situation à quelque chose que l’on s’attendrait à lire dans un roman de science-fiction.


« Cette pratique barbare et inhumaine doit cesser », a-t-elle dit, lors du débat de Westminster Hall le 26 mars.

 
Le débat sur le prélèvement forcé d'organes à Westiminster.


En réponse à plusieurs discours prononcés par des députés, Mark Field, ministre d’État pour l’Asie et le Pacifique, le Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth (le Foreign and Commonwealth Office, ou FCO), a déclaré qu’il soulèverait la question du prélèvement forcé d’organes au niveau international.


« Les membres d’aujourd’hui se sont inquiétés du fait que des organes sont prélevés non seulement sur des condamnés à mort exécutés, mais aussi sur des prisonniers d’opinion, principalement des adeptes du Falun Gong, ainsi que d’autres minorités religieuses et ethniques. »


« On s’inquiète du fait que les organes sont parfois prélevés alors que la victime est encore en vie, et sans anesthésie », a-t-il dit.


Il a déclaré que le FCO examinerait la situation de près, mais qu’il voulait d’autres preuves montrant que cette pratique est sanctionnée par l’État.


En 2016, le Parlement européen a adopté une déclaration écrite sur l’arrêt du prélèvement d’organes sur les prisonniers d’opinion et, la même année, le Congrès américain a adopté à l’unanimité une résolution condamnant le prélèvement d’organes par la Chine.


Certains, comme Jim Shannon, député du Parti unioniste démocrate, qui a animé le débat, voulaient que le ministre adopte une position plus ferme.


« J’ai sincèrement pensé qu’il aurait peut-être pu être un peu plus convaincant », a dit Jim Shannon, mais il a ajouté : « Je ne pense pas que cela l’empêche de s’engager sur ce que nous essayons de changer. »


« Nous devons faire comprendre à la Chine que c’est contraire à l’éthique. Que c’est un meurtre à la demande », dit-il.


« Un nombre très significatif de victimes »

Le rapport Bloody Harvest : Une mise à jour (pdf), publié en 2016, indique que les prisonniers d’opinion sont soumis à des examens médicaux pour évaluer leur aptitude à subir une transplantation d’organe.


Ethan Gutmann est l’un des auteurs du rapport. Il a déclaré qu’il était encourageant de voir de plus en plus de députés au Royaume-Uni s’impliquer.


« Vous voyez un groupe qui se forme, qui sait de quoi il parle, qui connaît la question, qui en parle avec éloquence et qui est très déterminé. C’est nouveau », dit-il.


En parlant du prélèvement forcé d’organes, il a dit : « Pour ce qui est de la corruption médicale, il s’agit de quelque chose que nous n’avons pas vu depuis les nazis, en termes d’expériences médicales. »


Un tribunal populaire chargé d’enquêter sur le prélèvement forcé d’organes en Chine a rendu un jugement provisoire en décembre dernier, sous la présidence de Sir Geoffrey Nice, déclarant que le prélèvement forcé d’organes sur des prisonniers d’opinion a eu lieu en Chine « à une échelle significative ».


« Nous, les membres du tribunal, sommes tous certains, à l’unanimité et hors de tout doute raisonnable, qu’en Chine, le prélèvement forcé d’organes sur des prisonniers d’opinion a été pratiqué pendant une longue période, impliquant un très grand nombre de victimes », a-t-il dit.


Sir Geoffrey Nice QC, président du Tribunal chinois pour le prélèvement forcé d'organes le premier jour des auditions publiques à Londres le 8 décembre 2018. (Justin Palmer)


Les témoignages corroborent les allégations selon lesquelles les victimes du prélèvement d’organes étaient souvent des personnes emprisonnées pour leurs croyances, principalement des pratiquants du Falun Gong, une pratique spirituelle réprimée en Chine depuis 1999, ainsi que des musulmans ouïghours, des bouddhistes tibétains et des chrétiens pratiquant en privé.


Un ancien chirurgien, Enver Tohti, a dit qu’il avait été forcé d’extraire des organes d’un homme qui était encore en vie.


« Il essayait de lutter pour résister, mais il était trop faible pour agir contre mon intervention », a-t-il déclaré lors de son témoignage.


Le Dr Adnan Sharif, secrétaire de Médecins Contre le Prélèvement Forcé d’Organes (DAFOH: Doctors Against Forced Organ Harvesting), a qualifié cette pratique de « crime majeur contre l’humanité ».


« C’est parfois très difficile d’écouter ces témoignages, d’écouter ces dépositions, parce que pour certaines personnes, ils trouvent cela trop inconcevable pour l’accepter », dit le Dr Sharif, néphrologue consultant en transplantation à l’hôpital Queen Elizabeth de Birmingham.


« À l’heure actuelle, d’un point de vue mondial, c’est la plus grosse tache noire contre le don d’organes », a-t-il dit.


 
(De gauche à droite) Le Dr Adnan Sharif, néphrologue consultant et secrétaire du DAFOH, Ethan Gutmann, candidat au prix Nobel de la paix, et Benedict Rogers, vice-président de la Commission des droits de la personne du Parti conservateur, lors d’une séance d’information parlementaire en avril 2018. (Justin Palmer)


Au moment de cette publication, 40 députés avaient signé une motion demandant au gouvernement britannique de condamner la pratique présumée du prélèvement forcé d’organes. Elle demande également l’introduction d’une législation interdisant aux citoyens de participer au tourisme de transplantation.


La députée conservatrice Fiona Bruce a déclaré au cours du débat : « Dans le cas d’un meurtre ou d’un meurtre par prélèvement forcé d’organes de prisonniers d’opinion en Chine, il n’y a pas de telles victimes pour raconter leur histoire. C’est parce que personne ne survit. C’est presque un crime parfait. Cela devrait-il nous empêcher de nous exprimer ? Ça ne le devrait pas. »


Ce n’est pas la première fois que cette question fait l’objet d’un débat au Parlement, et Fiona Bruce a dit que ce ne sera pas la dernière.


Source : Epoch times

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