Les divinités du Nouvel An chinois

Une représentation datant de la dynastie Ming du Grand Empereur de Jade (domaine public)

La nouvelle année lunaire, qui tombe cette année le 28 janvier, est traditionnellement célébrée en Chine et dans les autres pays de l'Est-asiatique, ainsi qu'au sein des communautés chinoises essaimées dans le monde. Bien que le Nouvel An proprement dit ne dure qu’une journée, il donne lieu à tant de festivités et de rituels qu’ils s’étendent jusqu’au quinzième jour du premier mois lunaire, le jour de la Fête de la lanterne, cette année le 11 février.


Plusieurs des plus importants évènements et coutumes se succédant pendant les quinze jours du Nouvel an chinois tirent leurs origines d’anciennes légendes ou rituels tenus pour révérer d’importantes déités. Le Nouvel An lui-même est en fait issu d’une légende, celle de la Bête Nian mangeuse d’hommes.


Effrayer et capturer la bête Nian

Dans l’ancienne tradition, le Nian apparaissait une fois par an pour festoyer et aimait particulièrement dévorer des enfants. Pour repousser la bête, les villageois n’avaient d’autre choix que de déposer de la nourriture à leurs portes et d'espérer que cela assouvisse son appétit.

La Bête Nian (Epoch Times)

Les habitants de la ville furent finalement délivrés du fléau lorsqu’une déité céleste leur conseilla d’utiliser la couleur rouge, dont le Nian avait peur. Les villageois placèrent du papier rouge au fait de leurs maisons, portèrent des habits rouges, suspendirent des lanternes rouges, et préparèrent des pétards. Le jour du Nouvel An, lorsque le Nian apparut comme à son habitude, il détala, pris d'effroi à la vue de la ville couverte de rouge et au vacarme des pétards.


Le Nian fut finalement pourchassé et capturé par un maître Taoïste qui le transforma en sa monture. Le mot " Nian " n’est lui-même que le mot chinois signifiant " année " et le caractère écrit, 年, ressemble de près à 牛, qui signifie “vache.”


Les Chinois continuent à célébrer la nouvelle année avec des pétards et des décorations rouges.


Le Roi du fourneau rend son rapport au ciel

Le Dieu du fourneau ou Dieu de la cuisine, aussi appelé le Roi du fourneau, figure parmi les traditions chinoises du Nouvel an les plus répandues. Chaque famille, garde un autel et une effigie de cette déité dont la tâche consiste à surveiller et consigner ses agissements tout au long de l’année puis de retourner au Ciel rendre son rapport.


Pour accompagner le Roi du Fourneau dans son ascension, l'effigie est habituellement brûlée la veille du Nouvel an. Certaines familles soutiennent son voyage avec des pétards. Des sucreries sont préparés, qui représentent l’espoir que le Roi des fourneaux ne rapporte à la cour céleste de l’Empereur de Jade que des choses flatteuses sur la famille.


Genèse de l’Empereur de Jade

Une représentation datant de la Dynastie Ming de l'Empereur de Jade (Domaine public)

L'Empereur de Jade, lui même une variante de Shang Di, l'ancienne déité maniant le tonnerre, est la divinité la plus vénérée du panthéon Taoïste. Le neuvième jour des célébrations du Nouvel an, on dit que la myriade des déités du ciel et de la terre mettent leurs tâches de côté afin de célébrer ce jour, la naissance de l'Empereur de Jade.


Ce jour-là, des feux d’artifices étaient tirés à minuit, des cérémonies grandioses se déroulaient dans les temples taoïstes. Les citadins offraient un coq en sacrifice à l’Empereur de Jade. Les membres de la famille se baignaient, mais il était tabou de suspendre des vêtements mouillés ou de vider les ordures, considérés l'un et l'autre comme des activités de mauvais augure.


Le Jour de l'humanité

Une croyance veut que la déesse Nü Wa ait créé les êtres humains le septième jour du nouvel an. C'est le moment où l'on célèbre "renri" ou " Journée de l’Humanité ", l'"anniversaire" commun de tous les êtres. L' histoire remonte à la Dynastie Han.


La déesse Nü Wa crée les Humains. (Epoch Times)

Lors de renri, les gens célèbrent aussi la " naissance du feu." Ils allument des feux d’artifices, dédient des poèmes et mangent un plat végétarien la "soupe aux sept légumes ". Ceci pour honorer les six animaux—poulet, chien, sanglier, mouton, vache et cheval—que Nü Wa est supposée avoir créé avant les êtres humains. La soupe aux sept légumes est aussi consommée au Japon, où le renri est connu sous le nom de jinjitsu.


Le costume est un autre aspect de renri, en particulier le rensheng, ou coiffure du "triomphe de l'homme", durant la Dynastie Tang, l'empereur gratifiait ce jour-là ses sujets d'exquises parures.


Maitreya, le Bouddha du Futur

Maitreya est un être éveillé, associé à de nombreuses croyances et prophéties bouddhistes. Selon les enseignements, ou dharma, de Sakyamuni, le Bouddha original doit revenir à l’étape historique finale et offrir le salut à tous les êtres.


Maitreya, le Bouddha salavateur. (Domaine public)


Largement vénéré en Asie de l'est, on y rend hommage à Maitreya le Jour du Nouvel An, considéré comme son anniversaire. En Chine, Maitreya a été la première déité bouddhiste à faire l'objet d'un culte, et à ce jour il est considéré comme le Bouddha ultime qui exposera un jour le pur dharma bouddhiste.


Cependant, le canon Bouddhiste affirme que Maitreya commencera à enseigner dans les Derniers Jours du Dharma, une période où les gens seront incapables de comprendre et d’obtenir l’éveil au moyen des croyances traditionnelles. Cependant, caché à la vue du plus grand nombre, il ne sera reconnu que par ceux dont l’esprit est en phase avec lui


En Chine et au Japon, on considère le replet et rieur moine Budai comme une des récentes incarnations de Maitreya et lui prête le verset suivant :


Maitreya, le véritable Maitreya
a des milliards d'incarnations.
Il se manifeste constamment aux gens de l'époque,
ceux même qui ne le reconnaissent pas !


Version anglaise :
Gods of the Chinese New Year

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