France - "Beauté des peintures et gravité des messages", L’Art de Zhen-Shan-Ren revient à Bordeaux :

Un article de Bordeaux Gazette lors de la première présentation de l’Art de Zhen Shan Ren à Bordeaux en 2012, l’annonçait en ces termes : " Cette exposition est une fenêtre ouverte sur un fait de société poignant et d’une grande importance qui est largement passé sous silence, surtout en Chine … les artistes nous dévoilent, d’une part le sort dramatique réservé à une partie de la population chinoise et, d’autre part, elle rend hommage à l’intemporalité de l’art "divin". "


Des visiteurs avaient alors encouragé les organisateurs à faire le maximum pour faire largement connaître l’exposition au public bordelais.


Déjà présentée dans une cinquantaine de pays, l’exposition revient donc à Bordeaux dans le cadre de sa tournée des villes de France. C’est au Marché de Lerme, bâtisse circulaire construite en 1866 dans un assemblage original de verre, de fonte, de zinc et de marbre, ancien marché couvert accueillant depuis 2011 des expositions au cœur de la vieille ville, qu’elle sera visible jusqu’au 1er septembre.


Photo L. Hachimi

D’après son site officiel, l’Art de Zhen-Shan-Ren (Authenticité-Bonté-Tolérance) est " une exposition intime et inspirante extraordinairement touchante, détaillant à la fois une vie intérieure spirituelle et une tragédie extérieure des droits de l’homme. Des peintures à l’huile réalistes et des aquarelles, pour la plupart d’artistes chinois, offrent un aperçu unique sur la discipline spirituelle Falun Gong, également appelée Falun Dafa. "


Certains des artistes ont directement souffert eux-mêmes les tourments du système concentrationnaire communiste en Chine. Episodes minutieusement dépeints dans leurs oeuvres .


Catherine Demeste, secrétaire, et son époux Jacques, électronicien à la retraite, ont été les premiers à franchir la porte de l’exposition. Pour Catherine, cette persécution en rappelle une autre :

《Mon fils》Peinture à l’huile sur toile (122 cm x 122 cm) 2005, Xiqiang Dong

" Il y a l’art mais il y a aussi la signification de tout ce que l’on voit et je trouve que ça rappelle la vie de Jésus persécuté, il y a plus de 2000 ans."


Son mari a, quant à lui, été touché par la beauté des peintures et la gravité de certains messages : " Ces tableaux sont superbes, ils expliquent et montrent bien les choses. C’est important, c’est important ! Ce qui est terrible, c’est le tableau où on voit une personne allongée à qui on prélève un organe ; un cœur ou autre chose. Des choses comme ça, ça touche, c’est dur ! Ces artistes qui témoignent de la cruauté de la chose, c’est encore plus représentatif qu’une photo. "


Photo L. Hachimi

Marte est une jeune norvégienne de passage à Bordeaux, elle connaît un peu la Chine. Attirée par l’affiche de l’exposition, elle a observé attentivement chaque tableau et a été impressionnée par la force des peintures qui, selon elle, donne à l’exposition une double dimension : "J’ai trouvé cela paisible et apaisant mais en même temps perturbant. D’un côté, on voit de très belles réalisations très pittoresques et d’un autre côté … le message des artistes est très facile à comprendre.


"j’ai étudié le chinois, je n’avais pas connaissance de cette persécution-là mais je sais qu’il y a des cas similaires, d’autres groupes sont persécutés pour leurs croyances. L’été dernier, j’ai séjourné trois semaines chez un ami qui étudie en Chine. Nous avions l’habitude de nous rendre dans des cafés internationaux où les chinois viennent apprendre l’anglais et les étrangers le chinois. Donc on discutait, mais dés qu’on abordait des questions politiques ou des sujets en rapport avec leur mode de vie, les chinois ne voulaient plus parler. Donc, ils ont conscience que quelque chose ne tourne pas rond mais ils ont peur d’en parler…"


D’autres visiteurs ont été bouleversés par les tableaux dépeignant des scènes de persécution. C’est le cas de Sveltana, une bordelaise d’origine russe : "Les tableaux sur les tortures sont très touchants. Il faut les montrer à tout le monde ! ". Son mari Olivier Moreau, intérimaire, est du même avis : "J’espère que ça réveillera le monde occidental. On est tous concernés ! "


L’exposition est visible tous les jours jusqu’au 1er septembre, y compris le week-end, de 10h à 19h au marché de Lerme à Bordeaux. Le vernissage aura lieu vendredi prochain à 18h.

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