Chronique d’une rétribution karmique

Dans Les Grands livres du mérite et du démérite: le changement social et l'ordre moral à la fin de la Chine impériale , Cynthia Brokaw, professeur d'histoire à l'Université Brown, décrit " la rétribution " (Bao Ying ou报应) comme une " croyance en une rétribution surnaturelle ou cosmique , qui a été une croyance fondamentale , parfois la croyance fondamentale, de la religion chinoise depuis le début de l'histoire enregistrée."


De fait, les histoires de rétribution karmique abondent dans la culture chinoise traditionnelle...


Durant l’ère Qianlong de la dynastie Qing (Juin de la cinquante septième année) dans un village du canton de Andong, une femme enceinte était près d'accoucher et une sage-femme fut appelée pour aider.


Lorsque la femme eût donné naissance sans problèmes à un petit garçon, la sage-femme cessa de passer la nuit dans la maison de cette famille. Le mari rentra peu après et son bonheur était à son comble en prenant le nouveau-né dans ses bras. Il prévoyait d’acheter des offrandes pour vénérer les divinités et remplir sa promesse envers elles. Il leur était ardemment reconnaissant d'avoir protégé sa femme et le bébé.


Lorsqu'il toucha l’oreiller où il cachait habituellement de l’argent, il pâlit soudain d'effroi et s'exclama : " Tout le monde ignorait que j’avais caché quatre pièces d’argent dans mon oreiller, comment se fait-il qu'elles aient soudain disparu ? " Après avoir interrogé son épouse, celle-ci lui expliqua que la sage-femme avait dormi là, aussi supposa-t-il que cette dernière avait pris l’argent. Il se rendit chez elle et réclama l’argent, promettant d’en partager la moitié avec elle pour la remercier. Il avait désespérément besoin de l’autre moitié pour acheter des offrandes afin de vénérer les divinités et de remplir sa promesse.


Cependant, lorsque la sage-femme l'entendit, elle se mit en colère et jura : "Je suis venue aider votre femme à accoucher et non seulement vous ne pensez pas à manifester de la gratitude et à vous acquitter pour mon aide, mais vous m’accusez en plus d’avoir volé votre argent. Il semble que mes bonnes intentions ont été mal interprétées ! Je jure à présent que si vous m’avez fait du tort, votre fils mourra soudainement ; si j’ai volé l’argent, alors que je périsse par la foudre divine ! " En l'entendant, les doutes du mari se dissipèrent et il se mit à suspecter sa femme d’avoir pris l’argent et rejeté la faute sur la sage-femme.


Trois jours plus tard, la sage-femme devait laver le bébé (" laver l’enfant ", aussi appelé " laver trois ", était une sorte de rituel religieux qui se déroulait le troisième jour de chaque nouveau-né). Le jour de "laver l'enfant", la sage-femme ne se présenta pas ; elle avait demandé à sa fille d'y aller à sa place.


Personne ne s’attendait à ce que le serment de la sage-femme se réalise, mais le soir de " laver trois ", peu après le départ de la fille de la sage-femme, le bébé mourut soudainement. Le mari et la femme étaient extrêmement tristes lorsqu'ils enterrèrent le bébé dans une boite de bois servant de cercueil. Ils criaient éplorés : " Le serment de la sage-femme s'est à présent réalisé ; il semble que ce soit la raison de la mort de notre bébé, nous avons porté tort à la sage-femme et avons reçu la rétribution !" Les premiers doutes des gens sur la sage-femme se dissipèrent également en entendant cela.


Puis, quelques jours plus tard, le ciel se couvrit soudain de sombres nuages et le tonnerre et les éclairs s'abattirent. Immédiatement, la foudre secoua l’air et alerta le village tout entier. Les gens pensèrent qu’il s’agissait du fracas de fantômes et de monstres. À ce moment quelqu’un sortit en courant d'une maison ayant trouvé à l'intérieur deux corps morts encore agenouillés sur le sol qui avaient été frappés par la foudre, chacun tenait dans ses mains noires calcinées deux pièces d’argent. Lorsque les villageois s'avancèrent pour les identifier, ils reconnurent la sage-femme et sa fille. À ce moment, les gens comprirent tout à coup, sachant avec certitude que les pièces d’argent étaient celles qui avaient été volées.


Alors un miracle survint. Les gens découvrirent que le cercueil dans lequel le couple avait enterré leur bébé avait jailli hors de terre suite au choc et s'était fendu en deux. Le bébé pleurait sur le sol. Les gens le prirent, l’examinèrent attentivement et trouvèrent une aiguille piquée dans son nombril. Ils la retirèrent avec beaucoup de soin et excepté un petit saignement, l'enfant n'avait subi aucun mal.


Lorsque la vérité apparut finalement, les gens comprirent. La sage-femme avait refusé d’admettre avoir volé l’argent et blasphémé. Dans le but de prouver leurs dires, elle et sa fille avaient monté un piège sinistre. Elle avait demandé à sa fille d’assassiner le bébé avec une aiguille lors de "laver l'enfant ", afin que les gens ne la soupçonnent pas d'avoir volé l’argent et prouver ainsi son innocence. Jamais elle ne se serait attendu à ce qu' : " une mauvaise intention dans une pièce sombre ne saurait échapper aux yeux perçants des divinités." Elle avait pu tromper les gens ordinaires, mais pas les divinités


Ceux qui sont pleins de méchanceté seront définitivement punis par le ciel, et tout blasphème prononcé se retournera contre eux.


Qui d’autres pouvaient-elles blâmer ? Elles ne pouvaient s’en prendre qu'à elles-mêmes et à leur avidité. Une femme mauvaise s’était exposée au courroux des divinités qui avaient accompli sa propre malédiction, et une femme vicieuse avait été frappée par la foudre pour avoir nui à un nouveau-né. Le bébé, qui n’était pas destiné à mourir, avait été secouru par les divinités.


Version chinoise : http://www.zhengjian.org/node/112925

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