Un ancien secrétaire d’état canadien et un avocat international des droits de l’homme pressent le Premier Ministre canadien de mettre fin à l’ exportation par la Chine de produits issus du travail esclave

Le 31 janvier 2012, l’ancien secrétaire d’état canadien (Asie-Pacifique), David Kilgour et l’avocat international des droits de l’homme, David Matas, ont écrit au Premier ministre Stephen Harper, le pressant de demander au gouvernement chinois de cesser l’exportation de produits issus des travaux forcés vers le Canada. Harper a accepté une invitation à se rendre en Chine.

David Kilgour, à une conférence de presse le 31 janvier 2012.

M. David Kilgour, a diffusé la lettre à une conférence de presse le même jour. " Les adhérents du Falun Gong constituent au moins la moitié des 250 000 détenus officiellement enregistrés dans les camps de rééducation par le travail forcé du pays." "Les installations de détention arbitraire chinoises ne sont pas seulement des camps de travaux forcés. Elles sont aussi de vastes banques de donneurs forcés d’organes." déclarait la lettre.

Matas et Kilgour ont écrit dans la lettre: " Lors de votre mission économique en Chine de février, nous vous pressons de demander au gouvernement chinois de cesser l'exportation de produits issus des travaux forcés vers le Canada et de fermer le vaste réseau de camps de travaux forcés en Chine Nous demandons que vous proposiez un arrangement à la Chine afin de tenter d'en assurer la réalisation.

" La Chine s’engage systématiquement dans le travail forcé dans toutes sortes d' installations de détention – les prisons qui détiennent des criminels condamnés, la détention administrative pour ceux qui ne sont pas encore accusés, et les camps de rééducation par les travaux forcés. Une déclaration de 1998 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) engage tous les états-membres, y compris la Chine, à supprimer le travail forcé. Le Gouvernement chinois a rapporté à l’OIT que sa constitution interdit le travail forcé et qu'il existe une politique nationale visant à éliminer toutes formes de travaux forcés."

Cependant, le Parti communiste chinois (PCC) n’a pas tenu sa promesse. La lettre soulignait : " Cependant, le travail forcé en détention n'est pas en violation de la loi chinoise. C’est la loi. L’article 58 de la Loi chinoise sur les prisons stipule que les prisons peuvent punir un prisonnier physiquement valide qui refuse de travailler.

"Les Etats-Unis ont signé un mémorandum de compréhension avec la Chine en 1992, engageant le gouvernement de Chine à assurer que les produits issus des travaux forcés ne soient pas exportés vers les Etats-Unis. En 1994, les Etats-Unis ont signé une coopération qui en principe, autorise les fonctionnaires américains à obtenir l’accès aux installations de production chinoises soupçonnées d’exporter les produits issus des travaux forcés. La Commission d'examen économique et de sécurité Etats-Unis-Chine écrivait dans son rapport au Congrès 2008 que ‘le gouvernement chinois ne s’est pas plié à ses engagements sous l'accord de 1992 et 1994, rendant impossible pour les fonctionnaires américains de mener des enquêtes exhaustives et utiles sur de telles allégations. "

" La plupart des personnes dans les camps de travaux forcés chinois sont des pratiquants de Falun Gong, un ensemble d’exercices spirituels interdits par le Parti communiste en 1999, de peur que sa populatité ne menace la suprématie idéologique du Parti. Le rapport du département d’état américain de 2005 sur la Chine indiquait que sa police gérait des centaines de centres de détention, les 340 camps de rééducation par le travail forcé ayant à eux seuls une capacité de détention de prés de 300 000 personnes. Le Rapport 2008 du département d’état par pays affirmait : "Certains observateurs étrangers ont estimé que les adhérents de Falun Gong constituaient au moins la moitié des 250 000 détenus officiellement enregistrés dans les camps de réhabilitation par les travaux forcés du pays … »

"Les détenus officiellement enregistrés ne constituent pas la totalité de la population en détention. Des estimations officieuses suggèrent qu’il y a 1200 camps de travaux forcés avec deux millions de détenus. "

" Nous, dans deux rapports de 2006 et 2007 et un livre publié en 2009 sous le titre Bloody Harvest, avons conclu que les pratiquants de Falun Gong ont été assassinés par dizaines de milliers afin que leurs organes soient vendus pour des greffes. Les installations de détention arbitraire chinoise ne sont pas simplement des camps de travaux forcés. Ils sont aussi de vastes banques de donneur forcés d'organes "

La lettre concluait : " Les importations devraient résister à l’examen à la fois en termes économique et éthique. Une mission commerciale dans un état communiste exportant les produits issus du travail forcé dans le monde entier à des prix défiant toute concurrence devrait faire plus que d'obtenir de bons marchés pour le Canada. La mission devrait faire ce qu'elle peut pour mettre fin à l'odieuse pratique du travail d’esclave en Chine."

Lin Mingli, He Lizhi et Zhang Tianxiao, trois victimes de la persécution de Falun Gong, ont raconté leurs expériences personnelles en Chine.

Lin a été arrêté quatre fois par le PCC. Au cours de ses six années d’emprisonnement à Shanghai, il a été soumis à la torture, au lavage de cerveau et à un travail intensif jusqu’à seize heures par jour.

He Zhili a été jeté en prison pour trois ans et demi pour avoir expliqué les faits à propos du Falun Gong aux gens. Il a subi la torture et le travail d’esclave dans la prison Chadian de Tianjin. Zhili a expliqué : "Nous étions obligés de travailler plus de dix heures par jour, creusant des fossés et plantant des arbres. J’étais si épuisé que je ne pouvais tenir debout. Je ne pouvais dormir à cause de la douleur. On nous donnait la pire nourriture ou on nous affamait. " Une des choses que Zhili devait faire était de coudre des ballons de football destinés à l’exportation en Corée. Il a déclaré : " Mes mains étaient souvent blessées par le poinçon. "

Le jour de la conférence de presse, des centaines de pratiquants de Falun Gong de Toronto, Montréal, Waterloo, et Ottawa se sont rassemblées dans la neige sur la Colline du Capitole. Ils ont pratiqué calmement les exercices et rappelé aux bienveillants canadiens la persécution en Chine ces douze années passées. Ils ont appelé le Premier ministre à soulever la question de la persécution avec le gouvernement chinois et demandé la libération des pratiquants de Falun Gong, y compris les onze membres de famille de Canadiens.


Version chinoise disponible à : http://www.yuanming.net/articles/201202/107299.html


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