Trois limitations fondamentales de la science moderne et leurs problèmes communs

Introduction

Il y a une compréhension commune que la science moderne continuera à avancer indéfiniment et découvrira finalement une théorie complète et cohérente de l’univers. Cependant, si la science moderne a eu de grandes avancées, elle a aussi découvert ses limites. Comme d’autres l’ont aussi découvert, quelques unes de ses grandes découvertes ne sont que la découverte de ses propres limitations.

Cet article présentera les limitations fondamentales dans trois domaines qui ont influencé le développement de la science moderne. Puis il montrera ce que ces limitations ont en commun et proposera une façon de les comprendre.


Limitation dans la physique moderne

Quand un morceau de matière est chauffé, il commence à rougeoyer, devient rouge incandescent, et à une température plus élevée devient finalement blanc. Pendant longtemps, les lois connues de la radiation et de la chaleur ont échoué à expliquer ce phénomène commun, Max Planck lutta pour fournir une interprétation physique du phénomène au niveau atomique. Finalement, après quelques travaux intenses en 1900, Planck conclut à contre cœur qu’un atome rayonnant ne peut émettre que de discrets quanta d’énergie. Il était contrarié par sa conclusion parce qu’elle allait contre les lois bien établies de la physique classique qui n’imposaient pas une constante fixe dans les niveaux d’énergie. Plus tard, la conclusion de Planck devint une fondation importante de la théorie quantique, et ce n'était que le début des conflits entre la théorie quantique et la théorie classique plus sensée de Newton. La mécanique classique est étroitement liée à notre expérience quotidienne du monde. Cependant, les atomes et les particules en dessous de l’atome semblent avoir des caractéristiques qui sont très différentes de notre expérience ordinaire du monde. À partir d’anomalies persistantes et d’informations expérimentales accumulées, qui contredisent les mécanismes classiques, les physiciens furent amenés à faire des modifications radicales à partir de la physique classique de Newton, et à s'aventurer sur une route longue et sinueuse menant à la mécanique quantique

Werner Heisenberg écrivait :

"Je me rappelle des discussions avec Bohr qui duraient des heures jusque tard dans la nuit et qui finissaient de façon presque désespérée ; et lorsque à la fin de la discussion je repartais seul dans un parc voisin je me répétais encore et encore la question : " Est il possible que la nature soit aussi absurde qu’elle nous paraît dans ces expériences atomiques ? (De la physique et la philosophie, p 42). Cependant, en dépit des difficultés conceptuelles, la mécanique quantique est devenue une des formulations les plus brillantes de la science moderne. En principe, la mécanique quantique peut décrire la myriade de phénomènes physiques et les propriétés chimiques de la matière avec une incroyable précision. Et ses applications ont grandement influencé le développement de notre société technologique moderne. Michio Kaku, un professeur de physique théorique, écrivait :

" Les conséquences de la mécanique quantique sont partout autour de nous. Sans la mécanique quantique, une pléthore d"objets familiers, tels que la télévision, les lasers, les ordinateurs et la radio seraient impossibles. L"équation ondulatoire de Schrodinger, par exemple, explique beaucoup de faits auparavant connus, mais bizarres, tels que la conductivité. Ce résultat a mené finalement à l"invention du transistor. L"électronique moderne et la technologie de l"ordinateur auraient été impossibles sans le transistor, qui est à son tour le résultat d"un pur phénomène de mécanique quantique." ( dans Au delà d’Einstein, p40)

L’énorme succès de la mécanique quantique vient de sa formule qui décrit avec précision une myriade de phénomènes concernant des choses microscopiques. Et c’est aussi dans ce microcosme que la mécanique quantique a ses limitations fondamentales.

Un trait essentiel de la mécanique quantique est le principe d’incertitude de Heisenberg . En fait, selon ce principe, il est impossible de mesurer à la fois la position et le dynamisme d’une substance atomique ou d’un niveau inférieur à l’atome à n’importe quel moment donné. Si la position est mesurée de façon précise, le dynamisme ne peut être mesuré que de façon moins précise, et vice versa. Si la position est mesurée absolument précisément, alors le rythme devient complètement inconnu, et vice versa.

Bien que Werner Heisenberg ait présenté le principe d’incertitude en 1927, il est toujours d’actualité aujourd’hui. L’incapacité à mesurer précisément a la fois la position et le dynamisme de choses microscopiques n’est pas due à des limites de la technologie courante. Selon plusieurs physiciens, il s’agit d’une limitation inhérente, qu’aucune future avancée de la technologie ne pourra résoudre. Michio Kaku écrit :

" Le Principe d"Incertitude rend impossible la prévision du comportement précis de l"atome individuel, encore moins de l"univers." (dans Au delà d'Einstein, p44).

Et selon Brian Greene, qui est l’un des principaux théoriciens des cordes dans le monde, les avancées futures dans la théorie des cordes devront incorporer le principe d’incertitude afin qu’elle devienne une théorie complète qui compte pour des phénomènes quantiques observables. Brian Greene explique que le principe d’incertitude n’est pas juste une question d’interruption causée par des techniques de mesures :

" Même sans "les chocs directs " d"un photon perturbateur d"un expérimentateur, la rapidité de l'électron change vivement et de façon imprévisible d'un moment à l’autre...Même dans le cadre le plus calme que l’on puisse imaginer, comme une région vide de l’espace, le principe d'incertitude nous dit que de la position stratégique d'un point microscopique il y a une quantité énorme d' activité... Même dans une région vide de l' espace...le principe d'incertitude dit que l’énergie et le dynasmisme sont incertains. "
(dans l’Univers clair, p119)

Werner Heisenberg croyait que le principe d’incertitude naît de la dualité entre la description des ondes et la description de la particule. Ce dualisme n’est pas seulement enchâssé dans le modèle ‘mathématique' de la mécanique quantique. La dualité peut aussi être déduite à partir de simples expériences. Les expériences semblent démontrer que les substances atomiques et subatomiques ont à la fois les caractéristiques d’une particule et d’une onde. Une particule occupe une petite superficie dans l’espace et peut entrer en collision avec d’autres particules, comme des objets solides. D’un autre coté, une onde s’étend dans l’espace et peut passer à travers d’autres ondes. Ces descriptions entre particule et onde semblent être des notions opposées et contradictoires. Comment quelque chose peut il être en même temps une particule et une onde ? Quand un simple électron est considéré comme étant soit une particule soit une onde et non pas les deux, alors cela peut conduire à une explication incomplète du phénomène observé. D’un autre coté, lorsque les aspects de la particule et de l’onde sont combinés pour former une théorie complète du phénomène observé, alors cela peut mener à des contradictions. Selon Heisenberg, les tentatives de décrire les événements atomiques en termes de physique classique mènent à des contradictions du fait que ces choses microscopiques ne sont pas comme des objets ordinaires de notre expérience quotidienne

Dans la mécanique Newtonienne, chaque objet a une position et un dynamisme définis à tout moment donné, et l’objet ne suivra qu’une seule voie de mouvement selon les lois mathématiques. Autrement dit, le mouvement de la matière est pleinement déterministe, où il n’y a qu’une seule conséquence dans le futur. Quand la position et le mouvement d’un objet sont connus, alors son mouvement sera prédit avec des calculs mathématiques précis. La mécanique Newtonienne a été très brillante pour décrire et prédire les mouvements planétaires dans les cieux aussi bien que les mouvements sur terre . Cependant, elle a échoué a décrire les phénomènes des événements atomiques et subatomiques dans le microcosme.

En opposition à la physique classique de Newton, selon Heisenberg, les événements atomiques sont semblables au concept de potentialité dans la philosophie d’Aristote : "une étrange sorte de réalité physique juste au milieu entre possibilité et réalité." Dans la mécanique quantique, les événements atomiques et subatomiques sont décrits dans des probabilités et des tendances. La mécanique quantique a introduit le concept d’indétermination dans la fondation de la physique moderne. Ce fut un bond énorme a partir de la mécanique classique de Newton qui a dominé la physique pendant des siècles. Et ce fut aussi une séparation radicale de la théorie de la relativité. Einstein rejeta cette interprétation de la mécanique quantique sur ce point précis de l’indétermination disant que "Dieu ne joue pas aux dés".
Heisenberg écrit :

"...le changement dans le concept de réalité qui se manifeste lui même dans la théorie quantique n’est pas seulement une continuation du passé ; il semble être une réelle cassure dans la structure de la science moderne. " (dans Physique et Philosophie, p 29)

Bien que la mécanique quantique ait été très brillante, nous devons nous rappeler que la mécanique quantique ne décrit et prédit que les phénomènes physiques observables ; elle ne décrit pas la réalité intérieure de la matière physique. En fait, à mesure que la mécanique quantique se développait, des interprétations différentes et conflictuelles de la mécanique quantique sont apparues, même parmi les physiciens éminents.

Une des premières interprétations de la mécanique quantique est l’interprétation de Copenhague, menée par un physicien Danois, Niels Bohr. Selon cette interprétation, "il n’y a pas de réalité profonde", et les atomes, les électrons et les photons n’existent pas en tant qu’objets dans notre expérience quotidienne. Selon cette interprétation, un phénomène n'existe pleinement que lorsqu’il est observé. Bohr a dit : "Il n’y a pas de monde quantique. Il y a seulement une description quantique abstraite."

D’un autre coté, Einstein était un " réaliste", et il pensait que la mécanique quantique est simplement incomplète et qu’il y a une réalité déterminée cachée derrière les phénomènes quantiques qui devrait être découverte dans le futur. Bien qu’Einstein faisait partie d’une très petite minorité de physiciens qui avaient ce point de vue, d’autres éminents physiciens qui avaient aussi apporté de grandes contributions au développement de la mécanique quantique étaient aussi réalistes. Max Planck, qui fut considéré comme le père de la théorie quantique, croyait en un monde objectif indépendant de l’observateur et catégoriquement opposé au point de vue non déterministe d’ Heisenberg, Niels Bohr, et Max Born sur le monde. Louis de Broglie, connu plutôt pour sa découverte de la nature ondulatoire des électrons, s’aligna sur l’interprétation statistique, mais après s’être débattu avec elle pendant quelques années, il choisit finalement une position réaliste. Erwin Schrödinger, qui développa la mécanique des ondes, fut aussi un réaliste, et consacra beaucoup de sa vie ultérieure à s’opposer aux interprétations statistiques de la théorie quantique qu’il avait tant fait pour créer. Schrödinger dit :

La physique prend son départ dans l’expérience quotidienne, qu’elle prolonge par des moyens plus subtils. Elle y reste apparentée, ne la transcende pas génériquement ; elle ne peut entrer dans un autre règne. Les découvertes en physique ne peuvent pas en elles mêmes -du moins je le crois- avoir l'autorité de nous forcer à mettre fin à l’habitude de dépeindre le monde physique comme une réalité. "

Prés de dix ans après le décès d’Einstein, John Stewart Bell démontra que la position réaliste de la nature requiert que certaines forces soient capables de se déplacer plus vite que la vitesse de la lumière pour expliquer les phénomènes quantiques observables. Et comme cela contredit la fondation de la bien établie théorie de la relativité, beaucoup de physiciens rejettent la position réaliste.

En 1957, Hugh Everett introduisit l’interprétation de plusieurs-mondes, qui semble résoudre le problème de la mesure quantique. Dans l’interprétation de plusieurs mondes, des univers parallèles sont crées pour différents résultats possibles à partir de chaque acte de mesure. Par exemple, lorsque une pièce est lancée, bien que nous observions seulement un résultat, d’autres résultats possibles sont supposés avoir lieu dans des univers parallèles, qui sont créés instantanément. Cette interprétation est considérée comme absurde par des physiciens et des philosophes remarquables.

Tout ceci représente seulement un petit échantillon des questions sur les tentatives de donner une interprétation complète de la mécanique quantique. Il y a beaucoup d’interprétations. Nick Herbert a comparé huit d’entre elles (y compris celles mentionnées plus haut) et écrit :

' Un trait étonnant de ces huit réalités quantiques, pourtant, est qu'"elles sont expérimentalement impossibles à distinguer. De toutes les expériences actuellement concevables, chacune de ces réalités prévoit exactement les mêmes phénomènes observables [...].Toutes sans exception sont ridicules." (De la Réalité Quantique, p28)

Certains physiciens pensent que la théorie quantique est incompréhensible et qu’elle devrait être employée comme moyen de calculer et de prévoir les phénomènes physiques pour un usage pratique.


Limitation dans la logique formelle

Certains des plus grands penseurs veulent déterminer la nature du raisonnement mathématique dans le but d’améliorer leur compréhension de la notion de ‘preuve’ en mathématique. A cette fin, ils ont tenté de codifier le processus de pensée du raisonnement humain, tel qu’il est appliqué en mathématique. Ils conjecturent que la logique et les mathématiques sont liés et que les mathématiques pourraient être une branche de la logique et vice versa. Ils pensent que cette sorte de méthode déductive logique de la géométrie peut être employée pour les mathématiques, où tous les véritables exposés d’un système peuvent provenir des bases d’une petite série d’axiomes :

" Le développement évident de la géométrie a crée une impression puissante sur les penseurs à travers les âges ; car le nombre relativement petit d'axiomes porte le poids total de propositions infiniment nombreuses qui en découlent...Pour ces raisons la forme évidente de la géométrie apparaît à beaucoup de générations de penseurs exceptionnels comme le modèle de la connaissance scientifique dans ce qu’elle a de mieux." (De la preuve de Gödel, p3)

Cependant, on sait qu’il existe des paradoxes inhérents dans la logique. Et une variété de paradoxes ont aussi été découverts dans la théorie des ensembles, comme le paradoxe de Russell. Ces paradoxes ont tous deux choses en commun : la référence à eux même et la contradiction. Un paradoxe simple et connu est le paradoxe du menteur tel que "Je mens toujours". À partir d’une telle déclaration, il apparaît que si je mens, alors je dis la vérité ; et si je dis la vérité , alors je mens. La déclaration ne peut être ni vraie ni fausse. Cela n’a tout simplement aucun sens. À partir de la découverte des paradoxes dans la théorie des ensembles, les mathématiciens suspectent qu’il pourrait y avoir de sérieuses imperfections dans les autres branches des mathématiques.

" Ces types de problèmes dans les fondements des mathématiques sont responsables de l’intérêt élevé pour la codification des méthodes de raisonnements humains présente dans la première partie du [20éme siècle]. Les mathématiciens et les philosophes ont commencé à avoir de sérieux doutes quant à savoir si même les théories les plus concrètes, telles que l’étude des nombres entiers (théorie des nombres), étaient construites sur des fondements solides. Si les paradoxes pouvaient surgir si facilement dans la théorie des ensembles dont le concept de base, celui d’un ensemble, est sûrement très intuitivement séduisant, ne devraient t ils pas exister aussi dans les autres branches des mathématiques ?( De Gödel, Escher, Bach, p23)

Les logiciens et les mathématiciens ont essayé de travailler autour de ces questions. L’un des plus fameux de ces travaux fut dirigé par Bertrand Russell et Alfred North Whitehead dans leur gigantesque travail du Principia Mathematica. Ils ont réalisé que tous les paradoxes impliquaient la référence à eux mêmes et la contradiction. Et ils ont élaboré un système hiérarchique pour rejeter les deux. Fondamentalement, Principia Mathematica avait deux buts : (1) fournir une méthode officielle complète pour faire partir toutes les mathématiques à partir d’un ensemble limité d’axiomes ; et (2) être cohérent sans aucun paradoxes.

À ce moment, on ne savait pas clairement si Russell et Whitehead avaient réellement atteint leur but. Il y avait beaucoup en jeu. La fondation véritable de la logique et des mathématiques semblait être sur un sol mouvant. Et il y avait un gros travail, impliquant les plus grands mathématiciens du monde, pour vérifier le travail de Russell et de Whitehead.

" ...[David Hilbert] formula devant la communauté mondiale des mathématiciens... ce défi : démontrer rigoureusement...que le système défini dans Principia Mathématica était a la fois cohérent (exempt de contradictions), et complet ( par exemple que chaque véritable formulation de la théorie des nombres pouvait provenir de l’intérieur du cadre établi dans [Principia Mathematica]." (De Gödel, Escher, Bach, p24)

En 1931, l’espoir de ce grand travail fut détruit par Kurt Gödel avec la publication de son article : Sur les propositions sans réponses de Principia Mathematica et les Systèmes Correspondants. Gödel a démontré une limitation inhérente, non juste dans Principia Mathematica, mais dans chaque système officiel évident concevable qui tente de copier le pouvoir de l’arithmétique. L’arithmétique, la théorie des nombres entiers, comme l’addition et la multiplication, est la partie la plus basique et la plus ancienne des mathématiques , que nous savons avoir une grande importance pratique.

Gödel a prouvé qu’un tel système officiel évident qui tentait de modéliser l’arithmétique ne peut pas être à la fois complet et cohérent en même temps. Cette preuve est connue comme le Théorème inachevé de Gödel. Il y avait seulement deux possibilités dans un tel système officiel :

(1) Si le système officiel est complet, alors il ne peut être cohérent. Et le système contiendra une contradiction analogue au paradoxe menteur.
(2) Si le système officiel est cohérent, alors il ne peut être complet. Et le système ne peut pas prouver toute la véracité du système.

Pour des systèmes officiels très simples, la limitation n’existe pas. Ironiquement, pour qu’un système officiel devienne plus puissant, au moins aussi puissant que le modèle arithmétique, la limitation du Théorème inachevé de Gödel devient inévitable.

Quelques scientifiques disent que la preuve de Gödel a peu d’importance dans la pratique actuelle. Cependant, Roger Penrose a montré qu’un autre théorème, appelé le théorème de Goodstein, est finalement un théorème de Gödel qui démontre la limite de l’ induction mathématique lors de prouver certaines vérités mathématiques. L’induction mathématique est une méthode purement déductive qui peut être très utile pour prouver des séries infinies de cas avec des étapes limitées de déduction

Il y avait une motivation plus profonde derrière les efforts de Gödel au delà des questions de Principia Mathematica et d’autres méthodes officielles plus pratiques. Comme d’autres grands mathématiciens et logiciens de son temps, Gödel voulait avoir une meilleure compréhension des questions basiques au sujet des mathématiques et de la logique : Qu’est ce que la vérité mathématique et qu’est ce que cela signifie de le prouver ? Ces questions restent encore largement non résolues. Une part de la réponse est venue de la découverte que quelques formulations vraies dans le système mathématique ne peuvent être prouvées par les méthodes déductives officielles. Une révélation importante de la réussite de Gödel indique que la notion de preuve est plus faible que la notion de vérité.

La preuve de Gödel semble montrer que l’esprit humain peut comprendre certaines vérités que les systèmes officiels évidents ne pourront jamais prouver. À partir de là, quelques scientifiques et philosophes revendiquent que l’esprit humain ne peut jamais être totalement mécanisé.

Bien que le Théorème inachevé de Gödel ne soit pas bien connu du public, il est considéré par les scientifiques et les philosophes comme l’une des découvertes majeures des temps modernes. L’importance profonde du travail de Gödel fut reconnue plusieurs années après sa publication :

" Gödel fut finalement reconnu par ses pairs et présenté au premier Prix Albert Einstein en 1951 pour son accomplissement dans le domaine des sciences naturelles—honneur le plus élevé de ce type aux Etats Unis. La commission du prix, qui comprenait Albert Einstein et J.Robert Oppenheimer décrivit son travail comme" l’une des plus grandes contributions aux sciences des temps modernes." (De la Preuve de Gödel)

Limitation dans la Philosophie

La philosophie est très dynamique, et il semble qu’elle n’ait aucune règle stricte ni limitations. La philosophie semble n’avoir aucune limites prédéfinies dans les régions qu’elle explore, et elle peut aussi bien étudier de façon critique la nature de la science, de l ‘art et de la moralité. La philosophie a donné naissance à la science moderne, et a influencé le développement des outils les plus fiables et essentiels de la science moderne comme la logique et la méthode scientifique. Il semble que la philosophie soit libre, aussi libre que l’esprit, limitée dans ses possibilités uniquement par l’imagination. et certains philosophes espèrent que, avec l’aide de la science, ils pourront finalement comprendre la nature de l’univers.

Cependant, après des milliers d’années de spéculations philosophiques depuis les anciens Grecs, le grand espoir et optimisme dans la philosophie a finalement été détruit pour toujours par la philosophie d’un seul homme. Emmanuel Kant, né le 22 Avril 1724 a causé une Révolution Copernicienne virtuelle dans la philosophie dans ses dernières années. Il est considéré comme le philosophe moderne le plus influent. De lui, le poète Heine écrivit :

" L"histoire de la vie d"Emmanuel Kant est difficile a écrire, dans la mesure ou il n’a ni vie ni histoire, car il a vécu une vie de vieux célibataire mécaniquement ordonnée et abstraite dans une rue discrète et retirée de Koenigsberg, une vieille ville de la frontière nord est de l'Allemagne. Je ne pense pas que la grande horloge de la cathédrale là-bas, faisait son travail quotidien plus calmement et régulièrement que son compatriote Emmanuel Kant. Se levant, buvant son café, écrivant, lisant des conférences universitaires, mangeant, marchant, chaque chose en son temps défini, et les voisins savaient qu’il était exactement trois heures et demi lorsque Emmanuel Kant dans son manteau gris, avec sa canne de bambou à la main, fermait la porte de sa maison et se rendait dans l'avenue des Tilleuls, qui est encore appelée en sa mémoire, la Promenade du Philosophe... Etrange contraste entre la vie extérieure de l"homme et sa pensée destructrice, anéantissante du monde ! En vérité, si les citoyens de Koenigsberg avaient rêvé à la signification réelle de sa pensée, ils auraient ressenti a sa vue une horreur plus grande qu'en voyant un bourreau tuer seulement des hommes. " (de l’Age de l’Idéologie, p27-28)

En 1781, Kant publia La Critique de la Raison Pure, sa pensée anéantissant le monde. Longue de plus de huit cent pages. Il s’agissait d’un examen critique et rigoureux de la " raison pure ". Selon Kant, lorsque la raison pure va au delà de la possibilité de l’expérience humaine, alors elle tombera inévitablement dans des contradictions où une thèse et une antithèse sont également valides toute les deux. Par exemple, considérant une question comme " est ce que l'univers est limité ou infini ?", alors pour une thèse que " l' univers est limité ", il y a également également une antithèse valide et inévitable que "l'univers est infini". Sans le soutien de l’expérience, la raison pure devient de façon inhérente spéculative et douteuse quand à la façon dont elle se relie à la réalité. Avec ceci, Kant a anéanti la validité de quelques uns des plus importants travaux philosophique de métaphysique en lesquels beaucoup avaient confiance depuis des générations

En métaphysique, des générations de philosophes ont fait plusieurs tentatives pour donner plusieurs exposés de la nature ultime de l’univers. Selon Kant ; ces tentatives de donner une image si complète de l’univers, bien au delà de l’expérience humaine, finissent toujours en contradictions inévitables. Et avant Kant, les philosophes en ont débattu sans fin.

En fait, Kant n’avait pas l’intention de détruire la métaphysique. Bien plutôt, il voulait la sauver en établissant les méthodes solides de la science naturelle pour la métaphysique. Kant en connaissait beaucoup sur la science parce que, de bien des façons , il était un scientifique. Et il est considéré comme le fondateur d’un domaine majeur dans la science moderne. Allen Wood écrivit :

"En tant que chercheur, pendant un temps Kant consacra ses travaux intellectuels principalement aux questions de la science naturelle : physique mathématique, chimie astronomie et la discipline (dont il est considéré maintenant comme le fondateur) de " géographie physique " que nous appellerions maintenant "les sciences de la terre. " " (de Écrits de base de Kant, p. xi)

Kant voulait élever le statut de la métaphysique au niveau de la science véritable. Ironiquement, la seule façon dont Kant fut capable de faire le premier pas en direction de ce but, réduisit de façon drastique la portée de la métaphysique en démontrant ses limitations inhérentes. Alors, la métaphysique ne devrait pas faire des suppositions sur de telles choses comme la nature ultime de l’univers. Au lieu de ça, la métaphysique devrait se confiner elle même à des choses plus pratiques qui peuvent être basées sur l’expérience humaine.

La Critique de la Raison Pure était aussi un examen critique de la faculté de la raison pure, la nature et la structure de l’esprit humain. Par «"raison pure ", Kant se referait à une pure forme de connaissance à priori(avant l’expérience), qui n’avait pas d’implication dans l’expérience à posteriori ( après l’expérience). Kant croyait que les notions de temps et d’espace comme dans la géométrie Euclidienne et la mécanique classique Newtonienne provenaient d’une synthèse nécessaire de la connaissance à priori, qui est déterminée par quelques caractéristiques innées de l’esprit humain. Cependant, longtemps après la mort de Kant, nous savons maintenant que Kant s’était trompé à ce sujet. Les avancées en mathématique ont montré que des sortes de géométrie très différentes peuvent être juste aussi valides que la géométrie d’Euclide. Et la théorie de la relativité d’Einstein a révélé beaucoup de perspectives différentes de l’espace et du temps. Kant aurait été très surpris par la théorie quantique qui introduit la notion d’indétermination qui défie les notions les plus basiques de cause et d’effet

Bien que Kant soit quelque peu démodé, ses principes premiers sont intemporels et ils devraient être aussi valides aujourd’hui que lorsqu'il publia tout d’abord sa pensée anéantissant le monde. Selon Kant, l’esprit humain n’est pas comme un miroir qui reflète passivement la réalité des sens jusqu’au monde extérieur. Au lieu de cela, l’esprit s’engage activement en gouvernant et en organisant les informations des sens en perceptions et concepts. La distinction de Kant entre une connaissance à priori et une connaissance à posteriori est importante ici. La connaissance à priori prédispose l’esprit à ce que l’esprit peut percevoir. Ainsi, la perception du monde extérieur n’est pas simplement dérivée directement des sens. Au lieu de cela, l’esprit façonne et ajoute aux perceptions. Selon Kant, ce que nos esprits perçoivent et construisent est différent des objets extérieurs. Bien que Kant croyait que les objets existaient objectivement hors de nos esprits, il a conclut que l’esprit ne peut jamais connaître "les objets en eux même".

Quelques scientifiques pensent qu’ils étudient les objets réels. D’autres scientifiques sont plus raffinés, et disent qu’ils étudient seulement les phénomènes des choses. Kant va plus loin et dit que les scientifiques sont aussi des personnes avec la même faculté de raisonnement, et qu'ils peuvent seulement étudier leur propres perceptions construites de leurs sens. Si cela est vrai, alors cela pourrait saper l’entière fondation des méthodes empirique de la science moderne.


Les Questions communes

Les limitations des trois domaines peuvent paraître très différentes. Cependant, elles partagent des questions communes. Dans chacun de ces trois domaines, les tentatives d’achèvements absolus et de cohérence de la connaissance ont conduit à des contradictions :

En physique, les scientifiques ont essayé de développer une théorie mathématique complète et cohérente qui pouvait en principe décrire et prévoir tous les phénomènes physiques. Mais après des décennies à lutter pour ce but, le principe d’incertitude a émergé au cœur de la physique. Et bien que la mécanique quantique soit peut-être la théorie la plus brillante dans la science moderne, n’importe quelle interprétation physique complète de cela semble mener à des contradictions et des absurdités

En logique formelle, il y a de sérieuses tentatives de modéliser de façon complète et cohérente toutes les mathématiques dans un système officiel évident. Et juste lorsqu’une telle solution a été proposée, Godel prouva qu’aucun système formel évident et cohérent ne peut complètement prouver toutes les vérités de l’arithmétique, sinon il devrait être incohérent.

En philosophie, des générations de penseurs ont essayé de déterminer la nature ultime des objets à travers le raisonnement, supposant qu’un processus de raisonnement logique et cohérent mènerait à des conclusions correctes. Finalement, Kant a montré qu’un tel effort métaphysique implique que la raison pure s’étende bien au delà de l’expérience humaine, ce qui mène à des contradictions inévitables.

Toutes ces limitations semblent impliquer quelque dualité innée. Dans la mécanique quantique, le dualisme entre la nature des ondes et des particules de la matière a donné naissance au principe d’incertitude, ou l’exactitude dans l’observation d’un aspect de l’objet mène à une inexactitude proportionnelle dans l’observation de l’autre aspect de l’objet et la dualité semble causer des difficultés à développer une interprétation complète et cohérente de la théorie quantique. Dans la logique, les tentatives de développer un système formel qui pourrait complètement et de façon cohérente déterminer toutes les vraies formulations des systèmes mathématiques ont échoué. Au lieu de celà, des paradoxes ont été découverts avec des caractéristiques doubles d’être a la fois vrai et faux en même temps. En outre, dans la logique formelle, le pouvoir d’expression semble donner lieu à une faiblesse de la cohérence. De la même façon, en philosophie, les tentatives d’extension de la connaissance au delà de la possibilité de l’expérience humaine, mènent à un manque de cohérence et à des contradictions inévitables. Et la seule façon d’éviter de telles contradictions semble réduire de façon drastique la possibilité de la connaissance .Dans tous ces efforts, les tentatives de parvenir à l’achèvement absolu et à la cohérence semblent donner lieu à l’opposé


Quelques principes du Falun Dafa

La compréhension ci dessus des limitations des trois domaines a été inspirée par une compréhension du principe d’inter-génération et d’inter-inhibition dans Falun Dafa ( aussi connu comme Falun Gong) :

" Dans une dimension très haute et très microscopique de l"univers, il existe deux sortes de substances différentes...Elles imprègnent certaines dimensions du haut vers le bas, ou du niveau microscopique au niveau macroscopique...plus le niveau est bas, plus grande est la différence dans les manifestations et les variations de ces deux substances..Si l’on descend encore vers des niveaux encore plus bas, ces deux types de matières avec des propriétés différentes deviennent de plus en plus opposées entre elles, et cela mène au principe d’inter-génération et d"inter-inhibition. " (De Points Essentiels pour un Avancement Assidu)

À un certain niveau d’interprétation, un principe de Falun Dafa peut être comme une loi générale. Ainsi, un simple principe comme celui d’inter-génération et d’inter-inhibition, peut décrire et prévoir une myriade de choses.

L’histoire de la science a démontré encore et encore qu’un progrès majeur a impliqué des luttes pour briser les idées bien établies. Et chaque percée au delà des vieilles idées a requis de la bonne volonté pour les abandonner.

L’objectif de Falun Dafa n’est pas de faire avancer la science. Cependant, il peut avoir une influence positive dans le développement de la science. Falun Dafa enseigne la culture spirituelle, qui implique de laisser tomber les attachements dans son propre esprit y compris les attachements à de nombreuses notions et idées. Les attachements sont des choses que certains ne veulent pas abandonner, et ils sont irrationnels. Le dogmatisme peut être une forme d’attachement qui crée des limitations fondamentales dans la science. Dans la culture spirituelle, on devrait être conscient de ses attachements et les dépasser. Alors l’esprit peut s’affranchir des dogmes et devenir plus rationnel. La culture spirituelle mène à un esprit clair et objectif, et une telle rationalité est essentielle pour une science authentique.

Ceci est basé sur ma compréhension actuelle et limitée de quelques uns des principes de Falun Dafa

Conclusion

Depuis longtemps, les philosophes et les scientifiques ont eu de grandes aspirations à comprendre la nature ultime des choses. À mesure que la science moderne a fait de grandes avancées, elle a également fait de grandes découvertes de ses limitations. Encore et encore, en s’efforçant vers l’achèvement absolu et la cohérence, elle a réduit sa possibilité de connaissance de l’univers. Aujourd'hui, une méthode générale de la science moderne est d'écarter de la connaissance tout phénomène qui n’est pas à l’intérieur de son domaine de compétence hautement limité. Aujourd’hui, le courant dominant des scientifiques et des philosophes étudie généralement les aspects superficiels des choses pour des objectifs pratiques.

De nombreux scientifiques et philosophes croient que la physique moderne est la science la plus fiable et la plus brillante, et d’autres branches de la science moderne ont essayé de l’imiter Dans la physique moderne, les théories sont codifiées en langage mathématique. Néanmoins, les exposés mathématiques les plus précis peuvent être interprétés de différentes manières quant à la façon dont ils sont reliés à la réalité. Comme nous l’avons vu dans la mécanique quantique, qui est l’une des théories les plus brillamment vérifiées de la science moderne, les physiciens ont encore plusieurs interprétations différentes et conflictuelles sur ce qu’elle signifie et comment la relier à la réalité. Aujourd’hui, les théories physiques les plus avancées qui vont au delà de la mécanique quantique sont si abstraites et extrêmes, au delà de la possibilité de l’expérience humaine, que les théories sont devenues impossibles à vérifier et qu’elles sont de plus en plus controversées. Ces questions semblent saper les méthodes empiriques de la physique moderne.

Il y a des raisons historiques pour l’accent sur la codification de la théorie dans la précision du langage mathématique et les rigoureuses méthodes empiriques pour vérifier la théorie avec des phénomènes observables. Une partie des raisons est que, pendant des centaines d’années, les philosophes et les scientifiques ont tenté d’éliminer la superstition et la métaphysique spéculative du domaine de la science. Ils voulaient établir un corps pur de connaissance scientifique qui serait absolument infaillible. Il est ironique que les luttes pour atteindre une infaillibilité absolue de la connaissance aient à maintes reprises mené aux résultats inverses. Il semble que, si les efforts sont poussés à l’extrême jusqu'à une pure abstraction, comme en physique théorique, nous puissions perdre toute la connaissance et la compréhension, écrivaient Tegmark et Wheeler,

"Une théorie du tout devrait probablement ne plus contenir aucun concept. Autrement, quelqu’un chercherait très probablement une explication de ses concepts en termes d’"une théorie encore plus fondamentale, et ainsi de suite dans une régression infinie. En d’autres termes, la théorie devrait être purement mathématique, avec aucune explications ou hypothèses. " (De "100 Années de Mystères quantiques", Scientifique Américain, Février 2001)

Dans la science moderne, à quelle distance la raison pure se hasarde t'elle au delà de l 'expérience actuelle, et combien de physiques théoriques sont devenues comme des métaphysiques, ce que les scientifiques et les philosophes ont tant essayé d’éviter ? Il y a une centaine d’années, Emmanuel Kant, avait averti au sujet des limitations à appliquer la raison pure à la réalité au delà de l’expérience. Et plus récemment, Kurt Gödel a démontré une limitation inhérente à l'outil le plus fiable de la raison pure elle même.

Les scientifiques devraient reconnaître les limitations de la science moderne, et comprendre qu’elle ne doit pas être utilisée pour rejeter certaines possibilités au delà de son domaine de connaissance nettement défini. Bien que nous devions être prudent et ne pas tomber dans la superstition ou la pseudoscience, en même temps, nous devons être également prudents de ne pas rejeter certaines possibilités de ce que la science pourrait être.

La science moderne a découvert ses propres limites. Ces limitations sont fondamentales. Et aucune quantité de temps et de dur travail ne les résoudra en continuant de la façon habituelle. Bien que la science moderne continue à faire certaines découvertes, sans un changement fondamental, ces découvertes resteront seulement à l’intérieur de la portée très limitée de ses compétences

M. Li Hongzhi a dit :

« ...Il faut transformer radicalement la façon de voir des gens ordinaires. Sinon, la vérité de l' univers restera à jamais un mythe pour l'humanité, et les gens ordinaires ramperont à jamais dans le cadre tracé par leur propre ignorance. » (De la Loi de Bouddha)

Références:

Aiken, Henry D.( 1956),L’Age de L’idéologie, Houghton Mifflin Company.

Durant, Will (1961), L’Histoire de la Philosophie, Livres de Poche

Godel, Kurt (1962), Sur les Propositions officiellement non décisives de principia Mathematica et les Systèmes correspondants, Publications de Douvres, SARL Godel Kurt (1962)

Books.Greene , Brian(1999), L’Univers Élegant, Années des Livres.

Heisenberg, Werner (1958), Physique et Philosophie ( La Révolution de la Science Moderne), Livres Promethée.

Heisenberg, Werner (1949), Les Principes physiques de la théorie quantique, Publications de Douvres, SARL

Hofstader, Douglas R (1979), Gödel Escher, Bach( Une tresse d’Or éternelle), Livres Basiques SARL

Herbert, Nick(1985),Réalité Quantique (Au dela de La Nouvelle Physique), livres de l’Ancre.

Kaku, Michio (1995), Au delà d’Einstein, livres de l’Ancre.

Nagel et Newman (2001), La Preuve de Gödel (Éditions révisées), Presses Universitaires de New York. Penrose, Roger (1989), L’Empereur du Nouvel Esprit, Presses Universitaires d'’Oxford.

Tegmark et Wheeler, « 100 Ans de Mystères Quantiques », Le Scientifique Américain, Février 2001.

Wood, Allen W.( 2001), Écrits Basiques de Kant, Les Librairies Modernes, New York.

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