Qu’est-ce que Falun Gong et pourquoi sa persécution

Pratique matinale à Chengdu, Chine centrale. Cette photo a été prise en 1998.


Bien que le Falun Gong - une combinaison d'exercices, de méditation et d'un mode de vie moral –soit très simple à apprendre et à saisir, il a néanmoins de nombreuses dimensions et partage avec des arts chinois similaires, une très ancienne origine.


D’abord et avant tout, Falun Gong peut être considéré comme une pratique – comme quelque chose qui est accompli, mis en action. La pratique est conçue pour apporter des changements positifs, ou renforcer ce qui est déjà bon, dans le corps, l’esprit et le soi.


Dans le Falun Gong on prend soin du corps principalement par la pratique régulière de quatre exercices de qigong et d’une méditation. Les exercices de qigong, popularisés en 1980, après la révolution culturelle chinoise, ressemblent un peu au Tai-chi pour ce qui est de la forme, et de la même façon, travaillent principalement sur le corps à un niveau énergétique. Certains se référent au qigong (pron. "chee-gung ") comme au " yoga chinois ".


Falun Gong rééquilibre le corps à un niveau énergétique, tout en éliminant blocages et impuretés qui pourraient compromettre la santé et le bien-être. À des niveaux plus profonds, la pratique, par ses moyens uniques, traite les origines les plus fondamentales de la maladie et de la souffrance physique (c’est-à-dire la matière néfaste appelée karma). La méditation facilite ces changements et ce processus tout en renforçant le fonctionnement plus subtil de la pratique spécifique au corps et à l’esprit.


Plusieurs études de santé, dont une recherche sous contrôle clinique, et réexaminée dans des installations médicales de pointe, ont commencé à explorer et confirmer les bénéfices positifs et parfois spectaculaires en termes de santé, que tant de gens attribuent à la pratique.


Les bénéfices types décrits incluent un accroissement significatif de l’énergie et une réduction de la fatigue, une meilleure santé, une plus grande résistance aux maladies, un meilleur sommeil, un équilibre émotionnel, un sentiment de calme, une attitude positive, des relations améliorées, une plus grande conscience de soi, un approfondissement du sens ; et une croissance spirituelle.


Les exercices et la méditation peuvent être pratiqués par des personnes de tous âges, conditions physiques, ou formations, et sont extrêmement flexibles en termes d’exigences ; on peut ne leur consacrer que quelques minutes à la fois, à n’importe quel moment, n'importe où, ou jusqu’à plusieurs heures si on le souhaite. Souvent, les gens aiment les pratiquer avec d’autres, en groupe, dans un environnement calme comme un parc.


Ils sont toujours enseignés gratuitement par des bénévoles ou peuvent être appris en suivant des instructions sur vidéo. Ces caractéristiques ont probablement joué un rôle dans la croissance phénoménale de Falun Gong en Chine.


Mais si la dimension physique de Falun Gong est importante, c’est l’accent mis sur l’esprit et la moralité qui distingue la pratique de toute autre.

Falun Gong est Bouddhiste de nature, et contient dans ses enseignements, une aspiration plus élevée, c’est-à-dire, la perfection spirituelle - ou " éveil ", comme on l’appelle en Asie. Les disciplines spirituelles asiatiques de ce type sont souvent considérées comme des voies de " cultivation interne " ou " cultivation de soi " et constituent une partie importante de la culture traditionnelle chinoise. Diverses pratiques taoïstes, bouddhistes et confucianistes entrent dans cette catégorie.


Au cœur de Falun Gong, se trouvent les valeurs de vérité, compassion et tolérance (ou en chinois, Zhen, Shan, Ren). La pratique enseigne que ce sont les qualités les plus fondamentales de l’univers lui-même, et ce sont elles, comme expliqué dans le livre Zhuan Falun, qui servent de guide dans la vie quotidienne et la pratique.


À travers une pratique constante et dédiée, l’élève de Falun Gong aspire à réaliser un état de désintéressement, une perspicacité et une conscience accrues, une pureté intérieure et un équilibre – les rouages de ce que l’on pourrait appeler la véritable santé.


Si Falun Gong aspire à une transformation intérieure, la pratique se traduit toutefois en général extérieurement par un changement positif dans le monde, dans la mesure où le pratiquant devient un membre de famille plus patient, un employé plus consciencieux, un membre de la communauté plus généreux, et ainsi de suite.


Cependant, le lieu de la pratique est toujours l'individu, et en tant que tels, les enseignements ne sont pas considérés comme un modèle pour un changement social ou politique, pouvant être appliqué à d'autres ou au monde entier.


Mais pourquoi le régime chinois s’y oppose-t-il à ce point

Tout au long des cinq mille ans d’histoire de la Chine, la société tout entière croyait en l’existence des divinités et était portée par une foi immense, un esprit immense ; Le Parti communiste a été importé en Chine, propulsé à travers une campagne violente, et y a initié un nouvel enseignement communiste avec pour principe numéro un que pour contrôler le peuple il faut éliminer son esprit, sa foi. En 1966 ils ont commencé la révolution culturelle et essentiellement éliminé dans les esprits la croyance en l’existence des divinités, introduisant l’idée que Dieu n’existe pas que le Parti communiste était Dieu et pouvait contrôler le ciel et la terre. De 1966 jusque dans le milieu des années soixante-dix des centaines de milliers de temples ont été détruits en Chine.


Donc maintenant vous avez en Chine une croyance athée, une société vraiment athée, ils ont leur religion, le bouddhisme, le taoïsme et le christianisme, mais ces religions sont forcées de jurer allégeance au Parti communiste au-dessus de leur croyance en Dieu, donc chaque religion dans la Chine d’aujourd’hui est contrôlée par le Parti communiste chinois, si vous ne l’êtes pas alors vous êtes banni comme religion hérétique et vous êtes persécuté.


Mais lorsque la Révolution culturelle a pris fin, le gouvernement a commencé à s’inquiéter parce qu’une fois éliminée la foi des gens, ceux-ci ont commencé à tomber malades et dans les années 80 le gouvernement a commencé à réintroduire en Chine certains de ces anciens trésors du passé comme le taïchi et le qigong, jusque-là des pratiques complètes de l’esprit et du corps, mais dès lors seulement pour la forme et la guérison, le régime n’autorisant pas l’aspect spirituel mais seulement l’aspect physique.


En 1992, le fondateur du Falun Gong, M. Li Hongzhi a introduit le Falun Gong en Chine, y ramenant non seulement un régime d'exercices pour la guérison et le bien-être mais aussi la ‘cultivation’ de l’esprit, donc une méthode complète de ‘cultivation’ de l’esprit et du corps. De 1992 à 1994 Falun Gong était très respecté en Chine ; Le régime communiste a donné son soutien pour que des classes de Falun Gong aient lieu dans toute la Chine. Falun Gong a été récompensé du titre d’école de qigong vedette en 92 et en 93 et le Bureau de la sécurité publique (un peu l’équivalent du FBI), a félicité le Falun Gong pour avoir ramené les vertus permettant de combattre le crime dans la société.


Falun Gong s’est propagé dans toute la Chine plus vite que n’importe quel enseignement dans l’histoire, ceci jusqu’en 1994, c’est alors que le gouvernement communiste a approché le fondateur du Falun Gong et dit : nous allons commencer à prendre de l’argent parce que cet enseignement est si puissant et populaire, et le fondateur a dit "non" c’est une pratique pour la spiritualité des gens, et qui n’est pas à vendre. Donc il s’est lui-même désisté du bras du Parti communiste qui en quelque sorte contrôlait le taiqi et le qigong et c’est alors que le Parti communiste a commencé à l’attaquer.


En juillet 1999, le Parti communiste chinois a lancé une campagne illégale d’arrestations, de violence et de propagande dans l’intention ‘’d’éradiquer’’ la pratique apolitique.


Le 23 janvier 2001, un canular meurtrier a été mis en scène sur la Place Tian An Men. Un tour de force de propagande pour justifier la persécution du Falun Gong et transformer la sympathie qu’il suscitait parmi la population chinoise en haine, tout en lavant le cerveau d’un grand nombre de Chinois qui le pratiquaient. A l’instigation du Parti communiste, cinq personnes se sont immolées par le feu, sous l’œil des caméras déjà là. Les médias d’état chinois ont immédiatement affirmé que ces individus étaient des adhérents du Falun Gong poussés au suicide par la pratique spirituelle. Deux des participants sont décédés suite à l’auto immolation. L’événement a été utilisé pour tourner l’opinion publique contre le Falun Gong, et justifier les emprisonnements de masse et la torture de ses adhérents. Le 4 février 2001, le correspondant du Washington Post, Philip Pan s’est rendu dans la ville natale de deux des participantes décédées et a découvert qu’elles n’avaient jamais pratiqué le Falun Gong (faluninfo.net/article/634/?cid=67). En dépit du fait que les personnes s’étant immolées n’étaient pas des pratiquants de Falun Gong, la propagande incessante diffusée chaque soir sur les écrans de télévisions chinois et reprise à répétition dans la presse a efficacement fomenté la haine et la méfiance envers le groupe en Chine. Les rapports d’emprisonnements illégaux, de torture, et de meurtres de pratiquants de Falun Gong se sont considérablement accrus. Ce qui n’était, au sein de la population chinoise, qu’un sentiment croissant de perplexité face à la campagne d’« éradication » à l’encontre du Falun Gong, a été remplacé par de l’indifférence ou même un soutien alimenté par la haine. (voir : http://fr.clearharmony.net/articles/201101/54642.html


La campagne a depuis grandi en violence et en portée, des millions ayant été détenus ou envoyés dans des camps de travaux forcés. Près de 4000 décès ont été vérifiés ainsi que plus de 63 000 cas de tortures en garde à vue. http://www.faluninfo.net/


Depuis 2006, des enquêtes se succèdent sur l’existence en Chine de prélèvements d’organes sur des pratiquants de Falun Gong de leur vivant. Deux personnalités canadiennes David Matas et David Kilgour rejettent la thèse des autorités chinoises - selon laquelle les organes utilisés lors de transplantation proviennent de prisonniers exécutés- en raison de la disparité entre le nombre d’exécutés et le nombre de transplantations. D'après de récentes mises à jour de leur travail de recherche, ils estiment aujourd'hui que la plage du volume des greffes se situe entre 60 000 et 100 000 par an. http://organharvestinvestigation.net/

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