New Statesman (R-U) : Falun Gong : Braver l'adversité

21 août 2008

Leeshai Lemish parle de la résistance du Falun Gong et de la complicité de l'Occident

Si cette persécution est si grave, pourquoi en parle-t-on si peu dans les journaux et pourquoi n’en fait on pas plus à ce sujet ?


Le mois dernier, j'étais assis avec un journaliste dans un pub de Taipei."Les médias ne disent rien sur Falun Gong" a-t-il dit." Vous voulez dire les médias chinois ou occidentaux?" ai-je demandé. "Les deux".


En effet, en dépit de l'appui notable de quelques politiciens, journalistes et O.N.G, après avoir été persécutés pendant neuf ans, les pratiquants de Falun Gong ne sont pas au bout de leurs peines en Occident.


Sur la défensive

À 15h, le 22 juillet 1999, la nouvelle est apparue sur les écrans chinois que Falun Gong était interdit. Protester contre l'interdiction était également interdit.

Ils allèrent donc déposer leurs plaintes au bureaux des appels désigné à cet effet. Ils y furent arrêtés. Ils allèrent sur la Place Tiananmen pour méditer--ils furent battus puis arrêtés.

Une réalisation surprenante fit bientôt place à la naïveté – Il s'agissait d'une campagne depuis longtemps préparée, ordonnée par les plus hauts échelons du parti communiste au pouvoir. Ce qu'ils avaient en face d'eux était la plus grande machinerie du plus grand état autoritaire du monde.

Les pratiquants de Falun Gong en Chine ne savaient pas quoi faire - c'était des pratiquants, pas des activistes politiques. Ils savaient seulement que la "dénonciation du Falun Gong" à la télévision 24h/24 et 7j/7 était pleine de mensonges, et que plusieurs de leurs amis avaient déjà été arrêtés. Ils pensaient que c'était un malentendu. Quelque chose devait être fait.

Certains ont suggéré qu'ils pratiquent juste à la maison et attendent la fin de la campagne, mais même cela s'est révélé peu sûr. Car leurs amis et voisins étaient torturés à mort, le Falun Gong s'est tourné vers le public en un mouvement populaire non-violent.

Oubliés de la presse occidentale, ils continuent à distribuer des imprimés et des VCD, accrochent des bannières, écrivent des lettres, et racontent les cas de torture en ligne. Des exploits plus audacieux incluent d'escalader des arbres pour cacher des haut-parleurs synchronisés qui envoient les informations sur la torture en prison et le massacre pendant qu'en dessous la police court partout pour en trouver la source. Ceux qui sont attrapés le paient souvent de leur vie.

En Occident

Alors que la persécution s'étendait en Chine, en Occident, Falun Gong n'avait aucune voix organisée ni bureau de presse. Des étudiants chinois de troisième cycle et d'autres pratiquants ont conduit toute la nuit jusqu'à Washington. Quand ils y sont arrivés ils se sont disputés : "Nous devrions tenir une conférence de presse". "Non, nous devrions faire une grève de la faim" !

Finalement, les pratiquants sont apparus dans les bureaux du congrès en shorts et en T-shirts. Après avoir été informés que cela était inapproprié, ils sont revenus en costume, les plis encore visibles sur leurs nouvelles chemises boutonnées.

Un pratiquant utilisait ses économies pour faire des milliers de copies de documents noir et blanc. Des années plus tard cela semblait trop simple, un biologiste et son épouse ont donc imprimé de beaux bulletins sur papier glacé. Mais les gens ont alors commencé à ricaner - "Falun Gong, ils ont tellement d'argent".

À Taiwan, les fonctionnaires me demandent si Falun Gong est financé par la CIA. À Washington D.C, on me demande si Falun Gong est financé par les Taiwanais. La vérité est que les fonds viennent des pratiquants très dédiés.

Ces personnes qui sont apparues en short en 1999 dirigent aujourd'hui des entreprises florissantes de médias financées par la publicité et les poches de quelques pratiquants qui peuvent se permettre de faire des dons.

Ils comptent déjà certains succès. Les "Neuf Commentaires" , publiés par The Epoch Times, a généré des vagues de démissions du Parti communiste chinois. New Tang Dynasty Television a été la première à rendre compte des débâcles liées au tremblement de terre du Sichuan, au Tibet, et d'autres histoires que les médias chinois ne couvriront pas. Récemment une compagnie de satellites française répercutait ce contenu en Chine. Pékin a fait pression sur EUTELSAT pour trahir le contrat, selon Reporters sans Frontières.

Vraiment, Pékin n'a pas ménagé ces efforts. Les diplomates chinois remettent aux fonctionnaires à Londres et Genève des magazines comparant le Falun Gong aux groupes qui gazent les métros et commettent des suicides de masse. Ils jouent de la carotte des relations de " ville soeur", et du bâton en menaçant d'annuler des contrats d'affaires.

Les grandes universités n'y ont pas échappé non plus. Dans ma résidence de cœur, l'Ecole des sciences économiques de Londres, la carotte ce sont les programmes d'échange et l'institut confucéen. Comme beaucoup l'admettront en privé, le bâton de se voir refuser l'accès en Chine a longtemps empêché les étudiants d'écrire franchement au sujet du Falun Gong.


Tabou

Une étude que j'ai publiée sur la couverture de la presse occidentale montrait que plus de pratiquants de Falun Gong étaient tués, moins les médias en rendaient compte. Comme les Africains affamés, les pratiquants sont devenus ce que Herman et Chomsky appellent des "victimes qui n'en valent pas la peine".

Que ce soit en raison des politiques d'autocensure, d'un préjugé contre la religion, de jugements que Falun Gong est bizarre, d'une compassion qui se lasse, ou du propre manque d'aptitudes en marketing du Falun Gong, beaucoup de journalistes évitent l'histoire.

En même temps, les conglomérats de médias se sont précipités et c'était à qui pénétrerait le premier le grand marché chinois. Les sites Web de certains médias (comme la BBC et SCMP) ont été bloqués après publication d'une histoire sur Falun Gong--un des plus grands tabous de la Chine. Alors la plupart se taisent. C'est la raison qui a amené les pratiquants à produire leurs propres médias.

En Chine, beaucoup restent apathiques. Mais les principaux avocats, des activistes, des fonctionnaires locaux, et un nombre incalculable de Chinois ordinaires ont peu à peu pris position pour Falun Gong. Mais en Occident, de nombreuses personnes continuent à parler de relativisme culturel ou d'illusions que les Jeux Olympiques et le libre-échange résoudront— tôt ou tard.

Mais ceux qui ont des parents croupissant en prison ne peuvent pas attendre. Les pratiquants sont de plus motivés par la croyance au karma. Ils s'inquiètent que ceux qui sont complices, consciemment ou non, soient finalement en train de se causer du tort à eux -mêmes. Ils ont aussi l''optimisme de croire qu'aucune action juste ne restera sans récompense.

Les pratiquants de Falun Gong continueront donc à parler aux gens de la persécution jusqu'à ce qu'elle prenne fin. Nous vous demandons de nous aider--par vos pensées et prières, paroles et actes, emails et liens.


Lire les précédents articles de cette série :
Etre un pratiquant de Falun Gong
Pourquoi le Falun Gong a-t-il été interdit
L'autre monde de la Chine

Source :
http://www.newstatesman.com/blogs/the-faith-column/2008/08/falun-gong-practitioners-china-2

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