Un vent de haine venu de Chine souffle sur New York

5 août 2014, New York: deux Chinois distribuent des documents du PCC diabolisant la pratique spirituelle pacifique du Falun Gong à proximité du Consulat chinois à Manhattan. (Benjamin Chasteen/Epoch Times)

NEW YORK – Manhattan, 5 août: deux hommes en vestes rouge imprimées de lettres jaunes se tiennent debout derrière un arrêt de bus. Ils essaient de discuter avec les gens qui attendent le bus et leur offrent des dépliants Devant eux une banderole rouge et jaune comme leurs vestes, les couleurs du drapeau du Parti communiste chinois (PCC).


Ces hommes ne sont pas là pour manifester ou faire appel. Ils essaient de répandre la haine à l’encontre du Falun Gong, aussi appelé Falun Dafa, une pratique spirituelle traditionnelle chinoise basée sur les principes de vérité, bonté et tolérance. Le Falun Gong est persécuté en Chine depuis 1999 et la banderole et les dépliants que les deux hommes distribuent propagent la propagande du régime chinois contre cette pratique.


À peine quelques mètres plus loin, quatre femmes tiennent des banderoles très différentes. Celles-ci dénoncent les crimes contre l’humanité commis par le régime chinois au cours de la persécution du Falun Gong – une campagne de persécution qui vise une personne sur douze en Chine et s’étend à tous les niveaux de la société.


Les pratiquants de Falun Gong de New York disent qu’ils sont de plus en plus suivis par ce groupe en vestes rouges. Alors que les pratiquants de Falun Gong s’efforcent de dénoncer la persécution du régime chinois à l’encontre de leur pratique en Chine, les hommes en veste rouge essaient d’alimenter la haine contre le Falun Gong.


"Ils racontent aux gens des choses fausses", a dit Betty Huang, 60 ans. Mme Huang distribue régulièrement des documents à propos des droits de l’homme à Manhattan. Elle dit que cette dernière semaine le groupe en vestes rouges a dressé un stand à quelques mètres d’elle sur le trottoir.


Mme Huang a récemment essayé de parler avec une dame faisant partie de ce groupe. "Elle a dit qu’elle détestait les Japonais " a expliqué Mme Huang, visiblement perplexe. " Je ne sais pas pourquoi elle m’a dit cela."


Mme Huang a essayé de leur demander pourquoi ils suivent les pratiquants du Falun Gong. Les réponses étaient plutôt confuses. "Ils disent qu’ils ne font pas cela pour de l’argent", a poursuivi Mme Huang, "mais ils ne peuvent pas dire pourquoi ils font cela."


Les tentatives pour interviewer les deux hommes faisant partie de ce groupe en vestes rouges ont donné peu de résultat. L’un des deux, un homme enrobé qui semblait avoir la cinquantaine, n’a pas répondu à nos questions. Un autre homme, mince avec des yeux globuleux, a à peine murmuré quelque chose, les yeux perdus au loin.


Démonstration de loyauté

Le dirigeant du groupe, Michael Chu, a refusé à répétition de faire un quelconque commentaire.


Les vestes rouges portées par le groupe en disent plus long. Sur le tissu rouge, les mots cousus en caractères jaunes disent "Alliance mondiale chinoise anti-secte". Pour comprendre la signification de ces mots il faut avoir un minimum d'information sur la persécution du Falun Gong par le régime chinois.


Un homme chinois aborde des passants avec des documents du PCC visant à diaboliser la pratique pacifique spirituelle du Falun Gong à proximité du Consulat Chinois à Manhattan. (Benjamin Chasteen/Epoch Times)

Parmi les personnalités les plus responsables des arrestations, tortures et prélèvements forcés d’organes sur des pratiquants de Falun Gong vivants qui ont commencé en 1999, se trouve l’ancien responsable de la sécurité publique Zhou Yongkang.


Zhou Yongkang était responsable du Comité des affaires politiques et juridiques (CAPJ), l’organisation suprême responsable de quasiment chaque département de la justice et de la sécurité en Chine. Le CAPJ supervise le Bureau 610, un organe secret du Parti créé spécifiquement pour arrêter et torturer les pratiquants de Falun Gong en Chine.


Le Bureau 610 est accompagné d’une organisation publique appelée "Association anti-sectes chinoise" qui aide à diffuser la propagande du régime chinois et à inciter la haine publique à l’encontre du Falun Gong. En Chine, cette association assiste et conseille le Bureau 610 sur les méthodes pour persécuter de façon directe les pratiquants de Falun Gong.


L’"Alliance mondiale chinoise anti-sectes" de Michael Chu à New York utilise les mêmes documents et organise une grande partie des mêmes opérations de propagande que l’"Association anti-sectes" en Chine.


M. Chu n’essaie pas de cacher ses relations avec le PCC. Parmi les neuf titres sur sa carte de visite, deux sont liés à des organisations contrôlées par le département chinois de l’espionnage à l’étranger.


Selon son site web, M. Chu a également été un conseiller pour la Fédération des Chinois revenus de l’étranger depuis 2004. L’organisation reçoit directement ses ordres du Comité de Travail du PCC Central.


Il y a plus d’une semaine maintenant, le corps disciplinaire du PCC annonçait que Zhou Yongkang était officiellement placé sous enquête pour "atteintes graves à la discipline". Cette enquête fait partie d’un grand nettoyage ayant cours au nom de la corruption, visant ces responsables passibles de déloyauté envers l’actuel dirigeant du Parti Xi Jinping.


Peu après l’annonce que Zhou Yongkang était sous le coup d’une enquête, le groupe des vestes rouges de Michael Chu a commencé à apparaître partout où se rassemblaient les pratiquants de Falun Gong à New York.


Au vu des relations de M. Chu, la soudaine résurgence des actions de l’Alliance chinoise mondiale anti-secte est comprise par les pratiquants de Falun Gong locaux comme une tentative de Michael Chu et de son groupe pour affirmer leur loyauté au PCC après la chute de Zhou Yongkang.


"Zhou Yongkang a dirigé la persécution des pratiquants du Falun Gong en Chine", a expliqué Yi Rong, coordinatrice de l’Association Falun Dafa de New York. «Maintenant qu’il a été placé sous enquête, je pense que ceux qui se trouvent à l’étranger se sentent menacés et frustrés.»


Comme deux doigts de la main

L’organisation dirigée par Michael Chu et les tentatives de ce dernier de diaboliser le Falun Gong sont liés à des événements qui remontent à 2007.


Selon Amnesty International, en 2007, Zhou Yongkang avait prononcé un discours dans lequel il disait que la Chine devait créer une "société harmonieuse et un bon environnement social" pour organiser le 17e Congrès du Parti communiste ainsi que les Jeux olympiques.


5 août 2014, New York: Une pratiquante de Falun Gong tient une banderole sur laquelle sont écrits les noms de quatre personnes directement responsables de la persécution en Chine. (Benjamin Chasteen/Epoch Times)

Pour que le régime chinois puisse réaliser cela, disait Zhou Yongkang, "nous devons frapper fort les forces hostiles chez nous et à l’étranger...". Parmi ces "forces hostiles" se trouvaient les groupes persécutés comme les bouddhistes tibétains, les ouïgours et les pratiquants du Falun Gong.


Suite au discours de Zhou Yongkang, la persécution menée par le régime chinois en Chine s’est intensifiée. Selon Amnesty International, les autorités chinoises avaient alors accru leurs efforts pour emprisonner, faire taire et rendre invisibles les groupes persécutés pendant les Jeux olympiques.


L’appel de Zhou Yongkang à «frapper fort» les mêmes groupes à l’étranger s’est matérialisé à New York en mai 2008.


Au cours d’un rassemblement à Flushing,arrondissement du Queens à New York, visant à dénoncer la persécution du Falun Gong par le PCC et appeler les Chinois à renoncer à leurs adhésions au PCC, plus d’une centaine de personnes ont surgi de nulle part et attaqué, menacé et harcelé les participants.


Les médias officiels du régime chinois ont également fait leur apparition au cours de cet événement, alors qu’ils évitent ordinairement ce genre de rassemblements. Xinhua et CCTV ont ensuite envoyé de faux rapports en Chine pour faire croire que les rassemblements pour les droits de l’homme organisés à New York visaient en fait à empêcher les donations en faveur des victimes du séisme du Sichuan en 2008.


L’incident a commencé par une série d’attaques contre les pratiquants du Falun Gong à New York et s’est intensifié dans les mois qui ont suivi.


Mais après qu’un certain nombre de personnes ayant provoqué ces attaques aient été arrêtées et après que les personnes ayant organisé ces attaques soient dénoncées – parmi ces dernières le Consul général de Chine à New York Peng Keyu et des dirigeants d’organisations commerciales au sein du quartier chinois de Flushing – les choses ont commencé à se calmer.


Cependant, les personnes provoquant les attaques contre le Falun Gong n’ont pas disparu. Elles ont juste changé de tactique. Elles disposent des tables dans la rue où elles distribuent des documents diabolisant le Falun Gong. C’est de cette façon qu’ont débuté les actions de l’Alliance chinoise mondiale anti-secte.


Pour les Chinois de New York qui pratiquent le Falun Gong et ont reçu le droit d’asile, l’organisation de Michael Chu et ses activités ravivent souvent des souvenirs de tortures et d’effroi sous la persécution en Chine.


Généralement, les pratiquants de Falun Gong et leurs partisans dans la société et au sein du gouvernement considèrent l’organisation de Michael Chu comme un outil utilisé par le régime chinois pour exporter la persécution à l’étranger en profitant de l’ouverture de la société américaine.


Terrain d’essai

Pour Zhou Yongkang, les attaques de Flushing résolvaient deux problèmes.


D’une part, elles détournaient l’attention du public chinois de sa responsabilité dans le lourd bilan du séisme du Sichuan.


Ancien secrétaire du Parti du Sichuan entre 1999 et 2002, Zhou Yongkang porte la responsabilité de la corruption politique dans la province. Cette corruption s’est traduite par ce que les habitants locaux appellent les "constructions tofu" – en particulier les bâtiments scolaires – qui se sont écroulés lors du tremblement de terre.


25 avril 2013: des pratiquants de Falun Gong dans un défilé à Flushing, Queens. (Dai Bing/Epoch Times)

D’autre part, Zhou Yongkang a profité de ces attaques pour étendre la persécution du Falun Gong à l’étranger.


Des sources de Flushing ont rapporté à Epoch Times qu’en 2012, Zhou Yongkang a envoyé un représentant pour remettre une récompense à l’une des participantes les plus actives dans les attaques contre le Falun Gong à New York.


La récompense "Le courage de se battre" a été remise à la femme par Zhu Yibiao, un représentant du CAPJ, au cours d’un événement pour le Nouvel An lunaire auquel ont assisté près de 50 personnes dans un restaurant à quelques blocs de la Bibliothèque du Queens à Flushing.


Des sources haut placées en Chine ont confié à Epoch Times en 2008 que New York représentait un terrain d’essai pour les tactiques utilisées pour attaquer les pratiquants de Falun Gong à l’étranger. Cela s’est révélé vrai: en 2008 et 2009, des attaques similaires ont eu lieu dans différentes communautés chinoises à travers le monde, comme à Paris, San Fransisco et Hong Kong.


Mais les deux seules villes où ces violences se sont poursuivies avec force sont Hong Kong, au travers d’une organisation appelée Association pour la jeunesse de Hong Kong et à New York, à travers l’organisation de Michael Chu.


"Je pense que la persécution du PCC est à bout de souffle. Cela ne mène plus nulle part", a commenté Yi Rong.


"Leur politique contre le Falun Gong est prête de prendre fin, de sorte que les agents de Zhou Yongkang en Amérique ne savent plus où aller."


Version anglaise :
Purveyors of Hate Chase Falun Gong in New York

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