Australie: la Commission des droits de l’homme appelle à renforcer les pressions sur la Chine

18 juin: David Shoebridge, député pour la Nouvelle Galles du Sud, prend la parole lors de la projection du film Transcending Fear qu'il a organisée au Parlement de Nouvelle Galles du Sud. (Shakespear Media)


SYDNEY — Deux commissaires des droits de l’homme ont appelé à renforcer la pression sur les autorités chinoises pour mettre fin aux violations des droits de l’homme.


Le commissaire des droits de l’homme Tim Wilson et l’ancien commissaire Dr Sev Ozdowski ont pris la parole lors de la projection du documentaire Transcending Fear sur Gao Zhisheng, un avocat chinois défenseur des droits de l’homme. Gao Zhisheng a été victime de multiples détentions, de tortures physiques et émotionnelles et du harcèlement continuel de sa famille pour avoir défendu les victimes d’une administration chinoise corrompue.


"J’ai été personnellement très ému", a commenté M. Wilson.


M. Wilson a déclaré que davantage d’actions devraient être entreprises pour informer et encourager les gens à parler ouvertement des violations des droits de l’homme en Chine, en précisant que les législateurs australiens ne peuvent agir que si les citoyens le demandent.


"Je pense qu’en Australie, on se sent bien à l’aise en oubliant les choses qu’on ne voit pas et c’est pour cela que j’insiste sur le fait que les politiciens doivent comprendre que ces problèmes concernent les Australiens,"a-t-il dit.


Selon des sondages menés par le Lowy Institute, un groupe d’experts de Sydney, la majorité des Australiens sont préoccupés par le fait que la Chine occupe un rôle de plus en plus important dans la région. Beaucoup d’entre eux considèrent ce pays comme une menace militaire potentielle.


M. Wilson, qui a été nommé par le gouvernement du Premier ministre australien Tony Abbott, trouve que ce gouvernement a pris position sur certains problèmes relatifs aux droits de l’homme, mais devrait s’investir davantage.


"Je pense que le gouvernement actuel est partiellement d’accord avec cette politique, mais il doivent lui accorder beaucoup plus d’importance !" a-t-il dit.


Le Dr Ozdowski, auteur d’un rapport de référence sur des enfants immigrés détenus, a remarqué qu’en apparence, tout a l’air de bien aller en Chine.


"Beaucoup de gens se rendent dans ce pays, mais ce film démontre clairement ce qui s’y passe en profondeur en ce moment," a-t-il dit.


Le Dr Ozdowski a lui-même vécu en Pologne sous l’occupation russe et affirme que le film illustre clairement la nature oppressive d’un état communiste.


Tim Wilson, commissaire pour les droits de l'homme, et le Dr Sev Ozdowski, ancien commissaire australien pour les droits de l'homme entre 2000 et 2005, lors de la projection d'un documentaire sur Gao Zhisheng, un avocat chinois défenseur des droits de l'homme, détenu en Chine. (Shakespear Media)

"En Chine, le Parti communiste dirige tout: si les lois ne lui conviennent pas, alors les tribunaux ont reçoivent l’ordre de «ne pas les appliquer». Lorsqu’ils ont besoin de torturer quelqu’un, cette personne n’a plus aucun droit d’être humain, cette personne est un simple produit de l’État."


Selon lui, la démocratisation de la Chine est dans les intérêts de l’Australie. Il a par ailleurs appelé à une approche plus ferme envers les questions questions des droits de l’homme.


"Nous avons tout intérêt que la Chine devienne un pays où les gens peuvent déterminer les actions de leur gouvernement. Sinon, la Chine est un pays un peu dangereux a-t-il averti.


La projection du film au parlement de Nouvelle-Galles du Sud le 18 juin dernier a été organisé par le député David Shoebridge.


M. Shoebridge, qui est avocat, a rappelé au public que les Australiens ont le privilège de vivre dans un pays qui respecte l’état de droit et où ils ne peuvent pas être arbitrairement arrêtés, torturés et humiliés lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec le gouvernement.


"Mais Gao Zhisheng, qui a été désigné par la Chine elle-même comme l’un de ses 10 meilleurs avocats défenseurs des droits de l’homme, se trouve face à un environnement juridique différent," a-t-il souligné pendant la présentation du film.


Dans le film, M. Gao est interviewé chez lui entre deux arrestations et explique ouvertement pourquoi il a lancé un recours collectif en justice contre les autorités chinoises au sujet des abus dans les pratiques du planning familial chinois; pourquoi il a défendu les propriétaires expulsés de leurs terres lors des préparatifs des Jeux Olympiques de Pékin; et pourquoi il a choisi de défendre des pratiquants du Falun Gong alors qu’il savait qu’il devrait en subir les conséquences.


Gao Zhisheng décrit les horribles tortures qu’il a subies et admet que ce n’est que lorsque la vie de son épouse et de ses deux enfants est devenue insupportable qu’il a renoncé à sa position. Cependant, le harcèlement ne s’est pas arrêté et à ce jour, il est toujours disparu, bien que, selon certains rapports, il serait détenu dans le nord de la Chine.


David Kilgour, ancien Secrétaire d’État canadien pour la région Asie-Pacifique et auteur d’un rapport sur les prélèvements illégaux d’organes sur des pratiquants du Falun Gong en Chine, s’est joint au débat via Skype.


Il a fait l’éloge de M. Gao Zhisheng pour son courage et l’a décrit comme une personne portant les traits à la fois de Nelson Mandela et Mahatma Gandhi. Selon M. Kilgour, "M. Gao est l’un des êtres humains les plus extraordinaires sur Terre".


Des Sino-australiens, également présents dans le public, ont demandé pourquoi la presse ne parlait pas davantage de Gao Zhisheng. Un ancien dissident chinois résidant maintenant en Australie a suggéré que le nom de la rue où se situe le consulat de Chine à Sydney devrait être rebaptisée "rue Gao Zhisheng" afin de faire passer un message en Chine.


Le Comité américain des finances a approuvé le 24 juin dernier le changement du nom de la rue passant devant l’ambassade de Chine à Washington. Elle a été renommée "place Liu Xiaobo" pour attirer l’attention sur la détention actuelle de ce dissident chinois ayant reçu un Prix Nobel, ainsi que la lamentable situation des droits de l’homme en Chine.


M. Shoebridge a déclaré qu’il est important de soutenir ceux qui se battent pour les droits de l’homme en Chine et a encouragé les gens à contacter leurs représentants au niveau régional et fédéral pour leur faire part de leurs inquiétudes.


Une proposition de législation pour faire libérer M. Gao Zhisheng, pour mettre fin à la discrimination basée sur la religion ou les convictions en Chine, ainsi que pour assurer que le gouvernement australien exprime ses inquiétudes au sujet des violations des droits de l’homme en Chine a été présentée et votée lors de la projection.


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