Un groupe d’avocats chinois passés à tabac suite à leur visite à un centre de lavage de cerveau

Les onze avocats ont été photographiés après avoir été arrêtés et battus dans le Sichuan les 13 et 14 mai, suite à leur visite à un centre de lavage de cerveau. De gauche à droite: Wen Haibo, Tang Jitiang, Wang Cheng, Tang Tianhao, Liang Xiaojung, Jian Tianyong, Guo Haiyue, Li Heping, Zhang keke, Lin Qiwei, Yang Huiwen (Li Fangping via Weibo.com)

Le 13 mai, un groupe de plus d’une dizaine d’avocats chinois des droits de l’homme essayant d’enquêter sur un centre extrajudiciaire de "lavage de cerveau" dans le sud-est du pays, a été violemment mis à mal par les gardes, avant d’être remis entre les mains de la police, qui les a battus à son tour et gardés en détention toute la nuit, avant de les relâcher.


Les avocats étaient allés visiter le Centre d’éducation juridique d’Er’ehu dans la ville de Ziyang, province du Sichuan. Le terme "centre d’éducation juridique" est un euphémisme employé par les autorités chinoises pour se référer à des endroits opérant "la réforme de la pensée", également connu sous le nom de lavage de cerveau, sur des pratiquants de la discipline spirituelle Falun Gong. Le site web du Falun Gong Minghui.org, couvre une histoire longue et détaillée de torture mentale et physique contre les pratiquants de Falun Gong à Er’ehu.


Sept avocats ont d’abord été arrêtés à l’extérieur d’Er’ehu pour "entrave à affaires officielles", selon le CHRD (China Human Rights Defenders), un réseau de recherche et de défense juridique.


Quatre autres avocats ont été arrêtés après s’être précipités à Ziyang pour intervenir dans les arrestations, selon les rapports du CHRD ces derniers ont été détenus et interrogés avant d’être relâchés.


Jiang Tianyong, un des premiers individus touchés par l’incident, a déclaré lors d’un entretien accordé le 14 mai à Epoch Times: "Nous venions juste d’arriver au centre d’éducation juridique et nous ne nous attendions pas à ce qu’ils soient si agressifs et si violents. Ils ont bondi sur nous et ont commencé à nous frapper. Plus tard, ils nous ont emmenés dans la cellule de la police locale – sur place se trouvaient de nombreux policiers en civil et des agents de la sécurité intérieure. Pendant tout ce temps, ils ont été extrêmement violents, nous sommes restés dans la cellule jusqu’aux premières heures matinales, puis ils nous ont emmenés moi, Li Heping, et Tang Hao Tian, dans la cellule du poste de police de la route de Binjiang. Ils ont conduit les cinq autres avocats dans un autre endroit pour les garder encore toute la nuit – c’est seulement aujourd’hui à 11h40 qu’ils ont été libérés".

Deutsche Welle version chinoise a demandé à Liu Weiguo, un autre avocat des droits civiques, ce qu’il pensait de la violence du traitement infligé au groupe. Liu a déclaré qu’elle était probablement liée à l’identité du groupe détenu dans le centre, et que «les avocats ont éventré le trou noir du système d’application de la loi en Chine- à savoir les détentions arbitraires, les prisons noires, la torture et les disparitions forcées ainsi que la persécution du Falun Gong sévissant sous le système du maintien de la stabilité".


Le soutien est arrivé de la part d’autres avocats de défense des droits de l’homme à Pékin, sur la photo Teng Biao, Li Fangping, une femme non identifiée, Liu Wei et Xiao Guozhen. Ils tiennent une banderole proclamant : «Ziyang : attaquer frénétiquement les avocats ne camouflera pas les crimes du centre de lavage de cerveau!». (Teng Biao via weibo.com)

Alors que certains rapports ont décrit l’établissement comme étant une prison noire, ce terme est plus généralement employé pour désigner les endroits qui détiennent les pétitionnaires - des gens qui se rendent à la capitale pour demander réparation de préjudices


Le Centre d’éducation juridique d’Er’ehu à Ziyang a un objectif plus spécifique, celui de "transformer" et de torturer les pratiquants de Falun Gong. Il a détenu des centaines de pratiquants depuis sa création en 2006, et selon Minghui, début 2012 deux pratiquants de Falun Gong y ont été tués. Des centres de lavage de cerveau de ce genre ont été établis dans presque chaque ville de Chine, opérant en dehors du système judiciaire chinois. Ils sont contrôlés par le comité politique et juridique du Parti communiste local et par la branche locale du Bureau 610, l’organisme extrajudiciaire chargé de coordonner la persécution du Falun Gong.


On peut lire dans un rapport du site Minghui du 19 février que: "selon des statistiques incomplètes, il pourrait y avoir 400 à 500 pratiquants de Falun Gong détenus à Er’ehu."


Cette visite courageuse de l’établissement intervient juste un mois après que la persécution du Falun Gong sévissant en Chine depuis 1999, après qu’elle ait été initiée par l’ancien dirigeant du régime Jiang Zemin, a été largement révélée dans un article détaillé sur le camp de travail de Masanjia, connu pour avoir mis en œuvre la plus brutale des tortures contre les pratiquants du Falun Gong, article publié dans le Lens Magazine.


Les incroyables méthodes de torture décrites dans l’article ont suscité un véritable déchaînement sur l’Internet chinois, jusqu’à ce que les autorités répriment sa diffusion.


Les avocats de défense des droits de l’homme à travers le pays, également appelés en Chine avocats "weiquan", se sont mobilisés pour soutenir le groupe allé dans le Sichuan : Teng Biao, un autre avocat weiquan bien connu qui n'était pas allé à Ziyang, a laissé sur Sina Weibo, un site de microblog du type Twitter, une photo de cinq autres avocats tenant une banderole où on pouvait lire: "Ziyang : attaquer frénétiquement les avocats ne dissimulera pas les crimes du centre de lavage de cerveau !"


Version en anglais
Group of Chinese Lawyers Beaten After Visiting Brainwashing Center

Vous pouvez imprimer et faire circuler tous les articles publiés sur Clearharmony et leur contenu, mais veuillez ne pas omettre d'en citer la source.

Contacter les éditeurs : chrisfym@fldf.be

Vous pouvez imprimer et faire circuler tous les articles publiés sur Clearharmony et leur contenu, mais veuillez ne pas omettre d'en citer la source.