Commémorer le 25 avril 1999 devant l'Ambassade de Chine à Paris : " Le Falun Gong, une pratique bénéfique à l’humanité ! "

PARIS- Ce 25 Avril, plusieurs dizaines de pratiquants de Falun Gong se sont rassemblés devant l’ambassade chinoise, à Paris. Ils entendaient commémorer le 25 avril 1999, jour de l'Appel pacifique de 10 000 pratiquants devant Zhongnanhai, complexe du gouvernement central dans la capitale, Pékin


C'était le plus grand rassemblement public spontané depuis le massacre de la place Tiananmen en 1989.


Alain Tong, président de l’association Falun Dafa France (Da Ji Yuan)

" Des pratiquants de Falun Gong avaient arbitrairement été arrêtés par la police dans la ville de Tianjin, après avoir appelé le rédacteur chef d’un magazine politique ayant diffamé le Falun Gong à retirer son article erroné. Le magazine a refusé et les pratiquants locaux ont lancé un appel au gouvernement municipal de Tianjin qui les a redirigés vers le Bureau central d'appels à Pékin ", indique Alain Tong, président de l’Association Falun Dafa France.


Bien que les craintes d'émeutes se soient avérées infondées, la police a refusé de laisser les pratiquants s’approcher du principal Bureau des Appels. En fait, ce sont les autorités qui les ont dirigés à un endroit en face de Zhongnanhai et qui semblait entourer le complexe. Cette tactique était un geste calculé utilisé afin d’accuser à tort les pratiquants de Falun Gong d’avoir "encerclé"le bâtiment .




Des pratiquants de Falun Gong font la démonstration des exercices devant l’ambassade de Chine (Da Ji Yuan)


Un tournant historique

Après des heures de négociations entre les manifestants et les fonctionnaires de Pékin, cinq représentants du groupe ont été invités à parler avec le Premier ministre Zhu Rongji.


" M.Zhu Rong Ji, Premier ministre de l’époque, a dit aux personnes rassemblées qu’il connaissait le Falun Gong et ses " bienfaits pour la santé. le soir même, les pratiquants étaient relâchés ", rappelle Alain Tong, ajoutant que les pratiquants avaient fait attention à ne pas gêner la circulation en s'alignant sur le trottoir, et avaient même nettoyé l'endroit avant de partir. Mais Jiang Zemin, Secrétaire général de l’époque, avait été furieux en apprenant la nouvelle.


En dépit de cette résolution, il y eût des remous au sein du Bureau politique. Afin de consolider son pouvoir personnel, Jiang Zemin, alors chef du Parti communiste chinois, proscrivait illégalement la pratique trois mois plus tard, le 20 juillet 1999.


Une persécution " absurde ", selon Alain Tong, qui pointe la responsabilité de l’ancien Secrétaire général " chaque pratiquant assassiné serait compté comme un suicide ", ou " détruisez leur réputation, acculez-les financièrement et détruisez les physiquement" avait-il ordonné, ne donnant pas plus de trois mois au Falun Gong.


C'est ce qui a marqué le début d’une campagne à l’échelle nationale pour calomnier et éradiquer le Falun Gong. Les livres, vidéos et cassettes de Falun Gong ont été confisqués et détruits à grande échelle. Les sessions d’exercices dans les parcs publics étaient régulièrement harcelées, des témoins se souviennent de pratiquants soulevés par la police alors qu’ils étaient encore les jambes croisés en méditation, et jetés à terre.


Près de 4000 décès de pratiquants de Falun Gong sous les coups et la torture ont été vérifiés depuis 1999; cependant, des experts des droits humains en estiment le chiffre à au moins 10 000. Beaucoup plus ont été torturés pour leur croyance et même tués pour leurs organes.


Seulement sept ans avant l'appel de Zhongnanhai, M. Li Hongzhi, nominé depuis pour un Prix Nobel de la paix, transmettait la pratique spirituelle du Falun Gong au public. Falun Gong, une combinaison d'exercices, de méditation et de principes moraux, était rapidement devenu populaire dans toute la Chine. C'est cette popularité que le régime communiste chinois, connu pour avoir une tolérance zéro vis à vis de toute voix alternative, allait percevoir comme un dilemme.


" Devenir meilleur dans sa vie "

Christophe pratique le Falun Gong depuis 7 ans maintenant. Il s’est joint aux pratiquants manifestant devant l’ambassade chinoise pour " se rappeler ", et "demander l’arrêt de la persécution ". Quand on lui demande pourquoi pratiquer le Falun Gong, Christophe répond : " J’ai toujours trouvé positif, ce côté de la cultivation et de la pratique, le fait de pouvoir s’améliorer en suivant les principes d " Authenticité, bienveillance, tolérance " . Avoir cette pratique qui permet à quelqu’un de devenir meilleur dans sa vie, je trouve cela extraordinaire ", continue t-il.

"..." cette pratique qui permet à quelqu’un de devenir meilleur dans sa vie, je trouve cela extraordinaire a déclaré Christophe, un des pratiquants de Falun Gong, à la manifestation du 25 avril. (Epoch Times)

Le fondateur de la pratique, Li Hongzhi, a reçu de nombreuses proclamations et récompenses et un chaleureux accueil dans différents endroits du monde, au moment où il transmettait le Falun Gong. Aujourd’hui la discipline est pratiquée dans de nombreux pays à travers le monde, le Zhuan Falun, le livre contenant l'essentiel de ses enseignements a été traduit dans une quarantaine de langues.


Si Christophe se dit "triste de voir des gens mis à mort pour leur croyance", il est toutefois confiant en l’avenir. " En 1999, 80 millions de gens le pratiquaient. Aujourd’hui, il est toujours pratiqué en Chine…Rien ne peut arrêter le Falun Gong, rien ne peut arrêter une pratique qui est bénéfique à l’humanité !", conclut-il.


Soutien spontané des passants

Expliquer les faits aux passants

Thomas, devait se rendre à l’ambassade chinoise pour un visa afin de partir travailler en Chine dans un studio d’animation. Attiré par la petite foule de pratiquants il a été surpris d’apprendre les faits de la persécution. " Je n’étais pas du tout au courant. Ce ne sont pas des questions qu’on se pose en France. C’est choquant ! Je ne comprends pas pourquoi on ne les laisse pas pratiquer ", indique t-il.


" Rien qu’en les voyant, je trouve cela apaisant, transcendant , c’est choquant ! Je ne comprends pas pourquoi on ne les laisse pas pratiquer" a déclaré Thomas qui s’est arrêté pour avoir des informations. (Epoch Times)

Le jeune homme a écouté les discours et exprimé son soutien aux pratiquants assis en méditation " Rien qu’en les voyant, je trouve cela apaisant, transcendant ", a t-il remarqué.


" Torturer en toute impunité "

Alain Tong, président de l'Association Falun Dafa France aux cotés de Raphaël Chenuil-hazan, président d’Ensemble Contre la Peine de Mort, et de Marie-Françoise Lamperti, présidente de l’ONG Agir pour les Droits de l’homme (ADH), venus soutenir la manifestation commémorant le 25 avril 1999, à Paris. (Epoch Times

Des intervenants venus apporter leur soutien ont rappelé les défis que traverse la Chine. Raphaël Chenuil-hazan, président d’Ensemble Contre la Peine de Mort, a exhorté l’administration chinoise à " plus de transparence ". " Nous sommes prêts à dialoguer avec les autorités chinoises. Qu’elles viennent discuter de la situation, qu’elles nous apportent la preuve que l’État de Droit existe et qu’il est respecté ! Il faut en finir avec ces exactions contre ceux qui défendent les Droits de l’homme ", a-t-il déclaré.


Marie-Françoise Lamperti, présidente de l’ONG Agir pour les Droits de l’homme (ADH), a rappelé au micro qu’en Chine " on continue à torturer en toute impunité". " Or la Chine fait partie intégrante de la communauté internationale, elle siège au Conseil de sécurité de l’ONU", "et l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme stipule que la liberté de pensée, de conscience et de religion est un droit ! " rappelle t-elle.


Depuis trois ans et le début de la campagne anti-corruption en Chine, Xi Jinping a arrêté de nombreux fonctionnaires. Tous faisaient partis de la faction dirigée par Jiang Zemin. Cette lutte de clans pour le contrôle de l’appareil politique arrive aujourd’hui à un stade où presque tous les partisans de l’ancien Secrétaire sont incarcérés.


En prison, de nombreux pratiquants de Falun Gong sont toujours torturés par les autorités pénitentiaires, qui cherchent par ce moyen à leur faire renoncer à leur pratique. Ces exactions vont parfois jusqu’aux prélèvements forcés d’organes, qui en plus d’être un moyen d’exécution, alimente un trafic lucratif. De nombreuses enquêtes ont confirmé l’existence d'une telle pratique en Chine, maintenue avec la complicité des hôpitaux militaires et de l’appareil policier.


Marie-Françoise Lamperti s’étonne du manque de réaction de la communauté internationale. " C’est terrible de constater qu’il y a des gens qui nient cette réalité. En fait, lorsqu’ ils choisissent de nier, ils adoptent une position négationniste qui procède de la même pensée totalitaire que, lorsque après la Deuxième guerre mondiale, d’anciens nazis continuaient à nier la Shoah et les chambres à gaz ", souligne-t-elle.


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