L’histoire des greffes d’organes en Chine – d’hier à aujourd’hui

16 août 2012: des médecins transportent des organes frais pour une transplantation dans un hôpital de la province du Henan, Chine. (Capture d’écran de Sohu.com)


Lors de la Conférence sur les donations et transplantations d’organes tenue à Guangzhou du 21 au 23 août dernier, plusieurs grandes organisations médicales occidentales ont exprimé à la Chine leur reconnaissance pour l’amélioration du système des transplantations d’organes. Nombreux sont ceux qui voient ici l’annonce d’une future catastrophe humanitaire, car cela correspond à valider un système abusif et contraire à l’éthique de prélèvements d’organes effectué sur des prisonniers, y compris des prisonniers de conscience. Dans le cadre des débats sur cette question, voici une courte chronologie de l’histoire des transplantations d’organes abusives en Chine.


Les greffes commencent

Après un fiasco dans les années 1970, l’industrie des transplantations d’organes a émergé en Chine dans les années 1980 en utilisant les organes des prisonniers exécutés. Les receveurs d’organes étaient presque exclusivement des hauts cadres du Parti communiste.


Les condamnés à mort

En 1984, le Ministère de la Sécurité publique et d’autres institutions ont adopté de nouvelles dispositions sur la transplantation d’organes à partir des prisonniers. Ces dispositions prévoyaient que " l’utilisation des cadavres ou des organes de criminels exécutés devait être gardée strictement secrète ". À ce jour, ces instructions n’ont pas été supprimées.


Les prisonniers ouïghours

Au cours des années 1990, les prisonniers politiques, en particulier appartenant à l’ethnie ouïghoure ont commencé à être ciblés pour leurs organes. Selon les témoignages d’anciens policiers et chirurgiens dans le Xinjiang, la patrie du peuple ouïghour, les organes étaient prélevés avant que le cœur des prisonniers ne cesse de battre. C’étaient les premiers cas connus de prélèvement d’organes à vif.


Falun Gong


En 1999, l’ancien chef du Parti communiste Jiang Zemin a commencé à l’échelle nationale une persécution de la pratique spirituelle Falun Gong. Selon les sources occidentales et les organisations gouvernementales chinoises, à la fin des années 1990 cette discipline était pratiquée par environ 70 millions de Chinois.


L’explosion des transplantations d’organes 


En 2000, le nombre de greffes d’organes en Chine a commencé à exploser. Des centres de transplantation ont été créés, de nouveaux chirurgiens ont été formés, et les hôpitaux chinois ont commencé à se vanter des délais d’attente de seulement quelques semaines pour l’acquisition des organes vitaux. Les futurs receveurs de cœur étaient informés de l’heure exacte de la disponibilité de leur nouvel organe, ce qui est impossible si cela n’est pas lié à une exécution programmée. Toutefois, la nouvelle source abondante d’organes restait encore un mystère.

La dénonciation


À partir de 2006, des témoins, des appels téléphoniques secrets et des rapports d’enquête ont commencé à apparaître indiquant que les pratiquants de Falun Gong étaient devenus la principale source des organes transplantés en Chine. Les pratiquants de Falun Gong qui réussissaient à quitter la Chine témoignaient qu’ils avaient été soumis à des tests sanguins inhabituels et à des examens sur le bon fonctionnement de leurs organes. Certains déclaraient d’avoir été menacé du prélèvement de leurs organes s’ils refusaient d’abandonner leur croyance.


Des révélations approfondies


Au fil des années, une image plus complète a commencé à émerger : des experts ont estimé que plus de 60 000 prisonniers de conscience du Falun Gong avaient été tués pour leurs organes et pire encore, avaient eu leurs organes arrachés alors qu’ils étaient encore en vie.


Dissimulation des faits


Depuis 2012, plusieurs des hauts-fonctionnaires responsables de crimes contre le Falun Gong ont été purgés lors de la lutte intestine au sein du Part communiste chinois. En 2015, le vice-ministre de la santé Huang Jiefu a accusé l’ancien puissant patron de la sécurité chinoise Zhou Yongkang d’avoir gérer un « sale » système de prélèvements d’organes sur les prisonniers. Jiang Yanyong, le médecin qui a exposé le SRAS a accusé Xu Caihou, un haut commandant militaire, d’avoir autorisé les prélèvements d’organes à vif. Cependant que le Falun Gong n’ait jamais été mentionné, la critique ouverte a été largement perçue comme une tentative des dirigeants actuels pour se départir de la responsabilité de ces pratiques. En même temps, Huang Jiefu a promis à l’Occident d’abolir progressivement l’utilisation des organes de prisonniers.


L’acceptation de l’Occident


Malgré le fait que ce n’était que des promesses, les principales organisations médicales occidentales semblent vouloir reconnaître le système de transplantation en Chine comme étant un système éthique. Cela a comme but d’encourager la Chine à élaborer des lois effectives capables de mettre fin à ces pratiques contraires à l’éthique. Cependant nombreux sont ceux qui craignent que cela ne servira qu’à consolider l’industrie abusive et illégale de transplantations d’organes en Chine, et à oublier les dizaines de milliers de victimes qui ont été tués pour approvisionner le commerce lucratif d’organes humains depuis les années 2000.


Version anglaise :
China’s Organ Transplant History Over Time

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