Un chirurgien chinois accusé de nombreux prélèvements forcés d’organes

Docteur Jay Lavee, chef du service de transplantation cardiaque au Centre Médical Chaim Sheba, à Tel HaShomer en Israël, s'exprime à la conférence de Médecins contre le Prélèvement Forcé d’Organes (DAFOH) à Berlin. (Jason Wang/Epoch Times)


Extérieurement, il ne semble pas y avoir de problème avec l’hôpital de Tongji à Wuhan. En fait, c’est une des Facultés de Médecine la plus prestigieuse de Chine. Mais en 2006, un membre du service de néphrologie a répondu "oui, sans problème !", à la question de si l’hôpital pouvait greffer un organe de pratiquant de Falun Gong.

"Quand vous êtes prêt, vous pouvez venir directement et nous pourrons discuter plus en détail ensemble", a continué la voix. L’appel en question faisait partie d'une série d’appels de la World Organization to Investigate the Persecution of Falun Gong (WOIPFG), (Organisation Mondiale pour Investiguer la Persécution contre les Pratiquants du Falun Gong) aux hôpitaux suspectés de participer aux prélèvements forcés d’organes sur les pratiquants de Falun Gong, Mais les preuves qu'il apporte de l’implication de l’hôpital Tongji à Wuhan, dans le prélèvement forcé d’organes des prisonniers de conscience et le rôle joué par un des chirurgiens éminents de cet hôpital suspecté d’avoir participé à ces opérations, ne sont pas des sujets dont les membres réputés de la communauté de la transplantation aiment discuter.


Le problème Chen

Le docteur Chen Zhonghua, un des chirurgiens en transplantation, était alors le directeur de l’Institut de Transplantation d’Organes à l’hôpital de Tongji, il est actuellement professeur de chirurgie dans la même institution


Chen a participé et co-écrit récemment un article pour le Congrès de la Société de Transplantation (CST) qui a eu lieu à Berlin. La Société de Transplantation est la société qui regroupe le plus grand nombre de professionnels de la greffe et joue un rôle de leadership dans le domaine au niveau mondial; des milliers de participants assistent à ses congrès bi-annuels. Chen a non seulement coécrit un article mais il a aussi fait partie du Comité scientifique pour le Congrès.


Il est également le conseiller pour Asie 2013 de la Société Internationale Pour l’Acquisition et les Dons d’Organes, qui est une section de la Société de Transplantation.


Chen participe à tous ses postes avec la société de Transplantation malgré la révélation publique des allégations de sa participation dans les prélèvements forcés d’organes sur des vivants.


La transcription de l’appel téléphonique incriminant l’hôpital de Tongji, dont Chen était à l’époque le chef de service, a été mise en ligne sur le site Internet de la WOIPFG et est citée dans un rapport majeur sur les prélèvements forcés d’organes des pratiquants de Falun Gong nommé Moisson macabre par les coauteurs canadiens David Matas, avocat international des Droits de l’Homme et David Kilgour, ancien procureur, parlementaire et secrétaire d’État Asie/Pacifique.


De plus, une plainte pour crimes a été enregistrée contre Chen au Bureau du Procureur à Boston en juillet 2006, quand Chen était dans la ville de Boston pendant qu’il assistait au Congrès mondial de la Transplantation. La plainte accuse Chen de «participation dans le programme de prélèvements forcés d’organes» qui vise les pratiquants de Falun Gong.


Le responsable permanent de l’éthique de la Société de Transplantation a écrit un document du type "question/réponse", spécialement sur la Chine, et la Société de Transplantation a pris beaucoup de mesures pour s’assurer que ses conférences ne soient pas des plateformes d’échanges pour les dernières avancées sur les prélèvements forcés d’organes des prisonniers exécutés.


Mais des militants et des chercheurs disent, que la Société de Transplantation n’a pas assez fait pour le cas de Chen Zhonghua.


Dans un courriel, Arne Schwarz, chercheur sur l’éthique dans la pratique de transplantation basé en Suisse, a écrit que:"Chen n’est pas un chirurgien ordinaire. Il est un Haut représentant d’un système de transplantation illégal en Chine.


D’après Schwarz, Chen était le directeur d’une unité de transplantation qui a réalisé 4000 transplantations «en utilisant en grande majorité les organes des prisonniers exécutés»

Schwarz explique qu’en permettant à une personne tellement impliquée de tenir les postes qu’elle occupe, "cela pourrait compromettre la Société de transplantation comme association scientifique concernée par l’éthique de la transplantation". Chen devrait être démis de ses postes.


D’après le règlement interne pour devenir membre de la Société de Transplantation: "Les membres de la société de Transplantation ne doivent pas être impliqués dans l’obtention ou la transplantation d’organes à partir de prisonniers exécutés ou d’autres donneurs où il y a le risque que le consentement autonome et libre soit manquant", Chen devrait être suspendu de ses fonctions, d’après Schwarz.


Quand Epoch Times a contacté les responsables de la Société de Transplantation pour les interroger au sujet de l’apparente contradiction entre le règlement interne et le fait que Chen détienne deux postes hauts placés dans la Société de Transplantation, ils n’ont pas répondu directement.


Docteur Opelz Gerhard, membre du Comité exécutif de l’organisation du congrès de Berlin et président de la Société de Transplantation, a renvoyé la question à Delmonico. Delmonico a ensuite renvoyé la question concernant Chen à Opelz. En réponse à la deuxième demande de commentaire le 30 juillet 2012, Opelz a répondu simplement qu’il serait "en vacances jusqu’au 20 août".


Des articles scientifiques sont rejetés

La Société de transplantation ne permet pas la présentation de recherche à ses conférences si la source des organes utilisés dans la recherche est d’origine douteuse. Les participants de la République Populaire Chinoise (RPC) au congrès ont tous signés une déclaration à cet effet.


La conséquence de l’application de cette règle, est que «sept ou huit» articles scientifiques de la RPC ont été rejetés, d’après le Docteur Jay Lavee, chef du service de transplantation cardiaque au Centre Médical Chaim Sheba à Tel HaShomer en Israël. Docteur Lavee a fait cette remarque pendant la conférence du18 juillet tenue par des médecins contre les Prélèvements Forcés d’Organes (DAFOH), un groupe de médecins militants qui ont tenu simultanément leur propre conférence, tout comme le congrès de la Société de Transplantation.


Cette règle a fait en sorte que Chen a soumis un article scientifique dans la recherche sur les souris, au lieu des humains, parce que le dernier aurait été irrecevable par le règlement interne de la Société de Transplantation, d’après un courriel, envoyé à David Matas, par un membre de la Société de Transplantation au courant de la situation.


Pour la Société de Transplantation, c’est une distance acceptable par rapport aux pratiques auxquelles, elle s’oppose.


M. Matas a précisé que la Société de Transplantation devrait être encore plus stricte.


"Il y a une question qui se pose ici: ces personnes sont impliquées dans l’abus de transplantations. Que font-elles à ce genre de conférence, alors qu’elles sont engagées dans la recherche douteuse?".


Une partie de la raison de ce règlement interne est pour que la Société de Transplantation ne soit par complice dans l’abus de transplantations d’organes.

M. Matas explique qu’il est aussi très important de ne pas donner «le statut de respectabilité aux gens impliqués dans ces pratiques avilissantes».

"Des présentations comme celles-ci, sont exhibées sur leurs curriculum vitae ou sur leurs sites Internet. Ils ne l’utilisent pas seulement pour la recherche sur les souris. Ils sont activement impliqués dans le tourisme de transplantation, avec des honoraires très élevés. L’idée que cela soit correct, juste parce qu’ils en ont parlé au congrès à Berlin, est vraiment litigieux", a fait remarquer M. Matas.
Le règlement interne de la Société de Transplantation précise aussi, "qu’aucun chirurgien ou équipe chirurgicale ne devrait être directement ou indirectement impliqué dans l’achat ou la vente d’organes ou de tissus".


Les organes de qui?

Il est largement reconnu maintenant que la plupart des transplantations d’organes opérées en Chine, ont comme source les prisonniers exécutés. Par contre, qui est vraiment exécuté est un grand sujet de débat.


Actuellement un ensemble de preuves, en évolution constante, suggère que la cible première pour les prélèvements forcés d’organes est les pratiquants de Falun Gong.


Le Falun Gong, connu aussi sous le nom de Falun Dafa, est une pratique consituée de cinq exercices, dont le cinquième est une méditation, et une philosophie de vie basée sur les principes d’Authenticité, Bienveillance, Tolérance. Du fait de sa grande popularité – en 1999 plus de gens pratiquaient le Falun Gong qu’il n’y avait de membres au Parti communiste – et craignant que la population chinoise ne préfère les enseignements traditionnels du Falun Gong à l’idéologie communiste, le chef du Parti communiste chinois de l’époque, Jiang Zemin, initia la persécution contre les pratiquants du Falun Gong, le 20 juillet 1999.

Le livre Bloody Harvest de Messieurs Kilgour et Matas lie les prélèvements forcés d’organes sur
des pratiquants de Falun Gong directement à la persécution.


Dans ses récentes remarques lors d'un Forum à Capitol Hill à Washington DC, le Docteur en médecine Damon Noto, porte parole de DAFOH, a expliqué que la possibilité d’effectuer 10.000 transplantations par an, à des dates pré-établies comme le fait la Chine, implique l’existence d’un réservoir de quelques 150.000 personnes prêtes à être exécutées, pour des raisons de compatibilité des groupes sanguins et des types tissulaires avec ceux des receveurs: dans ses remarques données à un forum récent au Capitol Hill à Washington, D.C. Les chercheurs disent que la population emprisonnée de pratiquants de Falun Gong fournit cette réserve d’organes.


Chen a été accusé de participer à ce vaste système macabre. Il n’a pas pu être contacté pour donner ses commentaires sur cet article.


Pour les militants, la gravité des plaintes contre lui nécessite beaucoup plus qu’une réponse sans conviction de la Société de Transplantation.


"Il est impensable qu’un professeur de médecine, qui est supposé protéger la vie humaine, commette activement des crimes contre l’humanité", a écrit dans un courriel Waltraud Ng, porte-parole pour le Centre allemand d’information du Falun Gong. "Pour empêcher les médecins sans éthique de participer à un congrès comme celui-là, seulement ceux qui ont signé la Déclaration d’Adhésion de la Société de Transplantation auraient la permission de participer".

Version originale Accused Chinese Organ Harvester Lurks in Transplant Community

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