Sensibiliser à la persécution lors de la Journée Internationale de Soutien aux Victimes de la Torture à Saint-Pierre de La Réunion

Facebook Logo LinkedIn Logo Twitter Logo Email Logo Pinterest Logo

Le jeudi 25 juin 2026, à la veille de la Journée Internationale de Soutien aux Victimes de la Torture, l'association Éveil de Chine a organisé une activité de sensibilisation sur le parvis du poste de Police Municipale de la rue des Bons Enfants, à Saint-Pierre, dans le sud de l'île de La Réunion.

null

Les pratiquants de Falun Gong qui ont été persécutés et torturés en Chine exposent les tortures qu’ils ont subies.

Plusieurs pratiquants de Falun Gong, originaires de Chine et réfugiés à La Réunion après avoir fui la persécution lancée par le Parti communiste chinois (PCC) à leur encontre, étaient présents. Parmi eux, plusieurs ont été emprisonnés et torturés à de multiples reprises pour leur seule croyance spirituelle.

null

Une passante lit attentivement les témoignages de tortures que (de gauche à droite) Monsieur Huang Liang Gang, Madame Luo Juan, Madame Wang Hongyan tiennent dans leurs mains devant eux.

Debout face aux passants, chacun tenait entre ses mains une affiche décrivant, en termes sobres mais saisissants, la liste des persécutions et des tortures qu'il a personnellement vécues sur le sol chinois.

Cette mobilisation citoyenne prenait un relief particulier dans un contexte où cette journée internationale reste encore peu connue du grand public, peu relayée par les médias et rarement marquée par des initiatives institutionnelles — alors même que les droits humains fondamentaux, et en premier lieu le droit à l'intégrité physique de la personne, sont aujourd'hui mis à l'épreuve dans de nombreuses régions du monde.

Le 26 juin, une journée pour ne pas oublier

Le 26 juin est la Journée Internationale des Nations Unies pour le Soutien aux Victimes de la Torture, proclamée en 1997 par l'Assemblée générale de l'ONU en référence à l'entrée en vigueur, ce même jour en 1987, de la Convention des Nations Unies contre la torture. Son objectif est double : rendre hommage aux victimes et affirmer leur dignité, tout en interpellant gouvernements et citoyens pour exiger que les auteurs de ces crimes soient poursuivis et condamnés.

Car si la torture est universellement condamnée par le droit international, elle continue d'être pratiquée de manière systématique par certains régimes. Depuis juillet 1999, des millions de pratiquants de Falun Gong — discipline spirituelle fondée sur les principes d'Authenticité, de Bienveillance et de Tolérance — sont arrêtés, emprisonnés, torturés et, pour certains, tués pour alimenter un marché illégal de prélèvements forcés d'organes. C'est pour briser ce silence que les membres de l'association Éveil de Chine se mobilisent chaque année dans les rues de l'île.

Une présence sobre et poignante rue des Bons Enfants

Sur le parvis animé du bureau de poste de Saint-Pierre, le dispositif mis en place avait une force particulière. Une exposition photographique présentait les méthodes de torture employées par les autorités chinoises : chocs électriques, suspension forcée, privation de sommeil, injections de substances chimiques, passage à tabac... Des images documentées qui retenaient l'attention des passants.

null

Reconstitution de la torture du “Lit d’étirement”

Des tracts expliquant la nature du Falun Gong, la persécution menée par le PCC à son encontre et la réalité des prélèvements forcés d'organes étaient distribués. Des pétitions circulaient, exigeant l'arrêt de ces pratiques et la condamnation internationale du PCC pour crimes contre l'humanité.

null

Monsieur Yanlong Song, Madame Sun Shiying et Monsieur Du Yin invitent les passants à signer une pétition.

null

Une passante signe la pétition que lui a soumis Sun Shiying.

null

Une autre passante signe la pétition tendue pas Yanlong Song.

null

Une passante signe la pétition <a href="https://endccp.com/fr/">endccp</a> que lui tient Huang Liang Gang

null

Monsieur Luo Xiang Xu tient la pétition endccp condamnant le PCC pour les crimes qu’il a commis, pour un passant qui la signe.

Mais ce qui frappait le plus, c'étaient les pratiquants eux-mêmes. Debout, dans un silence digne, chacun tenait une affiche personnelle listant les épreuves qu'il avait traversées : tel pratiquant arrêté trois fois, soumis à des chocs électriques et détenu des années en camp de travail forcé ; tel autre emprisonné à plusieurs reprises, torturé pour le contraindre à renoncer à sa foi, et qui porte encore aujourd'hui des séquelles physiques. Derrière chaque affiche, une vie brisée par un régime, et la volonté de témoigner pour que cela cesse.

null

De gauche à droite, Monsieur Du, Madame Luo Juan, Madame Wang Hongyan tiennent entre leurs mains les affiches décrivant les tortures et mauvais traitements qu’ils ont vécues personnellement


null

De gauche à droite, Monsieur Luo Xiangxu, Monsieur Chen Bingghui, Monsieur Huang Ming Qiu tiennent entre leurs mains les affiches décrivant les tortures et mauvais traitements qu’ils ont personnellement vécues.

null

Madame Sun Gongxiang (à gauche) et Madame Luo Juan (à droite) tiennent entre leurs mains les affiches énumérant les tortures et persécutions qu’elles même ont personnellement subies.

On peut lire sur l'affiche entre les mains de Mme Lu Juan :

Je m'appelle Luo Juan, Je pratique le Falun Gong depuis 2003.

PERSECUTION :

En 2010, j'ai été arrêtée par la police chinoise et condamnée à six ans de prison.

TORTURES SUBIES :

La police chinoise m'a menottée en position de ' l'aigle déployé' sur une planche de porte, bras et jambes écartés sans me permettre d'aller aux toilettes.

J'ai également subi des décharges électriques sur tout le corps, à l'aide de matraques électriques. J'ai été forcée de rester debout plus de dix heures d'affilée, ce qui a provoqué un gonflement important de mes pieds et rendu la marche extrêmement douloureuse.

En prison, j'ai entamé une grève de la faim pour protester contre ces mauvais traitements. La police m'a alors soumise à une alimentation forcée. Lors d'une de ces séance de gavage, j'ai perdu connaissance dû à l'étouffement.

Pendant toute cette période, mon corps et mon esprit ont subi d'immenses souffrances et de graves traumatismes.

Réactions du public

Ci-dessous Madame Aïssa, ici aux côtés de Wang Hongyan, consciente des difficultés qu’affronte une personne devant fuir son pays, a spontanément proposé une aide à ces pratiquants de Falun Gong réfugiés à la Réunion. Elle a proposé un hébergement gratuit à son domicile si une de ces personnes était dans le besoin. Elle a laissé spontanément ses coordonnées.

null

Madame Wang Hongyan (à gauche) et Madame Aïssa .

null

Un jeune réunionnais aux côtés de M. Huang Lianggang.

L’ émotion suscitée par l'histoire de Wang Hongyan

Le père de Wang Hongyan fait partie des premières victimes. Arrêté à plusieurs reprises, il est d’abord envoyé un an en camp de rééducation par le travail (laojiao), puis condamné à sept ans de prison.

Derrière les murs, il subit des tortures systématiques. Parmi les plus cruelles figure le supplice dit du « lit d’étirement » (shen chuang, 抻床; photo d’illustration plus haut dans l’article) : la victime est suspendue par les quatre membres, son poids corporel reposant entièrement sur ses articulations. « Soumise à cela pendant longtemps, la victime pouvait en devenir handicapée », précise Madame Wang.

En 2007, après des années de sévices, cet homme meurt en détention. « Ce qui a été un coup dur pour toute notre famille », confie sa fille.

Wang Hongyan elle-même n’échappe pas à la répression. Arrêtée une première fois, elle est détenue dix jours dans un centre de détention. Lors d’une seconde arrestation, elle est condamnée à deux ans et demi de prison.

Les conditions de détention qu’elle décrit relèvent de la torture : alimentation forcée par sonde nasale avec « de l’eau salée très concentrée et du lait en poudre extrêmement épais », provoquant des troubles intestinaux sévères. Pendant des mois, elle est contrainte de rester assise sur un petit tabouret 15 à 16 heures par jour, de 5h30 à 20h30 ou plus tard, « sans pouvoir se laver, se doucher ou même aller aux toilettes ».

Wang Hongyan a subi deux prises de sang pour analyses. Un protocole qui interroge au regard des allégations, documentées par plusieurs enquêtes internationales, de prélèvements forcés d’organes sur des pratiquants de Falun Gong détenus.

null

En lisant l’affiche que tenait entre ses mains Mme Wang Hongyan, décrivant les tortures que son père décédé lors de son incarcération a subies, une dame a été émue aux larmes.

Face à la compassion et l’émotion de cette passante, Wang Hongyan s’est mise elle aussi à pleurer et toutes deux se sont étreintes pour se réconforter. L’émotion était palpable et les personnes autour ont également été très touchées par la scène : deux femmes aux destins différents venant de pays et de cultures différentes mais si proches par leur humanité et leur empathie.

null

La passante enlace chaleureusement Wang Hongyan en guise de réconfort.

null

Une émotion palpable.


Une démarche qui mérite d’être saluée

Le geste de ces hommes et de ces femmes, debout dans la rue des Bons Enfants par un jeudi de juin, témoigne d'un engagement sincère et constant. À une époque où le droit à l'intégrité physique de la personne reste fragile dans de nombreuses parties du monde, rappeler l'existence de cette journée internationale et la réalité des crimes qu'elle entend dénoncer est une démarche qui mérite d'être saluée et mieux connue — des institutions comme des médias. Car c'est en se mobilisant ainsi, année après année, qu'ils permettent à cette réalité de ne plus rester dans l'ombre.


* * *

Facebook Logo LinkedIn Logo Twitter Logo Email Logo Pinterest Logo

Vous pouvez imprimer et faire circuler tous les articles publiés sur Clearharmony et leur contenu, mais veuillez ne pas omettre d'en citer la source.