À l'approche du sommet du G7 le 15 juin, une initiative internationale à portée de l'organisation Doctors Against Forced Organ Harvesting (DAFOH) veut attirer l'attention des dirigeants occidentaux. Une pétition mondiale appelant à mettre fin aux prélèvements forcés d'organes en Chine a recueilli près de 600.000 signatures.
G7 à Évian – Ce mouvement, lancé à l'échelle internationale et accessible en ligne et sur papier, vise à sensibiliser les chefs d'État et à encourager une prise de position politique coordonnée. La campagne s'inscrit dans la durée, avec des mises à jour régulières fournies aux gouvernements concernés.
Une mobilisation internationale structurée et continue
La pétition , accessible via le site officiel, est traduite en 29 langues et s'adresse aux dirigeants des pays du G7 ainsi qu'à sept autres États. Selon Harold King, responsable de l'ONG Dafoh (Doctors Against Forced Organ Harvesting) en France, « l'objectif de la campagne de pétition est de rompre le silence de la communauté internationale sur la persécution et les prélèvements forcés d'organes en Chine ».
Le dispositif prévoit l'envoi systématique d'une lettre aux chefs d'État à chaque sommet du G7, accompagné d'un décompte actualisé des signatures. « Chaque fois que les États membres du G7 se réuniront, une lettre sera envoyée pour informer les présidents du dernier nombre de signatures », précise-t-il.
Le compteur de signatures , mis à jour mensuellement, agrège les soutiens collectés en ligne et sur papier et affichait 584.830 signatures au 15 mai 2026 avant sa prochaine mise à jour le 15 juin. Les organisateurs indiquent ne collecter « aucun détail personnel des signataires », soulignant une démarche axée sur la mobilisation citoyenne sans exploitation de données individuelles.
Des accusations de « génocide froid » au niveau international
Selon la requête , le prélèvement forcé d'organes désigne le fait de mettre à mort une personne afin de prélever ses organes en vue de transplantations. Selon les éléments relayés par les initiateurs de la pétition, cette pratique aurait été institutionnalisée en République populaire de Chine et se développerait à grande échelle au cours des dernières décennies, suscitant de vives préoccupations au sein de la communauté internationale.
Un tribunal indépendant basé à Londres, le China Tribunal et présidé par Sir Geoffrey Nice KC, a estimé en 2019 que de tels prélèvements avaient été commis « pendant des années dans toute la Chine à grande échelle et se poursuivent aujourd’hui ». Ses conclusions évoquent notamment le ciblage de certaines populations, dont des pratiquants du Falun Gong, présentés comme les principales victimes de ces pratiques.
Ces actes s’inscriraient dans une logique à la fois répressive et lucrative, certains allant jusqu’à les qualifier de « génocide froid ». Elles alertent sur une possible extension à d’autres groupes, notamment la population ouïghoure, et estiment qu’une absence de réaction internationale contribuerait à la persistance du phénomène. Dans ce contexte, elles plaident pour une réponse coordonnée afin de préserver les normes éthiques de la médecine à l’échelle mondiale.
Une interpellation directe des dirigeants du G7+7
L’initiative vise explicitement les chefs d’État des pays du G7, rejoints par sept autres nations sélectionnées pour leur poids démographique, leur activité en matière de transplantation ou leur exposition aux trafics d’organes. Une copie des résultats est également destinée à des institutions internationales, dont l’ONU et l’Union européenne.
Selon Harold King, « la pétition G7+7 continuera jusqu’à ce que les prélèvements forcés d’organes en Chine seront complètement arrêtés et qu’une enquête aura déterminé l’étendue de ce crime contre l’humanité, arrêté et condamné les coupables. » Ce ciblage se justifie par le rôle politique des pays concernés. « Les chefs d’État du G7 sont des responsables élus, démocratiquement désignés par la population de leur pays, et sont directement responsables de la sécurité et du bien-être de leur peuple », rappelle-t-il.
Au-delà de la mobilisation symbolique, la pétition formule une série de demandes concrètes à destination des chefs d’État du G7+7. Elle appelle en premier lieu à l’adoption d’une déclaration commune condamnant explicitement les prélèvements forcés d’organes attribués à la République populaire de Chine, assortie d’un appel à leur cessation immédiate.
Parmi les mesures proposées figure un volet de prévention visant à informer les citoyens des risques éthiques liés au recours à des transplantations en Chine. L’objectif est d’éviter toute forme de complicité indirecte, qu’il s’agisse de patients se rendant à l’étranger pour une greffe ou de professionnels de santé impliqués dans des activités de formation, de recherche ou de pratique susceptibles de soutenir ces prélèvements.
Le texte préconise en outre la suspension des coopérations médicales en matière de transplantation avec la Chine, tant que des preuves vérifiables de la fin de ces pratiques ne sont pas apportées. Cette exigence s’accompagne d’un appel à des inspections indépendantes.
Enfin, les signataires demandent l'organisation d'auditions parlementaires annuelles, la publication de rapports documentés, ainsi que l'ouverture d'enquêtes sur d'éventuelles violations du droit international, notamment à la rencontre des pratiquants de Falun Gong, des Ouïghours et d'autres groupes mentionnés.
Un contexte géopolitique et institutionnel complexe
DAFOH a inscrit cette campagne dans un environnement international marqué par des tensions stratégiques croissantes. L'organisation souligne que le G7 est « fortement impliqué dans une action internationale contre le terrorisme iranien et l'hégémonie de la République Populaire de la Chine », notamment en mer de Chine méridionale et autour de Taïwan.
Dans ce contexte, la question des prélèvements forcés d'organes se présente comme un enjeu de droits humains nécessitant une réponse coordonnée. Les organisateurs estiment que les mécanismes internationaux actuels restent insuffisants pour traiter ce dossier.
I ls soulignent notamment qu'« en vingt ans, depuis la révélation de l'existence des prélèvements forcés d'organes en Chine, l'ONU n'a jamais initié d'enquêtes sur ces crimes contre l'humanité ».
Une campagne relayée auprès des médias et des institutions
En parallèle des démarches diplomatiques, DAFOH diffuse régulièrement des communiqués de presse pour informer le public et les médias de l'évolution de la campagne. Le dernier en date faisait état du franchissement du seuil des 500.000 signatures en décembre 2025.
Un nouveau communiqué est attendu dans les prochains jours, dans le contexte du sommet d'Évian. L'organisation prévoit également une remise physique des signatures, sous forme papier, aux autorités concernées.
Si la pétition ne constitue pas en soi un instrument contraignant, ses initiateurs espèrent qu'elle contribuera à inscrire durablement la question à l'agenda politique international, en mobilisant à la fois l'opinion publique et les décideurs.
Source : The Epoch Times
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