La Réunion – Après le décès de leur fille cadette en juin, Chen Binggui et ses deux fils restent dans l’attente d’une décision sur leur nouvelle demande d’asile. Installé à La Réunion depuis août 2024, ce ressortissant chinois de 44 ans affirme craindre un retour en Chine en raison de sa pratique du Falun Gong.
Le dossier associe un deuil récent, une procédure administrative en cours et la persécution liée à une discipline spirituelle interdite en Chine depuis 1999. Les autorités françaises doivent désormais examiner à nouveau la situation personnelle de la famille et les risques évoqués par le père.La fille cadette de Chen Binggui, atteinte d’une leucémie, est décédée en juin 2026. La famille, arrivée à La Réunion le 30 août 2024, avait entrepris des démarches pour obtenir une protection en France, selon Linfo.re.
Chen Binggui et ses deux fils (Photo: Association Éveil de Chine)
Le père de famille explique avoir quitté la Chine après avoir subi des pressions et des emprisonnements liés à sa pratique de Falun Gong. La famille avait auparavant vécu en Malaisie avant de rejoindre La Réunion. Ces éléments constituent le cœur de son récit devant les administrations chargées de l’asile.
Sa première demande d’asile a toutefois été rejetée, de même que le recours formé ensuite devant la Cour nationale du droit d’asile.
Une nouvelle procédure d’asile engagée
Le 1er septembre, Chen Binggui a été interpellé par la police aux frontières, puis placé en garde à vue pendant 24 heures, avant d’être conduit au centre de rétention administrative du Chaudron, à Saint-Denis. Il a ensuite été assigné à résidence avec ses deux fils, rapporte Imaz Press Réunion.
Accompagné par La Cimade, il a déposé une nouvelle demande d’asile. Nicolas Hoarau, intervenant juridique au centre de rétention administrative, a déclaré: « Je l’ai accompagné et pour l’instant, il ne peut pas être expulsé tant que sa demande n’a pas été examinée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Ce qui prendra entre dix et vingt jours. »
La procédure en cours suspend donc provisoirement une éventuelle mesure d’éloignement, le temps que l’OFPRA se prononce. L’issue de cette instruction dépendra notamment de l’évaluation individuelle des craintes exprimées par le père, de son parcours et de la situation dans son pays d’origine.
Le Falun Gong, persécuté en Chine
Le Falun Gong, ou Falun Dafa, est une discipline spirituelle née en Chine, combinant exercices de méditation et enseignements moraux. Les autorités chinoises l’ont interdit en 1999 et le présentent comme une organisation illégale. Les pratiquants et les organisations de défense des droits humains dénoncent, de leur côté, une campagne de persécution de longue durée.
Dans le cas de Chen Binggui, la pratique revendiquée du Falun Gong représente l’argument principal de la demande de protection. Ses soutiens estiment que son identification comme pratiquant, ainsi que les épisodes d’emprisonnement qu’il a rapporté, l’exposeraient à un risque sérieux en cas de retour en Chine.
Les autorités françaises doivent maintenant se prononcer sur ce cas en matière d’asile.
La répression au-delà des frontières chinoises
La situation de la famille intervient dans un contexte plus large d'accusations de répression transnationale attribuées au Parti communiste chinois. Dans un article publié le 6 juin, Epoch Times rapporte le témoignage d'un ancien espion chinois réfugié en Australie, selon lequel le Falun Gong demeurerait une « cible prioritaire » à l'étranger et ferait l'objet de moyens importants de surveillance et de pression.
Le terme de « répression transnationale » désigne les actions qu'un État mènerait au-delà de ses frontières pour surveiller, intimider, influencer ou faire taire des opposants, des dissidents ou des membres de groupes ciblés. Dans ce dossier, l'article évoque notamment une attention particulière portée aux pratiquants du Falun Gong vivant hors de Chine, à leurs activités publiques et aux initiatives destinées à dénoncer les persécutions.
Un document de politique publique britannique publié en 2025 relève également des signaux de surveillance, de propagande, de harcèlement et de pressions visant à l'étranger des membres de groupes religieux interdits, dont le Falun Gong.
Une décision déterminante pour le père et ses fils
À court terme, l'attention se porte sur l'examen de la nouvelle demande par l'OFPRA. Tant que cette étape n'est pas terminée, Chen Binggui ne peut pas être éloigné du territoire, selon l'accompagnement juridique relatif par Imaz Press Réunion.
Une autre voie reste évoquée par les personnes qui accompagnent la famille : une admission exceptionnelle au séjour, qui relèverait d'une appréciation préfectorale au regard des circonstances individuelles. Le deuil de la famille, la présence de deux enfants et les risques avérés sont au centre des arguments avancés par ses soutiens.
Dans une pétition de soutien à la famille de Chen Bingui , le Centre d'information du Falun Dafa présente l'affaire comme urgente et demande une mobilisation en faveur de la famille.
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