Le Canada soulève la question des prélèvements d’organes devant l’ONU

12 mars 2014: Anne-Tamara Lorre, la représentante du Canada pour les droits de l’homme aux Nations-unies, a soulevé la question des prélèvements d’organes sans consentement en Chine lors de la réunion du Conseil des droits de l’homme des Nations-unies. (Capture d’écran via webtv.un.org) span>


OTTAWA – Mercredi 12 mars, pour la première fois, le Canada a formellement reconnu devant l’Organisation des Nations Unies les rapports sur les prélèvements d’organes sans consentement opérés par le régime chinois.


Les déclarations du Canada à l’ONU sont souvent remarquables par leur spécificité et leur force et cette tendance s’est confirmée la semaine dernière.


Les observations du Canada ont été les seules à susciter la réaction de pays spécifiques, la plupart des autres pays s’exprimant de manière générale et les États dont les abus sont documentés saisissant de telles occasions pour formuler des déclarations qui détournent l’attention de leurs propres problèmes en matière de droits de l’homme.


Anne-Tamara Lorre, la conseillère canadienne pour les droits de l’homme à l’ONU, a créé un précédent au cours du Dialogue interactif sur la liberté de religion au siège de l’ONU à Genève. Ce dialogue portait sur les rapports de deux rapporteurs spéciaux sur les droits de l’homme pour la 22e réunion de la dernière session du Conseil des droits de l’homme.


"Le Canada est profondément préoccupé par le sort des communautés religieuses persécutées dans différentes parties du monde où, soit en raison de restrictions gouvernementales ou d’hostilités sociales extrêmes, les individus sont ciblés en raison de leur foi ", a déclaré Mme Lorre.


Mme Lorre a continué en reconnaissant, pour ce qui semble être une première fois, les rapports sur les prélèvements d’organes en Chine.


"Nous restons préoccupés par le fait que les pratiquants de Falun Gong et d’autres croyants religieux en Chine soient confrontés à la persécution, tandis que les rapports selon lesquels les transplantations d’organes se déroulent sans consentement libre et informé des donneurs sont troublants."

Les allégations selon lesquelles le régime chinois prélève des organes sur des prisonniers politiques persistent depuis 2006, année durant laquelle David Matas et David Kilgour, deux avocats canadiens des droits de l’homme, ont publié leur rapport sur ce sujet.


Depuis, des preuves ont continué d’apparaître lorsque le journaliste d’investigation Ethan Gutmann a découvert que les prélèvements d’organes sur des minorités religieuses exécutées semblent avoir commencé dans le Xinjiang, la province de Chine abritant la communauté ouïgoure.


Le livre d’Ethan Gutmann sur les prélèvements d’organes en Chine intitulé The Slaughter : Mass Killings, Organ Harvesting, and China’s Secret Solution to Its Dissident Problem (Le massacre: tuerie de masse, prélèvements d’organes et la solution secrète de la Chine au problème de la dissidence) est attendu en août.


La déclaration de Mme Lorre a suscité le démenti du régime chinois, qui a catégoriquement rejeté ses commentaires. Le régime affirme qu’il a complètement protégé les droits des pratiquants du Falun Gong avec la «plus grande patience», tandis que les institutions médicales doivent obtenir l’autorisation des donneurs pour transplanter leurs organes.


La Chine n’a jamais autorisé aucune enquête indépendante sur son système de transplantation d’organes et a continuellement modifié ses explications sur la source des organes transplantés.


Après avoir longtemps nié utiliser les organes de prisonniers exécutés, le régime chinois a fini par l’admettre il y a quelques années. Huang Jiefu, le représentant du Ministère de la santé responsable des transplantations d’organes, s’est ensuite engagé en 2013 à éradiquer cette pratique.


Après avoir quitté le Ministère pour diriger le Comité des dons et des transplantations d’organes en Chine, Huang Jiefu a changé sa position en déclarant que le système actuel d’approvisionnement en organes des prisonniers devrait être développé plutôt qu’abandonné.


Les rapports sur les prélèvements d’organes en Chine ont poussé certains pays, dont Israël, Taiwan et l’Australie, à opérer des modifications législatives ou réglementaires concernant leurs citoyens voyageant en Chine pour y recevoir des greffes ou par rapport à la formation de chirurgiens chinois.


La 25e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a débuté le 4 mars à Genève.

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