‘Q&R dans les montagnes’ de Li Bai

Une traduction interprétative de la poésie classique chinoise de la Dynastie Tang
 

Un portrait du maître poète Li Bai. (image du domaine public)

Les œuvres de Li Bai-Du Fu, dépassent de loin toutes les œuvres poétiques de la dynastie Tang. Elles couvrent toutes les saisons, tous les terrains et toutes les humeurs, de sombres à lyriques, de poèmes pleins d’équanimité solaire, à d’autres remplis de regrets. Le domaine couvert par ce poète est si vaste qu’il peut être utile de penser à lui comme à deux entités extrêmement distinctes, tout en gardant néanmoins à l’esprit que si vous souhaitez vraiment bien connaître l’une ou l’autre de ces deux entités, vous devez aussi comprendre comment elles sont liées l’une à l’autre.


En réalité se sont deux poètes différents- Li Bai et Du Fu. Ils étaient à peu près contemporains dans la période du milieu de la dynastieTang, bien que Li Bai ait acquis sa prééminence le premier (à la fin de la première période Tang) et que Du Fu soit arrivé peu de temps après (au début du milieu de la période Tang) ; comme une frère cadet, avec une sorte d’amour frappé d’admiration pour son prédécesseur et mentor. Mais à les considérer ensemble, ils sont les véritables géants jumeaux de cette période incroyablement créatrice, et brillent d’un éclat sans pareil. Dressés comme un seul, tels Castor et Pollux, ils captent et retiennent l’attention dans le ciel nocturne.


Et comme il est presque plus facile de raconter une histoire chronologiquement, je commencerais aujourd’hui par une traduction d’un poème de Li Bai, arrivé le premier dans le temps, avec une explosion de gloire éblouissante. Dès son plus jeune âge son génie fût largement reconnu. Mais il suivit un chemin non conventionnel, en vagabond romantique, il repoussa le service dans la bureaucratie impériale. En fait c’est un sujet délicat parmi les traditionalistes – pour qui les talents poétiques ont toujours été fortement associés avec le service de l’état- que le plus grand peut-être de tous les poètes classiques ne se soit jamais soucié de passer l’examen de la fonction publique. Dépourvu d’affectation officielle ou de titre, Li Bai possède une pure voix lyrique. C’est un grand poète de la nature. Et il parle de graves questions spirituelles avec une touche d’aisance et de légèreté.


Comme j’espère pouvoir le rendre dans ma traduction de son poème ci-dessous, il pouvait facilement réunir ensemble en quelques brefs couplets, le naturel et le spirituel, aussi bien si ce n’est mieux que n’importe quel autre homme de son temps ou d’un autre temps.



    Q&R au milieu des montagnes

    À la question de pourquoi je reste
    de si nombreux jours
    dans ces montagnes gris-bleu
    je ne peux répondre que par un sourire
    qui montre combien le temps libre
    comble mon cœur

    Comme une fleur épanouie de pêcher
    tombe dans la rivière
    pour être emportée
    par le courant

    Depuis ce perchoir
    je jette mon regard
    sur le ciel au-dessus
    et la terre au-dessous
    De l’un et l’autre suis en retrait
    et participe
    à part égale


    (Texte français Clearharmony)


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