Le Sydney Morning Herald couvre l’histoire de la persécution et la situation actuelle des pratiquants du Falun Gong à la veille des Jeux Olympiques

L’étau se resserre sur [le groupe] persécuté
 

HELEN, une diplômée universitaire qui parle couramment l’anglais et une autre langue européenne, vit dans la pauvreté dans un immeuble dégradé d’une ville chinoise que nous ne pouvons nommer pour la protéger.

Les appartements de chaque côté du sien sont occupés par les maîtresses d’hommes d'affaires chinois

Helen, qui n’est pas son nom véritable, mène aussi une vie secrète – une vie qui est de loin beaucoup plus dangereuse et moins tolérée par les dirigeants de la Chine communiste que ne l’est le fait d’être une maitresse ou d’avoir une maitresse.

Elle croit en Falun Gong, un mouvement spirituel quasi bouddhiste qui prône les principes " Vérité, Compassion et Tolérance " et enseigne le qi-qong – des exercices chinois sur le souffle – pour améliorer la santé et qui guérit même dit-on les maladies et les blessures.

Pratiquer le Falun Gong en Chine est passible de prison, de torture et même de mort.

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Il y a eu au moins 3000 morts vérifiées et 63 000 cas de torture de pratiquants du Falun Gong en Chine. Helen qui refuse de renoncer au Falun Gong a survécu à deux années dans un camp de travail mais pense qu’elle ne pourrait pas survivre à un troisième, raison pour laquelle elle mène une vie de fugitive.

Les Jeux Olympiques sont à moins de deux semaines, et le pays a intensifié son vaste réseau de sécurité pour assurer des Jeux sans incident. Cela comprend des balayages aléatoires des bâtiments d'habitation pour s'assurer que les «indésirables» sont ramassés ou menacés et envoyés dans d'autres juridictions, ce qui rend la vie encore plus précaire pour les gens comme Helen. The Herald a interrogé plusieurs pratiquants du Falun Gong en Chine qui se cachent, dont trois nouvelles recrues, pour voir comment le mouvement se comporte au bout de neuf années de persécution et à l’approche des JO.

Le Falun Gong a été interdit en juillet 1999 quand le gouvernement s’est inquiété de sa soudaine popularité et de sa capacité à organiser des manifestations de masse. La célèbre manifestation silencieuse d’avril 1999 quand 10 000 pratiquants du Falun Gong ont entouré Zhongnanhai, le complexe des dirigeants du Parti communiste à Beijing, a été la dernière goutte qui a fait déborder le vase pour le Président de l’époque, Jiang Zemin, qui a ordonné qu’on éradique le mouvement. [Note de l’éditeur : les pratiquants se sont rendus au bureau des appels comme leur avait suggéré les autorités de Tianjin, selon leurs droits protégés par la loi. Il n’y a jamais eu une tentative ou une intention de « cerner » le complexe des dirigeants]

Le Falun Gong a été fondé en 1992 par M. Li Hongzhi, un ancien soldat devenu expert de qi gong. C'était le plus populaire des groupes de qi gong en vogue car les gens étaient en quête de sens dans une Chine post communiste, quasi capitaliste mais toujours contrôlé par un parti unique.

Quand le Falun Gong a été interdit, les médias contrôlés par l’état ont estimé qu’il y avait 70 millions de pratiquants en Chine dont des cadres du gouvernement et du parti.

Une féroce campagne de propagande impliquant tous les niveaux de gouvernement et la société a suivi, rappelant les purges communistes précédentes telles que la Révolution culturelle. Elle a diabolisé le Falun Gong comme un culte millénariste menaçant la stabilité sociale

Des milliers de membres ont été contraints à abjurer ou à endurer la torture et la mort dans les camps de travail. Ils ont été licenciés, expulsés des universités, privés de soins de santé et de leur retraite. Certains conjoints ont demandé le divorce. Le gouvernement a dit que plusieurs membres se sont auto immolés par le feu sur la place Tienanmen, un incident que le Falun Gong déclare avoir été monté de toutes pièces.

A l'extérieur de la Chine, le Falun Gong a continué de croître. Des pratiquants de 70 pays, y compris en Australie mènent une campagne de guérilla contre le Parti communiste, faisant valoir, entre autres choses, que 6000 détenus du Falun Gong ont eu leurs organes prélevés.

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Le Département d'Etat des EU et le Congrès, Les Nations Unies et des organisations des droits de l'homme comme Amnesty International disent que la persécution du Falun Gong en Chine est un abus persistant des droits de l'homme

Depuis qu’ Helen a été libérée du camp de travail en 2005 elle vit en marge de la société, déménageant fréquemment mais continuant à faire la chose que le gouvernement craint le plus : Faire connaître les faits à propos du Falun Gong.

«De plus en plus de gens deviennent des pratiquants" dit-elle calmement. "Même sous une telle persécution ... il est en train de devenir une force que le PCC [Parti communiste de Chine] ne sera pas en mesure d'arrêter prochainement."

Les précautions prises par l' Herald pour cette visite comprennent de n'impliquer aucun personnel chinois dans nos plans, de ne pas prendre notre téléphone portable avec nous afin d’éviter d’être repéré et de prendre un chemin détourné pour brouiller notre destination.

"Il y a un énorme vide dans le cœur de chaque Chinois - aucune conviction, aucun standard moral - et dans cet état quand ils rencontrent un pratiquant de Falun Gong ou qu’ils lisent un livre du Falun Gong qui enseigne comment être une bonne personne et donne des directives pour la vie, ils sont vraiment éveillés et excités " a dit Helen.

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Quand on lui a demandé si elle allait manifester contre les Jeux Olympiques, Helen a dit qu’au début elle en avait un vif désir mais elle a réalisé qu’elle avait un travail plus important à faire.

"Beaucoup de gens comme moi ont vraiment risqué leur vie y compris en prison pour essayer de faire connaître au monde ce qui se passe, et cela est suffisant à mon avis" dit Helen. "Nous ne cherchons pas à pousser les gens. [...]

John Deller, un porte-parole du Falun Gong en Australie, dit que le mouvement est inoffensif (étranger) pour la Chine et a à cœur le bien-être du peuple chinois et de ce fait ne veut pas bouleverser les Jeux Olympiques. Les pratiquants craignent également que le gouvernement se serve de toutes les manifestations pour discréditer le Falun Gong. "Le problème est que les pouvoirs en place utilisent les JO pour persécuter les gens" dit-il.

L'appartement vide au sol de béton où vit Hélène - étouffant en été - est loué au nom d’une amie. Elle entre et sort furtivement tôt le matin ou tard dans la nuit alors que la plupart des gens dorment ou ne sont pas encore levés. Les trous autour des fenêtres sont comblés avec du papier journal et les rideaux des fenêtres sont toujours fermés pour cacher la lumière et étouffer le son.

Elle fait le moins de bruit possible, une habitude qui lui a donné une voix si douce que vous devez tendre l’oreille pour l'entendre. Elle ne répond jamais quand on frappe à sa porte à moins qu'elle n’attende quelqu’un et ils ont un code spécial pour s’identifier qu’ils changent souvent. Quand elle apprend qu’il y a des descentes de la sécurité ou si le comité de logement pose trop de questions à son sujet, Helen s’en va se cacher où elle peut jusqu’à ce qu’elle soit de nouveau sûr qu’elle peut rentrer chez elle. Elle reste en contact avec d'autres pratiquants et sa famille par le biais d'Internet et par des coups de fil occasionnels.

Elle se débrouille pour rencontrer des gens quand elle pense qu'ils pourraient être intéressés et elle leur parle du Falun Gong. Chaque fois elle risque sa vie, mais reste confiante en espérant que la personne en qui elle a eu confiance gardera le secret. Jusqu'à présent, sur les trois ans ils l’ont toujours fait.


"Nous ne cherchons pas à renverser le gouvernement", dit-elle. "Nous essayons juste d'aider les gens à voir la nature perverse du PCC et qu’ils puissent s'en libérer.

"Comment puis-je renverser le gouvernement ? Je n'ai pas d’arme et je dois faire attention tout le temps."

Version chinoise disponible à :
http://minghui.ca/mh/articles/2008/8/3/183338.html

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