Combien de "suicidés" en Chine?

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Quand les autorités qualifient un décès de suicide, les gens pensent que le coupable ne sera jamais condamné, en raison de la corruption des systèmes juridiques et policiers chinois. Le terme est sans doute apparu la première fois lors d’un forum Internet sur la mort de Li Guohua de la province de l’Anhui. Il avait dénoncé la corruption de fonctionnaires locaux aux autorités supérieures. En effet, le gouvernement du district de Yingquan, à Fuyang dans l’Anhui, a dépensé 30 millions de yuans (2,8 millions d’euros) pour un bâtiment luxueux sur le modèle de celui du Capitole à Washington et nommé la «Maison Blanche». Pour la construire les autorités locales ont démoli des écoles construites dans les années 90, forçant les étudiants à être replacés dans de vieilles écoles des années 60. Après que Li ait rapporté cela aux autorités supérieures, le 26 août 2007, le procureur du district de Yingquan a placé Li Guohua en détention, ainsi que son épouse et son gendre. Elle a été détenue pendant 37 jours avant d’être relâchée, son gendre a, lui, été officiellement arrêté et condamné. Li est mort dans un hôpital de prison le 13 mars 2008.

Quand la police a prétendu que Li s’était suicidé, sa famille a crié au mensonge. Le manque de confiance dans les autorités a incité les gens à dire que le prétendu suicide de Li signifi ait qu’il avait «été suicidé». Les gens qui pratiquent le Falun Gong et leurs familles ont entendu cela des milliers de fois quand la persécution a commencé en 1999. Jiang Zemin, alors chef du Parti communiste chinois (PCC), avait ordonné aux policiers qui avaient torturé à mort des gens du Falun Gong de tous les déclarer comme des suicidés. Les policiers pouvaient donc agir en toute impunité, et des milliers de pratiquants du Falun Gong ont ainsi été tués en prison, dans des camps de travaux forcés, et des camps de lavage de cerveau. Les morts sont souvent recensées comme des suicides, alors que les enseignements du Falun Gong interdisent clairement le suicide. Voici deux cas typiques:

SUICIDÉ D’UNE BALLE DERRIÈRE LA TÊTE AVEC DES MENOTTES

Xiong Zhengming, homme de 39 ans, ancien professeur d’informatique au lycée de Wanyuan dans la province du Sichuan, était en détention depuis neuf mois le 4 décembre 2007 au matin quand quatre policiers l’ont emmené dans un fourgon de police. Ils prétendaient qu’ils l’emmenaient dans un camp de travaux forcés de la ville de Mianyang. Le lendemain vers 19 heures, l’un des policiers a appelé sa famille pour lui dire qu’il s’était donné la mort et leur demander d’aller récupérer sa dépouille à Deyang. En arrivant à la morgue vers 5 heures du matin, après avoir voyagé toute la nuit, ils ont été accueillis par environ 40 policiers et responsables du Bureau de la sécurité publique. Le cadavre de Xiong était recouvert d’un drap et n’avait aucune blessure apparente sur le visage. Mais la famille a décelé un orifi ce à l’arrière de la tête. Les policiers ont prétendu que c’était la blessure qu’il s’était faite en se suicidant. Mais la famille a eu du mal à croire à cette version : un prisonnier menotté encadré de quatre policiers ne peut se donner la mort dans ces conditions.

Quand la famille de Xiong a remis en question la thèse du suicide, les policiers ont changé de discours. Ils ont prétendu qu’il s’agissait d’un accident de voiture. Ils n’ont indiqué ni le lieu de l’accident ni produit un document offi ciel attestant cette version. Le véhicule de Xiong ne portait aucune trace de l’accident et les policiers n’ont pu fournir aucune explication. Ils auraient été présents dans le véhicule avec Xiong et s’en seraient sortis sans la moindre égratignure. Les offi ciers de police ont rajouté qu’ils avaient envoyé Xiong dans une petite clinique privée après l’accident, mais selon un témoin, Xiong étaient déjà mort le 5 décembre à 10 heures quand il y a été amené. Sur les rapports médicaux, le nom du patient était «inconnu».

La famille a donc demandé comment les policiers avaient pu dans ces conditions enregistrer le nom du patient. La famille s’est aussi interrogée sur le fait que tant de fonctionnaires et policiers s’étaient rendus à la morgue. Certains menaçant même la famille de Xiong de les faire licencier de leur travail s’ils révélaient la vérité sur la mort de Xiong. Le comité municipal de la loi et de la politique a ensuite versé des dommages et intérêts à la famille de Xiong, une bien maigre consolation. Les analystes se demandent quel rôle a joué ce comité dans la mort de Xiong, et pourquoi il a dédommagé la famille de Xiong s’il n’était pas responsable.

SUICIDÉ SOUS LA TORTURE

Le 5 janvier 2008, Bai Heguo a été torturé à mort dans une prison de la province de Liaoning. Bai avait 45 ans, il était agriculteur à Guangshan. En voyant le corps émacié de Bai, ses jambes cassées, ses testicules écrasés, les contusions sur son visage et une profonde entaille dans sa langue qui pendait à l’extérieur de sa bouche, un témoin a dit que Bai avait été torturé à mort. Les responsables de la prison ont nié en présentant un couteau aiguisé et des ouvrages de Falun Gong comme étant des preuves de suicide. Ils ont prétendu que Bai les avait apportés dans sa cellule. Personne ne sait combien d’autres personnes ont ainsi «été suicidées». L’utilisation du suicide pour masquer des meurtres est une vieille tactique du PCC. Mais pour les pratiquants du Falun Gong dont les corps sont incinérés dans le plus grand secret, une fois leurs organes prélevés, le régime n’a pas pris la peine de «les suicider». Ils les a juste déclarés portés disparus.

Source : http://www.lagrandeepoque.com/LGE/content/view/4679/104/

Vous pouvez imprimer et faire circuler tous les articles publiés sur Clearharmony et leur contenu, mais veuillez ne pas omettre d'en citer la source.

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