Un souverain avisé craint trois choses
 

Un souverain avisé craint trois choses

 
Bambou, Wen Tong(1018-1079), Song du Nord. Rouleau vertical, vers 1072, encre sur soie, 132,6 × 105,4 cm. National Palace Museum, Taipei. [Domaine public]

Han Ying a écrit un conte qui donne matière à réflexion dans Le Commentaire externe au livre des Song. Il mérite une lecture et que l'on s'y tienne.

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Un souverain avisé craint trois choses : Il craint d'ignorer ses erreurs du fait de sa position élevée. il craint l'arrogance et l'auto-complaisance lorsqu'il réussit. Enfin, il s'inquiète de ne pas savoir suivre les bons conseils.


Le Roi Goujian du Royaume de Yue vainquit l'Etat de Wu et conquit les neuf groupes ethniques, ainsi il devint le souverain du royaume de la Chine du sud. Mais il convoqua une assemblée de la cour royale et dit à ses fonctionnaires, "Le Roi Fuchai de l'Etat de Wu a amené son état à sa perte parce qu'il était trop arrogant pour réfléchir sur lui-même et se corriger. Je dois apprendre de sa funeste leçon. J'en ferai maintenant une nouvelle loi et ce sera considéré comme une offense capitale que quiconque découvrant que j'ai un défaut ne m'en informe pas. Le châtiment sera la peine de mort." C’est un exemple d'un souverain qui a peur d’ignorer ses défauts.


Après que le Duc Wen (nommé Ji Chong'er) de l'Etat de Jin ait vaincu l'Etat de Chu, les troupes de Jin étaient toutes hors de contrôle. Elles se mirent à incendier le camp des troupes de l'Etat de Chu. Le feu dura plus de trois jours et trois nuits, coûtant très cher en argent et en biens. A la sortie d'une réunion à la Cour, le Duc Wen avait l'air grave et soucieux. Ses fidèles lui demandèrent : "Nous avons vaincu les troupes de Chu. Pourquoi Votre Majesté semble t-elle soucieuse?" Le Duc de Wen expliqua : "Un homme doit réfréner son arrogance et le fait d'être sans scrupules après un succès, afin de maintenir une paix à long terme. Maintenant que mes troupes sont devenues arrogantes, autosatisfaites et sans scrupule, je crains de potentiels dangers pour notre Etat." C’est un exemple d'un souverain qui a peur de devenir arrogant et autosatisfait après avoir obtenu une victoire.


Ayant Guang Zhong et Xi Peng comme ministres avisés, le Seigneur Huan de L'Etat de Qi était capable de faire la différence entre le bien du mal et d'améliorer ses valeurs morales. Le Seigneur Huan était très reconnaissant de leurs conseils. Lors d'un jour convenablement choisi, Huan présenta ses hommages à ses ancêtres en brûlant de l'encens. Il s'agenouilla et dit : "C'est la bénédiction de mes ancêtres qui m'a accordé deux ministres vertueux pour m'aider dans mon administration. Ils m'ont permis de garder mes oreilles ouvertes et de voir plus clairement les choses. Je demande humblement à mes ancêtres de maintenir leurs bénédictions pour que je puisse diriger avec raison, humblement accepter leurs conseils et ne jamais fermer mes oreilles ou insister avec entêtement à faire les choses à ma façon." C’est un bon exemple d'un souverain qui a peur de ne pas suivre de sages conseils.


Les anciens Chinois prônaient le fait d'être modeste, prudent et vigilant. Sima Guang de la Dynastie des Song a une fois écrit : "Votre Majesté devrait être vigilante pour ses erreurs."


En fait, tout le monde devrait prêter attention à ces trois choses à craindre. Quiconque souhaite s'améliorer ou réussir devrait connaître ses défauts et promptement les corriger. Tout le monde devrait être modeste, prudent et ne devrait pas agir sans scrupules, et ce à tout moment. Tout le monde devrait suivre les conseils vertueux quand ils lui sont donnés. Les bons conseils ne devraient pas être oubliés. Tout le monde devrait craindre ces trois choses.


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