AFP: La Chine enferme ses dissidents dans des hôpitaux psychiatriques, style soviétique

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AFP: La Chine enferme ses dissidents dans des hôpitaux psychiatriques, style soviétique


11-Août-2002

BEIJING, 12 Août (AFP) – La Chine incarcère les dissidents politiques dans des hôpitaux psychiatriques à une fréquence et une échelle qui rappellent l’ex Union Soviétique, a dit lundi dans un rapport un groupe des droits de l’homme.

Même dans une ère de réformes à tout va, les autorités ont enfermé des centaines si ce n’est des milliers de gens dans des asiles psychiatriques pour étouffer la dissidence, a dit le groupe Human Rights Watch basé à New York.

“La théorie psychiatrique officielle en Chine excuse le traitement involontaire dans des hôpitaux psychiatriques carcéraux des dissidents et des non conformistes », a dit le groupe dans une déclaration.
"(Ceci inclut ) le Falun Gong [pratiquants], les syndicalistes indépendants […] et ceux qui se plaignent de la persécution politique ou de la mauvaise conduite des fonctionnaires, » a-t-il dit.
Si l’usage politique de la psychiatrie n’est plus aussi largement répandu que sous le règne de Mao Zedong, il a été retenu comme outil optionnel, a dit le rapport, co-écrit avec L’Initiative sur la Psychiatrie de Genève.
"La psychiatrie légiste en Chine a continué à diagnostiquer certaines catégories d’individus de type dissident comme étant “mentalement malades” et à les envoyer en détentions à long terme dans des asiles psychiatriques spéciaux, » a dit le rapport.
Il a cité l’exemple de Wang Wanxing, un activiste politique, qui a d’abord été arrêté dans les années 1970 et a passé beaucoup du temps qui a suivi dans une institution pour malades mentaux criminels.
Il demeure en détention et est traité pour “monomanie politique”, a dit le rapport, citant les officiels du gouvernement.
La psychiatrie a aussi émergé comme une arme dans la lutte du gouvernement contre le groupe spirituel Falun Gong, qui a été interdit en 1999, selon le rapport.
Il a cité des témoignages que des pratiquants détenus étaient soumis à toutes sortes de traitements souvent douloureux, incluant des électrochocs et l’ acupuncture électrique.
En dépit de la grande quantité de preuves anecdotiques, il est virtuellement impossible d’obtenir une image globale de l’étendue de la politique de psychiatrie dans la Chine d’aujourd’hui, a dit le rapport.
Basé sur différentes séries de données, il arrivait à la conclusion que plus de 3000 “cas politiques” avaient été traités par des inspecteurs de la psychiatrie officielle chinoise ces deux dernières décennies.
"Il est raisonnable d’estimer que la grande majorité de ceux-ci ont été soumis, en conséquence, à certaines formes et durées d’enfermement et de traitement psychiatrique, » a dit le rapport.
"Cette évaluation est presque certainement inexacte, mais elle se trompe probablement du coté du minimum, » a-t-il dit.
En comparaison, les estimations du nombre des dissidents politiques envoyés en hôpitaux psychiatriques dans l’Union Soviétique des années 70 et 80 vont de quelques centaines à plusieurs milliers, a-t-il noté.
Le rapport concordait avec les déclarations antérieures d’un universitaire Britannique que la pratique Chinoise d’enfermer les dissidents dans les hôpitaux psychiatriques était beaucoup plus étendue qu’on ne le pensait auparavant.

L’ "étendue et l’intensité " de l’abus de la psychiatrie par la Chine pourrait bien excéder celui de l’Union Soviétique, a dit Robin Muro dans un article, publié dans le Columbia Journal of Asian law au début de l’année dernière..
"Une quantité substantielle de preuves documentaires (indique) que les autorités Chinoises ont, en fait, un bilan de longue durée de mauvais usage de la psychiatrie pour des buts politiquement répressifs," a dit Muro.
Mike Jendrzejczyk, directeur de la division Asie de Human Rights Watch à Washington, exhortait la communauté internationale médicale à se prononcer contre la pratique et à aider à encourager ceux qui en Chine s’y opposent.
"Les psychiatres chinois qui ont courageusement refuse de participer à la répression étatique ont besoin de se sentir encouragés de l’étranger," a-t-il dit dans une déclaration.
Les 298 pages du rapport de Human Rights Watch's paraît en amont d’un congrès de L’Association de Psychiatrie Mondiale (WPA) à Yokohama, au Japon à la fin d’août.
"Les délégués de WPA devraient adopter une ferme résolution à Yokohama appelant la Chine à cesser ces abus et à pleinement coopéré avec une enquête de la WPA," a dit Robert van Voren, secrétaire général de L’Initiative sur la Psychiatrie de Genève.
"Une délégation conduite par la WPA devrait visiter les asiles, mener des examens médicaux indépendants, et surveiller les conditions et le traitement, particulièrement dans les asiles de la police," a-t-il dit.


http://www.ptd.net/webnews/wed/di/Qchina-rights-health.RCkW_CaC.html

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