L’expérience de cultivation et de pratique d’un adolescent chinois de 17 ans

À mon arrivée en Grande Bretagne, lorsque je pratiquais librement le Falun Gong dans des lieux publics, je ne pouvais m’empêcher de penser : " Pourquoi l’attitude des gens envers Dafa peut-elle être si différente, alors que nous vivons sur la même planète Terre, sous un même ciel ?"


Je suis né en 2001, au pire moment de la persécution de Falun Gong lancée par le parti pervers. Afin d’éviter d’être importunés par la police, maman et moi sommes allés vivre dans le sud du pays. J’y ai passé une enfance normale, relativement heureuse, grâce à l’effort fait par maman pour me préserver. J’ignorais tout de la cruelle persécution qui sévissait. Quand j’étais à l’école primaire, j’allais toutes les semaines à une réunion de petits disciples. Nous partagions nos expériences de cultivation et de pratique. Nous racontions comment nous avions réglé des conflits avec d’autres enfants à l’école selon le principe de Zhen-Shan-Ren –(Authenticité-Bonté-Patience) , comment nous avions réagi aux propos calomnieux proférés par les instituteurs à l’encontre de Dafa. Nous faisions des fleurs de lotus en papier plié. Nous étudions la culture traditionnelle.


Beaucoup de parents des enfants que je connaissais à l’époque avaient été incarcérés. Pour des raisons de sécurité, lors de nos réunions, les adultes avaient l’habitude de mettre leurs téléphones portables dans une boîte métallique. Même si j’étais encore petit à l’époque, j’avais quand même décelé leur sentiment d’insécurité dissimulé dans cette atmosphère oppressante. Cet environnement d’échanges et de cultivation collectifs a totalement disparu quand nous étions entrés en classe de CM2, sous prétexte de « travail scolaire chargé ». Aujourd’hui, j’ai perdu tout contact avec mes anciens compagnons de pratique. Je sais que certains d’entre eux sont allés aux Etats-Unis, d’autres croulent sous le travail scolaire, encore d’autres sont complètement devenus des gens ordinaires. Quel dommage !


J’ai vécu des choses extraordinaires. La police harcelait d’honnêtes citoyens innocents, ce qui me paraissait étrange et absurde. Le père d’un ami à moi a été condamné à huit ans de prison pour avoir distribué des dépliants contenant la vérité. Un ami de ma mère est devenu infirme après avoir été roué de coups par la police. J’ai entendu d’innombrables cas de gens innocents persécutés par la police, mais je n’arrive toujours pas à faire le lien entre ce genre de choses et ma mère. Ma mère a traversé des épreuves inhumaines, et elle a fait tout ce qu’elle pouvait pour que je puisse avoir une enfance heureuse. Elle exerçait son métier d’enseignante avec diligence et assiduité. Elle était gentille avec tout le monde. Aucun de ses collègues ou de ses élèves ne pouvait lui reprocher quoi que ce soit. Comment pouvait-elle être une menace pour la sécurité du pays ?


Mes souvenirs avant l’âge de quatre ans sont vagues, je ne me souviens plus de la peur qui m’a frappé quand j’avais un peu plus d’un an, le soir où ma mère a été arrêtée par la police. Cependant, je me souviens très bien de cet après-midi de 2012. Avec quelques autres enfants j’assistais à un cours de soutien que ma mère donnait à la maison. J’attendais impatiemment un ami qui était en retard. Soudain, quelqu’un a frappé à la porte, très doucement. Je me suis levé aussitôt pour aller ouvrir la porte, tout joyeux. Mais derrière la porte, ce n’était pas mon ami, mais un employé du bureau de quartier. Il nous a demandé de payer les charges pour les ordures ménagères, puis il est parti précipitamment, laissant la place à une dizaine de policiers derrière lui. Ces derniers se sont engouffrés dans notre appartement pour effectuer une perquisition de fond en comble. La scène m’a sidéré. Ce soir-là, à l’âge de dix ans, j’ai perdu à jamais ma vie ordinaire, tranquille.


Maman a été arrêtée. Notre appartement était dans un désordre absolu. Ma tante m’a emmené chez ma grand-mère qui avait aussi été importunée par la police. Afin de me consoler, elles ont cuisiné des ailes de poulets au coca pour le dîner. Dans la nuit, ma grand-mère a été réveillée en sursaut par un cauchemar en criant : " Ne touchez pas à mon sac ! Rendez-moi mes documents pour clarifier la vérité ! " Même aujourd’hui, je suis toujours réticent à me souvenir des événements qui se sont produits pendant l’incarcération de ma mère qui a duré un mois.


Si je devais décrire mon état d’esprit du moment avec un seul mot, ce serait l’impuissance. Oui, l’impuissance, et rien d’autre. J’allais avec ma famille voir les autorités pénitentiaires pour réclamer la liberté pour ma mère mais en vain car elle était considérée comme étant une « personnalité clé » de notre province. Je pense qu’aucune langue ne peut décrire cette absurdité, quiconque doté d’une capacité de pensée logique trouverait cela ridicule. Même après le retour de maman, les policiers venaient encore de temps en temps lui « dire bonjour », surtout quand il y avait des assemblées importantes au sommet de l’état.


De cet événement, j’ai gardé un profond traumatisme : à chaque fois que j’entends quelqu’un frapper à la porte, je suis saisi par l’angoisse. Mais au fond, nous n’avons pas changé, nous avons continué à vivre d’une manière positive. Au retour de ma mère du « camp de rééducation par le travail », je lui ai dit de ne pas abandonner la cultivation, je l’ai encouragée à persévérer.


Quant à la raison de mon propre abandon de Dafa, c’est en fait exactement la même que celle des autres jeunes disciples qui sont devenus des gens ordinaires aujourd’hui : le manque d’un environnement d’échanges et d’encouragements réciproques. J’étais entouré de camarades de classe qui ne pratiquaient pas. Je ne veux pas dire qu’ils n’étaient pas bien. Au contraire, c’était des enfants de nature bienveillante. Seulement leurs actes n’étaient pas régis par des principes et des règles. Etre en contact avec eux tous les jours m’a incité à rechercher leur compagnie, à vouloir être accepté par eux. Je ne voulais pas leur dire que j’étais un pratiquant car je ne voulais pas être étiqueté de " personne étrange ".


Après avoir décidé d’arrêter la cultivation et pratique, les principes du Fa que j’avais étudiés depuis tout petit ne me sont jamais revenus à l’esprit, comme si j’avais toujours été une personne ordinaire. Depuis que je suis entré au lycée, je n’ai pratiquement jamais ouvert mes livres de Dafa. J’étais attristé par des conflits avec les autres, me plaignant que les choses ne se passaient pas comme je le voulais. J’avais complètement oublié de chercher vers l’intérieur. Poussé par mon attachement à la célébrité et au profit, je souffrais beaucoup lorsque je n’arrivais pas à obtenir ce que je considérais comme étant mon dû. Mes accomplissements insignifiants dans mes études m’ont fait penser que j’étais capable de distinguer la vérité.


Maintenant, avec du recul, je m’étonne de tous ces attachements que j’avais pu avoir en étant si jeune. À cause de mon attachement à la célébrité et au profit, j’ai eu envie de disparaître à plusieurs reprises. Au début, j’étais juste mélancolique et angoissé, mais plus tard, lorsque les soucis de santé ont commencé à me tracasser, je suis devenu désespéré. Si je n’avais pas eu connaissance de Dafa, je ne sais pas ce que je serais devenu. Cela aurait été horrible.


Contrairement aux autres petits disciples, mon œil céleste ne s’est jamais ouvert, et je n’ai jamais ressenti de sensation particulière lorsque je faisais les exercices. Cependant, j’avais toujours été en bonne santé, je n’avais jamais pris de médicaments, ni eu besoin de faire de piqûres. Quand j’étais petit, en voyant ma cousine qui ne pratiquait pas prendre des médicaments par poignées lorsqu’elle tombait malade, je l’enviais même car les médicaments ressemblaient à des bonbons. Je ne me rendais pas compte de la chance que j’avais d’avoir une bonne santé grâce à Dafa.


Au début de l’année dernière, j’ai commencé à tousser violemment. Je croyais que cela se passerait au bout de quelques jours comme d’habitude. Mais plusieurs dizaines de jours s’étaient écoulés, et non seulement les symptômes ne s’atténuaient pas, mais ils étaient devenus en tout point semblables aux symptômes d’une pneumonie. Je toussais du matin au soir. Même dans la nuit je me réveillais à cause de l’étouffement provoqué par des crachats. Je sentais que mes poumons étaient malades. Lorsque je toussais j’avais l’impression que tous mes organes internes allaient sortir de mon corps. J’avais du mal à respirer, je croyais que j’allais mourir.


Toutes les connaissances et tous les plaisirs auxquels je m’attachais ont perdu toute leur valeur confronté à cette douleur charnelle. Ma mère m’a dit qu’elle n’allait pas me forcer à faire des exercices, et que si je ne voulais pas cultiver personne ne pouvait m’obliger à le faire. J’ai pris un peu de médicaments, mais aucune amélioration ne s’est produite. Certains médicaments avaient un mauvais goût, mais certains autres avaient bon goût, meilleurs que certains bonbons. Bien sûr, c’est le chocolat le meilleur. Maman m’a dit que, en tant que personne ordinaire, je devrais aller à l’hôpital. Je pensais que, si j’allais à l’hôpital et qu’une maladie incurable m’était diagnostiquée, je n’aurais plus de courage de vivre.


C’était dans cette situation désespérante que j’ai rouvert mon livre Zhuan Falun que j’avais délaissé depuis longtemps. J’ai lu en silence " Lunyu ", j’ai ressenti la paix et la sérénité qui m’avaient tant manqué. J’ai décidé de recommencer à cultiver et pratiquer. J’avais juste pris une simple décision, ne me souciant pas de ma maladie. Je voulais juste tout recommencer, recommencer à cultiver. Je ne voulais pas commettre la même erreur deux fois. Deux semaines plus tard, tous les symptômes avaient disparu.


Un peu plus tard, je suis parti dans une autre ville pour mes études. Là-bas, mon désir de me faire remarquer et la jalousie, ainsi que mon attachement au confort de la vie quotidienne ont de nouveau repris le dessus. Par conséquent, les mêmes symptômes de maladie sont réapparus, aux mêmes endroits. Je savais que c’était mon attachement à la célébrité et au profit qui était mis à l’épreuve. Mon côté d’homme ordinaire me disait que, si j’arrêtais mes études, mon avenir serait incertain, je n’aurais aucune position sociale, tous mes rêves seraient de vaines chimères. J’étais assis en position de lotus. Soudain, le caractère " Zhen " (vérité) de " Zhen-Shan-Ren" est apparu dans mon esprit, très distinctement. Je me suis rendu compte que je devais me comporter selon les principes de Dafa. J’ai pris alors la décision de ne pas agir à l’encontre des principes de Dafa, quitte à interrompre mes études.


Ce soir-là, lorsque je pratiquais le deuxième exercice " Porter la roue ", j’ai ressenti beaucoup de courbatures dans les bras. Soudain, j’ai senti une sorte de courant électrique circuler dans mes doigts, faisant se rapprocher mes deux mains, comme par une force d’attraction. J’étais stupéfait, très impressionné et perplexe car j’étais certain que ce n’était pas une illusion. Pour moi, qui avais été jusque là perdu dans la pensée empirique, ce fut un énorme choc. J’avais déjà entendu parler de scènes extraordinaires vues à travers l’œil céleste des autres compagnons de pratique. Je les écoutais comme si c’était de la fiction car cela dépassait les limites de ma capacité de compréhension. Je ne prends pas à la légère les paroles des autres, je me fais ma propre opinion selon mon point de vue de personne ordinaire, ce qui a beaucoup perturbé ma cultivation et pratique car cela m’empêchait de croire fermement à Dafa.


À mon arrivée en Grande Bretagne, lorsque je pratiquais librement le Falun Gong dans des lieux publics, je ne pouvais pas m’empêcher de penser : " Pourquoi l’attitude des gens envers Dafa peut être si différente, alors que nous vivons sur la même planète Terre, sous un même ciel ? " Quand j’étais en Chine, j’essayais de ne pas prêter attention à des atrocités comme le prélèvement d’organes des pratiquants. Là-bas, la pression était très grande, la peur régnait. Ici, quand j’ai pu réfléchir à toutes ces choses sans peur, j’ai beaucoup pleuré. Dafa est merveilleux. Tout le monde peut bénéficier de sa grâce et peut avoir son âme purifiée, pourvu qu’il pratique. Il est difficile de décrire comment Dafa m’a sauvé de mes égarements. Je suis tout simplement une autre personne maintenant par rapport à l’ancien " moi " qui était dépressif et tourmenté par des sentiments humains.


Ce sont ces pratiquants de Dafa au cœur si bon, si pur qui ont subi cette persécution si cruelle, jusqu’à avoir leurs organes prélevés à vif. Les pratiquants à l’étranger organisent des pétitions pour recueillir des signatures depuis de nombreuses années. Ce que nous faisons ici peut-il vraiment changer la donne ? À cause de la persécution, beaucoup de pratiquants qui auraient pu avoir une belle vie en Chine ont perdu leur travail, leur logement, voire leur vie. Je croyais que je ne serais jamais heureux à nouveau. Peu de temps après j’ai fait un rêve. Dans mon rêve, j’étais rentré en Chine. J’étais en train d’étudier le Fa avec des pratiquants que j’ai rencontrés en Grande Bretagne, quand soudain des policiers ont fait irruption.


Ce sentiment d’oppression mêlé d’impuissance est inconcevable ici. J’admire de tout mon cœur les pratiquants de Chine qui subissent encore cette oppression. J’ai compris que la persécution est une anomalie, et que je ne dois pas me laisser attrister par cette anomalie. Même ici, dans ce pays libre, je pourrais toujours rencontrer des difficultés dans ma vie, mais je dois les affronter avec une attitude positive.


Maintenant que je suis hors de danger, je dois valider la pratique de Dafa et démontrer aux gens que Dafa est merveilleux. Ce qui me met à l’épreuve à présent est la solitude et l’isolement. Je ne suis pas allé au collège depuis un certain temps. Je ne sais pas quand je pourrais y retourner. Je me dis tout le temps que, ma vie est désormais guidée par le Fa, et que je ne devrais pas m’inquiéter pour mon avenir.


Parfois je sais bien me comporter. Quand je me sens seul j’ouvre mon livre de Dafa et je me sens tout de suite envahi par l’immense bonheur et la paix. Mais de temps en temps mon côté d’homme ordinaire me rend anxieux et impatient. Cela fait un an que j’ai recommencé à cultiver et pratiquer. Je suis très exigeant envers moi-même, j’essaie de m’améliorer. Parfois je soupire : « Que c’est difficile de cultiver dans l’égarement, il n’y a rien de plus difficile ! » Pourquoi ai-je tant d’attachements humains ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à me considérer comme un disciple de Dafa, à chaque instant, en toutes circonstances ? Cette fois-ci, quoi qu’il arrive, je vais cultiver avec diligence sur le chemin tracé par le Maître.

Version chinoise :
十七岁中国少年的修炼经历

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