L’Australie est trop timide dans ses relations avec la Chine, conclut une table ronde

David Shoebridge, membre du parlement australien (le Parti des verts), Jennifer Zeng, sa fille Melody et le réalisateur Michael Perlman lors de la Première en Australie du film Free China: le courage de croire le 11 novembre, au cinéma Events à Bondi Junction. (Shar Adams/Epoch Times)

SYDNEY – Selon une table ronde internationale, incluant un député du Parlement australien, la crainte australienne des représailles économiques amène toute la nation à fermer les yeux, alors que de choquantes violations des droits de l’homme se produisent en Chine.


L’Australie est trop timide dans ses relations avec la Chine, a déclaré David Shoebridge, le député des verts en Nouvelle-Galles-du-Sud. "Personne ne respecte quelqu’un qui ne défend pas ses valeurs et c’est notre devoir de le faire", a-t-il précisé.


M. Shoebridge s’exprimait en tant que participant à la table ronde organisée lors de la Première en Australie du documentaire primé Free China: le courage de croire, qui a été présenté à Sydney le 11 novembre au cinéma Events à Bondi Junction et le 12 novembre à George Street, avant d’être diffusé à Melbourne et Brisbane.


Ce film documentaire est le fruit d’une collaboration internationale entre le producteur australien Kean Wong, le réalisateur américain Michael Perlman et le compositeur Tony Chen qui est né en Chine. Il raconte l’histoire courageuse de deux anciens prisonniers de conscience chinois: Jennifer Zeng, une mère qui habitait à Pékin et qui a été arrêtée et torturée pour sa croyance avant qu’elle puisse obtenir l’asile en Australie, et le Dr Charles Lee, un Américain d’origine chinoise qui a été confronté à de graves problèmes quand il est retourné en Chine, pour prendre position sur la question des droits de l’homme.


Le film soulève plusieurs problèmes graves, incluant le système de rééducation brutale dans les camps de travail en Chine, où les détenus sont forcés de fabriquer des produits vendus à bas prix sur le marché international. Il parle également du contrôle strict de l’Etat sur l’information, y compris sur la censure d’Internet et des médias, ainsi que des prélèvements d’organes forcés sur des prisonniers de conscience pratiqués par le régime chinois.


La Chine prélève depuis longtemps des organes sur des condamnés à mort, a souligné M. Shoebridge, mais maintenant, les prisonniers de conscience, incluant les pratiquants de Falun Gong, les Tibétains et les Ouïghours, sont aussi utilisés pour desservir l’industrie florissante de la transplantation d’organes.


Selon un projet de loi qui doit être présenté ce mois-ci au parlement de l’État de Galles du Sud, les voyages à l’étranger pour recevoir des organes obtenus de manière contraire à l’éthique seront considérés comme un crime pour les Australiens.


3Les chiffres (en Australie) ne sont pas énormes3, a-t-il affirmé. Même s’il n’y a qu’environ six cas connus de tourisme australien pour les organes chaque année, «il y a pas mal de personnes qui enlèvent leurs noms de la liste d’attente sans que l’on sache pourquoi». Déterminer le nombre de greffes fait à l’étranger est difficile.


Jennifer Zeng, le personnage principal du documentaire primé Free China, en compagnie de sa fille Melody lors de la Première australienne à Sydney. (Shar Adams/Epoch Times)


M. Shoebridge affirme que les hommes politiques de tous genres peuvent exprimer en privé leurs inquiétudes concernant les droits de l’homme en Chine, mais ils n’osent pas l’exprimer en public par crainte de représailles économiques.


"Se lever et faire une déclaration politique... Cela semble être un véritable obstacle pour de nombreux députés, parce qu’ils sont très préoccupés par les relations commerciales avec la Chine.


"À mon avis, la Chine n’achète pas nos ressources parce que nous sommes gentils. La Chine n’achète pas nos ressources parce que nous tenons de gentils propos à son sujet. La Chine achète nos ressources parce que nous les lui vendons aux prix justes du marché international", a déclaré M. Shoebridge en ajoutant: "Personne ne respecte celui qui supplie."


Michael Perlman, le réalisateur de Free China et Jennifer Zeng, la survivante d’un camp de travail, faisaient également partie des participants à la table ronde, ainsi que Melody, la fille de Mme Zeng.


M. Perlman croit qu’en gardant le silence, l’Australie perd beaucoup du point de vue économique, étant donné que de nombreux produits chinois, fabriqués à moindre coût dans des camps de travail, ou dans des conditions épouvantables, sapent la production locale et mènent finalement les entreprises à la faillite.


"Je ne pense pas que les Australiens vont perdre leur part du marché. Ce que je vois, c’est que les gens d’ici perdent leur emploi parce qu’ils ne peuvent pas rivaliser avec le travail d’esclave de prisonniers."


Christina Insto, étudiante et Benny Roe, musicien, ont avoué avoir été émus aux larmes en regardant le documentaire Free China. (Shar Adams/Epoch Times)


Les craintes du Parti communiste sont dévoilées

Le documentaire raconte l’histoire de Jennifer Zeng, qui a été arrêtée et torturée à Pékin pour sa pratique du Falun Gong, une pratique ancienne de méditation et d’exercices, ou les pratiquants doivent suivre trois principes – être authentiques, bienveillants et tolérants. En 1999, plus de 80 millions de personnes pratiquaient le Falun Gong en Chine, un nombre dépassant celui des membres du Parti communiste chinois (PCC). La direction du PCC a donc recouru à sa stratégie d’oppression brutale, déjà largement utilisée durant la Révolution culturelle et le massacre de la place Tiananmen.


Mme Zeng, qui était membre du PCC avant d’être emprisonnée, estime que la persécution du Falun Gong en Chine dévoile la plus grande faiblesse du PCC. «Ce parti n’a jamais été élu par son propre peuple. Il a une crainte fondamentale concernant sa propre légitimité, alors faire peur aux gens lui est indispensable pour qu’ils ne remettent pas en question son pouvoir», a-t-elle précisé. «Il se soucie beaucoup de ce que pensent vraiment les gens et s’ils ont la possibilité de penser par eux-mêmes.»


Elle a mentionné les Jeux olympiques de Pékin comme un élément stratégique dans cette démonstration de force. "Ils sont toujours en train de dire aux Chinois: ‘Vous voyez, nous avons le soutien de l’Occident’», et de dire à l’Occident: ‘ Vous voyez, nous avons le soutien des Chinois’."


Les spectateurs ont été choqués par l’ampleur des violations des droits de l’homme révélées dans le film. L’étudiante Christina Insto et le musicien Benny Roe, ont dit qu’ils ont été émus aux larmes.


"C’est tout simplement très bien fait et montre bien la situation terrible des Chinois", a précisé Mme Insto à Epoch Times après la projection. "Je me sens vraiment motivée à faire tout mon possible pour changer cela."


En répondant à la question sur ce qu’on pouvait faire, M. Shoebridge a recommandé d’être informé, de soutenir les manifestations publiques et la collecte des signatures sur les pétitions.


"Selon mes observations, les hommes politiques font en fin de compte attention au nombre et plus le nombre de signatures est important, plus ils sont susceptibles d’y accorder d' attention", a-t-il ajouté.
Mme Zeng a aussi encouragé les gens à parler de ce film et de ce qui se passe en Chine à leur entourage, car cela remet en question la légitimité du régime, ce qu’il craint le plus.


'"Nous l’imaginons (le régime chinois) comme très puissant, mais en réalité il ne l’est pas – il a peur d’être dévoilé au niveau international et par son propre peuple. Donc, tout ce que nous faisons est important", a-t-elle précisé.


Version en anglais:
Australia Too Timid in Dealings With China Says Panel

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